‹ Traité de l'art de la charpenterieChapitre 10 sur 159 · CHAPITRE T · texte numérisé non relu

CHAPITRE T

Il est csscDlicI que loules les dents d'une scîc aient une infmc longueur et une roémc voie. On conçoit que, s'il en Était auircmenl, les plus longues ilcnU agiraient seules, celles intermédiaires n'enlèveraient point de Lois, et avec une même peine de la part des ouvriers, le travail avancerait moins. Les longues (lenls de la scie seraient bienlûl ëraoussécs, et lorsqu'elles ne couperaient plus, elles s'opposeraient encore au travail des autres, et exigeraient un affilage plus Tréquent.

Les JDConvcnienls ne seraient pas moins graves si les dents n'avaient pas la même voie; l'usage de la scie serait eiccssivement pénible, et les dents les plus inclinées seraient inrailliblcmcnt rompues, parce que pendant le inonvemenl imprimé à la scie, elles n'auraient pas lenr passage dans le mit frayé par celles qui les auraient précédées, et elles Iroavoraicot ua obstacle dont la résistance serait supérieure à la force dont elles sont capables.

Les dénis des scies sont ailllces avec des limes dont la trempe est plus dure que celle des lames; il faut un soin particulier pour conserver aux dents les conditions dont nous venons de parler, concernant l'égalité de la tAille. leur alignement, la Turme et la voie qu'il convient de leur donner. Pour que les dents soient égales, de mfime forme, et également espacées, on les taille en fabrique â la machine.

l'I. i, flg. 11. Scie <te charpender. Cette scie est rcprésenlce par deux projections: a b, lanic; le cOlè oppose à celui dans lequel les dents sont taillées se nomme le dos; ac, bd, monlaols en bois dans lesquels la lame Cil fixée, les dents en dehors. La lame entre dans des fentes qu'elle remplit eiactemcnl pour qu'elle ne vacille point. Elle y est retenue à chaque bout par un clou rivé qui la traverse ainsi que le bois.

Les eilrémilésc, d, des montants sont lailtéescn crosselles. Leurs arêtes sont un peu arrondies pour ne pas incommoder les mains.

o e, traverse qui fixe l'écarlemcnt des montants et s'y ojusle par chaque bout, i tenons très-courts cl mortaises, avec embrèvements. Cette traverse est parallèle i ta lame de la scie.

ed, corde qui réunit les monlanls et s'y trouve retenue (lar les crosseltes. Cette corde est tournée trois ou quatre fois d'un montant i l'autre', les bouts sont passés, sans faire aucun nœud, dans ses brins, ils s'y trouvent solidement retenus par ta torsion.

ffl, elcfou garrot. C'est une petite pièce du bois qui est passée dans l'in- I ifiirvalle que laissent les brin* di c atint qu'ils soient tordus. On les i loril, au moyen ign qui, en rApprnnhant les

crossettes c et dy écarte les extrémités a, hy des montaots où la lame est attachée et produit sa tension. Lorsque la corde est soflisamineot tordue et que la lame est complètement roide, on insinue le petit boal de la clef fg dans la mortaise pratiquée sur le dessus de la traverse o e. Pour cela, on pousse la clef entre les brins de corde tordus jusqa*à ce qu*elle soit de la longueur convenable pour atteindre le fond de la mortaise et y pro* duire une petite pression ; puis en tirant avec force sur la corde, on Técarle sufiBsamment pour que la queue f de la clef passe par-dessus la traverse, afin d*entrer dans la mortaise , où la roideur de la corde la maintient dès qu'elle y est entrée.

La tension d'une lame de scie est indispensable pour qu^elle puisse agir efficacement.

Cette scie , comme on peut le voir au moyen de l'échelle , a environ trois pieds et demi de longueur de lame ; quelquefois on lui donne jusqa^è quatre pieds. Les charpentiers n'en font usage qu'avec l'aide d*un coropagnoo. Elle est employée pour couper les pièces de bois à leur longueur, et pour ébaucher les tenons et les entailles d'assemblage. L*ouvrier charpentier et le compagnon qu'il appelle è son aide, se placent de chaque côté de la pièce sur laquelle ils doivent agir, chacun l'ayant è sa gauche. Cette pièce étant élevée sur des chantiers , ils posent la lame de la scie sur remplacement et suivant la direction du tracé établi pour recevoir le trait de scie, le plan passant par le milieu de l'épaisseur de la lame, et de tout le fût de la scie, étant bien vertical, le dos de la lame de niveau, et les mains étant appliquées, pour chacun , l'une au-dessus de l'autre, au montant qaî se trouve de son côté.

Les deux charpentiers impriment à la scie un mouvement de va-et-vient bien régulier en la tirant l'un après Tautre, chacun ne faisant qn'nn léger effort pour aider ce mouvement, lorsqu'elle est tirée par l'autre compagnoo, et ne la laissant mordre sur le bois que ce qu'il faut, sans Tabandonner entièrement à son propre poids.

Quelques compagnons, en faisant mouvoir la scie, lui donnent on mouvement de balancement dans le sens de sa longueur ; il en résulte, dans le fond du trait de scie, une courbure assez sensible qui nuit an travail, en ce que les dents ne coupent plus également en allant et venant, parée qu'elles n'atteignent le bois qu^en s'abaissant du côté de celui qui tire la scie en pesant dessus.

Lorsque la pièce de bois è scier n'a pas un poids suffisant pour immobile pendant l'action de la scie, les deux charpentiers

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