‹ Traité de l'art de la charpenterie (volume 2)Chapitre 186 sur 297 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

La figure 12 est une coupe du pont suivant un plan vertical perpendiculaire à son axe.

e, montants de suspension.

fy poutrelle retenue aux montants par les clefs g qui traversent les tenons après qu'ils ont traversé les poutrelles. Les cordages de suspension b passent dans les trous percés dans les montants e. Les longerons h portent sur les poutrelles, les ■Midriers du plancher sont cloués sur les longerons ou retenus par une corde de guindage ; un bastingage sert de garde-corps.

Ce pont ne sert que pour les piétons.

7° Pont de cordages militaire.

La figure 9 est une élévation d*un pont de cordages comme on en a quelquefois établi pour le service militaire.

a. châssis de culée.

b, cordages de suspension tendus par des palans c amarrés à des poutrelles g retenues par des pieux p auxquels elles sont attachées.

dy cordages verticaux.

h, poutres longitudinales composées de plusieurs poutrelles entées.

f, pontage formé de poutrelles sur lesquelles sont posés les madriers.

La figure 15, qui répond au dessous de la figure 9, est une partie du plan de ce pont.

La fig. 10 est une coupe verticale du pont prise suivant le plan qui a pour trace la ligne %y des fig. 9 et 15.

La fig. 15 est le détail d'un châssis de culée composé de pieux plantés dans le sol et liés par des cordes.

Les pièces k, fig. 9 et 15 , ont pour objet d'empêcher le châssis des culées de se renverser lorsqu'on agit sur les palans.

7° Pont de cordes suspendu à des mâts.

Lorsqu'une rivière a trop de largeur pour qu'on puisse risquer de faire un pont de cordes d'une seule portée, on divise la largeur de la rivière en plusieurs travées que l'on soutient par des mâts verticaux qui portent sur le fond.

La figure 14 de la planche 140 représente le cas le plus simple dans lequel la longueur du pont est partagée en deux parties seulement par une mâture d, à laquelle sont attachés les cordages de suspension b qui soutiennent, par le .moyen des palans c, les poutrelles rondes e qui supportent les longerons a sur lesquels les madriers sont cloués.

La fig. 16 est une élévation de la mâture sur un plan perpendiculaire à la longueur du pont. Les pieds des bigues ou mâts posent sur le fond de la rivière; si ce

fond n'a point de solidité, on établit une enrayure sous chaque mât; on les consolide au moyen de quartiers de pierre que Ton coule à leurs pieds. Une roue de toi lure sous chaque mât peut servir d'enrayure. Les poutrelles rondes qui sont pics des mâts leur sont fixées par des liens en cordages.

Si la largeur de la rivière était plus considérable , on établirait deux chassa de mâtures ; l'espace entre ces deux châssis ne devrait pas nécessairement être le double de la distance d'un châssis aux culées. Il ne devrait être que d'une fois et demie, et au plus une fois trois quarts; et, dans ce cas , le sommet renversé di polygone formulaire de suspension ne doit pas atteindre le niveau du plancher di pont.

L'on emploie dans l'exécution des ponts de cordages des nœuds , qui sont les moyens d'assemblage des cordages ; nous renvoyons à ce sujet au chap. XLVII.

A l'égard de la construction ou du levage des ponts en cordages, on conçoit qt* toute la difficulté de ce levage est vaincue, dès qu'on est parvenu à passer d'un rivage à l'autre un cordage, quelque faible qu'il soit , puisqne par son moyen « peut lui en substituer de plus forts , et qu'on peut même faire avec des cordâtes des ponts provisoires destinés à porter seulement quelques hommes , et à sertir comme d'échafaudages pour le levage. Quanta ce qui concerne rétablissement des mâtures, on les dresse au moyen de haubans et de palans, tons garnis à leurs sonmets des attaches et même des cordages de suspension.

Pour faciliter l'opération de dresser les mâts on les garnit de tonnes aux points qui doivent se trouver au niveau de l'eau en même temps qu'on attache quetyte grosse pierre aux extrémités qui doivent reposer sur le fond , les palans de suspension verticale sont attachés d'avance aux grands cordages de suspension, et lesdeu mâts du châssis sont dressés simultanément ; on ferait usage de cabestans provisoires si les palans simples ne suffisaient pas.

La rapidité avec laquelle les ponts de cordages sont établis les rend d'une grande utilité.

Les cintres sont des ouvrages en charpente qui servent à soutenir la maçonnerie des voûtes pendant leur construction , cl jusqu'à ce que la pose de leurs clefs leur ail donne la faculté de se soutenir seules. Sous ce point de vue les cintres sont nV véritables échafauds ; ils deviennent des étais, lorsqu'on les établit sous de vieilles voùles qu'il s'agit de réparer ou de démolir avec précaution, soit pour prévenir les accidents qui pourraient arriver aux ouvriers, soit pour ménager les matériaux qui se dégraderaient dans leur chute.

