CHAPITRE XII
COUVEKTtlRES.
Ml (1) est la partie d'un bilîmenl qui s'élcnd sur son ulage le plus et qui met son intérieur à l'abri des injures du lemps. t.n surrace Mpérieurc d'un luit est coinpoue de inalériaui cunvenableniuiil choisis et pnangés pour former une couverture imperméable ; cette couverlure est posée sur des planchers pleins ou à claire-voie cloués sur des pans de charité qui déterminent leurs penles. et qui sont soulcnus par d'autres pans charpente verlicaux. 1^ combinaison des uns et des autres forment tes let des bâtiments, ainsi nommés parce qu'ils en sont les parties ciiffmmfâ.
Notât avons parlé dans noire Introduction, page 5 , des couvertures appliquées par les sauvages sur luurs cabanes, plusieurs peuples ont conservé l'usage de celles qui ont été jugées le micuï appropriées aux climals qu'ils babitent. Dans te nord di; la Suéde, on trouve des bâtiments couverts avec de l'écorce de bouleau maintenue sur la charpente par un remblai en lerrc pà l'un sème du gaiou. Au l'éruu, on couvre les maisons de claies borizuntalcs irès-serrées, sur lesquelles on étend une couche de sable tin, épaisse de quelques pouces. U'uu côté la terre conserve l'écorce du bouleau, qui est imperméable et presque incorruptible tant qu'elle est humide; de l'au- Irc, le sable absorbe tes abondantes rosées de la nuit, qui n'ont pas le temps de pénétrer dans l'habitation, vu que la chaleur dn jour les fait évaporer avant qu'il en lombe de nouvelles.
Les matériaux dont on compose les couverlures, dans nos contrées, sont des produits végétaux, des pierres Tactices, des pierres ualurclles, des métaux.
Les coQvertores de chaame en ▼ieilUssaot se coorrant de VÊomm^ conservent rbumidîté et les pourrissent. On prolonge lesr durée en Inr faisant un manteauy c'eal une couche de chaume neuf qu*on ijoiieiv Tancien, après qu'on Ta nettoyé des mousses et des parties pourries.
Les couvertures en chaume sont en usage notamment pour les des paysans auxquelles elles donnent le nom de ckauimère ou Ces sortes de couvertures garantissent Fintérieur des habitations, da dans rhi ver et de la chaleur dans l'été. C'est par cette raison qa'sahi préfère pour les glacières; mais on les établit alors snr des charpato mieux construites.
On en fait encore usage pour les bâtiments d*eiploitatîons nmla, i cause du peu de frais de construction qu'elles occasionnent. EUei Ml dégradées par les oiseaux de colombier et de basse<our, et elks» vent de repaire à une foule d'insectes, et aux animaux nuisibles an lé* coites.
Elles sont aisément incendiées, elles fournissent an aliment abondai aux flammes et les propagent rapidement.
On a cherché à les rendre incombustibles par différents enduits; maisfl Ton a atteint le but par rapport au feu, ces enduits sont nuisibles aoxcMvertures sous d'autres rapports.
2*" Couver ture$ en joncs et en roseaux.
On fait des couvcrlures avec les joncs et les roseaux qai croissent dam les marais. On les construit comme celles de chaume, si ce n'est qo« écarte moins les perchettes aÛn d'attacher les javelles avec plusieurs liesS: parce qu'autrement les roseaux et les joncs seraient sujets à glisser.
Les couvertures en roseaux sont plus difficiles à faire que celles co chaume ; leur durée est beaucoup plus longue.
3*» Couvertures en bardeaux (1).
Les bardeaux sont de petits ais dont on barde ou couvre les toits et même les parois verticales des maisons en bois, pour les garantir de la plaie.
(i; Le» Utios nommaient le bardeau scandula. Dans quelque» départemenU , le baréêûi^ et k»^c!aU de l>t»i* *onl entore appelés eticngue* , tttûnnêSy 9Steaux.
CBAl<ITRif Xli. 4;fii
On n'empliiic ik'S chevrons cl îles lattes carrés que lorsque le boni csl n
l rés-bas [jrix) mais les bois ronds sont encore prériimblej, parce que Ie6
se plient et se surreul mieux autour d'pui. L'fcouomii? étant lo
I principal avantage des toits en chaume, on s'abstient d'y empluyer des
», conrerturc. Elle est Torraée de petites bottes de chaume i K«lleM, qui sont riiunies deux à deui par un lien commun de paille et I mieux d'oaier, qui les entoure en s'enlrelaçanl de l'une à l'autre. On voit Ifto p des javelle» liées ainsi. Chaque >are//a est égalisée d'un bout, par HOelques secousses en la tenant verticale sur un sol uni avant de la lier; «"autre bout est coupé avec la raucillc. Deui Javelle» sont figurées isotémvul tton/.
m Un toit de chaume se construit par orgna» ou rangées horiiontales ; les
Uor^tui se recouvrent au moins de la moitié de la longueur de la partie pun-
llante des /ace/Je*, qui sont d'ailleurs posées de laçnn que hs javelles d'une
répondent aus joints de&jaeelU» de Vorgne inférieure. Dans chaque
tHffe les javelles sont attachées deux à deux sur la perche-latte correspon-
r un tien qui passe entre elles et enveloppe le lien qui les unit;
{pli donne le moyen de les serrer plus fortement contre les perches-lattes
et entre elles.
