CHAPITRE XLVIII. SGI
contre les autres dans une profondeur égale à celle où ils sont enfoncés. L'on a pour but de prévenir par ce moyen la compression, dans le sens vertical , qui pourrait résulter du poids des constructions.
Il est néanmoins reconnu que rarement l'établissement d'un pilotis dans un terrain peu résistant est complètement utile , et qu'il ne produit pas un résultat eu rapport a?ec les frais auxquels il donne lieu ; la plus grande utilité des pilotis ne se rencontre que lorsque, après avoir traversé un fond peu résistant, ils atteignent un terrain solide dans lequel ils peuvent prendre assez de fiche pour demeurer verticaux et inébranlables et soutenir, comme le feraient des piliers, la fondation et tout le poids de l'édifice qu'on élève au-dessus.
Les pieux qui forment ces pilotis sont enfoncés verticalement dans le sol. La ^ longueur de la fiche qu'on leur fait prendre , leur écarlement, et le degré de ré-
* sistance au battage qu'on exige d'eux dépendent de l'objet pour lequel ils sont battus et de la part de résistance qu'ils ont chacun à opposer à la charge qu'ils doivent supporter.
* Une trentaine de coups de mouton , donnés sur la tôte d'un pieu , se nomment m une volée; après ce nombre de percussions, les hommes chargés de les produire '* ont besoin d'un instant de repos.
*' On nomme refus la résistance qu'un pieu oppose à la percussion du mouton |C> pendant une volée.
l* On se contente ordinairement d'un refus de S à 5 millimètres sous une volée l§ de trente coups, c'est-à-dire lorsqu'il faut une volée de trente coups pour
* enfoncer le pilot de 2 ou S millimètres au delà du point où il était déjà - enfoncé.
? Malgré les efforts qui ont été faits pour obtenir une formule certaine , on ne
* peut évaluer la résistance dont est capable un pieu qui a atteint un refus donné, fc" puisque l'action de la percussion , et celle de la pression par la pesanteur , ne
* sont point comparables ; mais on se contente d'évaluer celle résistance à en- » viron 50 kilogrammes par centimètre de la section horizontale d'un pieu, et 0 l'on trouve que dans les constructions il s'en faut de beaucoup que chaque pieu t ait à supporter une charge qui soit dans ce rapport. Il est toujours prudent de s multiplier les pieux sous la fondation , pour qu'ils n'aient pas une charge aussi
pesante à supporter.
3° Sonnette à tiraudes.
On a donné le nom de sonnettes aux machines dont on se sert pour battre les
«pieux et les palplanches; les sonnettes sont toujours posées sur un plancher hori-
f zonlal établi au-dessus du sol dans lequel on doit piloter, afin qu'on puisse
g. les mouvoir pour les placer dans la position qui convient au battage de chaque
pieu. Lorsque le sol est couvert d'eau, les sonnettes sont, le plus souvent, établies
0 sur des pontons ou sur des radeaux; mais on ne doit se contenter de ce
TRAITÉ Dl LA ClAlFBltTBlIB. T. II. 36
mojen que Jaris im^ eau parfaitement tranquille, et ilutit le niveau ■itant.
Pour obtenir un pilotage exact dans l'eau, il est indispensable de haitn quelques pieux provisoires qui servent à l'établissement d'un echafa porter les sonnettes, et lorsque le ptlolagc est termine on arrache provisoires, ou, ce qui est mieuï . on les recèpe plus bas que ceux qui servir à l'établissement des fondations.
Les sonnettes sont construites de manière à pouvoir élever à suffisante les moulons qui doivent produire la percussion, et les suite à la puissance de leur pesanteur, pour qu'en tombant ils frappei ii'*le des pieui.
Ces macbincs sont construites en charpente.
La plus simple est la tonnetie a lirauiles, ainsi nommée parce que cordes servent aui ouvriers manœuvres employés à ce travail pour mouton; nous avons représenté celle sonnette par trois projections . pi
Dans la figure 1, elle esl représente de profil.
