‹ Traité de l'art de la charpenterie (volume 2)Chapitre 64 sur 297 · CHAPITRE X.WI · texte numérisé non relu

CHAPITRE X.WI

marquer que les Jeux figures représentant deux dispositions différentes , relativement à l'arrangement des hémicycles de remplissage , elles sont séparées par la ligne.-/ Bqui sert d'axe aux deux figures.

Sur la droite , les deux projections représentent la manière dont Philibert de l.i >t un: combine les hémicycles dans le cas dont il s'agit ; il établit autour du poinçon des demi-némicycles qui répondent aux angles du bâtiment comme des arêtiers , il traite alors chaque partie du comble qui se trouve comprise entre deux arêtiers, comme est traite le pan de croupe de la Gg. 2 de la pi. 102; les parties d'hémicycles formant tes empanons sont parallèles au demi-hémicycle de croupe, occupant le milieu de chaque pan du rond-point.

Les lîernes sont distribuées de manière qu'elles ne sont pas par cour» continus sur tout le développement du rond-point.

Les cours de liernes d'un pan repondent aux milieux des espaces qui séparent les cours de lier nos des deux pans voisins. Celle disposition, que représente le dessin, a pour objet d'éviter la rencontre des liernes de deux panscontigus; parcelle disposition, tous les hémicycles et parties d'hémicycles de remplissage entre les arêtiers sont coupes sur le même gabarit.

Nous avons indiqué, â gauche, sur la deuxième moitié du dessin, une autre disposition qucquelques constructeurs ont adoptée ; il n'y a plus, à proprement parler, de demi-hémicycles arêtiers,, puisqu'il n'y a plus d'empanoris, et que tous les demi-hémicycles tendent au poinçon, comme si le périmètre du bâtiment était circulaire. Celle disposition n'efface cependant pas les arêtes de la couverture, qui répondent toujours aux angles du bâtiment. Les liernes sont disposées, dans cette partie, comme dans celle de droite.

L'inconvénient de cette disposition des demi-hémicycles, est qu'à l'exception de ceux qui répondent aux arêtes et qui sont droits et délardés des deux cotés comme arêtiers, et de ceux qui répondent aux milieux des pans cl qui sont également droits, mais non délardés, tous les autres sont biais, ce qui augmente te travail d'exécution, puisqu'il faut qu'ils soient tous taillés en dessus et en dessous suivant les biais de leurs positions. Il faut, en outre, que toutes les mortaises des hémicycles pour recevoir les liernes, et toutes les mortaises des liernes pour recevoir les clefs, soient également biaises.

Les ligures 2 et 4, dont nous venons de nous occuper, n'ont pour objet que de montrer les dispositions qu'on peut adopter pour l'application du système de Philibert de Lnrrnc à la construction d'un comble sur un plan polygonal, mais on doit bien concevoir que tout ce minutieux détail de dessin n'est point nécessaire comme de chantier. H suffit, pour l'exécution d'une charpente suivant ce système, "lacements des hémicycles et leurs épars- "rincipaux et pour les c

er les planches , les gaba-

raie

régi

del

Si l'extrémité d'un bâtiment donnant lieu a une croupe, au lieu d'être formée trois pans, cri présentait un'plus grand nombre, les moyens de construction seraient les mêmes. M. Ride, architecte, a fait une élude d'une croupe sur le chevet de l'église des Annonciades d'Anvers, qui est gravée pi. 12 et 15 du premier recueil de H. Krafft; nous ne la reproduisons point ici, parce qu'elle est plus compliquer que la disposition que nous avons présentée, et qu'elle n'est pas plus propre ponr bien eiposer la méthode de construction.

Pour remédier à l'inconvénient de la courbure des surfaces du comble, par rapport à l'emploi de la tuile et de l'ardoise, M. Ride a rendu planes les diverse parties extérieures de la croupe, en ajoutant des coyaux qui joignent la corniche et le faîtage. Les faces supérieures des uns et des autres sont en lignes droites tangentes aux courbes; nous en avons indiqué de celte sorte en lignes ponctuées sur la figure 3.

Ils sont composés comme les hémicycles de planches accolées, et traversées pu des liernes avec clefs. Les coyaux inférieurs portent sur des sablières cl sont retenuaux hémicycles par des blochets cloués.

7° Projet d'une basilique.

Philibert de Lorme pensait avec raison que son système donnait le moyen de construire des combles d'une portée beaucoup plus grande que celle à laquelle on pouvait satisfaire par le moyen des charpentes usitées de son temps ; et pont en donner une preuve, il a compris, dans la description de son invention, nn projet pour le comble d'une basilique de 2i> toises ( près de 4!) mètres) de largeur, sur 40 toises (78 mètres) de longueur , en n'employant que des hémicycles dont les naissances seraient établies sur le rez-de-chaussée de l'édifice, élevé de quelques marches au-dessus du sol. Cette salle serait entourée d'une galerie et de quatre petits pavillons aux angles, destinés à différents usages.

Nous ne reproduisons point les dessins de ce projet, parce que sa charpente ne contient aucuns détails différents de ceux que nous avons donnés, et qu'il n'tsl remarquable que par ses proportions gigantesques.

8° Projet d'un dame.

Philibert de Lorme a aussi publié, dans son ouvrage, le projet d'un dortoir circulaire, avec cellules, composé d'un reî-de-chausséo et de trois étages, que le roi Henri II voulait faire construire pour les religieuses de Montmartre; les événements des temps en ont empêché l'exécution. Le comble de ce dortoir devait cire une coupole qui se serait étendue sur le cloître circulaire ; elle aurait clé construite en planches de champ suivant son système, elle aurait eu 30 toises (38 mètres et demi) de diamètre. Philibert de Lorme fait remarquer que ce dûmc, presque

ClUriTRE XXÏI1. 1*7

hémisphérique, érigé sur Montmartre, aurait apparu de Paris e(UH un |Mm

I céleste.

Nous avons donné, pi. 105, d'après la ligure gravée sur bois de l'œuvre de ce célèbre architecte, le pian, iig. 6, et une coupe, lig. 3, de ce beau projet suivant la ligne m» du plan.

Dans la ligure 3, nous avons tracé les caissons en menuiserie qui devaient couvrir les parois intérieures de ce dôme élégant. Dans les figures 22 et 23, nuus donnons un croquis de la disposition indiquée par Philibert de Lorme pour la liaison des planches au moyeu de bernes qui, vu la courbure du dûme, ne devaient pas s'étendre au delà de deux hémicycles.

■■'intérieur de cette coupole devait être éclaire par une vaste lanterne, qui l'aurait couronnée. Nous avons supprime cette lanterne, à cause du peu d'espace dont nous avons pu disposer pour les figures ; et nous avons, par la même raison, réduit le bâtiment à la hauteur de deux étages, au lieu de trois au-dessus du rez-dechaussée, comme les avait projetés Philibert de I.orine, ce qui ne change rien au mérite de cet ingénieux cl élégant projet, dont nous parlerons encore au sujet de la coupole de la Halle aux blés de Paris, pour restituer à Philibert de Lormo le mérite de cette belle conception.

Page 1