Quelques couvreurs eu chaume attachent les javelles une à une sur les perchetles, par des liens croisés, comme ou en voit en g. La premièro luAlhode est préférable.
La première orgne est posée au bas du toit snr un rang de coussinets I chaume enlacé d'osier, très-serrés les uns contre les autres, qui délerminent la pente des premières orgne», afin que de Tégout au faite toutes lei Javelles aient la niéme inclinaison. Le faite de la couverture est formé par javelle» faUlère» posées i cbeval sur les deux pentes du toit, et pour les consolider, en outre des liens qui les allaclienl, ou les charge d'uu mortier de terre grasse.
Apr^ qu'une couverture en chaume est confectionnée, on laisse, pendant environ trois mois, le chaume tasser; au bout de ce temps le couvreur recharge les endroits creux, nommés gouUièna, en insinuant, au moyen d'une palette en bois, enlrc les javelles posées, d'autres javelles simples tle remplissage, dont l,i grosseur est proportionnée au besoin d'épaissir et de serrer le chautne. Lorsque la couverture est terminée, on la peigne légirc- . ment avec un rdLeau, on coupe tous les brins de chaume dont la longueur tcède la surface du toit ou son égoul.
4" Couveriureê en planches,
Oii coarrc soa?enl des baraques et des hangars provisoires a?ee éa planches, qa*on peul disposer de plusieurs manières.
On cloue les planches sur les pannes , dans le sens de la pente dn ta, et comme à claire-voie , de façon qo*elies sont écartées les ones des m6M d*an peu moins que leur largeur; chaque intervalle est boocbépirv planche clouée dans le même sens sur les bords des premières. Celle db* position est représentée, fig. 15 , sur une coupe faite par on plan perp» dicnlaire à la direction des planches. On peut aussi clouer les pbacki. également suivant la pente du toit , mais jointives ; les joints sont iha coaverls par des lattes, débitées à la scie, et clouées sur les bords é planches. La fig. 14, qui est une autre coupe, faite dans lemémesei que la précédente, représente cette seconde manière de disposer les pi» ches.
Ces deux modes de couvertures ne peuvent pas intercepter complél^ ment le passage de Teau , à moins qu*elles ne soient peintes et leurs jori! mastiqués avec soin , ce que ne comportent pas les circonstances dans b* quelles on en fait ordinairement usage. Il est préférable de clooerto planches horizontalement sur des chevrons portés par des pannes, eCè les joindre à clin , comme elles sont représentées , vues par leurs booâ. dans la coupe fig. 17. Cette coupe est faiie par un plan vertical, passai par une des lignes de plus grande pente d*un toit. Entre les chevrooSfieî planches sont clouées Tune sur Tautre, pour maintenir leurs joints; b clous sont rivés en dessous. On emploie les planches de même loogueir. comme par travées, et Ton couvre tous les joints qui se trouvent sur a même chevron , par une planche clouée en dessus suivant la pente duloù. Cette couverture garantit fort bien de la pluie et du vent , tant qu eli« est nouvellement faite ; mais comme les planches ne portent point à plat sv les chevrons, elles se voilent, leurs joints s*ouvrent et elles se fendent quelquefois.
La ûg. 16 est le détail d*une construction plus complète et plus solitle. Sur la droite se trouve, comme précédemment, une coupe par uo plu vertical suivant une ligne de pente du toit; à gauche, la couverture e>t projetée sur un plan qui lui est parallèle; cette projection est relevée rerlicalemcnt. a, panne. Le proûl n*en présente qu^une; elles sont multipliées autant que le nécessite retendue du toit; mais vu la légèretéde ce mode
CIIAPITIIE XII. 4£9
de conslrucliuti , ou lis écarte beaucou|i plus que pour loui aulre. b, chi-vrons porl^ par les pannes; on ne les écarle que ite 1S A 18 pouces (4 1 S décimètres) au plus. l'ar le oifime niotir, on pourrait les écarter bien ds*anlage; mais il faut qu'ils maintiennent les planches, allii de les empêcher de se voiler; ils sont à cet cITel coupés en crémaillères {tour les recevoir, cDitime on le Toil en c, uù les planches d sonl enlevées.
