‹ Traité de l'art de la charpenterie (volume 2)Chapitre 196 sur 297 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

IH&RrEïtTERIE TU M". \ ri V ! i - ■ »

Les terrains sur lesqucb on veut établir des édifices , n'ont pas ions la soJidin nécessaire pour en supporter la pesanteur. Parmi tes moyens que l'on a emploi puur rcnilre un mauvais sol capable de résister à la charge d'une grande cosstnr ii-iii . les pilotis ont pondant longtemps tenu le premier rang, et, malgré qorlinp faits récents , il n'est point oncore démontré que ce moyen ne soit pas le plus vent le meilleur.

Un pilotis est composé d'un grand nombre de pilols, enfoncés le plut ordiaaii*menl verticalement dans le .sol sur lequel une fondation doit être élevée, "imu tri terons, au llr paragraphe du chapitre XLVI11, des machines à enfoncer le* pifet rt de leur usage.

Lu constructeurs n'ont point une opinion unanime sur l'effet des pilols : lac veulent qu'ils n'aient pour objet, comme des bras ou des racines, qne d'aller tlw eher, au travers d'un mauvais fond, une couche solide, et de servir d'appui w constructions; d'autres les regardent comme propres à soutenir le poids d'uagnu édifice, précisément par l'effet de la somme des frottements qu'ils éprouvent & le sol et qui les empêchent d'y pénétrer plus avant que le battage n'a pu les > < foncer; d'autres, enfin, les considèrent comme un moyen de comprimer le tââ tous sens autour d'eux jusqu'à une profondeur égale à leur longucnr, de façon i* former une masse plus compacte et par conséquent plus propre à supporter I charge d'un grand poids. Pinus pensons que les pilots, suivant les solsooil>* trouvent placés, peuvent avec avantage remplir le but qu'on se propose, en {induisant l'un des effets qu'on leur a attribués. Il serait, néanmoins, irès-sW* imprudent de compter sur l'un de ces effets sans avoir mûrement étudié les tu lonsfanccs dans lesquelles il s'agit d'employer les pilotis.

Ainsi, sous le rapport de la compression, les pilols sont sans efficacité duu» sol argileux, qui non-seulement cède jusqu'à une grande distance hpriiorjliit mais qui se relève et fait remonter les premiers pilols chassés , lorsque l'on en I de nouveaux.

Il paraîtrait cependant que, fichés jointifs dans un fond de cette naturt. e soûl pas sans efficacité ; car après avoir fait démolir la tour de la Cbalnr, urtde la Rochelle, qui était dans un état de délabrement alarmant, pour la '<■"

wnslruire, en 1819. j'ai trouvé sous les fondations d'une partie d'un

ii dans l'intérieur du port, une forêt de petits pilots fichés les uns prés îles autres, tout à fait joinlil's, sans aucun intervalle; it en élail résulté comme un nouveau fond qui avait assei. bien résisté pour soutenir la porliun du mur du quai dont il s'agit, qu'il fallut démolir pour opérer l'élargissement de l'entrée du port.

Au surplus, c'est au constructeur à étudier avec soin la nature du sol dans lequel il s'agit de piloter, et les effets qu'on doit attendre de ce mode de fondation. Tour it qui concerne les charpentiers, nous n'avons qu'à indiquer les procédés qu'ils cmpluicm pour l'exécution des travaux qui leur sont confiés dans les fondations «l'un édiiiee quelconque. Nous allons, en conséquence, décrire quelques-unes de. fondations sur pilots et grillages les plus remarquables, et nous observerons qu'en général on ne doit jamais employer de bois dans une fondation, qu'avec la certitude qu'ils seront toujours couverts d'eau, ou dans un sol tel que son humidité équivale â une immersion complète et constante. Nous ajouterons en lin que dans les travaux à la mer, il faut soigneusement éviter de placer des bois de fondation ■ Lins l'eau salée, où ils peuvent être atteints par les tarels et par les pholades, dont nous avons parlé, tome I", page 217.

