CHAPITRE II
le m se présenle en lotis sens et souvent au reboars Ja tr. til , Iclkmcnt que le bois s'arrache au lieu de se laisser couper. Les pièce* lie bois aiïuclées de l'un de ces dér»u(s. sont rarement de grande dimension ; onlei emploie seul em en I dans quelques parties de lacharpenterie de machines où elles sont utiles à cause de la ténacité de leurs fibres. On doit les rejeter des autres constructions, tant i cause de la difficulté de les façonner que, parce que leur bois litant plus compacte, il ajouterait aux cbarpenlei un poids nuisible, et qu'il s'en Faudrait d'ailleurs de beaucoup que leur risisiHrtce fût en proportion avec leur pesanteur, et le lrivailqu*dlcs occa* sionneraient. Ces bois peuvent ëire employés sans inconvénients, dans les constructions hydrauliques, et notamment sous l'eau.
Vinègalili trop grande dans la répartition des fibre» d'une pièce de boil est un vice asseï grave ; car la résistance des Gbres qui sont serrées est pini grande, dans quelque sens qu'on l'emploie, que cclledcs Qbres très-écarLécs. 8i l'on tenait rigoureusement è n'employer que des pièces qui n'auraient que des fibres sinon également serrées, au moins régulièrement ou symétriquement réparties, un courrait risque de n'en trouver qu'un trop petit nombre, parce qu'une fouie de causes iiiOueul, pendant la végétation, sur la distribution des fibres. D'ailleurs, la forme conique de la tige des arbres •'oppose i une parfaite égalité dans la force dos fibres; il ne faut doue, lorsque le bois est d'ailleurs d'une bonne qualité, tenir k celle condition qu'autant qu'elle est d'une grande niilité et ne chercher qu'à s'en approcher le plus possible , dans le choix des pièces qui ont à remplir des fonctions pour lesquelles cette égalité serait le terme de la pL'rfectiun. Il est souvenl possible de faire tourner l'inégalité de répartition des fibres au profil de la solidité des constructions, en employant les pièces dans les situations qui leur cooriennent le mieux.
Les bois noueux sont vicieux , attendu que les n<Buds interrompent la rectitude des fibres ligneuses, qui fait la force d'une pièce de bois. Les nœuds sont les prolongemenls des branches A travers du bois parfait depuis lec points où elles ont commencé à se former; ces nœuds augmentent de grosseur, à mesure que de nouvelles couches végétales les enveloppent en même temps que le tronc. Si les branchages ont crû avec l'arbre jusqu'au moment de son exploitation , les nœuds sont formés de bois parfait; ils se trouvent iatimement liés au corps de l'arbre ; les Qbres du ■•)-
lemcnl détournées de la direction générale, et le* nuisent peu. Hais si la brandie qui a donné \ par une cause quelconque , u'-iy^int que p«
que son accroîsseraent aTait formé se trouve souvent renfermé dans le nouveau bois qui l'a recouvert , et il peut être une cause de détérioration parée qu^ordinairemenl ce nœud meurt, quoiqu'il se trouve enveloppé par le nouveau bois ; et s*il est atteint d'humidité , il devient un centre de pourriture, qui se propage dans le reste du bois. Il est donc prudent de sonder les nœuds, d'en extirper tout le bois mort , et même de lever à la scie toute l'épaisseur du bois qui en est traversé. En général , pour les essences de nos forêts , la multiplicité des nœuds sur une pièce de bois annonce qu*elie provient plutôt des branches que du tronc de l'arbre.
Le bois gélif est produit par les gelées pendant les rudes hivers. Nous avons déjà parlé de la cause de la gélivure; il nous suffira d'ajouter que le bois gélif est regardé comme très-vicié; d'abord, parce que l'adhésion latérale de ses fibres est détruite ou au moins fort altérée , ce qui diminue sa force ; en second lieu , parce que de grandes parties de bois se détachent souvent pendant le travail des places où Ton aurait voulu le conserver , et enfin , parce que ses nombreuses petites fentes retiennent l'humidité el peuvent donner lieu à la pourriture.
Le hùiê gélif entrelardé est un mélange de parties d'aubier gelé ou mort et de bois sain et vif; le tout entremêlé de fent^ nombreuses. Il est aisé à reconnaître par une sorte de marbrure qui se découvre en le coupant. Le bon bois enveloppe la partie viciée qui occupe quelquefois le quart de la partie du tronc que la gélivure a attaquée. Le mélange du bois mort et do bon bois a lieu souvent par très-petites parties. Ce vice, qui doit faire rejeter une pièce de bois des travaux, résulte, comme nous l'avons déjà dit, de plusieurs fortes gelées et de dégels survenus successivement.
Les bois gercée sont ceux qui présentent de nombreuses ruptures des fibres perpendiculairement à leur longueur ; ce défaut vient souvent de hâle et d'un dessèchement subit de la surface. Lorsqu'au-dessous des gerçures qui ne pénètrent que peu profondément, le bois est sain et présente tous les symptômes d'une bonne qualité , on peut l'admettre pour les travaux. Mais si les gerçures sont profondes et que les petits éclats qui eo résultent soient mous, il est à craindre que le bois soit passé, qu'il provienne d*un arbre sur le retour ; c'est le cas de l'examiner avec soin, et dans le doute il est prudent de le rejeter de la construction des charpentes.