«, planches clouées â clin dans ks entailles des cherrons. Chaque planche est tenue sur ebaque ciievrou qu'elle croise, par (rois clous au iDoiliS. Les joint* sont maintenus et serrés entre les chevrons, par dcuK ou trois vis au moins, ou par autant de clous riv^'S en dessous du loil. f, lalles «ittaillces par-dessous en crémaillères , pour s'ajuster sur les plunchcs à clin, et psr-dessns en dos d'âne pour leur donner une apparence plus légère. Ces lattes sont clouées sur les joints montants des planches, qu'on réunit par chaque longueur de planche sur le milieu d'un chevron. Une de ces Utlcs est Ëcarlcc du toil en f pour faire voir ses craus.
Lorsque celle couverture est hicn failc. qu'elle est peinte d'une bonne couleur à l'iiuile, elle dure longtemps et coûte peu d'entretien. On y emploie de prérérencc des planches de pin et de sapin.
Ii° Courertirei en toile.
On couvre quelquefois des baraques et des hangars avec de la grosse toile enduite d'avance de goudron ou de bilutiie, ou seulement peinte à l'huile pour la rendre imperméaMo; on en prépare en fabrique (I). On l'applique sur un plancher bien uni el bien joint, dont on a soin do renfoncer les télc's des clous dans le bois. La toile est posée par Ict boriiotitanx CD commençant par le bas du toit. On étend le lé à poser , â l'envers . sur le dernier lé posé, environ 6 à 8 lignes (1^ d 18 millimètres) plus bas , aBn de replier la liïière de celui-ci sur celle du premier , pour former une espèce d'ourlot , de trois épaisseurs de toile , sur lequel ou cloue , près du bon) supérieur, un rang de frnx/ueffes Ci). On retourne le lé, pour l'étendre à sa place, et l'on clone un second rang de broqaetleS près dn bord inférieur sur le même ourlet, alors composé de quatre épaisseurs de toile. Il est
conyenable de piquer les clous dans des rondelles de toile de 5 à 6 ipti (12 à 13 millimètres), pour que leurs têtes ne percent pas les lés, et «b couvre avec un peu d'enduit pareil à celai dont la toile est imprépêe. Quelquefois on cloue les lés à Tenvers et on les replie par-dessus les ém, pour les couvrir; mais cette méthode fait déchirer la. toile. Lorsque leiMi n*ont pas assez de longueur pour retendue du bâtiment , on les cood kii à bout, en ourlet, et Ton enduit les coutures.
On emploie ce genre de couverture sous un angle de 20 à S5 defrâ. pour que Técoulemcnt de Teau soit plus rapide ; on applique ane noifdk couche d*enduit ou de peinture à Thuile lorsque la toile devient tropsècfe Les couvertures en toile ne sont bonnes que pour des établissements Irèprovisoires. Vu leur entretien coûteux, il n*y a point d*économie à eoi» asage sur des établissements qui doivent avoir quelque durée. Une cooivtnre en tuiles creuses , dont on retrouve les matériaux lorsqu'elle n'estphi nécessaire , est presque toujours préférable , quoique la première dépw soit plus forte.
COCVKRTCRES E!« PIERRES FACTICES.
1° Couverturcê en tuiles.
Les tuiles sont des tablcltcs en terre, moulées et cuites. Quoique lev usage, pour couvrir les bâtiments, soit postérieure celui do bardeaa,i n*en remonte pas moins à une très-haute antiquité. On fabrique des taib de diverses formes ; elles sont toutes composées d'un mélange de terre argileuse et de sable réduit en pâle une et homogène. En sortant du rnook, les tuiles qui doivent être courbes sont contournées sur des formes en bois; on ajoute, à celles qui doivent rester plates, un talon ou crochet de U même pâte , dont nous verrons l'usage. On fait sécher les tuiles , d*abord à Tombre, puis au soleil, et on les fait cuire dans des fours faits exprès.
La couleur de la terre cuite n*est pas un indice suffisant pour reconnailre la qualité des tuiles *. elle dépend de Tespèce de terre avec laquelle elles soni fabriquées. Les bonnes tuiles sont sonores , et leur contcxturc est serrée.
En France , les tuiles de Bourgogne, celles de Marseille et celles de Bordeaux sont les meilleures; elles sont néanmoins loin de valoir les tuiles de$ anciens, ce qui provient du peu de soin que les fabricants apportent dans te choix et la préparation de la terre.
CHAtlTIlB Xir.
Les tuiles lus plus un usage eu France et dans Il-s pays scpU'nlriooaui; , I, sonl les tuiles plaies , les tuiles creuses et les tuiles en S, lihes flamandeê k i\ panne».
Tuiles piolet. Elles sont tlislinguécs en grand moule et pelil moule.
