‹ Traité de l'art de la charpenterie (volume 2)Chapitre 245 sur 297 · CHAPITRE XLIX. 37K · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIX. 37K

d'une ligature portugaise (I) a une chèvre d'assemblage qui esllou jours préférable .'< l'emploi d'une grue, machine 1res incommode à cause des lenteurs cl des diflf cultes de son établissement , surtout dans des opérations qui ne doivent pas eir- L-.i't- un long travail.

Les deux bigues a b, ail, lig. 11 , sont inclinées de façon que leur point de réunion o qtii représente le sommet d'une grande chèvre, répond verticalement aufessus du point pris en avant du piédestal où a été dépose momentanément l'objet ï ériger que nous supposons, dans la ligure, être un vase.

Les bigues sont retenues dans celle position par un hauban <j p fixé à un pieu par 'intermédiaire d'un palan que le dessin ne marque pas entièrement, faute d'es- |»ce , et parce que la représentation complète de tet objet ne nous a pas paru indispensable à l'intelligence de noire description.

Le vase A qu'il s'agit de poser sur son piédestal D est entouré de deux ceintures de cordage »in, cl de liens de suspension verticaux / r, en nombre proportionné i la pesanteur du vase ; des coussins sont placés entre les cordages et la surface du rase pour que cette sur face et ses ornements ne puissent être offensés par leur nntacl. Les liens verticaux sont lenus écartés par des bâillons en croix pp.

Le palan xy a servi a enlever ce vase verticalement. Le cordage de ce palan . iprès avoir passe sur la dernière poulie de la moufle supérieure, passe sur la pou fe inférieure h et se prolonge pour s'enrouler sur un cabestan que, par tes mêmes nolifs ci-dessus, nous n'avons point représenté.

Lorsque 1c vase est élevé à une hauteur suffisante , comme le dessin le repréienlc, on agit sur le hauban g p au moyeu du palan auquel il est attaché, et l'on edresse les bigues dans la position ab', ad' jusqu'à ce que le vase se trouve verticalement au-dessus de son pied fldans la position •''.-on donne alors du lâche au ni/m de suspension y y ou *' y", et l'on fait lentement descendre le vase à sa Jace.

Le piédouchc fl u préalablement été posé de la même manière.

La manœuvre serait encore la même s'il s'agissait d'ériger une statue par lr néme moyen.

Une manœuvre inverse serait employée s'il s'agissait d'enlever le vase de «on iédeslal et de le descendre a terre.

i° Érection d'une ttalut.

On peut ériger une statue, même colossale, sans employer de cordages, au K>;cn d'un échafaud fort simple dont on se sert notamment dans les circonstances ai ne permettraient pas l'emploi d'une chèvre ou de bignes.

La figure S de la planche 1B5 représente cet échafaud en élévation seulrratot, il est aisé, d'après In description suivanLe, de se figurer par la pensée s» Mira projections. 11 est composé de deux fermes pareilles â celle représentée dim li figure; elles sont écartées à une distance égale â celle qui sépare les deux jumèlt» a b, a' b- qui en forment les montants, et elles sont liées sur les faces rerliuls perpendiculaires â celle projection par des traverses horizontales n. De*contrtfiches (, dans les Jeu* fermes et dans les pans verticaux qui leur sont perpcndirilaires, assurent la stabilité de l'échafaud.

La statue ' qu'il s'agit d'ériger, a été amenée devant le piédestal Bel potkw un plateau m élevé sur deux chantiers.

Sous ce plateau sont passés deux longs leviers horizontaux et parallclrt 1 1 appliqués en dedans de l'échafaud, l'un contre les jumelles de la ferme do dm« de l'échafaud. l'autre contre la ferme de derrière, et toujours en dedans de lit faud.