Dans ta figure 8, elle est vue de face.
La figure 50 représente l'enravure horizontale sur laquelle elle est a
bb jumelles verticales.
Quelquefois, au lieu de jumelles, la sonnette ne porte qu'un le long duquel le mouton glisse. Lei fig. 6 ei 7 représ eu lent celle
c arc-boulanl garni d'échelons.
il hanches.
<•■ epars.
a semelle ou sablière.
I queue.
y conlre-fidies.
La sablière, les jumelles, les hanches et les épars forment le pan prir la sonuelle et sa face antérieure.
Aux deux bouts de la semelle cl au boul de la queue , sont , en des** entailles pour qu'on puisse embarrer des leviers lorsqu'on change la sm place et qu'on l'élnblil pour battre un pieu.
/ pilol en battage.
h moulon en bois frelté, du poids de 300 à 500 kilogrammes suivant li| el la longueur qu'on lui donne, en raison de la force nécessaire pour ca pieu, d'après sa grosseur et la résistance du sol.
■ poulie sur laquelle passe le cible.
■' câble attaché à la boucle en 1er du moulon.
Après avoir enveloppé la poulie , le câble se termine en dedans de la i par une grande boucle épissée où sont attachées les liraudes ni, sur In (es manœuvres aputtiVenl l» puissance de leurs bras.
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Suivant ii- poids du mouton ilunt un lait usage, un emploie à celle mameuvre de vingt à trente I « qui ne doivent avoir à soulever que Id à 13 kilogrammes chacun.
Pour qu'il y ail le moins possible de perle de leur force , à cause de l'obliquité îles liraudes. ou donne le plus grand diamètre possible à la poulie, et l'on a soin ■le maintenir les manœuvres à lu distance indispensable pour qu'ils ne soient point gênés . et ou les dispose en égal nombre et symétriquement des deux cotés île la queue de la sonnette , de façon que le eahle demeure dans le plan vertical de l'aie de la sonnette ; les liraudes sont ordinairement garnies de quinçouneaux comme ceux représentés fig. 60 cl 10 de la pi. 132.
I.e mouvement est donne au mouton par les manœuvres qui agissent sur la liraudes comme s'ils sonnaient une cloche. Le mouton est alors astreint â suivre la coulisse que forment les deux jumelles , par les deux tenons ou ailerons/ qui lui laissent le jeu nécessaire et qui sont traversés chacun par une clef pour le retenir aux jumelles.
Lorsque l'on emploie un mouton très-pesant, et que, par conséquent, un grand nombre de manœuvres est nécessaire pour le hisser, ou fait usage de deux cibles, tous deux allachés au mouton , el passant sur deux poulies parallèles logées dans le haut des jumelles, comme elles sont représentées fig. 25, pi. II". Il est préférable, afin que la divergence des liraudes fasse perdre moins de force, de placer les poulies obliquement, en les appliquant, au moyen de chapes en bois, sur les arêtes des jumelles, comme elles sont disposées , fig. 42, en projection verticale, et fig. 23, en projection horizontale, l'ar cette disposition, les ouvriers sont répartis aux deux cables, ils ne se gênent point, et uw moindre partie de leur force est perdue.
La même sonnette sert de chèvre pour Jresser le pieu qui doit être battu , le hisser et le mettre en liche; elle est à cet effet garnie d'un treuil i dont le cable passe sur deux poulies, l'une o au point où il traverse l'arc-bouUnl c, l'autre p au sommet de la sonnette. Ce câble Mt garni à son extrémité d'un crochet >■ de lirellagc, qui sert â le fixer sur lui-même après lui avoir fait faire deux on iira« tours sur le pieu au point par lequel on veut le saisir; lorsque ce câble ne sert pas, on le fixe par une double cleî t à l'une des hanches . comme nous l'atons représenté iig. 8.
Le battage dus pieux est dirigé par le chef de chaque sonnette; c'est un charpentier dit charpentier-enrimeiir. Il est le chef de tout l'atelier, el peut se faire aider par un compagnon ou par un inanii-uvrc intelligent.
