‹ Traité de l'art de la charpenterie (volume 2)Chapitre 57 sur 297 · CHAPITRE X\V · texte numérisé non relu

CHAPITRE X\V

L'intérieur de la charpente est aéré dans la partie la plus élevée par et irisminimes lucarnes, le laltis et le revêtement intérieurs empêchent d'y pflllfttlBI autrement qu'en perçant la couverture, lorsqu'il s'agil de quelques réparations. C'est dans une invasion pareille que M. Grégoire, architecte de la ville, a pu eu faire le dessin, qu'il m'a communiqué avec une extrême obligeance.

î BrtHgt 'le Vetlay, prit île Tour».

La grange de Meslay est située à 9 kilomètres de Tours , sur la grande route • l«- Taris, par Chartres. Elle servait à mettre à couvert les récoltes du principal établissement agricole de la riche abbaye de Marmoulicr , qui occupait jadis un des faubourgs de Tours.

Celle grande ■•t;iii rtBfemêe dans une clôture, formée de murs de 1 mètre d'épaisseur sur 10 de hauteur. Les Chronique* de Marmoulicr font mention d'une ullaquc et de la prise de celle espèce de fortification , par des corps écossais qui avaient suivi l'armée française lorsqu'elle revint après avoir échoué dans une expédition contre l'Angleterre. Par suite de ces événements, la grange fui brûlée , te 11 septembre 1423, étant remplie de grains, de vin et de toutes sortes de fourrages. Elle fut reconstruite presque immédiatement après ce désastre, de sorte que la nouvelle grange date de 419 ans. Elle a une grande célébrité dans le pays, à cause de ses grandes dimensions cl de sa charpente , qui est toute en châtaignier du plus beau choix ; tous tes bois sont équarris â vives arêtes et dressés avec le plus grand soin ; les principales pièces sont remarquables par leurs dimensions en longueur et leur équarrissage.

I!es considérations nous ont déterminé à donner les dessins de cette grange que nous devons à la complaisance de M. Ilérouel. chef de bataillon du génie, qui en est propriétaire.

La figure 9 de la planche 1)7 est le plan général du bâtiment, qui a un peu plus tic il tnèlrcs de largeur et plus dcSfldc longueur (7S pieds sur 130), dans œuvre.

La figure 7 esl une élévatioa de ta façade principale, donl le style est fort antérieur à l'époque de la reconstruction de la charpente ; ce qui fail présumer que les murs souffrirent peu de l'incendie.

La fig. 8 est le dessin d'une des 1 i fermes qui composent cet immense comble. dont l'effet intérieur a quelque chose île surprenant, lorsqu'on peut le visiter avant la rentrée des récoltes.

M" Projet* île Mtithuiïu Jmist".

Les Gg. 6 el 7, pi. 95, représentent des fermes pour des combles d'églises , tirées du Traité dr Charpenterie de Malhurin Jousse ; rien n'annonce qu'elles aient clé exécutées.

0° Charpente arabe.

Les combles Construits par les Arabes ont beaucoup de rapport avec nos charpentes du moyen Age, ou plutôt il est probable que les charpentiers africains ont fourni aux nôtres des modèles de légèreté et de combinaisons qui ont été modifiés suivant notre climat et les usages de l'époque.

J'ai dessiné, Gg. 11, pi. 99, en projection vertisale, et fig. 12 , en projection horizontale , vus par l'intérieur , les détails d'une charpente arabe couvrant un salon de 6 mètres de largeur et de 8 de longueur , où j'étais logé en 1811, dans le fort ù'Jlcala-Réal , au royaume de Jaen , en Espagne. La fig. 15 est le plan de ce salon. La coupe est faite suivant la ligne C D du plan fig. 12.

Le comble est composé de deui longs pans et de deus croupes , forme qui parait avoir été inventée par les charpentiers arabes , avant qu*on en fit usage en Europe.

£ette charpente est en beau bois de pin , équarri à vives arêtes et bien dressé; les pièces n'ont que 11 centimètres d'équarrissage. Toutes les fermes et fermettes sont égales et également espacées. Deus fermes voisines Tune de l'autre ont chacune un tirant , et les deus tirants sont combinés l'un à l'autre par des pièces d'assemblage; ils retiennent les sablières dans lesquelles tous les chevrons sont assemblés. Entre les fermes ainsi jumelées sont quatre fermettes sans tirants, les paaoes sont assemblées dans les chevrons, et elles concourent avec eus à la formation des caissons qui font la décoration de l'intérieur du comble.

Les entraits et les entretoises qui y sont assemblées composent un grillage, audessus duquel des planches , jointes à rainures et languettes, forment le plafond. Différentes pièces de rapport en lattes minces dessinent des entrelacs arabesques et des étoiles.

Les naissances des pans du toit et des pans des croupes, aiosi qne leurs jonctions au plafond , sont également ornées de compartiments du même genre. Toat l'intérieur de celte espèce de voûte est peint en brun clair , les fonds des caissons sont peints en rouge et en blanc les plus éclatants, des rosettes dorées les décorai, quelques filets en or rehaussent les moulures des compartiments , le tout fonse une décoration extrêmement élégante. Les murailles sont couvertes de reliefs arabesques en plâtre qui ont été badigeonnés , et qui sont (es seuls objets dégradés dans cette salle, construite depuis plus de 350 ans.

