‹ Traité de l'art de la charpenterieChapitre 18 sur 159 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

son tronc , un voil qu'il est composé de trois parties aisées û distinguer. L'écorvequi l'ciiTeloppc, la Moe/^e qui occupe le centre , et la substance UgtietiK ()iii se trouve répartie circulaireraenl entre les deux premières.

Dans la substance ligneuse on distingue deui épaisseurs, l'une qui envetoppe la moelle est la plus considérable et la plus dure , c'est le bois parrail, l'autre est le bois imparfait nomnid nwbier i cause de sa couleur blaucbitre et de sa mollesse , qui le Taul distinguer du bois parfait.

La couche de l'écorce la plus voisine de l'aubier est le liber, nom dont nous avons fait en Iraiieais lu mot livre, parce que les anciens écrivaient sur les feuillets dont celte couche est conipusêc. On a acquis la preuve certaine qu'il se forme entre le liber et l'aubier une autre couche qui est la continuation de l'un et de l'autre , la matière de celle couche génératrice ■ re;u le nom de cambium. Elle se développe an printemps et en automne. Sa partie interne se change insensiblement en aubier, et l'autre se change en liber. Jamais le liber ne devient bois , il est sans cesse repoussé par ce mode d'accroissement de l'arbre, et forme l'écorce qui se déchire et s'exfolie eitérieuremenl , parce qu'elle se dessèche et que les feuillets du liber peuvent en vieillissant s'clendre en proportion de l'augmcHlaliou de la circonférence de l'artire (1),

Duhamel et Ruffun oui depuis longtemps prouvé que l'aubier devient bois parfait , il n'j a donc point de iloutes aujourd'hui sur le moOe de formation de l'aubier, cl sur sa transformation eu l>ois parlait.

A roesnrequedenouvellescouchesd'aubier sont produites, elles forment de nouvelles enveloppes dont on observe les traces sur la <:oupe transversale des arbres dîcoljlédons. Ces couches sont d'autant plus nombreuses que l'arbre est plus âgé. Plusieurs auteurs prétendent que l'on se tromperait si l'on croyait que l'on peut compter le nombre des années d'un arbre par le nombre de ses couches ligneuses , puisque, suivant l'observation de Duhamel , Ici arbre ne produira pus une seule couche dans une année et en produira plusieurs dans une autre. Néanmoins l'opinion la plus généralement admise et qui paraît appuyée sur des observations récentes , c'est que le tiombrc des couches ligneuses concentriques marque celui des années de l'arbre sur lequel ces couches sont comptées.

Un doit remarquer que si chaque année voit naître une couche ligneuse d'aubier, et une couche d'aubier se transformer en boit pa

nous n*a?oii8 poiol à nous occaper, ils appartiennent à l'art de Taménagement des forêts ; nous noas bornerons à remarquer que les bois propres aux travaux de constmction sont multipliés et reproduits de trois manières, qui ne s*appliquent cependant pas également à toutes les espèces, savoir, par graines ou semis, par plançons, et sur vieilles souches.

La production par graines ou semis s^obtient en enfouissant les semences aux profondeurs convenables et dans les emplacements où Ton vent les faire germer, soit qu*il s^agisse de former une forêt sur place , oa de préparer des sujets pour les élever en pépinière et les transplanter ensuite sur les points où ils doivent végéter jasqa*â leur dernière croissance. Ce mode de production s'applique à toutes les espèces d'arbres. Les forêts qui en résultent sont désignées sous le nom de hautes fuiaieê ou simplement flUaies.

La multiplication par plançons ne se pratique avec succès que pour les arbres de certaines espèces , qui jouissent seules de cette propriété , que les portions de branches qui sont séparées du tronc et plantées en terre eo saison convenable , jettent de nombreuses racines et produisent cbacune an arbre de la même espèce que celui dont elles ont été séparées. Les saaies et les peupliers se multiplient par plançons.

La reproduction sur vieille souche a lien lorsqu'un arbre a été abattu et qu'on laisse sa soiiche , c'est-à-dire la masse de ses racines dans la tore. Aa retour de liT saison où la végétation recommence , ane grande quantité de jeunes jets sortent de la circonférence de celle souche entre l'écorce et Taubier, par reffet de la prolongation et de la division du liber, ces jets croissent de la même manière que les branches , et forment ainsi une jeune forêt que Ton nomme taillis. On coupe ce taillis au bout d*un certain nombre d'années, pour en laisser croître un nouveau qui sera coupé à son tour. Cependant dès la première coupe on choisit dans le taillis les plus beaux jets que l'on conserve seuls pour les laisser croître , aGn qu^ils deviennent, avec le temps , des sujets de la plus grande hauteur de leur espèce ; les jeunes arbres ainsi conservés au milieu des taillis sont appelés baliveauSf et forment avec le temps une forêt de grands arbres , aussi propres aux constructions que ceux que les mêmes souches avaient portés.