Pour qu'un pieu soil chassé dans le sol bien verticalement , il faut dés le commencement apporter le plus grand soin .'■ sa mise en fiche et a sa direction ; il i.-ini , en outre , que le centre de gravilé du mouton parcoure dans sa chute la verticale qui correspond a l'axe également vertical du pieu. Cette condition exige qne la position de la sonnette soil exacte , de façon que \es jvmviWw. «Js*v\ \<;Oâ-
364 TtlAITÉ DE L'ART IIE LA CHARPENTERIE.
ciles, que le plan, passant dans le milieu de l'espace qui les sépare et j '1c la queue , passe aussi par l'axe vertical suivant lequel le pieu doit élri et enfin que la sonnette soit à la distance convenable du pieu pour centre de gravité du mouton se meuve dans cet aie.
Ces résultats sont obtenus en Taisant mouvoir la sonnette avec des levi barres sous les bouts de la semelle et de sa queue ; on l'assujettit en la c; même quelquefois en chargeant quelques points de son enraj ure avec ilr. pierres ou du lest de fer coulé. Le charpentier-enrimeur doit vérifier continuellement la position de la sonnette avec le fil â plomb , et faire immédiatement les dérangements qu'elle peut avoir éprouvés.
four s'assurer pendant le battage du parallélisme et de la dislance du [ jumelles de la sonnette, les charpentiers, principalement ceux habitués à u dans les ports, placent une cale d'épaisseur convenable entre le pieu en les jumelles, et l'y maintiennent par un embrellage. Afin que la cale ne s'i point on lui donne la forme d'un T, elle est représentée fig. 2 ; son corps place entre les jumelles et le pieu. lïg. 3, 4 et 3, et sa queue p est engage les jumelles. Du petit garçon est ordinairement chargé de tenir le garrot i brellagc serré pendant le battage , et de laisser cependant à la ligature le cessaire pour que la cale, qui est aussi appelée le petit-garçon, suive le mesure qu'il s'abaisse. On voit qu'au moyen de celte cale on n'a qu'a s'oeri maintien de la position verticale de la sonnette.
La figure 4 est un fragment de l'élévation de la sonnette à tiraudes.
La fig. 3 un fragment de son profil- La fig. S, une coupe horizontale suivant la ligne x y pour montrer la Ci entre le pieu cl la sonnette ; le petit garçon est représenté , fig. 4 , dans M f sur un épars pendant qu'il tient le garrot de l'embrellage. Ce lien n'est pas ■ sur les fig. 3 et S.
Le charpentier-enrimeur placé devant le pieu, en dehors de la sonnet l barre convenablement un levier entre la sonnette et le pieu, et se rend, moyen, maître de la direction du pieu. C'est lui qui commando les mini sonneurs, qui leur fait interrompre, reprendre, accélérer ou ralentir le bi suivant le besoin. Lorsqu'on suspend le battage, on soutient le mouton p cheville. C'est ce que l'on appelle mettre au renard.
L'emploi de la cale nommée petit-garçon est très-utile et elle facilite bri le battage; mais la nécessité de changer la ligature de place lorsqu'elle se arrêtée par un épars, m'a déterminé â donner une autre forme à cette cal quelques grands travaux que j'ai dirigés.
La ligure 17 est une projection horizontale de celle cale.
La figure 16 est sa projection verticale; elle esl composée d'ut joug m m auquel on attache le pieu pendant le hallage, d'une traverse r glisse, en dedans ne \aionneVVt^\clou&dcs jumelles, et d'un billot /ti
Balatlla avec la traverse el le joug pour qu'il ne tourne pas. Les trois pièces sont traversées par un boulon dont l'êcrou est garni d'oreilles servant à le serrer suffisamment pour que les jumelles se trouvent pressées entre les pièces m m et pg, sans que le glissement soit géué.
La ligure 30 est un fragment de l'élévation d'une sonnette à liraudes.