CHAPITRE XI
<Ni entrait a, est assemblé par chaque boat à tenons et mortaises dans les
polelets g, et serrés en joint par un boulon, aussi à vis et écrons par les
"deux bouts. Des bandes de fer, coiyointement avec des boulons, conso-
^ Udent Passemblage du tirant a et des moises b, b; des jambettes m, m, m,
* arc-boutent les poteaux fj f, et les maintiennent verticaux. Ce système de ^ poutre présente une grande force, puisque l'effort qui tend à le faire fléchir
* est reporté par les arbalétriers sur les extrémités des moises qui forment " arec la pièce a un entrait qui ne peut s'allonger s'il a un équarrissage suf- ^ lisant pour résister à la traction, dont la force est diminuée par la hauteur ^i do poinçon.
^ Les fermes, formant poutres de cette sorte, pourraient être cachées par •( mi plafond dont les soliveaux s'assembleraient dans de légères lambourdes
* boulonnées à l'entrait a et aux moises bj et affleureraient en dessous les mêmes pièces, comme nous en avons ponctué quelques-uns vus par leurs
B bouts en z. Nous avons également ponctué en x quelques solives, vues par
* leurs bouts et portées sur le sommier c. ï
f On fait des planchers en solives jointives lorsque les efforts auxquels ils I doivent résister l'exigent. Afin de rendre les solives solidaires, et par con- I. séquent augmenter la force de chacune, pour le cas où elle aurait à résister isolément, on les joint à rainures et languettes, comme les pièces A^j B*, on J^, B\ fig. 1, pi. 21, ou par le moyen de goujons en fer ou en bois , comme celui a qui réunit les pièces ji, B, fig. 2, même planche.
Les solives jointives portent par leurs bouts dans les murs et pans de bois, ou sur des poutres, comme les autres solives; elles peuvent être recouvertes d'un plancher de pied, assemblé et cloué comme ceux que nous avons précédemment décrits ; leurs faces de parement supérieur peuvent former aussi le plancher de pied, surtout lorsqu'elles sont jointes à rainures et languettes ; mais il en résulte qu'elles sont dans le cas d'être détériorées.
La construction de cette sorte de plancher est si simple qu'il nous a paru inutile d'en donner une figure; celles relatives aux assemblages des bois en long, pi. 21, sont d'ailleurs suffisantes.
On construit rarement des planchers en solives jointives, si ce n'est dans Tart militaire pour des blindages, composés de deux ou trois planchers
14® Planchers en solitmê joinihes.
414 TRAITÉ DE L^AET DE LA CHARPENTEEIE.
Des coDsidératioDB qui sont da ressort de la maçooiMrie rif^A k épaisseurs des murs d*oo bâtimeot ; cepeadant le conoours de Faitiicb peolier ne doit pas être négligé pour la déterminatioa de ces ^piii«i,i que plusieurs détails de la confection des murs et leur stabililéf aMii que la solidité des planchers , dépendent du mode adopté pour le ihéi des poutres et des solives, et par conséquent de la profondeiir et de h«l> tiplicité des scellements des bois.
En général , les abouts des solifes sont engagés dans la maçooam,fc tiers on de la moitié de Tépaisseur des murailles , lorsqae cette épMi n'excède pas 0»,50 (18 pouces) ; ce qui donne aux bois une portée 4t Si S5 centimètres (8 à 9 pouces). Lorsque les mars sont plus épais et qaili solives ont un fort équarrissage , on se contente de donner aux scdh ments 32 à 53 centimètres (1 pied) de profondeur ; mais si les mus ai plus minces que 25 à 30 centimètres , il est cooTcnable que les sceDaHii en occupent toute Tépaisseur afin de ne point laisser aax beats dei hé des parties de maçonnerie trop minces pour être solides ; oq doit mèm^ dans ce cas , diminuer le nombre des scellements , par one dispositioo k genre de celle figurée en E, pi. 32 , oa en R, pi. S5 » afin de moins afidi les murs.
Lorsque Tépaissenr des murs le permet, il y a aTantage même pas h solidité des maçonneries, d*y engager les bouts des soUtcs plas qae màê, par la raison que lorsqu'ils sont scellés profondément, ils pe tmwl tellement bien retenus dans leurs scellements, que leurs Tibratiou.qi sont une suite de celles du plancher lorsqu'on agit dessus, sont tellenei réduites, qu'elles ne peuvent plus détériorer les bords de la maçonnerie, tandis que lorsque les solives sont peu engagées dans les murs, surtout! la maçonnerie n'est pas d'une qualité parfaite , leurs bouts se resseaUi des vibrations du plancher , ils agissent comme des lericrs poar ébranler leurs scellements, et dégrader le mur avec d'autant plus de puissance qa^Bi sont moins longs.