Les choses étant disposées ainsi, avec les pattes de deux crics on soulève t) ment les extrémités des leviers, d'un même côté, ce qui fait pencher la sUtnt a soin de ne pas trop élever les leviers pour que son centre de gravité nr 'ride la verticale passant par sa hase. Dés que les leviers, soulevés égalenwM même côté, laissent un intervalle suffisant, on passe au-dessous d'eux etentn jumelles, du côté où le soulèvement a été fait, une aiguille o; c'est une posa qui sert de cale et snr laquelle, en détournant les manivelles des crics, o» u reposer les leviers. On place ensuite les crics de l'autre coté de l'échafaud soa extrémités opposées des leviers, qu'on lève de la même manière, bientôt 11 M est penchée en sens inverse, et l'espace qui se trouve au-dessous des leiim rempli par une autre aiguille passée dans les jumelles de ce côté. En stmJn ainsi alternativement les leviers, par une extrémité el par l'autre, et ea p*M des aiguilles à mesure que les hauteurs où les leviers sont arrivés le pcnneW on parvient à élever la statue au niveau de son piédestal, et avec autant d'eu tude qu'on le veut, en donnant aux dernières aiguilles les épaisseurs Hflmrf el en se servant de cales.

Dans la ligure, la statue est élevée à la hauteur qui a permis de placer I aiguilles d'un côté el neuf de l'autre. Les leviers p q sont dans une positio* fait pencher la slatue à gauche, ils sont parvenus à celle hauteur au mo»n cric le. Nous avons ponctué ces leviers dans la position qu'ils avaient avant répondant à la position de la figure représentée en traits pleins.

Lorsque par celte manœuvre Fa statue est parvenue au niveau du ÉMf piédestal, on la fait glisser sur des éclisses enduites de savon, par le n»?! crics posés horizontalement, ou de leviers.

Par un procédé exactement le même, mais inverse, on descend nne sUtar son piédestal.

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3" Érection d'une alatue équettre.

Nous avons représenté, lift. 11. en projection verticale, un ét-hnlaiiil du genre de ceu* qui ont servi à l'érection des statues équestres.

L'inspection du dessin suffit pour que l'on conçoive la construction de cet éehai-ui'l. compose de deux pans de bois égaux établis de chaque coté du piédestal £ qui dflit recevoir la statue équestre. Ces deux pans sont lits entre eux par des entretoises lixes i et îles eolrck>ises mobiles :' distribuées île manière qu'elles n'obstruent point l'intérieur ou qu'on puisse les changer île place suivant le besoin, pour qu'en aucun moment elles ne Relient la manœuvre.

ta statue équestre P est conduite dans l'espace compris entre les deui pans de

l'échafaud portée sur un fardier dont nous ne donnons point le dessin, ce fardîcr

étant un ouvrage de r.harronnage. I.a statue est enlevée verticalement au moven

des moullcs p soutenant un cjlindre horizontal r sur lequel passent des liens * qui

1 saisissent te cheval par-dessous son ventre, et qui sont maintenues par les cein-

1 m lures m dont on l'a entouré ; les cordages o de ces moufles, qui composent avec

**' eux des palans, s'enroulent sur des treuils- 1 et y portés par un chariot destine à

parcourir la longueur de l'échafaud, au moyen de cylindres ( roulant sur les sa-

"""• blîéres m qui couronnent la charpente ; des câbles n et des treuils <j déterminent et

règlent le mouvement. Lorsque le chariot est parvenu dans la position qui place

la statue exactement au-dessus du piédestal qu'elle doit occuper, et de façon que

tes tiges de fer b qui doivent la fixer répondent aux trous des scellements qui leur

J ont été préparés, on détourne lentement les treuils x et y, les cordages mollissent

4 la statue s'abaisse à sa place.

I* Procédé pour drtnner quartier.