Ces différentes manières de reproduire et multiplier les arbres propres aux travaux de constructions , sont également bonnes dans les espèces auxquelles elles sont applicables, on n'a pas reconnu qu'elles apportassent de différence dans la qualité du bois ; cependant, Hassenfratx fait remarquer, d'après les expériences des frères Duhamel et les siennes , qu'en générai,

dans les rulaifs , les irbrcs di- KO , 60 , 80 et 90 ans donnent conslamiueul de plus grands produits en équarrissage , c'est-i-djre eu bois propres aui travaux que les arbres ife m^e âge provenant des bïliveaux des taillis , cl que jusqu'à 80 ans ils produisent généralement le double. Hais c'est aui propriélaires qui se li?rent à la culture des bois et i leur eiploitalioa.i léri' Her cette obserration et à en proUler ; il est néanmoins utile que les cbirpenliera en aient connaissance , aGn qu'elle se répande parmi ceux dont les inlcrfits commerciaux se trouvenl si bien d'accord avec le besoin qu'on ■ d'accrollrc la production du bois.

La grosseur el la belle venue des arbres ne sont pas toujours, dans une même espace, des signes infaillibles du la bonne qualité de leur bois. Le rapport de l'âge avec les dimensions d'un arbre, ta nature el l'eiposilion du sol dans lequel il a poussé, doivent aussi cire examinés pour Juger delà qualité des bots qu'une eiploilaiiun Tournira.

En général , les terrains mariîcageux ne portent que des arbres dont le bois est léger el spongieux comparativement â celui des arbres de même espèce venus dans de bonnes terres élevées. L'eau , trop abondante dans tes terrains bas et argileux où les racines sont presque toujours noydes, ne donne point à la sève les qualités nécessaires pour constituer un bon bois. Les arbres venus dans ces sortes de terrains, qui ne sont point propres i leur essence , ne sont bons que pour dis travaux autres que ceux de cbarpenlerie. Le bois de chêne , par exempte , venu en terrain bumidu , est plus propre aux travaux du menuisier qu'à ceux du charpentier, parce qu'il a moins de Torce et de roidcur, qu'il est plus mou el plus facile à Iravailler que le bois de cbénc provenant de terrain sec el élevé, il est moins sujet à se fendre et se gercer, lorsqu'il n'est employé que pour des objets de petit

Les terrains aquatiques ne sont propres qu'aux aunes, aux peupliers, aux saules. Quelques autres espèces se plaisent en terrain frais ou seule* ment humide , mais les essences de cliénes , d'ormes , de châtaigniers , ne prospèrent que dans tes terrains secs, composés de bonnes terres, ne retenant après les pluies que ce qu'il faut d'humidité sans croupissemcnt pour alimenter une belle végétation. Il en est de même des arbres résineux, qui ne réussissent pas toujours dans les terrains propres aux autres espèces, et surtout dans les sols marécageux. En général , les sables leur conviennent le mieux , cl quelques espèces se plaisent parUculicrement dans le voisinage de la mer; tel est le pin maritime, aussi utile par ses prodails résineux que ponr soD bois.

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Enfin , les arbres qai croissent dans les terres maigres et pierreoses , et généralement dans tontes celles qui s'opposent à nn progrès facile de leurs racines ou qui ne peuvent leur fournir la substance propre à leur essence, ne prennent que peu de hauteur, ils poussent lentement ; ne produisent que du bois rude, souvent noueux et rabougri , d'un travail diflBcile , qui n'est bon qu'à des ouvrages grossiers, à moins qu'il ne soit propre par sa eouleor, sa dureté et les accidents qu'il présente , au placage pour la décoraticMi des meubles ou la fabrication de quelques objets d'agrément, comme Taci^ ronceux et quelques parties des vieux noyers.

Les meilleurs signes de la bonne qualité du bois d'un arbre sont la beauté de son écorce et le peu d'épaisseur de son aubier. Ce dernier signe annonce que la qualité substantielle du sol a abrégé le temps de la transformatioa de l'aubier en bois parfait. L'on peut , en sondant un sol , préjoger en quelque sorte la qualité du bois des arbres qu'il a produits.

L'on a remarqué qu'à égalité d'âge , les arbres venus sur la lisière d*an bois sont plus gros , plus sains , et d'une meilleure qualité que' ceux venus dans son milieu , ce qu'on attribue à ce qu*ils ont joui davantage de lin* fluence de l'air. Les arbres des clairières ont une supériorité de taille, de grosseur et de qualité sur ceux qui croissent dans les parties touffues des forêts. On observe aussi que certaines expositions , tant à l'égard de l'action du soleil qu'à l'égard des vents et des formes des terrains environnants , influent sur la végétation des arbres et la perfection de leur bois.

Les arbres venus à l'exposition de l'est et du midi ont souvent leur bois dur et bon ; mais ils sont branchus , quelquefois tortueux , et par cette raison on n'en peut pas tirer de belles pièces pour la cbarpenterie. A l'exposition du nord, les arbres sont plus beaux et plus droits, leur bois est beaucoup moins dur. A l'ouest, les arbres battus par les vents, sont fatigués et fréquemment tordus , leur bois est souvent tortillard et roulé. On remarque , notamment sur les côtes maritimes qui se présentent à cette exposition , que les arbres souffrent , leurs têtes sont pliées , leurs cimes sont en forme de plan incliné par Teffet de l'impression du vent, qui gêne et retarde l'accroissement des branches qu'il frappe les premières , et qui servent d'abri à celles qui sont derrière. H en est de même d*un bouquet de bois situé à celte exposition ; toute sa sommité est inclinée, et les arbres de sa partie de l'est , particulièrement ceux de la lisière , présentent une belle croissance , ayant été «protégés et garantis par ceux exposés aux vents de l'ouest . et qui en ont ressenti les pernicieuses influences. Cet effet est surtout remarquable sur les côtes de l'Océan.

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