‹ Traité de l'art de la charpenterieChapitre 24 sur 159 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

$onlcl«s signes également certains qu'il est reslé dniis quelque lien humide, qu'il recèle quelque vice intérieur, ut que son bois a subi quelque détério-

Dn arbre soupçonne de quelques dtïfectnosilës dans sou bois, doit Cm ' emminé avec soin et sondé , avanl dVtrc équarri.

Lorsqu'un arbre csl abattu ut encore enveloppe de son Écorce, à moina ^ d'une grande babitude qui ne se trouve que chez les cultivateurs Torestiera et les ouvriers qui exploitent les bois et les Iravatlleot dans les foréls pour leséqnarrir et les scier, il est Tort difficile de prévoir les qualités elles défauts dont les pièces qu'on en veut tirer seront afTectces. Ce n'est , pour des yeui peu exercés à ce genre de connaissance, que lorsque les bois sont équarris et même débités, qu'un jugemcjit certain peut éire porté, l.es charpentiers qui tirent leurs bois du commerce sont dans ce cas, et c'est pour cette raison que nous allons entrer dans quelques détails sur les qualités des bots de cbarpenle.

Les qualités principales des bois de construction sont la dureté , l'unirormité de leur substance , la rectitude de leurs Tibrcs , l'clasticilé. Lorsque les Itois sont récemment abattus et équarris, leur bonne qualité se reconnaît, surtout pour les bois durs tels que le chêne, Je châtaignier et l'orme, à une odeur fratcbe et agréable qui s'en exhale , odeur Tort difTérente de celle des bois, quoique fraîchement coupés, qui commencent à s'écbaulTer et qui oui une disposition à la comipti'in et, par suite, à la pourriture, lorsque lu bois sont abattus depuis plusieurs années , s'ils sont secs et sains ils ne donnent presqoc aucune odeur, excepté les bois résineux qui donnent pendant très-longtemps celle de leur résine. On renouvelle la vivacité de l'odeur d> bois, en enlevant quelques copeaux minces de sa surface. Le bois sec et sain est solide et tenace , sonore et élastique. Il devient mou et sourd dfrs qu'il est mort ou vicié par la pourriture, et si on le mouille il en sort une mauvaise odeur.

La bonne qualité du bois, abstraction faite desdélérioralions partielles et des vices accidentels de quelques-unes de ses parties , se reconnaît encoiv aisément à la couleur uniforme et foncée qui est propre à son espèce. Dès qu'elle varie du cisur i ta circonférence, et surtout lorsqu'elle s'éclaircil subilemonl ou même trop rapidement avanl la limite de l'aubier , on pcui ctrc assuré que le bois a souflerl quelque maladie. Une eiatnen scrupulcu\ doit suivre cette obsenalion. et si la pièce examinée donne signe d'une disposition à une détérioration quelconque ■ elle doit éire rejetée des coriiiructions pour peu qu'on attache de prix à leur durée.

On doit rejeter des travaoi Vaubier êimple, le daubU oMêt ^ letlwîf rabougrie j rebourê ruêtiquês et à fibres inégalée; les bois mmeuMf les bois gélife eimpleMy ceux à gélivures entrelardéee ; les bois gercée, /btuhtê, roulée et (ardus; les bois en retour, éduiuffês, brûlés , passés, piqués, vermumlus, cariés, pourris et morts,

Vat^ier n^est pas un vice proprement dît , puisque , comme nous TaTons d^à va y le bois passe par Tétat d*aabier avant d*étre bois parlait* Cest donc an état du bois qui est inévitable. Tous les arbres , suivant leor es[}èce , ont un aabier plus ou moins épais dont il est indispensable de débarrasser le bois parfait le plus tôt possible, après que l'arbre est abattu, parce qœ Taubier étant la partie incomplète du bois qui n*a point été imprégnée de toutes les parties constitutives du bois parfait, sa sabstaooe est spongieuse, plus capable de retenir Thumidité que le bois partait* Il est siyetà une très rapide pourriture, et il transmet très-facilement aux pièces avec lesquelles il se trouve en contact , le germe de cette maladie si fonesle aux ouvrages en bois. Aussi doitM>n enlever l'aubier non-seulement des bois que Ton met en œuvre, mais aussi de ceux qu*on veut conserver en approvisionnement»

L*aubier est très-distinct dans les bois durs tels que le cbéne el rorme; il est à peine sensible dans les bois exotiques les plus durs , et souvent Ton ne peut pas le distinguer dans nos bois blancs tels que le peuplier, le saule, le tilleul.

Le double aubier est on des plus grands défauts que puisse présenter oae pièce de bois. Heureusement ce vice est fort rare, il consiste en deux couches d*aubier séparées par une couche de bois parfait. Ainsi , lorsqu'un arbre atteint de ce vice est coupé perpendiculairement à ses fibres , on voit sousTécorce une couche circulaire d*aubier; sous cette couche plusiean cercles annuels de bois parfait , puis une seconde couche d'aubier , et enin tout rintérieur de Tarbre en bois parfait. Ce vice est fort grave , attenda que Taubier de la seconde couche doit être enlevé aussi soigneusement que celui de la première, ce qui occasionne une grande perte de boit, et rédak considérablement les dimensions de la pièce qu'on se proposait de tirer d'un corps d'arbre avant qu'il fût abattu. La réduction de l'éqnarriasage peut être telle qu'on soit dans la nécessité de renoncer à tirer parti d*un tel arbre pour la charpenterie.

Le bois rustique, rebours et noueux est un bois dont les fibres, an lien d'être droites, sont comme ondulées, tordues, tressées et nouées les unes avec les autres; ce vice rend le travail fort difiicile et rebutant , parée que

Page 1