Lorsque la qualité de la maçonnerie n'est pas propre à donner aux solives une assiette solide , on établit le plancher sur des sablières eog^ gées , et quelquefois entièrement logées dans les mars , comme celoi-qoe nous avons figuré en C, pi. 32. Il résulte de cette disposition, que le
sailliob ; et onloiiiic, < ii «a^ tir rrparoliun», qu'ils seront re^U i plomb du rc2-ile-rli«tif9rr
>'oM'i la tu>yv «le la |);«{j^ '^r»o
CHAPITHB Xt. 415
>t)« des soliTes ne peuToiit dégrader le Uessous des RcelIcmenU ; miis Ibltsscmciit des murs est continu par l'efTcl du logement des sablières, en diminuent l'èpai^eur, et cet affaiblissement se joint à celui résul- *tuit des «cdlemenUparlicIsdestoliïes au-dessus des sablières. Tant que les iMris sabstalcnt sains, il n'y a pas grand mal A redouter, quoique leur résis- 'lâoce k la prcsiion occasianni^o par la pesanteur du mur, soit moindre que celle (le la maçonnerie, dont ils occupent la place ; mais lorsque les sablières 'pourrissent, en outre que les soutiens des plancbers se trouvent détruits, la •Olidilé des murs est fort diminuée par l'efTel des vides que les bois laissonl, 1 moins que ces murs ne soient fort épais , ou que les sablières n'aient él6 potées sur les retraites des différents étages.
L(!s poutres ayant è supporter une plus grande partie Je la chtrge d'un pbncber que ct^lle que supporte cbaque solife, on engage davantage leurs flXtrémilés dans les murailles, et quelque bonnes que soient les maçoiiaerics de moellons , on a adopte l'usage de placer sous les bouts des puu' très des houis de bob qu'un nomme coussinets , comme ceux qu'on voit flgurés sous les poutres dos planches 37. 38 et 39. pour faire porter la charge tnr une clendue de mur plus grande que la largeur de chaque poutre. Quelque fois on substitue à ces cotissinels des pierres détaille. Quelle que soit la bonne qualité des murs en moettoiis, qui doiTcnl supporter des jHmtres, il «si toujours plus prudent d'établir souS chacun de leurs bouts une chaîne ta pierres de taille, montant de Tond, et qui peut Tormer une saillie comine celle d'un pilastre, ou affleurer le parement du mur.
Le mode de scellement des bois dans les parois en maçonnerie, n'est pas moins important pour la solidité des plancbers que les assemblages de leur charpente. On a remarqué que les eilrémilés des bois engagés dans les murs pourrissent, taudis que tout ce qui reste eiposé à l'air peut se cooserrer une longue suite d'années . et mânie plusieurs siècles. C'est de celte observation qu'est venu l'usage d'établir les solives des planchers sur des sablières soutenues hors des murs par des corbeaux en pierres de taille tiu en métal, et de faire porter tes poutres sur des consoles de même espèce, qui isolent leurs eilremilés des muradles.
La détérioration des poutres, daus leurs sucllemenls, a des conséquences plus graves que celle de quelques solives , vu qu'elle compromet une plus grande étendue de plancher, cl que le remplacement d'une poutre entraîne dans des travaux dispendieux.
On a attribué la pourriture des poutres dans leurs scellements, i ce que le mortier de cbatii et sable dâcompostît lo t»ia et délerminak sa carie.
416 TRÂiTÉ DE L*ART DE LA GHARPENTSaiE.
Mais OD a obserré la même détérioration sur des povtres dont la «d^ roents étaient faits en mortier de terre argileuie , et mtaie dam da ai entièrement en pierre de taille , dans lesquels les soeilemenls se UmÉÉ faits sans mortier et rien que par la seule JaztapositkMi des picmia bois. Il fant donc reconnaître que c'est la seole hamidité, absorbéipik bois et renfermée dans des scellements privés d*«ir, qui cause la pondi des portées des pontres dans les mors. On à essayé plasiears moyens <b» médier à cette détérioration, qui est moins Iréqoente dans les oontréai# dionales que dans celles da Nord. Un moyen qui n'est pas sans efficacité,è moins poar retarder de beaucoup le mal , c'est de laisser autoor dcihi des poutres un vide étroit qu*on ne remplit , pour acherer le ifiilliiÇ que lorsque les maçonneries sont parfaitement sèches.
