CHAPITRE XXIII
à Paris, par Hertîer, brûlé en 1839. Cette ferme se distingue des constructions ordinaires par des moïses parallèles aux arbalétriers. Ces moïses ont pour objet de soutenir l'entrait auquel sont attachées, par des bandes de fer , deux aiguilles pendantes qui supportent dans deux points de sa longueur le tirant chargé d'un plancher. Par cette disposition, on a donné aussi de puissants auxiliaires aux arbalétriers, mais l'effet eût été plus complet si les moises avaient pu saisir le tirant et y trouver leurs abouls; dans ce cas , les jambes de force m eussent été inutiles , et il eût suffi de prolonger les blochets n jusque dans les moises; les pièces pendantes o eussent aussi été d'un plus puissant effet , si elles eussent été des moises.
En général , il vaut toujours mieux se fier à des moises qu'à des bandes de fer, pour soutenir des pièces horizontales ; à moins qu'il y ait impossibilité de laisser les bouts des moises se prolonger au-dessus des pièces qu'elles doivent saisir.
Les fermes du manège de Lunéville , fig. 2 , pi. 90 , qui sont l'objet de l'art. 2 do chapitre suivant , présentent un autre exemple de faux arbalétriers , parallèles aux arbalétriers , mais ils ne forment point moises. Ils servent , au contraire, à présenter des points d'attache aux moises pendantes qui ne seraient pas assez solidement assemblées sur les arbalétriers qu'elles ne peuvent pas dépasser d'une longueur suffisante.
8° Hangar de la Râpée,
La ferme représentée fig. 6 , pi. 87 , appartient à un hangar construit à la Râpée, à Paris. Les bois sont assez bien combinés dans cette charpente, mais ils y sont trop multipliés, plusieurs systèmes concourant simultanément au même résultat , sans nécessité de ce surcroît de solidité. Nous pensons qu'on peut , sans inconvénient, supprimer les grandes moises m m, qui chargent la charpente sans ajouter à la résistance produite par les pièces n et p ; on pourrait utilement ajouter les contre- fiches otu.
9° Hangar de M, Eyrère.
La ferme fig. 7 fait partie d'un hangar construit par M. Eyrère , charpentier : les pièces p auraient pu être supprimées, l'entrait m aurait été prolongé jusque sous la première panne , et la pièce r aurait été transportée en s sous la deuxième panne.
10° Bâtiment de filature.
La ferme fig. 5, pi. 88, appartient au comble d'une filature : elle est extraite de l'ouvrage de Krafft. Dans la réalité , il existe un entrait a, nous l'avons indiqué en lignes ponctuées , parce que nous le regardons comme inutile.
La grande croix de Saint-André pourrait motiver aussi la suppression du tirant comme dans la ferme, fig. 1 , pi. 88.
Si Ton voulait conserver rentrait, il conviendrait de supprimer la croix de Saint-André, et de la remplacer par les liens m, m que nous avons indiqués en lignes ponctuées.
11° Hangar du Helder.
La flg. 4 , pi. 87 , est la coupe d'une grange toute en charpente , construite en Hollande, près du Helder. Krafft, auquel nous avons emprunté cette figure, annonce que les fermes sont écartées de 14 pieds (4B,548) de milieu en milieu, et qu'il y a sept chevrons dans chaque travée , non compris ceqx qui répondent aux fermes.
J'ai indiqué en lignes ponctuées de quelle manière on pourrait remplacer les poteaux d'assemblage par des poteaux séparés, d'où résulterait un autre espacement des moises; cette disposition donnerait plus de stabilité à cette charpente qui est imitée d'un hangar construit à la Râpée , dont Krafft donne aussi le dessin , planche 3i , et que nous n'avons point compris dans nos planches à cause de sa ressemblance avec celui qui fait l'objet de cet article. Ce hangar a 72 pieds de largeur (23B,398), et ses fermes sont écartées de 15 pieds 9 pouces (8m,117). Ses côtés sont fermés à chaque étage par un pan de bois percé d'une croisée au milieu de chaque travée.
13° Hangar de Leipzig.
La figure 8 , pi. 85 , est la coupe d'un comble en bois de sapin construit à Leipzig , pour couvrir un hangar ; Je dessin est tiré de l'ouvrage de Krafft , qui n'a point indiqué l'écartement des fermes. Krafft critique mal à propos la combinaison du bois dans ce comble; il conseille de supprimer la grande moise inclinée pour alléger la charpente , il propose de la remplacer par un arc qui serait certainement plus pesant.
La partie à gauche de la figure montre la ferme telle qu'elle a été exécutée; à droite , la correction que Krafft propose , est indiquée afin de montrer qu'en pareil cas , ce changement ne doit pas être adopté. Un grand arc a , dans une charpente, une tout autre destination que celle qui lui est donnée dans cette figure. D'une part, un arc a un volume de bois plus considérable que celui des pièces droites; son assemblage exige plus de travail , et sa flexibilité le rend moins propre à s'opposer a des changements de formes que des combinaisons de pièces droites.
13* Magasin aux vivres du Helder.
M. Mandar a fait construire au Helder, en Hollande , un magasin aux vivres qu'il a couvert par un comble dans lequel des arcs sont employés, comme il convient qu'ils le soient ; ils supportent directement le toit qui est toujours chargé d'un même poids sur ses deux pans. Nous donnons , fig. 7, pi. 88, le dessin d'one