Quoiqu'on ne puisse confier qu'à des charpentiers la construction des cintres . leur pose et le décintremenl . on ne peut pas dire que la composition des cintres soit exclusivement de leur ressort.

Il n'en est pas d'un cintre comme d'un comble, d'un pont, d'un échafaudage; le charpentier connaît les conditions que cqs constructions ont à remplir, 1rs charges qu'elles ont à supporter , les dégradations qui peuvent les atteindre; mais les conditions auxquelles un cintre doit satisfaire dépendent de l'art de la construction des voûtes; elles sont essentiellement du domaine de la science de l'architecte et de l'ingénieur. Celui qui veut bâtir une voûte en maçonnerie, qui en ■ déterminé l'étendue, et couru la forme el l'appareil, doit connaître les procédés d'exécution qu'il peut employer ; il est seul appréciateur des conditions auxquelles les cintres dont il a besoin doivent satisfaire : son savoir el son expérience lui fournissent les moyens de conduire à perfection son ouvrage. Nous n'entrerondonc point dans de longs détails sur les cintres, le plan de notre livre ne devant point embrasser l'art de bâtir des voùles. Nous nous bornerons à faire connaître à nos lecteurs, charpentiers, les diverses espèces de cintres qui ont été employés . pour qu'ils ne travaillent point aveuglément dans la construction de ces sortes d'ouvrages, dont l'exécution leur e>t toujours confiée aussi bien que celle du décintremenl. ■

I, es cintres sont de différentes espères, suivant que les voûtes doivent Être cylindriques ou i double courbure; suivant qu'elles doivent avoir plus ou mnins d'étendue; suivant qu'elles doivent être eu pierres de taille ou en maçonnerie de moellons, ou même monolithe*, c'est-à-dire en béton, comme celle d'un pont de lâinèlrcs que M. Lebrun, ingénieur des ponts et chaussées, vient de faire construire sur le c.inal latéral de la Garonne.

TRAITÉ IIK L'ART OE I.A UUHPF.NTERIF..

l'intrus du pont de Celtiui et ilu pont du Gard.

L'époque Je l'invention îles cintres ne peut être que celle «le l 'nutrition d--. voûtes, ijue l'on fait remonter, comme nous l'avons déjà «lit, au tempe de u cm- !t rue lia» des cloaques de. Rome.

U» ne connaît pas quelle était la composition des cintres employés par les» ciens; mais on peut présumer, d'aprc* la forme constante de leur* coosintU"* des voûtes en pleins cintres, les vriussairs s.iilliuils en eucorbelletncnls qu'ils m» laissés dans leurs voûtes. et les travail* qu'ils avaient faits en charpente pour dit très objet ... que les cintres qu'ils ont employés étaient de In forme do ceui rt«ff sentes fig. 3 et 3, pi. 112, le premier adapté à une arche du pont de Celsius, in**, le second pour une arche du pont du Gard, à Ni mes.

Nous avons emprunté cesdeux figures à Y Art de bâtir, par if. Rondelet.

I* cintre du pont de Celsius, Bg. 8, est du genre de ceux articles cinirr» r$om -•■', parce que les points d'appui du cintre ne sont pas au niveau des naissant» A la voûte, et qu'ils sont relevés ou retrousses jusqu'à U hauteur où les voussoirc » peuvent être posés sans le secours des cintres , parce qu'au delà (Je cette biuto' les joints ont une inclinaison telle que les voussoirs ne peuvent plus être KUm en pose par le frottement. I.a position de ces points répond aux joints qui («m un angle d'environ 50 degrés avec l'horizon. Les anciens avaient eu connais» m' de cette propriété du frollement, car on ne peul douter que c'est cette eonsiilmlion qui a déterminé les places où ils oui laissé des voussoirs en saillie afin dty puyerlcs parties de cintres qu'ils ont jugées indispensables pour l'achèvement an voûtes.

Il est donc [irésuuialile que les einlres îles anciens ililTéraient peu de ceoxdtMH on fait usage aujourd'hui pour des voûtes de médiocre étendue.

Les voûtes eu berceau, les plus grandes que les anciens nous ont laissées, " dépassent pas 60 à Tô pieds (20 à 2S mètres) d'ouverture. Elles sont par cm séquenl loin d'avoir les immenses porlées des arches en pierre de nos ponts ■

La disposition générale des éléments qui composent les cintres pour supjwrw les voussoirs des voûtes eu construction, a une analogie parfaite avec celle d* travées îles punis en rliarpenle. qui a fait l'uhjel du chapitre prérédenl- Leseif!-

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