Les combles des bâtiments de l'AIhambra, à Grenade, et des autres bâtiments arabes de l'Andalousie, sont construits de la même manière, sauf la variété et la complication des compartiments que l'étendue et la destination des salles qu'ils couvrent ont déterminées pour la décoration de leurs plafonds.

Nous avons déjà parlé , pages 33 et 3fl, de quelques pendentifs formes par les prolongements des poinçons dans les charpentes qui imitent les unîtes gothiques, mais les charpeutes à pendentifs que nous allons décrire, ont un caractère qui les distingue tellement de tous les autres systèmes, que nous avons dû leur consacrer mi chapitre particulier. Ce genre de consIrucLion paraît avoir été plus particulière mcnl en usage en Angleterre, où il a été porté à sa perfection sous le rapport de l'élégance des combinaisons , et de la richesse des ornements qui en font partie, quoiqu'ils ne s'écartent point du goût qu'on remarque dans les ouvrages du moyen

ru autiste* àMtaltn

1" ll'nlmintttr Hall

Westminster Mail était aulrefoit la salle des festins du palais du roi. Sa première construction remonte au règne de Guillaume le Roux, au commencement ■lu xi* siècle; mais trois siècles plus tard elle fut rebâtie par Richard 11 qui , lors ik son avènement, y célébra la fête de Noël, en 13519, par des banquets d'une splendeur extraordinaire (I). Excepté du roté du nord, ou sa façade principale fut décorée d'un riche portique avec une grande quantité de statues placées dans de* niches, ce monument n'a point à l'extérieur une belle apparence, et son toit aigu ressemble à celui d'une grande et vilaine grange. On reconnaît cependant que c'est un édilice important, à cause de ses vastes dimensions : le dedans offre, par son élégance et la richesse de sa charpente, une co m pensa lion de la simplicité du dehors. L'aspect intérieur de ce vaste vaisseau est celui d'une cathédrale durit la largeur tutale n'est point divisée par des piliers.

Nous donnons lig. 7, pi. 100, d'après l'ouvrage de M. l'ugui , architecte, le

dessin de la moitié d'une ferme de ce comble (1). Elle se compose de deux arbalétriers a a assemblés par le haut dans un poinçon b, et réunis dans le milieu de leur longueur par un entrait d. Il n'y a point de tirant ; à sa place sont deux tasseaux, un e de chaque cùlé qui reçoit l'assemblage d'un arbalétrier. Ces tasseaux sont horizontaux ; ils sont soutenus chacun par une courbe g; le bout du tasseau supporte une aiguille h à pans et décorée d'une base et d'un chapiteau ; cette aiguille soutient l'entrait à sa jonction avec l'arbalétrier. Une contre-fiche c s'assemble dans cette aiguille, et reporte, une partie du poids qu'elle supporte sur un blochel i couché en dessus du tasseau ; elle passe dans l'épaisseur du remplissage en menuiserie.

Un aisselier j prolonge la direction de cette contre-fiche au-dessous du tasseau jusqu'au montant appliqué contre le mur.

A la moitié de la hauteur, entre l'entrait principal et le faîtage f> se trouve on deuxième entrait k assemblé dans de petites aiguilles * qui soulagent les arbalétriers aux points où ils reçoivent les assemblages des pannes les plus élevées o;m grand arc ut prend naissance comme la courbe g sur un cul-de-lampe r en pierre placé au niveau de la corniche intérieure à la moitié de la hauteur des mors, qui ont 42 pieds anglais ( 12m,80) , depuis le sol de la salle jusque sous les tasseaux e.

Cet arc est de deux pièces boulonnées , comme celles d'une motse ; il embrasse dans son épaisseur les tasseaux e, les aiguilles h, et même l'entrait Jy qu'il soutient dans son milieu en formant une ogive. Un autre arc plus petit p prend naissance sur le bout du tasseau e, et en s'élevant il se raccorde avec le dessous du grand arc ; il réporte une partie du poids de la charpente sur l'extrémité de la console formée par le tasseau e et la courbe </ qui prend naissance sur le même culde-lampe r que le grand arc.

On voit que le tasseau e, l'aiguille g, la portion d'arc p et la courbe g, forment un pendentif lié aux arbalétriers par un grand boulon en fer w qui a sou écroo sous l'arc g. Ce pendentif donne une très-grande force à la charpente, et atténue sa poussée qui se trouve agir sur les parties des murs comprises entre le cul-delampe r et les sablières ; des contre-forts extérieurs répondent à chaque ferme, et s'opposent à cette poussée. Le toit est formé comme de coutume par les chevrons portés par les pannes. La fig. 1 est une coupe du comble dans le sens de la longueur de la salle. Celte coupe comprend une travée de deux fermes, elle fait voir que ce comble est formé de trois divisions : la première , qui prend naissance à la corniche, se termine aux tasseaux; la seconde est comprise entre les tasseaux et les grands entraits; la troisième occupe le reste de la hauteur depuis

(i) Spccinwns of Gothic architecture sclcctcd from vnrious antient édifices io En gland ; by A. Ptif'o, archiltot, I.ondoii, i8a'5

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