CHAPITRE
foréls tnoiliïrnL's, ut In plus nnliqaevégÊiation csl aussi pour Im générations humaines un bienrail de la Providence.
Le bois a toujours èiii une des substances les plus indispensablei; le Ter, en prêtant le secours de son tranchant et de sa force, a pu rivaliser d'utilité avec lui ; mais on no peut s'empêcher de reconnaître que te bois est la matJÈrequia le plus conlribuiiâ la conservation île l'Iiommc, à sa tlércnse, i sa cifilisBlion et an dévetuppement de sa domination, puisque ses mains . de* venues de plus en plus habiles, l'ont Tait concourir si généralement, et poar une si grande part, à la fabrication de ses ouiils et machines, de ses armes, de ses meubles et ustensiles, cl de toutes sortes de constructions, depuis la plus modeste cliauraicre, la plus petite passerelle el le plus frêle esquif, jusqu'à ses plus vastes édifices, ses ponts les plus hardis, et ses plus gros navires qui ont étendu son commerce et sa puissance, cl mis en relation des peuples que la nature semblait avoir séparés pour toujours.
C'est surtout dans les diiïérenlcs branches de l'art de la cliarpenterie que le bois est employé de la manière la plus remarquable, et sous les pins grands volumes. La forme des arbres permet d'en lircr de longs parallélipipèdcsappelcspoufresouso'f'eM. suivant leurs dîmensinns, et en général ;f('àc«« . ite boU, dont les combinaisons et les assemblages donnent les moyens lei plus rapides d'cicver de grandes constructions. I
Nous n'enlrcrons point ici dans une longue discussion sur la physiologie' ' végétale . nous nous knrnerons aui faits les plus importants et dont U connaissance est iudispciisdblc au charpentier qui veut et qui doit même apporter du djsccrnemuni dans le choix et le Uêhil des bois qn'il emploie.
Le bois se lire, comme nous l'avons déjà dit. du corps des arbres, plantes ligneuses et vivaces qui ont une tige grosse, élevée et nue dans la partie' qui constitue le tronc. La tâie ou cime d'un arbre est formée de branchât et décorée de feuilles qui croissent et atteignent leur développement pendant l'été, et loœbi-nt, pour la plupart des espèces, à l'arriére-saison, tandis que l'arbre reste dehnut pour se pnrcr pendant plusieurs siècles de celle >erdarc que chaque année renouvelle.
l.a charpcnlcrie n'emploie que les arbres les plus gros desquels on ptut tirer , soit du tronc, soit des maîtresses branches, des pièces de bois d'ur luRguenr et d'un équarrissage suffisant (1). Elle nu conionime que les «>•
pèces les plus commanes, laissant les autres aux arts qui n*onl besoin que de la beauté de la matière ou qui ne requièrent pas de grandes dimensions et de la force.
Les arbres surpassent de beaucoup les autres Tégétauz, et parmi le grand nombre des espèces qui décorent et meublent nos forêts, il eo est qui se font remarquer par leur grande hauteur quand on leur a laissé le temps de parvenir au maximum de leur croissance. On voit des cbénes et des bettes de plus de 40 mètres ; les mélèzes, les pins et les sapins, atteignent jnsqn*à 45 mètres; d*autres espèces , telles que les charmes , les trembles, les érables, les aunes, les ormes , et même les noyers, les peupliers et les cyprès , parviennent aussi à une très -grande élévation. La hauteur des palmiers des pays chauds ne le cède pas à celle du chêne. La grosseur des arbres varie beaucoup , suivant les climats , et même dans chaque espèce. On voit des ormes et des chênes qui ont près de 2 mètres de diamètre.
L'Américain Farner cite un orme qui se trouve à HasGeld, dans le Massachusetts, et qui est regardé comme le plus gros de toute la Noavelle-Angleterre ; mesuré près de terre , il a 34 pieds de diamètre, et à 5 pieds du sol, dans la partie la plus mince du tronc, on lui trouve encore 24 pieds. En général, les arbres acquièrent en Amérique des dimensions incomparablement plus grandes qu*en Europe ; la Condamine parle de canots de la rivière des Amazones, n^ayant pas moins de 90 palmes de longueur et 10 et demi de largeur d'une seule pièce , et tirés chacun d'un tronc d'arbre. D'autres voyageurs citent également des arbres qui étonnent par leurs grandes dimensions, tels que des sapins du nord de l'Amérique qui s*élancent jusqu'à 250 pieds de hauteur, et des cyprès de 7 à 8 pieds de diamètre.
L'eucalyptus gigantesque de la Nouvelle-Hollande s'élève à une hauteur de 180 pieds sur une circonférence de 30 à 36 pieds. Ce bois, dur, pesant et rouge, peut remplacer Tacagou des Indes.
Le pin de la Caroline ou de Californie atteint des dimensions encore plus grandes, s'il est vrai qu'il puisse porter sa cime à près de 300 pieds de hauteur , et que son tronc puisse acquérir 60 pieds de circonférence. Mais de telles dimensions ne sont rien en comparaison de celles des baobabs dv Sénégal, qui, au rapport d'Adanson, ont jusqu'à dix mètres de diamètre (plus de 90 pieds de tour), dimensions qui paraissent si prodigieuses qv^oolss mettrait au rang des fables si elles n'étaient pas indiquées par an voyagi— aussi véridique, et confirmées par d'autres témoignages récents.
Sur la côte d'Afrique, depuis le Sénégal jusqu'au Congo, on fait des pâ gués de 12 pieds de large et de 60 de longueur qui portent wm.i
CBAPITRE M.