Lorsqu'un terrain a nécessité l'emploi de pilots pour recevoir une fondation en maçonnerie, ou lorsque sa mollesse a déterminé à fonder sans pilotis, on établit sous la maçonnerie un grillage en charpente qui a pour objet do présenter à la construction une assiette unie qui ne permet à aucune partie de s'enfoncer dans le 1 isolément, et qui prévient toute dislocation qui pourrait résulter d'un tassement inégal, suite d'une inégalité de résistance dans le sol.

c du sol, l'espèce des matériaux qui doivent être employés, et la forme de l'édifice en maçonnerie que la fondation doit supporter, objet que nous n'avons 1er ici, déterminent le nombre, la force et la combinaison des bois que les charpentiers sont chargés d'assembler et de poser dans les fondations. Les moyens de mettre en place les ouvrages en bois des fondations, soûl différents cuivaul que les charpentiers peuvent travailler â sec, pur l'effet d'épuisement, ou il est obligé d'établir des bois sous l'eau, OU de fonder par caissons; mais le travail des bois, leur tracé, leurs assemblages, sont exécutes par les mêmes moyens que ceux que nous avons décrits, aux chapitres VIII et IX, et qui s'appliquent à toutes les parties de l'art.

lu grillage est composé de piétés île bois horizontales, nommées chapeaux ou lungrines, qui sont posées sur les têtes des pilots de chaque liie ; ces longrines sont croisées ordinairement à angle droit, et en dessus, par d'autres pièces du même équarrissage , que l'on nomme traversées ou raciucaux; chaque cours répoudanl aussi à une file de piem, est ordinairement entaillé réciproquement et â mi-bois, s profondément, ce qui est préférable, avec les luirçnim.

Tout Ici bois d'an grillage don nu (''in* >lu rnCmc échantillon, >}im in int i3 ii M centimètres d'équarrissage.

Un grillage du celte sorte est représenté, lig. 7. pi. 141, en projection hunim laL'. M fig. li. dan* uni* coupe sur laquelle est aussi figuré lu profil de li aua*ni-ric que ce grillade supporte. Quanti Une fond j| ion s'exécute par épuisement, c'egl-i-dire lorsqu'on a mi» complètement à sec le sol dans lequel le pifoin au: être établi, on ( <• >t< aisément reeepor 1rs pilols intfHH au même nnuu. ei tt-

..tut sur leur* lélis les le «qui doivent entrer dan* les mortaise* rmt*resujB>

chaque chupeau.

l'oor MUT sur lai têtes des pilols le plan du recepage, on se sert de régit» tm dressées, et d'un bon niveau de maçon.

On peut aussi faire usage du niveau d'eau nu du niveau à lunettes j mais la charpentiers adroits préfèrent avec raison le niveau du maçun. qui permet mu bien que (oui autre lis plus exactes vérifications, et qui est plus commode us» b main» des ouvriers.

Lorsqu'à peu de Trais un [nul introduire momentanément de l'eau dans le Iriiiil et l'y maintenir tranquille et a une même hauteur pciid.int le temps Irès-coaniu est nécessaire pour marquer sou niveau sur chaque pi toi , on • le moyeu Itfiisimple, le plus coiiimude et le plus exact pour tracer le recepage.

Autant qu'on le peut, on trace avec le cordeau tu us les n bouta des tenons sur In têtes des pieux d'une file, afin qu'ils soient tuus sur le m. toc alignement, n que les mortaises îles chapeaux, tracées de même, leur correspondent eiKtf

Les entailles, entre les lougrines et les traversines, sont tracées en piquant M bois par le procédé ordinaire, après qu'on a présenté les traversines aux plw qu'elles doivent occuper.

Les entailles n'ayant pour objet que d'empêcher les pièces du grillage de glisw les unes sur les autres, il suffit de leur donner i à 3 centimètres de profondeur, li pression que doit opérer la maçonnerie élevée sur le grillage, suffit pour niaint«i» leur assemblage.

Les fonds des entailles de (oui le grillage doivent être dans un même plan i' niveau, et traces à cet effet par des lignes battues au cordeau sur toute la longuttdrs pièces du grillage.

Lorsque les entailles sont faites, et que les chapeaux sont de nouveau as-etuWc* sur les pieux, on doit vérifier si effectivement les Tonds des entailles de leurs l'** supérieures sont toutes dans le même plan de niveau, afin que toutes les im>tf sines qui doivent s'y assembler, arrivent toutes en joint en même temps, et qnr le joints éprouvent tous la même pression. Telle vérification est faite avec une mjk dresf.ee avec précision et un niveau de maçon ; s'il y a des entailles plu* eleié tes uiics que les autres , on doit , avec l'erniineUe, les ramener au niveau rummin: si, au contraire, une entaille ie trouve trop profonde, ou peut remédier i ce *"

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