CHA1PEIITE1IE RAVALE
1° Système de construction.
Pendant longtemps, sans doute, les mêmes artisans qoi bâtissaient les cabanes sur les rivages de la mer et des fleuves, construisaient aussi les frêles barques qui •enraient à la pèche et à de courtes navigations ; mais l'accroissement du nombre et de la grandeur des embarcations, par suite de l'extension des voyages, et des relations plus multipliées entre des rives éloignées, a dû déterminer quelques charpentiers à se li? rer uniquement à la cbarpenterie de navigation.
Cest à leur pratique et à leur lente et longue expérience que Ton a dû la création et les progrès d'un art que les mathématiques et la physique ont changé, depuis deux ou trois siècles seulement, en une science qui nécessite aujourd'hui des ingénieurs spéciaux pour la cultiver, la pousser vers de nouveaux progrès, et rappliquer à la construction des grands navires.
L'État a ses ingénieurs constructeurs (1) : la marine marchande n'est point resiée en arrière; les maîtres charpentiers qui travaillent pour elle, ont pris aussi le litre de constructeurs des narires du commerce, titre dont des hommes d'un mérite distingué ont soutenu et accru la juste réputation.
La construction des vaisseaux et navires de toutes espèces constitue donc maintenant une science qu'on désigne sous le nom d'architecture navale; elle peut être considérée, par rapport à la cbarpenterie de marine, comme l'architecture civile» qui crée nos édifices publics et particuliers, par rapport à la cbarpenterie des combles et des planchers, avec cette différence, cependant, que dans l'architecture navale, tout est cbarpenterie, tandis que dans nos édifices, la plupart du temps, le
(i) Le corps royal île» ingénieurs constructeurs «le la marine a été créé en 1765.
Il fut d'abord composé des plus habiles maîtres charpentiers , constructeurs des vaisseaux du roi : institué d'abord sous ce titre , par ordonnance du i5 avril 1689 , en récompense de» progrès qu'il* avaient fait faire à Kart des constructions de cette époque ; aujourd'hui ce corps se compose dirigé nieart sortis de Fécole célèbre qui fournit à tous les corps savants employés par l'État.
bois n'en fait qu'uni: petite parité. Aussi, la partie manuelle de la rfurpcalamfc marine se trouve tellement liée à la science de la construction des navire», qu'un ne pourrait en Taire un traité séparé, si ce n'est pour quelques dctaîli ifaKUM qui diffèrent pua des procédés de la charpenterie ordinaire, et qne nom, déjà décrits en partie, en parlant des assemblages.
Quant à l'art de celte cbarpciitcrie navale, sous le rapport des formes rr>i
des conditions auxquelles les navires sont tenus de satisfaire, à cause de Imr ifc-
tination, elle comporte un développement tel, qu'il faudrait un ouvrage spécula
volumineux, que les limites d'un de nos chapitres ne peuvent comporter. !Sre
bornerons donc à signaler les différences les plus marquantes résultant i
raison a I, charpcnleric civile, notre but n'étant point de former ri d'il-
: ues irjiei lement de donner anx ofcafJN*J
es ports, une idée de la eum!
uoil !t des procédés suivis pour le alla
juer qu'il y avait à Rome an qur-
i i :s toits des maisons avec la tir«
m. t t de la courbure des surfaccidrœ
et surtou i que, it d'une construction en chirunft
le système ne même, précisément à cause
forme des matériaux que la en m lenvre.
Ainsi, l'on remarque que les courbes symétriques qui dessinent la fornwtfa vaisseau, forment, avec les pièces transversales qui les lient, et qui soutiennes! fe ponts, de véritables mal tresses-fermes, comme celles d'un comble, et, en déûniwi quel que soit un édifice, fixe ou flottant, ce sont toujours des pans de eharf** qui le constituent et lui donnent la stabilité de formes; toute la différence» dans la construction des vaisseaux, le charpentier de marine commence l'oavnf par où le charpentier de maisons le termine, et les moyens de jonction dejb* diffèrent par suite des fonctions tout à fait opposées que les pièces homologues* à remplir. Ainsi, dans la charpenieric de marine, on n'emploie ni tenons ni m taises; tous les assemblages sont faits par entailles, et les entes par écarts- pque les tenons ne résisteraient point aux efforts de flexion et de torsion qoe k mouvements d'un navire leur feraient éprouver : la solidité que la charpenten civile tire de ses assemblages, et du croisement et du moiscmenl des pièces, ^ forcément remplacée, dans la construction d'un navire, par une profusion de chevilles cl de clous, qui ne peut manquer d'étonner, plus encore peut-être par las* dite qu'on en obtient, que par leur nombre, quoiqu'ils ne garantissent pas tonjom les navires d'avaries, souvent funestes aux navigateurs.
La différence de destination change aussi le sens dans lequel les pièces, a* entrent dans la composition des fermes, ont à résister. Ainsi, par exemple, les >«■ ou burrott, c'est-à-dire les poulrcs qui composent la charpente des ponts, on pl» chers des différents claçes d'un ravive, oc fonctionnent pas de la même manière