‹ Traité de l'art de la charpenterie (volume 2)Chapitre 189 sur 297 · IV · texte numérisé non relu

IV

i utrrais fixes.

Les cintres regardés comme inflexibles sont ceux dans lesquels les assemblages ne peuvent jouer ; ainsi Ton conçoit que dans le cintre du pont d'Orléans si les deux arbalétriers m, n n'eussent formé qu'une seule et même pièce en ligne droite, le changement de forme qu'aurait subi le cintre n'aurait pu provenir que de la flexibilité des bois et nullement de la mobilité des assemblages ; car, en supposant un arbalétrier en sens symétrique de celui mn à l'autre bout de la ferme, si les charges de la maçonnerie eussent augmenté également des deux côtés, leur action sur l'entrait p q aurait été égale aux deux bouts de cet entrait qui n'aurait par conséquent point changé de position, et la figure formée par cet entrait et les*deux arbalétriers aurait été invariable. Ainsi la stabilité deia forme du cintre n'aurait plus dépendu que de l'inflexibilité des arbalétriers et de la résistance de l'entrait .que l'on aurait pu accroître autant qu'il aurait été nécessaire, par l'augmentation de l'équarrissage de ces pièces ou par l'emploi des armatures pour suppléer à la force de leur équarrissage.

1° Cintre$ de la nef de Saint-Pierre de Rome.

M. Rondelet remarque, dans son Art de bâtir, que si c'est dans Rome antique qu'on trouve les premières et les plus importantes voûtes, c'est aussi Rome moderne qui nous offre le cintre le plus considérable qu'on ait construit jusqu'alors dans celui que Michel-Ange a employé à la construction de la voûte de Saint-Pierre de Rome, et dont la composition est attribuée à Antonio da San-Gallo (mort en 1546), architecte de cette église après Bramante et avant Michel-Ange.

I*a figure 13 de la planche 141 (1) représente cette belle composition d'après le dessin que nous a conservé Fontana.

Elle satisfait admirablement bien à toutes les conditions de résistance et de stabilité; cette ferme est le type des fermes des cintres fixes, sauf les changements à apporter pour plier ce système aux différents cas que peuvent présenter les diverses circonstances qui font varier les formes et dimensions des voûtes.

x* Cintres de M. Pitot.

Le système des cintres de Saint-Pierre de Rome se retrouve dans les cintres de

(i ; Nous avons fait le destin de ce cintre, fi g. i3, sur une petite échelle, pour qu'on puisse le comparu au cintre de la coupole, fig. u, pi. u5.

II. Pitot, fig. 7 et 18 de la même planche, clans lesquels il esl aisé de recooojllrt l'analogie de ces deui constructions, au moins dans la disposition générale qoi procure l'invariabilité lie forme qui est observée dans l'on semble de la combinaison, comme dans ses détails.

M. Pitol a fait usage du système représenté lig. 18 pour les arebes qu'il t accolées au pont du Gard ; il a employé aussi ce même système au pont d'Orne;«i i au pontdcHulac, sur la route de Perpignan iCarcassonne-

Ci'lin de la figure 7 lui a servi pour le pont de l'Ile-Adam.

3" Cintre» du pont de Mmourt.

Le système de deux arbalétriers et d'un entrait a élé employé avec succéiwi cintres du ponl de Nemours sur le Loing. Une des fermes de ces cintres est rcjfrse niée flg. 11, pi. 143; mais comme l'arche est formée par une portion d'itc* cercle, îl en esl résulté que la charge avait tellement agi sur les couchit, qu'il aurait été fort difficile d'opérer le déciutreuient; nous indiquerons au ptriti)phi: VIII, ci-après, le moyeu qu'on a élé forcé (l'employer pour opérer cédrat

4° Cintre du pont du Strand.

Le cintre du poul du Slrnnd, à Londres, est remarquable, comme cintre lut par la bonne combinaison des contre-fiches qui entrent dans sa composition: no» l'avons représenté fig. 12, pi. 143. Nous renvoyons ce que nous avons àiiirtJ sou sujet au paragraphe IX,' ci-après.

CUmn SOI'TKIES Fil DES PAlElS INTIS» ÉD1 Al *f.î.

Lorsque l'étendue d'une arche et la grande longueur de son rayon de cou; bure font craindre que la pesanteur de la maçonnerie ne fasse trop baisser Ir commet des cintres, bien qu'il serait d'abord élevé par les efforts que produirait la charge sur les reins, ou soutient le milieu de l'étendue des fermes par m* espèce de palée que l'on établit sur des pieux. Nous donnons quelques eietoplo de ce moyen d'assurer l'invariabilité des cintres, en cherchant un appui sur Irfo&i de la rivière.

1° Cintres du ponl de Moulins.

La fig. H) de la pi. 142 représente un des cintre» qui oui servi, en lïlial. > u construction du ponl de Moulins sur l'Allier, par Regemorte. Ces cintres sont soutenus par des poteaux verticaux appuyés sur des massifs en maçonnerie élevés (■ le radier qui forme, sous le ponl. le fond de la rivière.

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