‹ Traité de l'art de la charpenterie (volume 2)Chapitre 270 sur 297 · CHAPITRE LUI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LUI

Il en est de même des solives ; leurs longueurs et leurs équarrissages dépendent de la pesanteur du fardeau que chacune doit supporter, soit que cette pesanteur doive être appliquée dans un point déterminé, soit qu'elle doive être également répartie sur tout l'espace du plancher correspondant à la solive , et limitée sur toute sa longueur entre les deux lignes qui partagent en deux parties égales les espaces compris entre cette même solive et les deux solives voisines.

On conçoit que si un meuble ou une machine d'une grande pesanteur et porté par des pieds doit être posé sur un plancher, il faut que le poids réparti à chaque pied ne puisse rompre ni les solives ni les planches sur lesquelles les pieds se trou* vent placés.

Il en est de même des poutres ; elles doivent supporter la somme des poids dont les solives sont chargées , c'est-à-dire le poids de tout ce qui se trouve au-dessus d'elles , entre les deux lignes qui tracent sur le plancher les milieux des espaces compris entre les poutres dont il s'agit et les deux poutres ou murailles voisines.

Dans les planchers composés de solives parallèles , perpendiculaires à des poutres aussi parallèles entre elles , il n'y a aucune difficulté de calcul ; et, à vrai dire, il ne s'en présente jamais de bien grandes dans le calcul de la force des bois d'un plancher. Cependant , lorsque les solives sont réparties par compartiments , ou qu'elles ne sont point parallèles , ou enfin qu'elles forment des polygones comme dans quelques planchers que nous avons décrits au chapitre XI, il faut avoir attention de tenir compte des formes polygonales des parties du plancher qui portent sur les solives et même sur les poutres , pour réduire à propos les équarrissages et les proportionner aux longueurs des pièces , sans cependant nuire au bon effet que les compartiments doivent faire en dessous des planchers , lorsqu'on les fait servir à la décoration des plafonds. Au surplus , on ne saurait apporter trop de soins et de prudence dans la fixation de la force des bois des planchers , et si en général un eicès de solidité est à souhaiter dans quelques parties de l'art de bâtir, les pans de bois et les planchers sont les constructions qui commandent les plus sérieuses précautions pour ne point compromettre la vie des personnes qui les habitent ou s'y réunissent, et la conservation des objets qui peuvent y être placés ou emmagasinés.

3° Des combles.

L'objet principal d'un comble est de porter la couverture d'un édifice , et chaque ferme doit en supporter une partie, celle qui est comprise entre les deux plans verticaux passant par le milieu de l'étendue de chacune des deux travées que cette ferme sépare ; de sorte qu'en résultat chaque ferme porte les deux demi-travées qui lui sont contiguës, ce qui équivaut au poids d'une travée entière. Pour déterminer la force de chaque pièce de bois qui entre dans la composition d'une ferme, il faut commencer par fixer les dimensions nécessaires pour la force des pièces les

plus élevées , ajoutant toujours au poids auquel il faut résister la pesanteur des pièces qui servent d'intermédiaire pour reporter Faction de ce poids sur les pièces immédiatement inférieures et qui les supportent.

Mais il est à remarquer que l'on ne peut pas toujours procéder avec cette régalante» et que souvent c'est après qu'on a composé la charpente, et même déterminé les équarrissages des pièces par une sorte d'appréciation de la pensée qni est une suite de la plus ou moins grande pratique qu'on a de l'art , qu'on applique le calcul qui n'est plus qu'une sorte de vérification d'après laquelle on fait les corrections qu'il est nécessaire de faire aux premières appréciations.

La première opération à faire pour appliquer le calent à la détermination de la force nécessaire aux pièces de bois qui doivent composer on comble , c'est le calcul de la pesanteur de la couverture , suivant la nature des matériaux employés pour former sa surface extérieure , suivant qu'elle est en tuiles , en ardoises ou en feuilles métalliques; la pesanteur de cette couverture par mètre carré, compris celle des planches, détermine Pécartement des chevrons qui portent ce plancher, et enfin celui des pannes qui supportent les chevrons. Ici se retrouvent les même circonstances que nous avons indiquées en parlant des planchers de pied , mais ea général la force des chevrons est toujours déterminée pour la charge uniformément répartie dans toute leur longueur , et pour l'étendue comprise entre deux pannes. L'on n'est pas toujours à même de débiter les chevrons à des dimensions d'équrrissage qui conviendraient pour la disposition qu'il serait le plus convenable d'adopter, et l'on est forcé, aussi bien pour les chevrons que pour les planches, de prendre les bois comme le commerce les fournit. C'est alors la portée des chevross que le calcul détermine en faisant toutefois la part de l'affaiblissement du bois par suite de la détérioration que le temps leur fait subir, cause à laquelle il arrive sotvent qu'on n'a point assez d'égards et qui entraîne fréquemment dans des dépense d'entretien considérables.

Dans les calculs relatifs à la détermination des équarrissages des chevrons, il faut remarquer que la charge de chacun est également répartie sur sa portée entre deux pannes, et qu'attendu leur situation inclinée on doit leur appliquer la méthode que nous avons ci-dessus indiquée page 627 , pour la résistance des bois inclinés.

Lorsque les espacements des pannes sont déterminés et que Ton connaît l'écarlement des fermes , on peut calculer l'équarrissage qui convient à chaque panne que l'on regarde comme également chargée dans toute sa longueur de travée, n légalité de l'espacement des chevrons et leur minime écartement; la position te pannes détermine les points par lesquels la pesanteur du toit exerce son action sff les arbalétriers.

Ce que nous avons exposé au 5° article du VIIe paragraphe est combiné d'ailleurs avec la circonstance de l'inclinaison des arbalétriers , de sorte que l'éqoarrissage de ces arbalèlnets esl b\%^ \y tov^wxâvwt ^w un calcul fort simple.

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