‹ Traité de l'art de la charpenterie (volume 2)Chapitre 87 sur 297 · CHAPITRE XXXi. ai · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXi. ai

1res armées par celle méthode dépasse de beaucoup celle des poulres dans leur étal naturel ; mais un avantage Tort marqué de ce système, c'est d'augmenter considérablement la ruideur des poutres, ce qui peut être très-utile dans plusieurs circonstances ; cet avantage résulte (le ce que dans l'armature on a déjà courbé les travons.

En augmentant l'épaisseur du travon inférieur, il est indispensable de relier trilie eut les deux Iravons par des moises verticales, comme l'a pratiqué H. Laves dans les charpentes, fig. 10 et là delà planche 97.

H. Lastiier nous a fait connaître un moyeu d'armature qu'il s quelquefois employé avec succès, et qui a quelque analogie avec le procédé de M. Laves ; nous "avons représenté, lig. 2, 3, 4 de la même planche !)7.

La pièce qu'il s'agit d'armer est refendue de long cl verticalement eti trois parties égales. Après que ses parties sont rapprochées , on les perce [ouïes trois à chaque bout d'un trou pour recevoir un boulon. Au moyen d'une mèche anglaise garnie sur le devant d'un guide cylindrique du même diamètre que les trous des boulons, creuse de 3 a 4 centimètres, sur chaque face de sciage, deux enfoncements cyli ndriques et concentriques avec les trous des boulons. Des galets en bois dur, eu gaiac,par exemple, sont placés dans ces trous, et chacun est également engagé dans les deux pièces entre lesquelles il se trouve. Les pièces sont ensuite boulonnée», et par conséquent chaque boulon traverse les trois épaisseurs de la pièce refendue et deux galets. Les choses étant ainM disposées, nu moyen d'un sergent en 1er et à vis, on force les trois pièces à M courber en sens contraire. La pièce inierntediaire, plus faible seule que les deux autres ensemble , prend une courbure plus gfahde; lorsque sa courbure est telle, que la pièce du milieu forme une saillie égale à environ un tiers de sa largeur, ou buulunue les trois pièces ensemble, et l'armature est terminée.

la fig. 3 est, sur une échelle double, une coupe suivant la ligne r y de l'un des bouts de la pièce année, lig. 8, non compris le chantier p. La fig. 4 est une coupe suivant la ligne m n.

On peut combiner le procédé de M. Laves et celui de 31. Lasnier pour former une poutre armée que j'ai représentée, fig. 1, Il et (i de la planche UT.

La poutre a b, fig. 1, est refendue suivant sa longueur par deux traits de scie terlicaux de e en il, de laçou que l'épaisseur horizontale de ta pièce est partagée en trois parties dans le rapport de 2, 3, 2, ta plus épaisse se trouvant au milieu. Dans les points e, d, elle est fortement serrée dans des tiens à vis, brides cl écrous qui ««cent leur pression en dessus et en dessous sur des bandes de 1er puni un pécher le refoulement du bois, cl s'opposer à des plis subits dans ses libres.

Ofl place une bride nu même une Irclledaris le milieu de la poutre en c. Lorsque les choses sont ainsi disposées, on force les parties sciées à se courber au moyen de ruins m cl ) , de façon que celles des deux rives prennent leur courbure eu dessus, el que la parlic intermédiaire la prenne en dessous.

La fig. 5 est, sur une échelle double, une coupe Terticale mut la ligne p q du milieu de la pièce ainsi armée, et la fig. G est une coupe sur la ligne v s d'une de ses extrémités.

On pourrait se dispenser des liens de fer extrêmes, en ne refendant pas la pièce entièrement jusqu'à ses deux bouts, c'est-à-dire en arrêtant les traits de scie à 6 ou 8 décimètres de chaque extrémité, et en remplissant les intervalles que laisseraient les traits de scie par des cales en fer aux emplacements des boulons.

Cette disposition a l'avantage d'occuper peu d'épaisseur comme celle de M. Lasnier, et elle a, sur le système de M. Laves, l'avantage de (aire disparaître la crainte d'une disjonction dans les points e d9 puisque les traits de scie sont dans le sens vertical.

U serait à désirer que des expériences en grand et multipliées fussent laites pour comparer le système d'armature de M. Laves, et ceux dont nous venons de parler, avec tous les autres systèmes d'armature dont il a été question dans notre premier volume* Mais on conçoit que ces sortes d'expériences ne peuvent être entreprises par des particuliers, et que l'intérêt général des grandes constructions réclame qu'elles soient faites aux frais de l'État , puisqu'elles seraient profitables à toas.

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