‹ Traité de l'art de la charpenterie (volume 2)Chapitre 263 sur 297 · CHAPITRE I Ml · texte numérisé non relu

CHAPITRE I Ml

es aussi qui ne sont jamais paralli-k-s cl également espacées, el par conséquent que le nombre, la force cl la distribution des libres varient avec la plus grande irrégularité d'un bout à l'aulre de la pièce; el dans l'opération de lequarrissemenl d'un arbre la hache ne retranche pas le même nombre de couches cl de libres à une extrémité qu'à l'autre, nouvelle cause du défaut d'homogénéité dans une pièce de bois.

Les expériences de buffon prouvent que dans un arbre le plus beau el le plus sain, la pesanteur de son bots n'est pas la même près de la souche que prés de la cime, qu'elle n'est pas la même dans le buis du cœur el dans celui de la circonférence, qu'elle n'est pas la même dans un arbre que dans un autre, et qu'elle est différente d'un coté à l'aulre dans un même arbre, et qu'enfin une foule d'irrégularités et d'accidents dans la direction cl le rapprochement des fibres. influent Insensiblement sur la force d'une pièce de bois, sur la position du maximum de sa courbure et de son point de rupture.

Des nœuds qui traversent les libres les interrompent ou les détournent de leurs directions, et diminuent la force de résistance du bois. Iluiïon a fait des expériences qui lui ont prouvé que la présence des nœuds dans une pièce de- bois peut diminuer considérablement sa force en comparaison de ce que cette force serait si la pièce n'avait point de nœuds (1). Des altérations dans l'étal de la matière ligneuse, l'une des maladies que nous avons signalées au chapitre II, suffisent pour allénucr considérablement la l'orce d'une pièce de bois.

Des pièces du même bois, de mêmes dimensions, durèrent presque toutes par leur poids cl leur force. Soumises aux mêmes épreuves, elles ne donnent point de résultats égaux.

Le sens suivant lequel une pièce carrée est posée sur ses appuis inlluc sur sa roicc. Buffon a reconnu, par plusieurs expériences, qu'une pièce carrée débitée hors du cœur d'un arbre de telle sorte que les couches annuelles du buis soient parallèles à deux de ses faces d'équarrisscmcnl est beaucoup plus forte lorsque ces couches se trouvent situées de champ que lorsqu'elles sont horizontales. Il est prouvé aussi qu'une pièce de bois de brin èquarrie est plus forte qu'une pièce de bois èquarrie aux mêmes dimensions, prise hors du cœur d'un gros arbre, buffon .1 reconnu aussi que le vieux bois, c'est-à-dire celui pris vers la souche, est plus fort que celui pris vers la cime d'un arbre.

Il suit de tous ces fails que si l'on pouvait taire entrer dans la théorie de la résistance des pièces de bois tout ce qui pcui la modifier, on obtiendrait des for-

OH TRAITÉ m L'ART DE LA f.HARPF.NTERlE.

mules si compliquées, pour ne pas ilire inextricables, qu'on manquerait de top pour en faire des applications aux différents cas que présentent les conslroclnim, même pour îles charpentes composées d'un petit nombre de pièces; et que le» formules les plus simples obtenues par suite d'hypothèses qui ne comprennent piiel. a beaucoup près, ce qui devrait entrer dans le calcul, ne doivent être appliqarn qu'avec une grande prudence qui commande de réduire de beaucoup les re<uliiti obtenus; de là vient que les savants qui se sont occupes de ces questions recommandent de ne faire supporter aux pièces de bois que le dixième des efforts qu'elle) pourraient supporicr d'après les formules qu'ils ont données.

Buftbn a fait des expériences pour comparer les effets du temps se comliintol avec les efforts que les pièces de bois supportent. Il a vu rompre deux pièces de 0'°,189 (7 pouces) d'équarrissage et de Sm,847 (18 pieds) de long, au ImiHlniHI heures, sous la charge de 4>lÛ5k,IS!i (!) milliers de livres) chacune; deux autres (* même dimension ont rompu sous la charge des deux tiers, c'est-à-dire de 29Ï7MH (6 milliers de livres), l'une au bout de cinq mois et vingt-cinq jours, l'autnu bout de six mois et dix-sept jours. Deux autres pièces, toutes pareilles, charpn pendant plus de deux ans de la moitié du poids, savoir : de 2909*,78 (4MB lirnv n'onl pas rompu; elles ont seulement plié assez considérablement. Buffon a conclut que, dans des bâtiments qui doivent durer longtemps, il ne faut donner it bois tout au plus que la moitié de la charge qui peut les faire rompre, cl qu« eus les constructions qui ne doivent pas durer on peut ic hasarder de donner aui bon les deux tiers de leur charge pour rompre.

Nous pensons que tant qu'il s'agit d'une charge inerte, une pièce de bois put porter plus que le dixième du poids qui causerait sa rupture ; mais l'cxpérientr même de Bulïbn montre qu'il serait imprudent de lui faire supporter une etnrp qui égalerait la moitié du poids qui la ferait rompre, puisque ce poids peut la fiin courber considérablement, et qu'il faut que dans les constructions les buis prennent même pas une courbure sensible. Nous estimons que dans le cas dort il s'agit une pièce de bois ne doit porter que le cinquième, et tout au pli du poids qui la ferait rompre.

Il ne faut pas perdre de vue que dès qu'une pièce de bois commence â sous la charge, elle perd de sa force en prenant une courbure qui est d'aill d'un mauvais aspect dans les bâtiments, et qui inspire une juste déiianceâli habitants. La force de ses libres s'atténue de plus en plus avec le temps loi éprouvent, si l'on peut s'exprimer ainsi, une fatigue prolongée sous les ch; trop fortes qu'on voudrait leur faire supporter. Ces considérations peuvent miner le constructeur à ne porter qu'au dixième la charge des bois posés horû* talemcnt.

remarquerons, enfin, que si les pièces de bois doivent être chargée!, inf* accidentellement, d'un poids susceptible d'acquérir un mouvement d'oscillil"<

convient de ne faire supporter aux bois qu'une charge tout au plus d'un d»

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