■m lonocaux avec \v Ironc d'uu arbru classé, par les naluralisles , parmi ka Iroinagen, avec IcMjud le baobab parait avoir une grande nfliiiiic.
Le diamètre des plus gros arbres que l'on peui trouver ordinaircmcni dans nos climats ne dé{>asse gacrc uu mètre, et les plus petits ne (Joi«enl pas avoir moins de IS à 20 centimètres de diamètre, pour que l'ou puisse en tirer parti pour l'usage de la charpenterie.
La marine qui consomme , comme nous l'avons déjà Taîl observer, une grande quantité de bois , et pour k service de laquelle les pièces courbes sont les plus utiles, s'empare aussi des plus beaux arbres, ue qui fait qu'il est Tort difficile de satisraire aux besoins des autres branches de l'art de la charpenterie, et qu'il faut recourir à divers artifices, pour suppléer en partie les dimensions des bois , soit sous le rapport de leur cquarrissage. Mil sous celui de leur longueur. La difficulté de se procurer, pour les travaux autres quo uuui de la marine, de longues et Tortes pièces de cli6ni>, a rendu l'usage des pins et des sapins plus fréquent ; elle a fait apprécier ces bois dont les dimcnsious passent celles ordinaires des chênes et qui n'étaient consommes Jadis qu'aux lieux où ils croissaient.
I.ea botanistes classent les végétaux, et par conséquent les arbres , d'aprèa l'organisation intérieure de leurs graines, c'est-à-dire d'après le nombre des cotylédon» ou lobes des amandes de leurs semences > parce que les graines différcramciit divisées dans leurs amandes , produisent des plantes très* distinctes , tant par le port de leurs tiges et les formes de leurs feuilles et de leurs Qeurs , que par le mode de leur accroissement et leur contextore intérieure.
Dans la première classe sont les arbres dont les semences n'ont qu'un seul cor.r/éi/on sans aucuni: division, les arbres de cette classe sont nommés tHOMOcotyléiioni : c't'St-i-dirc , à un teul cotxtédon.
Les iticotylidoni et les pofjvoixiédotu forment la deuxième classe ; leurs semences sont partagées dans l'intérieur en deux ou en un plus grand nombre de eolxlétion*.
IJuoique les charpentiers d'Europe n'aient point occasion de travailler te bois des moiiocutylvdons, parce qu'il nous est apporté par fragments qui ne trouvent leur place que dans quelques-uns de nos arts de luxe , il n'est pu inutile de leur faire connaître l'organisation de ces arbres si élevés , employés par leurs confrères d'autres climats.
Ixitmmocot/Utlmt* sont privés de branches ; leurs Itgcs ou »tipei, presque cylindriques , s'clanccnl k ur lixt et sont couronnés d'un TuU panache de belli «i sortent les Ilcurs et
84 TRAITÉ DE TAET D£ LA CHARP£NT£EIE.
néanmoins plosieors années pour que la transfomiatkNi s*accoaiplisBe , paisqoe dans toutes les espèces d^arbres dieotylédoiis ^ Taubier comprend toujours plusieurs couches annuelles.
Des rayons médullaires qui croisent les couches annuelles marqneoi les ▼oies de communication de Tétui qui renferme la moelle centrale , arec la circonférence de Tarbre où se forme le nouveau bois.
A regard de Taccroissement suivant la longueur , en eiaminaol la coupe d*un arbre faite par son axe , et par conséquent suivant la direction de ses fibres, on retrouve les traces des enveloppes qui marquent les cercles annuels sur la coupe transversale; on voit que la tige principale , et les branches , ont toujours une forme conique ; que les couches concentriques ne s*étendent pas dans toute la longueur de Tarbre jusqu'à sa cime, mais qu'elles forment des enveloppes coniques tronquées , les plus noorelles recouvrant les plus anciennes, et ayant aussi leurs sommités de plna en plus élevées , le tube médullaire leur servant toujours d'axe commun ; de façon que ces couches, qui augmentent annuellement la grosseur d*nn arbre, produisent en même temps , dans une proportion plus grande , raccroissement en hauteur de son tronc et de ses branches.
On ne peut guère évaluer la vie d'un arbre ; on croit que le chêne peut Tivre plus de trois cents ans ; les antiques forêts fournissent des preuves de cette opinion , si Ton s'en rapporte au nombre des couches ligneoaes que l'on compte dans leurs énormes troncs (1).
Les gigantesques baoM$ du Sénégal, dont nous avons déjà parlé, comptent un grand nombre de centaines de ces couches j Adanson a prouvé que parmi ceux qu'il avait observés , plusieurs étaient âgés de six mille ans. Ils ont vu naître, sans doute, sous leur ombrage, une innombrable série de générations d'animaux divers. Ces produits de la végétation sont des monuments plus anciens que les pyramides de l'Egypte , et les antiquités de l'Inde. Ils peuvent servir à éclairer l'histoire du globe , et peut-être qu'un jour on trouvera des arbres encore plus anciens qu'eux dans des
(i) On préteod qu'il existe sur le coteau Saiote^Anae, pràt Cuufti, villeae «In dëpvtement de FAube, uo chêne auquel les «nnalctdu pays donnent 76» tas, il a 33 pieds de hauteur tous les branches, il porte au collet de la racine sa pieds de ctrooniéreiice. Si Tao rapporte qu'un bûcheron des Ardennes découvrit dans le tronc d'un arbro q«*il venait d*abatlre, des médailles samnites qui firent présumer que cet arbre pouvait avoir envirva 3,600 ans.