Lorsqu'il s'agit de donner quartier à des corps de médiocre pesanteur comme s blocs de pierre, de granit ou de marbre destines aux grands travaux, il suffit, u'ils sont bruts, de l'effort de quelques hommes avec des leviers pour faire s corps parallélipipèdes sur une de leurs arêtes portant sur le sol ou sur a»* des chantiers ou sur de vieux cordages, liais il peut arriver que le corps auquel mx ou veut donner quartier soit fragile, à raison de la matière qui le compose ou a j* raison de son volume et de son grand poids ou de quelques-unes de ses dimeni. sions. ou même à cause de la délicatesse de quelques-unes de ses parties ou de l.i m finesse de son travail, et il serait à craindre qu'il se [irisa! lorsqu'il retomberait en n. • dépassant la position d'équilibre sur l'arête qui lui aurait servi d'appui pendant son mouvement. Nous avons représenté, Bg. 4 de la pi. 1BB, le procédé usité en pareil

Le bloc ,■* occupe la position a b c il, on veut lui donner celle a b" c" d en le faisant tourner sur l'aréle passant par le point a. Le procédé dont il s'agit con-

à caler par une combinaison de bois en chaise B, dont la hauteur augmm c e le bloc en tournant sur son arête projetée en a s'approche de la portion a' y Cil' dans laquelle le dessin le représente. On prépare une autre chaise D, du coté vers lequel on veut le faire descendre, pour l'y appuyer avant que son un* lie de gravité C dépasse la verticale passant par le point a.

L'élévation ou rotation du bloc s'opère au moyen de crics p q coniena blement placés; lorsqu'on peut passer une cale d'une épaisseur suffisante, on l'établit, «. en détournant les crics, on fait porter le bloc sur elle afin de pouvoir exhausser In crics sur des chantiers plus élevés et continuer l'opération. Dès que le bioei dépassé la position d'équilibre, cl qu'il pose sur la chaise U, on passe les criudt l'autre coté, c'esl-à-dire do coté où il s'agit de l'abattre lentement. En opùuu d'une manière inversa, on emploie les crics à soutenir le bloc pendant qu'un cr peu à peu les cales cl les bois formant chaises, et qu'on l'abaisse, pour le descendre et reposer sur sa face a b", qui d'abord élait verticale en a ».

3° Pierres du fronton itu Loutre.

L'opération au moyen de laquelle on a transporté cl mis en place les pîam qui forment les cymaises du grand fronton de la colonnade du Louvre, à Para,' une très-grande analogie avec celle qui se rapporte à l'érection d'une «■*= équestre.

Chacune de ces pierres, tirées des carrières de Meudon, a lu'™, 893 153 piedt<* long, 2™,599 (8 pieds) de largeur, et 0-.487 (18 pouces) d'épaisseur seulenxs», elles pèsent 80 milliers. C'est moins leur poids que leur fragilité qui a rendnW transport et leur pose difficiles. Chaque pierre fut établie sur un châssis dimensions élaicnl proportionnées à leur longueur et leur largeur; ce chiisa suspendu sous une espèce île fnrdicr par des cordages roulés sur les hait qui avaient servi à l'enlever. Le fardier, portant la pierre qu'il s'agissait ifi et do poser, fut conduit devant l'emplacement qu'elle devait occuper, dans rieur d'un immense échafaud. Après qu'on eut dépose le châssis sur le sol sortir le fardier, les huit treuils de ce Tardier furent placés sur le chariot de l'échafaud pour enlever la pierre de toute la hauteur du bâtiment du Lorsque la pierre fut élevée à celte hauteur, le chariot supérieur, porté rouleaux, la transporta dans une direction perpendiculaire à la façade du Lus' Lorsqu'on se l'ut assuré qu'elle répondait verticalement au-dessus de la plan ilevail la recevoir, on la descendit en pose en faisant tourner \tt ImDl contraire et eu lui donnant peu à peu l'inclinaison qu'elle devait avoir. Ni voyons, pour plus de détails, à la description donnée par Perrault dans sa lion de Vilruvc. et à l'extrait qu'en a fait Rondelet dans son Art </. bitir. h page 3'JC,

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