CHAPITRE XXVII
Carignan. Cet édiOcc fort remarquable, et dont nous donnons le plan fig. 10, pi. 104, fut terminé en 1767, et ouvert au commerce des grains le 13 janvier. On nu larda pas à reconnaître l'insuffisance de ce local, cl pour augmenter les espaces propres à abriter les grains et farines, on résolut de couvrir la grande cour circulaire que Lecamus de Méxières avait réservée eu centre de l'édifice , et dont lo diaiuèlrc est de 1:20 pieds 10 pouces 6 lignes (39», 266).
Plusieurs projets furent présentés ; un. entre autres, suivant lequel on proposait une toute en maçonnerie en partie soutenue par quelques colonnes ; mais la coupole en bois de JIM. Legrand et Molino prévalut à cause de son élégance et de sa simplicité. Ces deui babilcs archiieclcs avaient apprécié la beauté du système de Philibert de Lorme, jugé l'admirable effet qu'il devait produire , et reconnu qu'il était le .seul moyen du cuuvrir, par une charpente, un espace aussi vaste.
La ligure 11 est une coupe de ce monument suivant la ligne x y du plan, fig. 10.
L'exécution de celte coupole lui entreprise sous la direction de HM. Legrand et Mulini). par Roubo, auteur de Y Art du Menuisier. Après un travail do cinq mois , elle fut terminée le 31 janvier 1783.
En 1802, un plombier qui réparait la couverture, ayant laissé un réchaud allumé sur celte charpente , le feu s'y communiqua, et en moins de deux licures, celte admirable coupole fut entièrement consumée, après dix-neuf ans et neuf mois d'existence.
Ce n'est qu'en 1809 que la coupole incendiée a été remplacée par une coupole dioMOMOB, mais en fer, pour prévenir le retour d'un pareil désastre. II. lirl langer, architecte, fut chargé de celle construction, dont l'exécution fut confiée à M. Brunet , ancien entrepreneur de bâtiments , ù Paris , que nous avons déjj cile page 41, au sujet de l'ouvrage qu'il a publie pour faire connaître comment il a résolu les questions que présentait la distribution des châssis voussoirs qui devaient composer te nouveau comble.
Cette coupole esl sans doute un magnifique ouvrage, mais il s'en faut, à notre jWi, qu'elle ait, surtout intérieurement , l'apparente légèreté et l'élégance de l'ancienne, ni qu'elle laisse pénétrer autant de jour dans l'intérieur, malgré une Interne de 31 pieds de diamètre (11™, OH), conservée dans son sommet, et les panneaux qu'on s'esi vu force de vitrer en 1838 pour tenir lieu de fenêtres.
Nous donnons, pi. 105, les dilaila de la construction de la coupole en charpente de MU. Legrand et Mnlino. Cette coupole était sans duule la plus belle afBHntion qui ait été faite et qui le sera jamais, peut-être, du sysLèmc de Philibert de Lorme .
Sans vouloir eu rien diminuer le mérite de UN. Legrand et Molino, nous dm mià la vérité de dire nue celle coupole n'était que l'exécution du projet que Philibert ■le Lorme avait fait pour le dortoir des religieuses de Montmartre, dont nous avons
déjà parlé page 166 , réduit à an diamètre qui est les deux liera de celui qu'il devait avoir.
Nous en avons reproduit le dessin fig. 5 et 6 de la pi. 103 ; ainsi tout le mérite de cette conception doit être conservé à Philibert de Lorme. MM. Iiegrand et Molino avaient néanmoins apporté, dans l'exécution, les corrections motivées par le perfectionnement du goût de l'époque, et Fart leur doit une grande reconnaissance pour avoir, avec tant de talent et d'habileté, tiré de l'oubli une si belle invention.
Comme nous l'avons dit ci-dessus, les fig. 10 et 11 de la pi. 104 présentent na plan et une coupe de la halle aux blés; nous y avons figuré la colonne de Catherine de Médîcis, que Lecamus de Méziêres avait dû conserver, et au pied de laquelle est aujourd'hui une fontaine.
La conservation de ce monument a forcé l'architecte à faire le pilier qui ki correspond plus large que les autres, ce qui empêche que les arcades soient toutes diamétralement opposées ; nous n'avons point eu égard à cette défectuosité forcée, en traçant la coupe, fig. 11, faite sur la ligne xy du plan.
La figure 1 représente, en lignes ponctuées, le quart du plan de la rotonde, dont le centre est en A7 et en lignes pleines la moitié de la coupe de la coupole, dont le centre est en £ à l'échelle de 0m,01 pour un mètre.
Les hémicycles immédiatement placés près des fenêtres en cotes de meJoo, étaient formés de quatre épaisseurs de planches, et tous les autres de trois épaisseurs seulement.
Les liernes étaient distribuées comme dans les figures 17 et 18 de la pi. 102, sinon que les clefs traversant les liernes doubles étaient doubles aussi, afin que chaque bout de planche se trouvât mieux maintenu, et qu'aucun ne pût échapper.
Nous avons représenté un détail de cet assemblage dans une projection verticale, fig. 8, pi. 104, et un profil fig. 9.
Pour simplifier ces deux projections, nous avons supposé, dans les deux figures, que les hémicycles n'ont point de courbure. Ces deux figures sont construites sur deux échelles ; les écartements des hémicycles et des liernes sont figurés sur l'échelle d'un vingt-cinquième, tandis que les dimensions des bois sont sur celle de deux vingt-cinquièmes.
La figure b* est une projection verticale qui présente la combinaison des hémicycles, des liernes et des clefs, sur une échelle double, en supposant toujours, pour simplifier les moyens de projection, que les hémicycles sont sans courbure.
Cette figure représente de quelle manière les hémicycles étaient assemblés pour former le bas et le haut des fenêtres. La figure 4 est une projection horizontale de cette disposition.
La figure 6 est un profil d'une partie de la naissance de l'un des hémicycles supposé rectiligue. La figure 7 est une projection de la sablière, également en ligne droite.