CHAPITRE XXXVIII
des contrevents : va l'accroissement de force qu'une poutre acquiert lorsque ses extrémités sont scellées dans les murs qui la supportent ; mais il est à craindre que les extrémités des cintres ainsi privées d'air pourrissent promplement. Cependant les massifs des culées dont il s'agit, qui sont formés de maçonnerie, peuvent être disposés de façon que ces cintres sont suffisamment environnés d'air et maintenus solidement , et , d'ailleurs , avec les préservatifs de la pourriture que l'on connaît aujourd'hui , l'inconvénient disparaît entièrement. (Voyez la Préface de ce volume.)
1° Pont de Bainberg.
Nous donnons , fig. 56 de la pi. 137, une élévation d'une des arches du pont construit par M. Wiebeking , près de Bamberg , sur la Régnitz, en 1809. Ce pont a remplacé celui en maçonnerie qui avait été construit de 1782 à 1736, et qui fut emporté par les hautes eaux de 1784 , parce que les pieux des fondations des piles et culées n'avaient point assez de fiches dans un fond sablonneux, et qu'ils ont été complètement déracinés par les affouillements ; 34 maisons qui environnaient le pont furent entraînées dans sa ruine. En amont du pont ruiné , on en avait établi un porté sur des palées en pieux, qui a coûté considérablement d'entretien et dont le délabrement a forcé d'en construire bientôt un autre pour le remplacer. Les encombrements du lit de la Régnitz par les ruines de l'ancien pont, et les difficultés que la nature du sol présentait, ont déterminé M. Wiebeking à construire le nouveau pont d'une seule travée ou arche de 213 pieds (62m,69) d'ouverture, à la place qu'occupait l'ancien pont en maçonnerie.
Les naissances de l'arche en charpente sont à 7 pieds 4 pouces (2m,138) au-dessus de l'étiage , et les grillages des culées sont à 1 pied (0",292) au-dessous ; on a donné à ces culées une fondation solide, en battant des pieux partout où les ruines du pont de pierre l'ont permis, les cases des grillages ont été maçonnées en briques el ciment. Les pierres arrachées aux ruines de l'ancien pont ont servi à la construction des nouvelles culées.
Toutes les pièces encastrées dans les culées ont été goudronnées et les joints ont été enduits d'huile bouillante et revêtus de lames de plomb. Malgré le poids de l'opinion de M. Wiebeking, nous ne regardons point ces précautions comme suffisantes pour garantir complètement de la pourriture des bois privés d'air. Nous reconnaissons comme lui l'utilité de faire pénétrer les cintres dans les massifs des culées ; mais nous pensons que tout en conservant ce mode de consolidation du pont , il faut recourir à d'autres moyens pour la conservation des bois, et nous rappellerons à ce sujet le procédé de M. Kyan dont nous avons parlé tome Ier, page 216, et ceux de M. Bréant el de M. le docteur Boucherie, que nous avons cités dans la préface de ce second volume.
Le pont est soutenu par trois cintres ; deux latéraux formant les tètes de l'arche ; le troisième au milieu de la largeur du pont. Les fermes des tètes sont doubles ,
300 TflAlTft DE L'AftT DE LA CHAWENTERIE.
r'est-â-diri- qu'elles sunl composées chacune de deux arcs posés l'un prèsdtl'm- Irc ; la ferme du milieu est égale k une des fermes des télés. M . W iebeking Itor i ajouté de chaque coté trois cours de courbes , de façon qu'en résultai le ciolrt fa milieu se trouve double de chacun (les autres, mais dételle sorte cependant qwla cours de courbes ajoutées n'ont pas ta même courbure, el qa'ils surmuiiirûlV* cintre» auxquels ils sont accolés de. toute l'épaisseur de l'arc principal. Tootnfc courbes de ce pont sont en pio et en sapin ; elles ont depuis 1S jusqu'à ltf porcn ((V.'ïô à 0-.39) de hauteur; elles sonl boulonnées les unes aui autres perpendit»' taircment a leurs courbures, el d'un cintre A l'autre.
[.es cintres sont entretenus à leurs distances respectives par des enlretohnqv les traversent entre les courbes. Des moisos pendantes, qui saisissent les rnlretases , cl sont indépendantes des arcs , soutiennent tes longerons sur lesquels repM le solivage qui porte le plancher ; la largeur de ce pont est Je 32 pieds (,9",ï3(, i est pavé et il porte des trottoirs pavés en dalles de pierres; il * été exécuté scwb ilirection de M. Wiebcking , par le charpentier Rief. Ce pont est revêtu sur sa côtés de planches dirigées suivant les coupes qu'auraient eues les voossoirs d'ut* voûte, et en dessus des reins suivant dus horizontales comme seraient des assi». ce qui lui donne l'aspect d'un pont eu pierres de taille. En 1809 , ce pont éuilk plus grand que M. Wiebekiug rut construit ; depuis , il en a exécuté qui oni su plus grande portée.
3" l 'M't de Scharding.
Nous choisissons parmi les pouls construits par M. Wiebeking le pont jeté <nr h Ilott , prés de Scharding , pour le figurer sur une plus grande échelle , MMHfc meut parce qu'il est le plus grand qui ait été construit suivant son système, roi» à cause de ses détails de construction.
I.a tig. 1 de la pi. 136 est l'élévation de ce pont, d'une seule arche de 200 *M >8n,312 rie portée ; sa Uéche est de 18 pieds 8 pouces (■'-■■■, ', I . , le raton M I 266 pieds (77™,'JB3). Chacune de ses culées est composée de deux parties; la v't miére supporte le pont sur ses deux semelles d'appui. La fondation est comjww de Itl) pilota qui ont 14 pieds . l'-.nsji .j<- fiche, enfoncés au refus du mouton; In télés de ces pieux sonl engagées dans une épaisse et solide maçonnerie.
L'arche est composée de trois cintres ; les dcui cintres latéraux sont formé* ducun de deux cours entiers de courbes a, b, qui embrassent tout le développcnitril de l'arche; cl lie chaque colé de parties d'arcs composées chacune aussi dedoii courbes c, d, g, f, qui sont appelées jambeties dans la description donner pu M. Wiebeking. Ces six cours de courbes portent sur la partie de la serucile «i» répondant à la première partie de la culée.
Les autres cours de courbes i I forment un autre arc qui s'élève à ta ii^ax hauteur que le premier, et qui porte sur les prolongements des semelles *< • Sa corde est de 243 pieds (70",849), sa Uéche de 10 pieds (4°>,6t>5) , et son rive*