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CHAPITRE XLI

i 1* Enrajrures de la coupole de Florence.

lie moyen que nous venons d'indiquer est dû à Brunellescbi qui Ta in? enté pour

fia construction du dôme à huit pans de l'église de Sainte-Marie del Fiore , à Florence.

s Lorsqu'il proposa de construire ce dôme sans cintres , il trouva autant de contradicteurs qu'il y eut d'architectes, d'ingénieurs et de savants réunis , pour délibérer sur le moyen de bâtir cette immense coupole qui est élevée à plus de 165 pieds (83",60) , non compris la lanterne qui a , en outre , avec la boule et la .croii, une hauteur de 59 pieds (19", 17).

Les projets qui furent présentés pour la construction des cintres devaient occasionner de si grandes dépenses, qu'on se détermina à revenir aux offres de Brunellescbi, et dès qu'il eut divulgué le moyen dont il voulait se servir, consistant dans des mrayures horizontales pour maintenir les voussoirs, et qu'on devait élever à mesure que les assises seraient posées, personne ne douta plus du succès; ce qui n'era*

pécha pas cependant que cette coupole demeurât vingt ans en construction, mais

par suite de circonstances indépendantes du moyen employé (1).

Quand une coupole doit être percée par des ouvertures qui interrompront un

certain nombre de cours de voussoirs, comme dans la deuxième voûte du dôme du

Panthéon de Paris, la méthode des en rayures n'est plus praticable, du moins pour

Il hauteur qui comprend les cours des voussoirs incomplets. On est forcé de recourir

à la combinaison complète d'un cintre général pour cette partie de la voûte, à

■voins que les cintres partiels indispensables pour la pose des arcs qui forment les

ouvertures, puissent servir en les combinant avec des enrayures pour soutenir les

cours incomplets des voussoirs.

2° Cintres du dame de Saint-Pierre de Rome.

Lorsqu'une coupole doit être construite sur des cintres complets, ces cintres sont composés , comme pour les voûtes cylindriques, d'un certain nombre de fermes ; mais au lieu d'élre parallèles, elles sont dirigées sur l'axe vertical de la coupole où

(i) On rapporte que c'est à cette occasion que Bmnelleschi, sollicité d'eiposer son procédé, proposa à aea contradicteurs de faire tenir, sur Pun de set bouts, un œuf, dont la forme a quelque ressemblance avec celle d'un dôme. Tous les assistants ayant déclare que cela était impossible, il fit en effet tenir l'œuf, comme il Tarait annoncé, en bruant sa pointe sur la table de marbre devant laquelle il était assis. Aussitôt on Vécria que chacun en aurait pu faire autant. Brunelleschi repartit avec ironn : Si je vous montrais le modèle du moyen que je vem employer pour la coupole, tous en diriez tout autant que de l'expérience de l'œuf.

Une anecdote semblable a été attribuée à Christophe Colomb; mais la plaisanterie n'était pas >'\ U< urctix ment appliquée que dans la circonstance où Brunclle>chi Ta faite.

jlG TRAITÉ DE I.ART DE U CdARPENTEBIE.

elles sont n;u"ie» dans un poinçon commun au sur des enrayures i

lieu. On M peut mieux comparer ces sortes <)e cintres qu'à

<K>me en charpente, en prenant toutefois la surface extérieure de ce ilfmrc p™

celle de lit paroi intérieure ou doue) le de la voûte, comme si le dôme en diannii

.levait être le moule sur lequel ou maçonnerait la voûte.

Nous n'entrerons point daos de longs détails sur la construction de ce» h cintres, ce que nous avons précédemment dit au sujet des voûtes en clurpcntti des dômes contenant tous les renseigne niçois nécessaires pour cet objet :iiww plêterons cet article par une courte description du cintre qui a servi i lion du dôme de Saint-Pierre de Rome.

La lig. 11, pi. 127, est une réduction, sur l'échelle de la fig. 10, du dessin tf» partie de l'une des Termes de ce cintre donné par Fonlann. dans la descriptiw* Saint-Pierre de Rome. Ce cintre était composé de seize fermes entières, cm plu* fie trenle-dcux demi-fermes réunies par des enrayurcs, vu qu'elles n'aurairnl p pu trouver place pour leurs assemblages sur un poinçon.

