‹ Traité de l'art de la charpenterieChapitre 21 sur 159 · CHAPITRE II. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. m

qu'on débite un arbre, une diflërencu de couleur entre les couchcH de ruubier te plus ancien et celles de l'aubier nouvellement formé ; celte dilrdrcDCc so fait même remarquer encore lorsque l'aubier est devenu bois parfait. Il se pourrait que cette maladie, dont on ne désigne point la cause, fût le résultat du travail de quelque insecte microscopique, qui aurait échappé jusqu'il présent aux observations des naturalistes.

Les IvmevTi, les loupes, les êxosloiei, les dèp6u et les abcès sont toujours produits par des vices loAui, qui ont détermine la détérioration du libor cl l'sDlueoce de la sève sur certains points , d'oii résulte une extravasation et l'accumulation de la substance végétale , qui forme des excroissances d'une coalexlnre confuse. Ces maladies attaquent aussi bien les arbres des forêts que ceux des vergers . et sont souvent occasionnées par des blessures , des |>iqlires d'insectes et des plantes parasites ; elles influent sur les qualités du Ikiis : les unes sous le rapport du défaut d'uniformité du tissu ligncui , les autres par des diflbrmJtégqui s'opposent a ce qu'on lire des arbres des pièces aussi lougaes qu'elles pourraient l'Clrc si ces arbres étaient parfaits.

La pléthore végétale résulte d'une trop grande abondance de maliâres nutritives, qui se portent irrégulièrement sur diverses parties de l'arbre cl le déforment i elle nuit par conséquent A la qualité du bois, en détruisant son homogénéité. Les pièces de buis tirées d'arbres atteints de la pléthore DC peuvent pas élre employées dans les charpentes hautes , dont les pièces ont à résister à des cfTorls uniformes, ou dont les variations sont assujetties à quelques lois régulières. Ces bois doivent être consommés dans les ouvrages grossiers ou dans des fondations; et le micui, c'est de les consacrer au chauiïage.

1^ chamiilure est le résultat de la gelée des jeunes pousses ; te gitrv est aussi une altération du bois des branches, causée par les glaces, tous forme de givre, qui s'y attachent.

La cloque se manileste par l'aspect des feuilles qui se plient , se rident et changent de couleur avant la saison. Celle maladie n'attaque souvenlqu'une partie du feuillage, et n'éleod ses symptùmes que sur quelques-unes de* branches.

La difolialion avant la saison de la chute des feuilles peut avoir plusieurs causes; mais il est rare qu'elle ne provienne pas d'une maladie du liber produit l'année où elle a lieu, et qu'elle ne soit pas un symplûmc do défectuosité dans la couche de bois parfait qui doit e» résulter. Il en est de mOmt de \a (ultotHnnie ou phyllomanic, qui cstunc excessive produclion de feuilka il dcï dinin^i-ments dans le régime de la tégétatinn du stljet SV

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lequel elle se manifeste, et qui doit infloer sur les qualités du bois produit

La brûlure des feuilles , des bourgeons et du jeune bois est une nialadie qui parait affecter particulièrement les arbres culliTés en espalier ; elle attaque cependant aussi les arbres forestiers. Elle résulte des ttttis allernatifii du gel et du dégel causé par Faction du soleil ; elle peut aussi être produite par Tatteinte d*un mauvais vent.

La jaunisse n*affecle que les feuilles qui prennent presque subitement une couleur jaune, sans qu*on soit dans la saison âe leur chute.

La rouille s*annonce par une poussière rouge qui se dépose sur la tige et sur les feuilles; le blanc ou meunier se montre sous Tapparence d'une poussière blanche et quelquefois filamenteuse. On présume que Fane et fautre proTiennent de la présence de quelques parasites.

I^es mousses, les lichens^ les champignons, les moisissures sont aussi des végétaux parasites, qui font de grands torts aux arbres.

Les mousses et les lichens sont des piaules qui s'attachent sur Técorce des arbres et les couvrent souvent sur toute leur longueur ; elles paraissent tirer leur nourrilure de Técorce même, et absorbent ainsi une partie de la sève en même temps que leur multiplicité intercepte Faction de l'atmosphère. Elles nuisent certainement au développement des arbres ; la présence de ces plantes est , en général , un signe certain d'une humidité qui fait tort k la qualité du bois.

Les champignons et les agarics s'établissent ordinairement sur le tronc des vieux arbres, près de leur souche; ils annoncent le commencement du dépérissement, et l'on peut être certain qu'ils le hâtent, à cause de Fhumidité qu'ils entretiennent.

La moisissure, qui se montre de la même manière, marque un commencement de pourriture de la souche , d'où résulte une altération dans les produits de la végétation ; elle est souvent un symptôme de la vieillesse des arbres.

D'autres maladies sont occasionnées par des insectes, tels sont les gaUoi, le dépouillemeni, la verminaiion et la vermoulure.

Les galles sont des excroissances et des boursouflures formées par des insectes pour s'y loger, et y déposer les œufs des larves qui doivent s'y nourrir. Il est rare que le corps d'un arbre en soit attaqué. Les galles s'étabKssent de préférence sur les feuilles et le jeune bois des branchages, mais lorsqu'elles se multiplient , elles nuisent à la santé de l'arbre, en gênant le développement des parties sur lesquelles elles se sont propagées, et en les empêchant de concourir aux fonctions végétales auxquelles elles sont destinées. La

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uoix de galle donl on fail un grand usage dans l'iniJuslrie, esl la galle d'un cbénc de l'Asie Mineure ; les taillis Je cbfnc tle nos climats sont souvent garnis de petites galles sphériquos de la grosseur d'une noisette , dans lesquelles on trouve les insectes qui les ont façonnées.

