‹ Traité de l'art de la charpenterie (volume 2)Chapitre 170 sur 297 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

César, des espèces de brise-glace; dans la saison on l'armée romaine marchait contre les Germains, il ne s'agissait point de détourner les glaçons, mais bien d'arrêter le choc des corps flottants que les ennemis auraient pu en?oyer par le courant do fleu?e pour détruire le pont.

La figure 43, pi. 137, représente un brise-glace composé d'une seule file de pieux couronnés par un chapeau, et liés par une nioise horizontale de foud et une moïse en écharpe.

La figure 44 représente l'élévation, et la figure 45 représente la projection horiiontale d'un brise-glace plus solide tiré de l'ouvrage de H. Gaulhey : il est formé de deux pans de charpente établis sur des pieux qui servent de fondation. Cette disposition est consolidée dans ses assemblages par des ferrures, que la petitesse de l'échelle du dessin ne permet pas de représenter.

On construit sur l'Oder des garde-glace qui sont composés de bois couchés eu forme de chaises à claire-voie : ces bois sont boulonnés les uns sur les autres, et ils forment des pyramides tronquées et couchées qui présentent leurs plus petites bases au courant.

Les brise-glace qui sont en avant des palées du pont de Gustrin forment également des pyramides tronquées, couchées dans le lit du flejive suivant le cours de feau; elles sont composées de files de pieux verticaux et de pièces longitudinales qui leur sont assemblées à entailles en les croisant. Les deux rangs de cases ainsi formées sont occupés par des croix de Saint-André, le dessus se termine par deux plans inclinés, et l'arête qui forme le faîtage est aussi inclinée : le tout est boulonné et recouvert de bordages.

EMPLOI DU PIE DANS LIS F0HT8 Klf CHARFBlfTK.

I*e fer est employé dans les ponts en charpente exactement dans les mêmes circonstances que dans les charpentes des combles.

Nous citerons cependant quelques exemples de modes particuliers de l'emploi du fer dans ces édifices.

1» Pont de la Cité, à Parié.

L'ancien pont qui communiquait de l'Ile de la Cité à l'Ile Saint-Louis était une construction assez lourde en charpente servant uniquement aux piétons. Il avait été bâti en 1710, et plusieurs fois emporté par les débâcles. Dès 1718 un droit de péage d'un liard par piéton avait été accordé aux entrepreneurs qui l'avaient rétabli, et le nom de pont Rouge lui avait été donné à cause de cette couleur dont tous ses bois avaient été peints. Il fut reconstruit en 1802, encore en charpente, mais

TLIA1TÉ DE l/ART DE LA OIARPENTERIE.

suivant un autre système de construction dans lequel le fer se trouvait être un de> premiers éléments de sa solidité, quoiqu'il n'y fût employé qu'en tirants desliuê* a s'opposer à l'écartcmcrit des Termes.

Nous donnons, fig. I, pi. 145, une élévation, et fig. H une coupe en travers d<ce pont, et nous empruntons à M. Gaulhcy (tome II, page 63) la description de U construction de ce pont.

« On a encore adopte les poutres cintrées pour les Termes de tôle du pont de Ij

■ Cité. Ce pont offre deux arches de 31 lo ,08 d'ouverture aux naissances sur 1-.9S « de flèche. Les cintres sont composés du quatre cours de pièces de il centiiw « 1res d'équarrissage boulonnés avec soin, cl l'on a placé quelques QOOIreiOchB .i et quelques décharges qui se prolongent dans le parapet ; ce pont, dont la lar- " geur d'une téle à l'autre est de S"1 ,07, n'a point de fermes intermédiaires. L'in- « lervallc des deux fermes de tête est occupé par uoe sorte de voùlc à doublr

■ courbure, composée de pièces joinlives placées, dans le sens de la longueur do

■ pont qui porle sur les deux fermes de tète, et qui, dans ce sens, a la nié» ■i courbure qu'elle; sa poussée latérale est retenue par des tirants en fer plie > .. au-dessus et au'dcssuu= qui s'opposent n l'écarlL-nienl des télés ; quand on lit \i ii remblai dans les reins, un de ces tirants vint à casser; et cet accident, peu i

" portant puisqu'il provenait probablement de quelque défaut dans le fer, " gagea à décharger lus reins et à faire porter le pavé sur un plancher de

■ veau soutenu par les fermes, et qui ne prend aucun appui sur la voûte idou ■i courbure. «

Le succès n'ayant point répondu à ce qu'on attendait de ce mode de coostn lion, ce pont a clé démoli et remplacé par un pont en charpente à système d'ire ordinaires.

2° Pont de M. Aubry.

L'Académie de Toulouse avait proposé, comme sujet de prix pour l'année 1*86. le projet de la construction d'un pont d'un seul jet, sur une rivière de 4S0 (146™, 18) du largeur. Le Mémoire envoyé par M. Aubry, inspecteur des turciet '! levées du royaume, fut couronné. Le projet de M. Aubry diffère de celui de M. Migneron par sa grande portée et par les croix de Saint-André établie) dans tous les rectangles formés dans chaque ferme par les quarante-six ni) pendantes, et les deux principaux arcs composés chacun de trois cours de poutre! courbées.

L'arc intérieur de chaque ferme est de 30 degrés 26 minutes, la corde * 14(>«,18 (4M) pieds), son rayon de 278-.71 3 (838 pieds), et sa flèche de 9-.7« (30 pieds).

Le pont est composé de cinq fermes espacées également entre sc^ dm :-ide 8" ,006 [il pieds a pouces).

Ce qu'il y » de plus remarquable dans ce projet, après sa grandi

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