I.a fig. 9, même planche, est un fragment du plan du cintre pris à hantrur* la première enrayure.

I ,r- contre-fiches portaient par lenrs abouls dans des entailles réservées da«ù maçonnerie de la naissance. Angelo Rocca, contemporain de la construction *b cintre, pour donner une idée de ta grandeur du travail, dit qu'on a empluicd» la construction des deux coupoles cent mille pièces de bois, dont une ceiiuiitf «a d'une grosseur telle que deux hommes pouvaient à peine les embrasser, Le fr» bre est probablement exagéré ; mais on ne peut douter que ce gigantesc dut nécessiter l'emploi d'une prodigieuse quantité de bois. M. Rondelet renunjr que ce cintre dut avoir pour objet île pouvoir élever les matériaux et de lesdéptw à la portée des ouvriers, pour accélérer le travail plutôt que pour soutenir I çonneries pendant la construction de la double coupole, vu qu'on pouvait, i gueur. la construire sans cintre comme celle de Florence, et avec plus de f«ilik puisqu'elle est sur un plan circulaire ; mais cette opinion n'est qu'une présomptif* Angelo Rocca ne fait point mention de ectle particularité, et l'on peut présan» aussi que pour soutenir seulement les matériaux au fur et à mesure qu'il cessait* de les placer à portée îles ouvriers, l'architecte n'aurait pas fait uaen» struclion aussi considéra Lie. Il ne me parait pas douteux que ces c composés dans l'idée qu'ils devaient supporter le poids de la voûte.

I.a construction de la coupole de Saint-Pierre de Rome n'a exigé que vingt-Oe>i mots de travail.

.t" Coupole du Pan/Mon île Rome.

La plus grande coupole qui ail été construite en maçonnerie est celle dur\inl*w de Rome; elle a 133 pieds 11 pouces (tt-.WS) de diamètre.

L'art de la charpenteric peut avoir quelque intérêt à la solution de la I»*

CHM'ITRE NU. M

îavoir si ■ S ■ ■ ■■ cintres cri charpente ont été établis pour sa construction nu s'il ;i contribué . par quelque autre moyen, à l'exécution de ce grand ouvrage.

Les avis îles architectes et des antiquaires ne décèlent rien à ce sujet. L'opinion vulgaire, à Rome, est qu'on n'a point établi de cintres pour bàlir celte magni fique coupole. On prétend qu'après que les murs circulaires qui la soutiennent ont é(é construits, on a rempli l'intérieur de terre fortement comprimée, et qu'on en a issé un volume suffisant pour former le galbe ou moule très-solide de In voùlc. Apres que ta coupole fut complètement achevée, le peuple romain fut appelé à déblayer l'inlèrieur. des terres qui y avaient été amoncelées, et l'on ajoute que, pour l'encourager dans ce travail, on avait eu soin de semer d'avanee dans les remblais des pièces de monnaie qui lui étaient abandonnées.

I. Rondelet (tome IV. page 573) regarde cette version comme une fable, attendu dit-il. que l'art de bàlir était, au temps d'AugusIe. arrivé à une telle perfection. ru'il n'est pas probable qu'on ait usé d'un moyen qui n'appartient qu'à l'enfance de l'art, et son opinion est qu'on a dû établir des cintres en charpente légère qui on) i d'échafaud. Huant ci nous , le remblai en terre, moyen qui avait clé plusieurs fois pratiqué à Home, que l'on pratique quelquefois encore aujourd'hui pour de petites voûte», nous parait si simple que nous ajoutons foi a la tradition populaire Elle csl d'ailleurs d'accord avec l'économie de In dépense ; car il est plus que probable e les frais du remblai de (50.000 mètres cubes de terra remplissant l'enceinte du Panthéon, et formant le galbe de sa coupole, pour servir en même temps de einlre et d'échafaud. joints au sac ri (i ce fait pour semer d'avance quelques pièces de mon e dans ce remblai, n'ont pas il 1 1 atteindre, à beaucoup près, les sommes qu'aurait coûte rétablissement des cintres ou même des plus simples enrayures pour la jslruction d'une voûte d'un aussi grand diamètre, dont la naissance csl à 23™, 778 cl le sommet à 47™, 35 du sol.

