‹ Traité de l'art de la charpenterie (volume 2)Chapitre 163 sur 297 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

t bores changent continuellement les formes de la charpente; elles détériorent les

y assemblages et rainent promptemeut l'édifice.

i On conçoit qu'en pareil cas, des pièces droites bien combinées, même suivant les cordes d'un cintre, peuvent être préférables en ce qu'elles ne sont point

i sujettes à changer de forme sous le moindre effort, comme il arrive aux pièces

i courbes trop minces, déjà disposées à ces sortes de changements par leurs propres

ii courbures.

SYSTEM Dl H. WIIBULIRO.

g M. Wiebeking, directeur général des ponts et chaussées du royaume de Bavière, jt est sans contredit celui qui a fait faire les plus grands pas à l'art de construire des ponts au moyen de bois courbés pour en former des cintres. Dans un ouvrage publié à Munich en 1810 (1), il donne la description de la méthode dont il est inventeur, appliquée à douze grands ponts construits en Bavière sous sa direction. Mous , renvoyons à cet ouvrage ceux de nos lecteurs qui désireraient des détails plus minutieux que ceux que nous avons jugés indispensables et qui sont l'objet des articles de ce paragraphe. Nous avons pensé que les détails que nous donnons suffisent, après les descriptions que nous avons faites dans le cours de notre ouvrage de divers procédés de l'art qui trouvent des applications dans l'exécution des travaux de M. Wiebeking.

Le système de M. Wiebeking diffère de ceux que nous avons précédemment décrits, et qui étaient en usage avant lui, en ce qu'il supprime les moises pendantes, qu'il forme de très-grandes arches en courbant les bois sans le secours de la vapeur ou de la hache.

Il compose la charpente de chaque arche de trois fermes , dont il encastre les naissances en les prolongeant dans les culées.

Les moises pendantes ont effectivement le grave inconvénient de charger considérablement les fermes des ponts, de ne point les lier entre elles, de ne point serrer les unes contre les autres les pièces courbes qui composent un arc, et de ne point s'opposer à leur déversement ; l'on est, en effet, obligé, pour remédier à ces deux inconvénients, dans la construction ordinaire, de lier les fermes les unes aux antres par des moises horizontales , et d'interposer entre les fermes des croix de Saint-André qui accroissent encore la pesanteur des charpentes.

A l'égard de l'étendue des arches, les grandes travées procurent l'avantage de diminuer le nombre des palées , ainsi que nous l'avons déjà dit en faisant remarquer les inconvénients de ces palées qui obstruent le lit des rivières, et donnent

(i) Traité contenant une partie essentielle de la science de construire les ponts.

prise à I* violence «V* eau» . aux choc» de» glaçons dans le* débâcles , et qui «»<

sujettes à îles avaries résultant d'affouillemcntî.

Les grondes portées do» archet ont encore procuré à H. Wiebeking rimnea* avantage de pouvoir former les cintres en courbant les bois, même ceux d'an fort ùquarrissage, sans le secours de la vapeur, cl rien que par l'effet de leur Oexibililr. H. Wiebeking a fait des expériences qui prouvent i

I" Que les bois en grume ont un plus grand degré de flexibilité que In ban équarris. Une poutre de sapin équarrie, de H 7 pieds fi pouce» (1) (1B~.73) de ligueur sur 16 pouces (0~,S9) d'épaisseur, peut être courbée jusqu'à ccquclaGécW de sa courbure unit la trente-sixième partie de sa longueur, tandis que la Ht.— hde la courbure de la même pièce eu grume peut être la trciitèroe partie de «a ligueur ;

2»-Que les pièce» équarrie» posées l'une sur l'autre sont susceptibles d'une pi» grande courbure qu'une pièce isolée ;

3* Que les bois résineu* , flottés plus de dix jours . ne «ont plus propres i W cnurbés.

4° Que le bois de pin a plus d'élasticité que le sapin , et le mélèze plus qnr k pin, et que les bois résineux ont plus d'élasticité que le bois île chêne ;

H* Que des pièces de bois résineux, tel» que le pin et le sapin , qui ne umtpv complètement sèches, reçoivent une courbure dont la flèche peut être le tingurw de leur longueur pour les pièces de 1 pied de Bavière (0M,20â) d'équarrissage, « d'un trentième pour celles de 16 pouces (0™,39) d'equarrissage ;

6» Que la courbure des pièces de bois de chérie non sec ne permet qu'une Aérai d'un vingt-sixième de leur longueur.

Os courbures ont été suffisantes pour former les cintres des ponts que H. Wiebeking a construits. I.e moindre de ces ponts, celui d'Oellingen , ayant 107 pw* (M", 197) d'ouverture sur un rayon de 207 pieds de Bavière lGO-,33 . « le plu grand, celui de Scharding. 200 pieds (58™, 31 2) d'ouverture des arches sur un raj i de 260 pieds (77»,SS3).

Les expériences que M. Wiebeking a laites lui ont prouvé qu'on pourrait chaîner le milieu de ses arches de 1 13 milliers de livres (67,535 kilogrammes ), avait qu'ils fléchissent de la neuvième partie de leurs flèches.

Il a fait un projet d'un pont pour Munich de 386 pieds (83™, 386) de portée, n pour montrer la puissance de son invention, il a fait le projet d'un pont d'une unit arche de 600 pieds {178»,00) de portée.

En engageant profondément les ci ri Ires dans les culées, H. Wiebeking a eu pour but d'empêcher la vibration du pont, peut-être plus efficacement que par le mort*

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Bavière «M égal k v»,igi56.

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