‹ Traité de l'art de la charpenterie (volume 2)Chapitre 171 sur 297 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

rendrait le succès de son exécution an moins fort douteux, ce sont les moyens proposés par M. Aubry pour maintenir la courbure du bois et pour empêcher les vibrations des fermes.

Les poutres formant les cintres « doivent être choisies , dit M. Aubry, parte faitement droites , et avant de les entailler sur le trait de leur appareil , «c on doit les courber conformément à la cerche de Tare dont elles font partie , «< cette cerche ayant 0m104î$ (1 pouce 8 lignes) de flèche par 9m,745 (30 pieds) « de corde.

« Le moyen de courber ces pièces sur des chantiers, avec des coins aux ex- « trémités et des points d'appui au centre, pour leur faire acquérir cette courte bure qu'on regarde à /peu près comme spontanée, est trop simple pour qu'on « s'y arrête.

« Ces pièces ainsi courbées, on doit fixer leur ressort avec des tirants de fer « droit de 0œ,081 (3 pouces) de large et de O^Oâl (9 lignes) d'épaisseur qui seront « arrêtés à chaque extrémité avec des boulons a vis et écrous, en sorte que cette « pièce ne pouvant plus se débander ni se contracter, on y fera les entailles qui « se trouvent indiquées par le dessin.

« Ces tirants doivent être placés dans les faces intérieures des courbes de bor- « dage des têtes pour que les fers soient abrités comme le sont ceux qui seront m employés aux courbes des fermes intermédiaires. •

Il suit de cette dernière indication, que M. Aubry ne place de tirants en fer que sur une des faces de chaque courbe. Le défaut de symétrie ne peut manquer d'occasionner une torsion dans les courbes. Si l'ou employait de pareils moyens, il faudrait placer un tirant sur chaque face plane de chaque pièce qu'on voudrait maintenir courbe.

A l'égard du moyen proposé par M. Aubry pour empêcher la vibration des fermes, il consiste en contrevents qu'il appelle pendentifs par pénétration établis près des culées de chaque coté du pont, et en partie en dedans de la charpente ; ces pendentifs sont composés d'arcs en fer de 99m,076 (303 pieds) de rayon, et de tirante en travers fixés par une extrémité sur la ferme du milieu du pont, et scellés par l'autre bout dans les murs d'épaulement ; ces arcs, enfin, sont soutenus par des consoles également courbes scellées dans les mêmes murs. Nous avons représenté, fig. 6 de notre planche 143, d'après le dessin de M. Aubry, le plan d'une des extrémités du pont avec ses deux pendentifs. Nous ne regardons pas ces arcs en fer, susceptibles eux-mêmes de vibrations, comme propres à arrêter celles du pont ; mais nous n'avons pas voulu omettre dans ce chapitre l'indication d'une construction proposée.

3° Ponts à grandes portées, de M. du Molard. M. le vicomte de Barrés du Molard, officier supérieur au corps royal de l'artil-

Mfc TP.AITÉ m I.'ABT DE LA CUARPENTEIUE.

Icrie, propose, dans un Mémoire qu'il a publié (I). de combiner le fer avecl(Liw> pour construire avec économie des ponts d'une grande portée ; moyen pourlfqwi il avait pris un brevet d'invention le 2j mars 1826; cause pour laquelle j>r;.! :'..■ ment aucun ess.ii, du moins que nous sachions, n'en a été fait.

Nous donnons, d'après H. du Motard, fis;, 4, pi. 143, la projection rrtial. d'une demi-travée d'un ponl projeté suivant son système de pont* mi-boi* et **(s à ijrandcs portée».

M. du Molard suppose que ce mode de construction peut servira établir uugxmi de deux arches, sur une rivière de 188 mètres.

Dans ce système, chaque arc est composé de pièces de bois d'égales lonjuicrqui se joignent bout A bout, et sont comprises entre deux bandes de fer entre tequcllcs elles sont boulonnées.

Pour les ponts d'une moyenne poHéB, M. du Molard ne place qu'ui de bni* twmoir» entre les bondes de fer, et pour les ponts d'une grande purtte, i établit deux cours de poutres entre les mêmes bandes.

Vu l'existence du brevet d'invention de M. du Molard, personne ne poutaul r tenir de ce moyen sans sa participation, nous renvoyons, pour de plus aajffo détails, ceux qui seraient disposés à en faire quelques essais, à son ouvrage; rwi> contentant d'avoir douné une description succincte de son système, et la Ép» que nous avons copiée dans son ouvrage et A laquelle nous avons joint, ils. i, b projection d'une travée d'un pont du service qu'il a composé pour aider pemlmi l'exécution nu levage du pont dont nous venons de parler.

4° Contrevents en fer tin pont d'Iviy.

Les contrevents en fer, pour avoir une utilité réelle, doivent agir c tirants, et par conséquent être en fer forgé; c'est ainsi que sont ceux do pool d'Ivry. Ils sont établis au-dessus de chaque arche, dans le plan des faces itiptricurcs où ils forment des croix de Saint-André qui ont la propriété d'atuebn invariablement le sommet d'une ferme de tête, aux extrémités opposées des pilrs con ligués.

Nous avons indiqué en lignes ponctuées les parties de ces contrevents ■■ correspondent au fragment de plan, fig. 11, de la planche 133. En les plient dans des plans à peu près horizontaux, au niveau du dessus du pont, i dans la position où ils agissent avec le plus de puissance pour s'opposci meut des fermes, puisqu'ils empêchent le changement de tigure du dessus du |

Par celle disposition, il ne peut y avoir aucun inouvcm u.utcs solidaires des fermes des tètes.

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