1" Cintres itu dôme du Panthéon à Paris.

M. Rondelet a profite, dans la construction des voûtes du dûme du Panthéon. de la propriété dont jouissent les voûtes eu coupoles, composées de cours de vous ■■■in s formant des anneaux horizontaux, el les échafaml- mlispeusMilemenl nécessaires pour mouler les matériaux et porter les ouvriers, lui ont servi pour soutenir 1rs cours annulaires des voussuirs, ces échafauds n'ayant jamais eu a porter qu'une oie assise el seulement pendant la pose des voussoirs qui la composent, rein sise se soutenant seule aussitôt qu'elle était entièrement posée. Nous donnons lig. 2 el 5 de la planche 126, les dessins des échafauds-cinlres dont il s'agil. d'après in dessins que M. Rondelet a fait graver dans son Art de bàlir. Ces échafaudseinires étaient liés aux échafauds extérieurs représentés sur la même planche, et dont ions iwms parle ci dessus page 528.

I.a figure iï est une cOttpC suivant la ligne c m du pbtn, lig, 1 el \\.

i*8 TRAITÉ DE L'ART DE LA CRARPENTERiF.

La figure ~> cl une coupe suivant la ligne c 6 du même plan.

La ligure 1 est le plan de l'cnrayurr établie au niveau x y de ta naissant

voûte.

f pour petites iwiites en cul-de~four.

Quelque petite que soi! une voùlc. les cintres en bois qui doivent servir à sa instruction sont établis par les charpentiers.

Lorsqu'il s'agit d'une calotte sphérique d'un petit diamètre que l'on mmimr ordinairement cultle-four, parce que celte forme de voûte est principalement employée pour couvrir les fours . au lieu de cintres d'assemblages an se sert de ntidriers de champ et même de planches de champ pour les plus petit) cette espèce. Les madriers ou les planches sont (aillés suivant le profil gênerait» de la voûte; on les pose d'un bout au niveau de la naissance en les soutenant ho quelques briques, ou par le moyen du petits montants verticaux sur lesquels cm h cloue; vers le centre, ils sont tous réunis sur un poinçon commun. Lear confinent le plus grand sur le contour du four ne doit pas dépasser la longueur ifo» des briques qu'ils doivent soutenir pour former ta voûte.

DtClttTRIMINT.

1" Ancien procédé pour dèeinlrer.

On donne le nom de d ceint rement à l'opération par laquelle on tiébuna* M

voule des supports qu'on a donnés à ses éléments pendant sa construction. Crut opération est extrêmement délicate, elle demande beaucoup de prudence et sut niir longue patience, car il faut accorder le plus de temps possible â la di lion des mortiers, afin qu'ils puissent prendre une consistance assez grande résister convenablement à la pression qu'ils doivent éprouver de la partdi soirs, entre lesquels ils se trouvent interposés. On doit concevoir que si l'o donnait subitement une voûte à elle-même avant que les mortiers aient acqi dureté convenable, il se ferait un tassement rapide qui dépasserait les limite) lui aurait supposées, et qui pourrait occasionner les plus funestes accidents.

Autrefois ou Taisait du déciutrcinenl, notamment de celui des un objet de spectacle et de surprise pour les personnes qui n'étaient point ini aux procédés de l'art. Après qu'on avait enlevé, presque secrètement. IM cile» soutenaient les voussoîrs sur les cintres, et les liernes qui reliaient la cliar| au moyeu de l'effort d'un nombre suffisant de cabestans, on faisait écrouler les 1res de toutes les arches il la fois, et après leur chute le pont se montrai! à ti d'autant plus émerveillée qu'elle rroyail que re pont avait clé soutenu -m M 1res jusqu'au dernier moment.

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