‹ Traité de l'art de la charpenterie (volume 2)Chapitre 213 sur 297 · CHAPITRE XL Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL Y

ClAlPIWmil M BATBAUX.

La charpenterit de bateaux a beaucoup de rapport! avec la charpenlerie navale ; cependant, les bateaux ne naviguant point sur les rivières et sur les fleuves, dans les mêmes circonstances et par les mêmes moyens que les embarcations qui voguent sur les mers, leurs formes sont fort différentes. Au lieu d'une carène arrondie commandée par les mouvements divers que les vents et les ondes impriment aux navires, et qui leur permet de se balancer sans secousses et sans dangers, les bateaux, conservant toujours sur l'eau une position à peu près horisontale, peuvent avoir leurs fonds plats, ce qui convient d'ailleurs au peu de profondeur des eaux des rivières.

Les embarcations de marine diffèrent entre elles, dans les détails de leurs formes, suivant leur grandeur et leur destination ; il en est de même des embarcations fluviales où Ton distingue un grand nombre d'espèces de bateaux. Chaque fleuve , chaque rivière a la sienne qui dépend de la profondeur de l'eau navigable, de la nature des objets de commerce que les bateaux doivent transporter, des dimensions des canaux affluents dans les rivières, et de la largeur des arches des ponts sous lesquels les bateaux doivent passer. Néanmoins tous les bateaux sont construits à peu près sur les mêmes principes, et par cette raison nous ne donnons qu'un seul exemple de ce genre de construction.

La figure 10, pi. 146, est le plan d'un des grands bateaux, dits bateaux foncets , en usage en Normandie et en Picardie, et qui viennent à Paris. Une moitié du plan montre le fond, l'autre moitié montre en outre le dessus des plats-bords.

La fig. 9 est une coupe longitudinale de ce bateau sur sa proue.

La fig. 8 est sa coupe en travers.

Ces sortes de bateaux sont des plus grands ; ils ont 40 à 50 mètres de longueur, 7 à 9 de largeur, et 1 mètre a 1 mètre et demi de hauteur de bords.

Le fond est composé de poutrelles a, appelées Hures , de 20 à 25 centimètres d'équarrissage, et de râbles b moins forts, posés parallèlement et espacés également, presque autant de vides que de pleins; au-dessous des Hures sont clouées les planches jointives ou semelles qui composent le fond du bateau ; les joints sont remplis de mousse comprimée ; ils sont recouverts en dessus comme en dessous de laites de merrain divisées en trois parties, suivant leurs largeurs, ce qui tient lieu du calfatage d'étoupe employé dans les constructions navales.

Les côtés du bateau, autrement dit ses bords, sont formés par les clans e assemblés sur les Hures, et les râbles qui reçoivent le premier bordage appelé rebord et tous les autres borriages. Les clans sont entretenus intérieurement par une tierne d qui s'étend d'un bout à l'autre du bateau; un peu au-dessus de la lierne sont les portelois e cloués sur les clans qui sont assemblés aux plats-bords fqui (<yc\&R\\\A*.s.

bords des bateaux et aux hersilières g qui suivent les contours du bec de la prous. Les plats-bords et les hersilières ont 30 à 40 centimètres de largeur sur 25 à 50 d'épaisseur; elles sont liées transversalement à la longueur du bateau par des poutrelles horizontales appelées mâtures r, soutenues dans leurs longueurs, répondant à la largeur du bateau, par quelques petits poteaux * verticaux qui les unissent aux Hures.

Ces mâtures sont attachées aux plats-dords par des équerres en fer m; elles retiennent l'écartement des deux côtés du bateau.

Quelquefois la solidité du bateau est augmentée par des courbes ou cornées $ cloués sur les Hures et les clans répondant aux mâtures.

Dans la construction des bateaux dont les proues et les poupes se terminent par une arête, la pièce qui forme cette arête reçoit seule le nom de quille; elle tieat lieu de l'étrave ou de l'étambot des navires. Les bateaux n'ont jamais de qnilb horizontales comme les navires.

Dans les bateaux de moindre dimension que les foncels, les clans sont somat remplacés par des courbes ou coudes qui sont placés entre les. Hures et dosait chevillés aux semelles et aux bordages.

Les batelets et les nacelles n'ont ni Hures, ni clans; ces pièces sont remplacée» par des courbes ou coudes sur lesquels sont clouées, par le dehors, les planches à fond et celles des bordages ; des plats-bords et des hersilières, répondant an timensions de ces petites embarcations, couronnent les branches verticales as courbes qui s'y assemblent.

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