L'usage de prolonger les pontres jusqu'aux parements extériem k murs , comme on en voit à quelques anciens édifices , notammedl i k églises , est également bon , lorsque les toits ont assez de saillie povh abriter de la pluie ; mais si les murs étaient trop épais , il en rési&ai que les poutres auraient une longueur qui excéderait de beaucoop al qu'il est sufllsant de leur donner pour qu'elles s'appuient solidement va murs ; on se contente alors de leur donner seulement la longneor ém saire à leur appui, et l'on ne fait leur scellement que sur leurs laces M raies et en dessus ; on laisse à chaque bout un ride égal à leur éqnarriiii| ce vide s'étend sur tout le reste de l'épaisseur du mur et il n'est fieniè, l'affleurement du parement extérieur , que par une pierre de taille de pi d'épaisseur, posée de champ et percée d'un nombre de trous saisi pour assurer la communication de Tair extérieur avec celui de la caii ainsi réservée à chaque bout des poutres. Mais cette précaution n'est f complète, et tant que par son contact la maçonnerie peut commiuii([i de l'humidité au bois , on doit craindre qu'il n'en résulte échauffemcot pourriture de toute la partie qui est enveloppée par le scellement.
L'isolement de l'humidité et la libre circulation de l'air autour da b engagé dans les murs , sont donc les moyens de conservation les plus t caces. Le mieux c'est de faire porter les poutres sur de hautes codsc en pierre de taille ou en fer , dont les queues sont maçonnées profondém dans les murs : ces consoles doivent avoir des saillies suffisantes sar parements, pour que les poutres y trouvent des portées assez longi pour la solidité, et que leurs bouts soient en outre écartés de maçonnerie de 2 à 3 centimètres (environ 1 pouce). On interpose en chaque console cl le bout de la poutre qu'elle supporte, une feuille
rUàPtTRE XI.
de cuivre qui emptehc le conlact immédiat de ts pierre et du lioi*. *«t jnlercogile toute communication d'bumiditi'-. On )>eul enfin poser snr les *OM»ole5 des cales de métal , pour exhausser lot bouts des poutres , ol per* ^RMtlre i l'air de circuler en dessous.
À Si II décoration intérieure de l'édifice ne permet pis l'emploi des con- '■mHcb . on réserve dans les parements intérieurs dos murs , des niches caraïbes on peu plus grandes qu'il ne faut pour recevoir les bouts des poutres, «cl leur donner une portée sulTisanle, en laissant circuler l'air sur toutes les I faces des bois.
r Lorsqu'on a démoli, il y aqoelques années, une partie du château de la < Roque d'Ondre», on a trouvé les ettrcmitës des poutres de chêne, portant dans les mors, parraitement conservées, quoique ces poutres fussent en place pent-élre depuis plus de 600 ans (1). Elles étaient enveloppées, dans toutes leurs portées pénétrant dans les murs, par des plaques de liége, qui las isolaient de la maçonnerie {%). En abattant depuis la vieille église des bénédictins à Rayonne, on a reconnu que ses poutres en iKiis de sapin élaienl vermoulues et pourries, excepté dims leurs portées qui se Irou- Tueot, comme celle des poutres du château de la Roque, enveloppées de plaques de liége. Les scellements étaient complétés par une couche de terre grasse inlerposéc entre le liége et la maçonnerie , et en outre , les parties des murs répondant aux bouts des poutres étaient en briques. On ne peut douter que le bon étal de conservation des extrémités de ces poutres ne soit dû au liége . dont l'imperméabilité est bien connue , puisqu'on l'emploie pour Taire des vases propres à eonleuir toutes sortes de liquides , cl pour boucher des bouteilles renfermant des liqueurs spirî- ' loeuses. Ce procédé si simple, dont la bonté est éprouvée , et peu cottteux, •nérite d'être adopté, surtout pour les édifices dans lesquels on veut assurer mx charpentes une longue durée.
On peut aussi envelopper les bouts des poutres avec des feuilles de ptomb, de cuivre ou de tinc, pour les préserver de ta communication de
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