Le tiipouiUemtmt est causé par des chenilks dont les innombrables troupes réduisent tontes les Teuillcs aux squelettes ilc leurs nervures. Ces intectes font un dommage réel, en privantles arbres, pendant une partie de l'été, d'un organe nécessaire au travail de la végétation. Il esl reconnu que, ai le dépouillement a lieu plusieurs années de suite sur les mêmes sujets , ils meurent inrailliblemeul. Les ravages que Tont les chenilles sont, pour la plupart des arbres, plus à redouter que des maladies en apparence trèsgraves. I.c seul moyen qu'on puisse employer pour les prévenir, c'est l'échcnillage; cl l'on ne saurait trop le recommander; il consiste dans la suppression des bouts de branchages qui portentles espèces de nids où sont déposes ses œufs et où naissent les larves d'insecles; on doit les réunir avec soin et les brûler.

La Tvrmination résulte du dép6t que des insectes ailés font de leurs aafa li où les larves qui doivent en naître , trouveront une abondante et facile

On attribue souvent à une cause purement végétale les maladies des arbres, et le plus ordinairement elles sont le résultai de l'attaque de l'une des espécts de ces insectes. Lorsque les mêmes symplOmes de maladie se manifestent sur les individus d'une seule essence dans une forêt, on peut être certain que celle espèce d'épidémie esl l'elTet de la vermination , parce que chique essence d'arbre est attaquée par un genre particulier d'insectes. l'onr les espèces les plus grosses, c'esl dans la souche et les racines que les Urvcs pénétrent. Ellus y lout des trous dont le diamètre augmente i mesure que l'insecte qui les approfondit, croit en grosseur. Dans peu de tentps les principales sources de la vie végétale sont anéanties, et les plus beaux arbres périssent,

Quelquelois, des arbres lout entiers sonl attaqués par une autre espèce d'insectes , qui déposent leurs œufs dans l'êcorce ; les vers, en grandiisant, percent cl rongent le buis jusqu'au cœur; leur multitude peut également causer la mort des sujets sur lesquels ils se sont établis.

Des vers d'une plus petite espèce se creusent des luysux ou galeries sons l'ccorce qu'ils atta'juenl en même temps que le liber; ce^ galeries njonneiil auioor du point ou les insectes mères ont amassé leurs œufs. La cadn dont il a i^lé question plus liant . cl piui-i-lre IVfTel d'un trataîl

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8orte qui donne là forme d'un cadran à la gerçure oecaiîoiinée par le lîde que les ioseclet laissent sons Técorce.

D'autres femelles d*insectes déposent leurs œufs le long daa ebemins qu'elles se frayent dans le liber, et les jeunes lanres suirent des deux côtés des routes perpendiculaires à ces galeries principales que leurs mères eut parcourues. Souvent un arbre attaqué par une multitude innombrable de petits vers, qui se nourrissent sous son écorce, se dessèche et meurt en pet de temps, parce que son liber se trouve entièrement détruit, et aon dépérissement complet découvre le mal alors qu'il est sans remède.

liCS ravages de cette sorte se propagent quelquefois dans les forêts avec une effrayante rapidité, à cause de la prodigieuse fécondité des insectes.

Ce genre de maladie attaque particulièrement les pins, mais il est k redouter aussi pour d'autres essences, telles que le chêne et l'orme. Il a fait, i différentes époques, des ravages incalculables dans la Germanie; on a craint, à diverses reprises, la destruction de forêts entières. Vers 1769, dans le Harlz seulement, le nombre d'arbres que cette maladie a détroits a été évalué à 1,500,000. I^s habitants de ces contrées se trouYèrent menacés d'une ruine totale, par la privation du bois pour l'usage de leurs mines. Les insectes destructeurs des forêts émigrent par essaims, comme les abeilles. Malheur aux pays boisés sur lesquels ils s'abattent ! Les forêts de la Franconie et de la Souabe faillirent être détruites, par suite d'une émigration de ce genre ; mais les insectes périrent heureusement de 1784 i 1789, par l'effet de plusieurs hivers très-rigoureux. On est surpris sans doute que des animaux si petits puissent causer des ravages aussi considérables ; mais l'étonnement cessera dès que l'on considérera que , pendant les désastres dont nous venons de citer des exemples, les vers se multiplièrent tellement que Ton en comptait jusqu'à 80,000 sur un même arbre.

Le moyen d'arrêter les ravages de la verminatiouy notamment celle causée par ces myriades de peliles larves , c'est d'abattre tous les arbres envahis , de les écorcer de suite, et de brûler leur écorce et tous les vers qu'on en a détachés ; mais le mieux serait de prévenir le mal ou du moins ses progrès, en détruisant autant que possible les insectes que l'on peut atteindre avant le temps où les femelles pondent leurs œufs.

Le conseil général du département de la Sarlhe a donné en 1SS3 ao exemple qui mérite d'être partout imilé, en votant un fonds de 6,000 fr. pour la deslruclion des insectes. Il a rendu un éminent service à l'agrienlturc, et l'expérience prouve déjà quelle est l'utilité d'une pareille allocatioB qui parait , au premier aperçu , dépasser l'importance de son otijet. Uw

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