CHAPITRE XLI
lion légère, et l'on se contente de les faire en planches de champ, dans le gcurc des hémicycles de Philibert de Lorme; un des cintres de cette espèce est représenté
1 6g. 14. On les établit à peu près de mètre en mètre sur la longueur de la voûte;
1 98 font revêtus d'un cuvelage en planches sur lequel on moule la maçonnerie de la voûte en moellons ou en briques.
La 6g. 15. est enûn l'indication du plus minime cintre en demi-cercle que l'on emploie; quelquefois même on le simplifie encore en supprimant le poinçon, et, dans ce cas , on se contente de croiser les deux planches des arbalétriers a leur rencontre au sommet du demi-cercle. Ces petits cintres sont ordinairement employés pour les berceaux couvrant de longues galeries souterraines ; et Ton en compose, par le moyen du cuvelage , des demi-cylindres portatifs de 3 ou 4 mètres de longueur, que Ton dégage des voûtes en ôtant leurs soutiens, et que l'on transporte pour la continuation des voûtes , qui se trouvent ainsi faites par portions. Les charpentiers sont chargés de la construction de ces eintres portatifs ; mais ils ne sont point employés à leur pose, ni à leurs changements de place qui sont du ressort des maçons qui en font usage.
4° Cintrée pour paries et fenêtres.
La 6g. 5 montre comment on supplée aux cintres pour poser les voussoirs qui composent les arcs surbaissés qui n'ont que des dimensions très-restreintes, comme celles des portes et des fenêtres de nos habitations.
5° Cintres pour arceaux.
La 6g. 4 est le détail d'un cintre établi à peu de frais , par M. A. Ferry, aux fonderies de Bomilly, pour la construction d'un arc dans un mur qui traverse le coursier d'une roue hydraulique. Ce cintre est composé de deux petites fermes parallèles, écartées seulement d'une quantité égale à l'épaisseur du mur pour porter les couchis servant à la pose des voussoirs. Chaque ferme est formée avec des madriers de champ boulonnés en moises sur de petits poteaux verticaux dont l'épaisseur règle l'écartement des fermes , et qui sont assemblés dans des semelles couchées sur le radier du coursier.
6° Cintre du pont aux Fruits, de Melun.
lies voûtes du pont aux Fruits, à Melun, construites il y a plusieurs siècles , comme le prouvent leur petit diamètre, leur forme en plein cintre, et leur état de vétusté, menaçaient depuis longtemps de s'écrouler ; et , cependant , on voulut r en 1820 , en prolonger pendant quelque temps l'existence. Le seul moyen était de les cintrer; mais il fallait que les cintres occupassent le moins d'épaisseur possible sous les voûtes, pour ne point gêner la navigation.
tM TRAITE HE L'AKT DE LA L'HAltl'ENTEIIIE.
M. Kustache, ingénieur en chef des pouls et chaussées, cul l'idée de composer :es cintres avec îles bordages courbés, en les ramollissait! par la chaleur cojuboiïf ivec l'humidilé.
I.a lig. 17 de la pi. 141 est l'élévation de l'une des arches durlit pont aux Fruit* avec l'un des cintres dont il s'agit.
La largeur du pont , eulrc les deux parements des tètes, est de 6" ,80. Cinq arcs ont été établis dans cette largeur sous chaque arche ; chaque arc a cl* composé de six bordages en bois de chêne de S centimètre* d'épaisseur, et de 0",â> de largeur.
Pour amollir les bordages afin de les courber, II. Euslachc les a soumis à uni grande chaleur dans du fumier mouillé et échauffé sur un fourneau construit uprès. Lorsque les bois avaient acquis la souplesse que M. Eu, lâche jugeait b4o> sairc, on les courbait en les forçant de s'appuyer sur des points fixes ou ils êuicit retenus par des coins, et lorsqu'ils étaient refroidis et qu'ils avaient ,n:qui; h courbure et la fermeté requises, ou les employait dans la Composition des fermes, dans chacune desquelles ces madriers étaient serrés et retenus par de ptflM moiscs pendantes et par des liens eu fer avec brides à vis et écrous ; les moiso pendantes de même rang étaient liées par des moïses horizontales à l'intwtos et à l'extrados, celles de l'extrados étant comprises dans le cuvclagc i épais.
Celte construction a quelque ressemblance avec celle de mes arcs pour les gro des charpentes (page 187) , avec celle remarquable différence que mes ares n'tW pas moins de 20 à 21 mètres de diamètre (c'est le triple du diametre des ara* H. Eustache) ; que j'ai courbé mes ares sans le secours de la chaleur ni de l'huadite, et cnliu, que le but est fort différent.
La forme annulaire des différents cours de voussoirs d'une voûte en coupofclors même que sa surface de douelle ne serait pas une surface de révolution, si*plilie les moyens de construction quant à la forme des cintres. Lorsque celte fonac est continue, e'csl-â-dire lorsqu'elle s'élève sans qu'elle se trouve interrompue fut la rencontre ou pénétration d'aucune autre voUie . elle permet de se passer * cintres proprement dits. L'on peut ne se servir que d'enrayures ou d'armature horizontales élevées à mesure de l'avancement de l'ouvrage, en les maintenait" la hauteur des assises en couronne formées par les voussoirs, seulement pcnduii le temps nécessaire à la construction de chaque couronne . et jusqu'à ce que k cour* de ses voussoirs soit complètement posé.