‹ Traité de l'art de la charpenterieChapitre 19 sur 159 · Maladie* de» arbre» tur pied · texte numérisé non relu

Maladie* de» arbre» tur pied

Les arbres sont, aussi bien que les animaux , sujets h des maluilics ()iii ODt des causes naturelles ou qui peuvent provenir d' ace id utils; mais dont les sjtnptOmes ne sont pas les mêmes , et qui ne se manifestent, le plus bdurent, qu'après qu'elles ont Tait des progrès tels qu'elles sont sans remède sous le rapport du tort qu'elles font aux qualités les plus essentielles du bois.

Comme tontes les plantes, les arbres sont soumis i la mort; c'est une loi dont aucun être n'est exempt : mais dans la mort des arbres, il y n une distinetion Tort remarquable i faire , qui établit une très-grande différence entre eux et les animaux. La matière du bois a une durée dont ne jouît pas celle des autres corps organisés. Les végétaux qui ne produisent point de parties ligneuses sèchent et tombent promptemcut en poussière ; les animaux sont atteints de putréfaction presque immédiatement après qu'ils ont cessé de vivre, quel que sait le genre de mort qui les a Tait périr; tandis que le bois se conserve des siècles après la cessation de la vie végétale dans l'arbre que la hacbe a abattu. Mais il est sujet à des altérations qu'il est indispensable de connaître, sinon pour les prévenir complètement, an moins pour en retarder les effets , et surtout pour rejeter des constructions les pièces qui donnent des signes d'une détérioration prochaine.

Lorsque par l'effet de sa vieillesse ou par suite d'une m;ibdie . un arbre meurt sur pied, même avant d'avoir atteint ou seulement approché de la limite ordinaire de l'existence des individus de sou espèce, son buis perd toutes les qualités les plus indispensables, non-seulcmciit pour les constructions, mais même pour la combustion. Il n'a plus nt llcxibililc, ni force, ni faculté de se conserver ; il devient sec , cassant et mou ; il tombe du Ijiiniéme en débris ou en poussière ; il se pourrit rapidement , se laisse aisément attaquer par les vers ; enfin , il brtile presque sans Qamme et sans production de chaleur.

Si, au lieu de périr de celle manière , un arbre est abattu dans sa vigueur, il cesse de vivre, il est vrai; il ue remplit plus aucune des fonctions de la végétation, il se sèche; mais il conserve toulcs ses qualités ligneuses. S'il n'était pas attaqué de quelque vice maladif avant qu'on l'ail coupe , on s'il n'est pas, avec le temps, atleitil par une des causes accidentelles qui détériorent les bois abattus ou mis on œuvre , il est propre aux constructions et peut ilurer presque iridcQnimenl.

Les maladies des arbres qui ont des caases fortuites sont : les plaies, les mutilations ^ les fractures qui peuvent résulter : 1* de la dent des gros animaux qui attaquent Técorce , le liber et même Taubier et le bois le plus récent , surtout dans les pousses les plus nouvelles ; 9? des coups occasionoés par accidents ou donnés par mauvais desseins , même avec des outlb tranchants ; 5<» des efforts du vent et quelquefois des atteintes de la foudre. Ces maladies peuvent avoir les mêmes résultats que quelques-unes des maladies naturelles qu^elles déterminent très-souvent.

Les maladies qui peuvent résulter des accidents et du régime habituel de la végétation ou de Tétat de Fatmosphère , et des météores sont : les uicèreê, les chancres, la carier les gerçureê, les gelioures, la nmlure, la torêion, le cadran, l'esfbliation, les tumeurs, les loupeê, les exoêtaêes ,lti dépôts, les abcès , la pléthore , la champlure , le givre , la cloque , U difàUmiion t la tullomanîe, la brûlure , la rouille , le blanc , la jaunieee et le retour.

Les ulcères et les chancres des arbres ont quelque ressemblancek avec ceux des animaux , ils proviennent de vices dont Torigine est le plus souvent dans les racines ; la sève se porte quelquefois avec trop d*abondaoce dans quelque partie d*un arbre , et cette abondance se manifeste à Textérieur par une sorte de suppuration qui est accompagnée de la corruption des fluides et bientôt de celle du bois qui avoisine le point ulcéré ; le mal s*étend quelquefois assez pour dépouiller Tarbre de son écorce et le faire périr.

La carie est une sorte de pourriture qui provient de quelque vice dans la sève ; elle a pour résultat la réduction de la matière ligneuse en poussière.

Les ulcères, les chancres, \e% caries, peuvent aussi provenir d*un vice des arbres appelé gouttières , qui sont des écoulements de Teau de la pluie entre les fibres intérieures. L*ean s*introduit dans la partie supérieure i la jonction des branches entre elles ou avec le tronc , parce que le vent et le poids de ces branches déterminent quelquefois des déchirures qui lai permettent de descendre dans Taubier ou entre l'aubier et Fécorce. Elle finit par se faire jour au dehors , et forme des gouttières qui entraînent avec elles la sève, et en prive les fibres supérieures, qui ne peuvent plus acquérir les qualités du bois parfait, et deviennent la proie de la pourriture.

J^s gerçures sont des fentes qui se manifestent sur Técorce, et qui sont

occasionnées par le hâle, la sécheresse, et un trop rapide accroissement de

'la chaleur de la saison ou une trop violente action du soleil. Les gerçures

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