La Tig. 9 , pi. 40, est le détail d'une couverture en luilcs plaies. Sur la
^ droîle csl une coupe par un plan vcrlical passant par une des lignes de
pealc du toit; le reste de la Tigurc est une projection sur un plan parallèle
Il (oit et relevée daits une position verticale, a, a, pannes, b, b, chevrons
^ qui portent sur les pannes, c, lattes clouées sur les chevrons.
A Paris , on emploie des lattes de fente en chêne ; elles ont i pieds de - longueur, de sorte qu'on les cloue sur quatre cbevrons qui , pour cela , sont espacés de quatre à la latte. On les pose en liaison, c'est-à-dire que leurs bouts ne se trouvent pas sur un même chevron , mais à peu pri^s également distribues entre tous. Il en résulte une solidité aussi utile â la couverlaro qo'â la charpente du toit.
Les latlcs dites carrée» avaient autrefois S pouces de large sur 5 lignes d'épaisseur ; par un abus trcs-rcpréhensible et qui nuit à la durée des couwertures, elles n'ont plus que 18 à SO lignes de largeur et 1 ligne { d'épaisseur (1). Les couvreurs les clouent avec un marteau dont la teie porte d'un bout un carré pour Trappcr , et de l'autre un tranchant pour les couper à la longueur exacte qui convient à leur portée sur quatre chevrons, dont l'écartemetit doit être exaclenient calculé suivant le moule des tuiles qu'on doit employer, pour que leurs crochets ou talons ne rencontrent jamais les cbevrons qui les empêcheraient de bien s'accrocher aux lattes.
Dans quelques départements, les I.iltes sont en sapin , débitées à ta scie de long; elles sont plus Tortes. ce qui permet d'écarter davantage les chevrons. Les laites, quelle que soit leur espèce, clouées par cours horitontaux, sont écartées entre elles de milieu en milieu du tiers de la hauteur des tuiles dont on fait usage , ou plutAt de la hauteur du pureau qu'on leur donne.
, e, tuiles plates accrochées aux lattes chacune par le talon ou crochet qu'elle porte en dessous (2). Une de ces luilcs est représentée Gg. 3.
I^ crochet d doit afoir assex de longueur pour dépasser la latte, et mb^ force pour soutenir la tuile ; on doit rayoîr coaché vers le miliei 4e tuile en la moulant pour qu*il ne glisse pas de dessus la lalle. Il «ri> quelquefois de graves accidents par la chute des tailes , va que le crocl casse par Teffet de la gelée ou de quelque vice de sa sutore â la toile. Di quelques localités pour prévenir ces accidents, on perce les tuiles, cil fabriquant , de deux trous à chacune , pour les fixer aux lattes anc i clous en outre du crochet. Ces trous h sont situés assex bas pour répoai au milieu de la largeur des lattes , et asset grands poor que les do« fassent pas éclater les tuiles. On commence à placer lès tuiles par le 1 du toit et par rangées horizontales. Le premier rang, è régoutdaH est formé de deux ou trois tuiles , Tune sur Tautre , posées sur une h clouée au bord du chevron , appelée ehanUUitj dont Tobjet est de doa
au premier rang la même pente qu*à tous les autres rangs. Les toiles soat sorphis disposées de la même manière que les bardeaux, et comme la 6gi les représente. Dans toute l'étendue du toit, le lattis est chargé de tr épaisseurs de tuiles, ce qui rend cette couverture extrêmement pesai et est en partie cause de la roideur qu*on donne aux toits a6n de dimin l'équarrissage des chevrons et des pannes. On peut diminuer le poids i couvertures en tuiles plates , d*un tiers , en écartant les tuiles dans du^ rang, de la moitié de leur largeur , comme en g; et des deux cinquiè» en les écartant des deux tiers de leur largeur. Les rangs se recouvrent la nicmc manière. On pourrait diminuer encore le poids, en faisant le | reau des deux cinquièmes de la hauteur au lieu du tiers. Les couverts construites suivant ce mode sont dites à claire-voie ou à la n^i-voie;é sont employées , par économie , sur des hangars et magasins qui n*ont ] besoin d*étre bien clos, et sur des ateliers, lorsquMI est utile de lais échapper par les interstices des tuiles les vapeurs et les gaz produits | les travaux qu'on y fait.
On reproche aux couvertures en tuiles plates de laisser la pluie, et i tamment la neige entraînée par le vent, pénétrer dans les greniers, inconvénient est plus grand dans les couvertures à la tni-voie, qu'a celles à tuiles jointives , parce que les tuiles à la mi-voie, de deux en d( rangs, sont écartées verticalement de l'épaisseur du rang intermédiaire, remédie à cet inconvénient , en maçonnant les joints, à mesure qu'on p les tuiles, par un filet de mortier, qui s'y attache très-bien. Ce mor) augmente un peu la pesanteur.
En Allemagne, on place sous les joints montants, des lattes plates