Le bois fendu présente de longues fissures dans le sens du fil , qui pénètrent profondément , et vont quelquefois jusqu'au cœur ; ces fentes proviennent d'une dessiccation trop rapide. Quelques personnes prétendentqae cela vient de la bonne qualité du bois et prouve sa force ; c'est une errear,
CUAPITBË II.
mbreuscs , et
mpler sur une i i elle n'était pu
car les bois mous se ft^ndciit également. La désunion d'une partie des Tibrca d'une pièce de bois nuit ceruinemcnt à sa force ; elle tend à partager une piér^ en plusieurs partii-s qai ne peuvenL avoir en somme ta même force que la pièce entière. Ce n'est pas, du reste, une raîsun pour faire rejeter les pièces fendnes. Lorsque ce «ice ne les affecte que légèrement, on peut les employer dans leur entier , en disposant d'ailleurs les principales fentes de telle sorte qu'elles nuisent le moins possible â leur force. Lorsque let fentes sont profondes et trop nombreuses, cl qu'elles altèrenl d'une manière trop considérable les pièces de bois , il faut refendre ces pièces ; et pour eu tirer le meilleur parti on fait passer les traits de scie précisément par les principales fentes. Les pièces de petit équarrissngc qu'on en tire sont ordinairement d'une très-bonne qualité , parce que lorsque les fentes sont assez grandes pour déterminer un Ici parti, elles sont peu n le bois des pièces débitées n'est pas fendu et est très-serré.
Ce vice est, au surplus , un avertissemeot de ne pas co résistance égale à celle qu'aurait une pièce de bois i fendue,
1^ buis roulé ne doit pas se rencontrer dans le commerce des bois de charpente, atLeadu que, lorsqu'on abat un arbre qui donne dans une de ses sections perpendiculaires au fil du bois le moindre signe de ce vice , il doit être abandonné au cliaulTage, ii moins qu'il y ait possibilité, dans l'équarrissemenl ou dans le débit â la scie , de supprimer tout le bois qui serait roulé ou qui st'rail sur tes mêmes fibres , parce que la roulure s'étend «outcnt fort longuement quoiqu'elle cesse d'être sensible i la vue.
Les bois tordiu doivent également être rcjetés comme vicieui, parce que leurs libres ne se dirigeant point en ligne droite , elles sont plusieurs fois coupées par les plans d'équarrissemcnt , et qu'on ne peut y faire aucune coupe suivant le (il du bois , disirasilion qui est une des conditions de U solidité des assemblages.
Le bois en retour provient d'arbres qui étaient eux-mêmes en retour lorsqu'on les a abattus. C'est un principe de dépérissement qui commence lorsque l'arbre est sur pied , et qui continue oïdinai renient après qu'il est abattu et même mis en œuvre. Quoique le bois en retour ne donne pas de signes bien certains de mauvaise qualité , et qu'il soit dilficite de le dislin guer, dès qu'une pièce de bois est soupoonnée d'élre atteinte do ce vice, il est prudeut de la rejeter des travaui , parce qu'il est certain qu'elle n'aura ni la même force ni la même durée qu'une pièce d'ailleurs égale en tout, mais tirée d'un arbre aliatln en pleine viguctir.
Le bois en retour s*annoDce, lorsqu'il est sec, par uœ maltitude de petites fentes et gerçares en* travers des ûbres sur les faces d*éqaarrisseiiieiit des pièces , par ane apparence terne lorsqa*on le coupe. L'aflaiblissemeoC de la bonne odeor da boia est également un signe de retour dans celui fraîchement abattu.
Le bois paué est (larvenu k un degré de détérioration plus marqué que le retour ; il n*a plus de ténacité et ne peut supporter les assemblages de la charpenterie.
Le bois mari sur pied doit être rejeté de tout travail. S*il a encore quelque ténacité quand Tarbre vient d'être abattu, ce qui est rare, il est certain qu'en peu de temps il tombera en poussière.
Le bois échauffé ou brûié doit être rigoureusement exclu de tout travail, et avec d'autant plus de scrupule que c'est un commencement de pourriture qui provient de ce que le bois s'est trouvé placé dans un lien qui n'a pas permis à sa sève de se sécher , et qui a favorisé sa fermentation qui ne cesse que lorsque la pourriture est complète.
Il est d*autant plus important de rejeter des travaux les pièces échanflKes, que ce vice capital se propage rapidement , et se communique aux pièces saines qui se trouvent en contact avec celles qui en sont atteintes, et qu'il entraîne leur détérioration.
L'on ne doit point se contenter de faire enlever à la hache les parties échauffées que l'on reconnaft sur une pièce de bois qui ne paraît pas entièrement viciée , parce qu'il y a impossibilité d'apprécier la limite du bois corrompu , et que non-seulement il est à craindre de laisser quelque germe de détérioration ; mais qu*il est probable que toute la pièce est atteinte d'un commencement d'échauffement, peut-être imperceptible, qui ne peut manquer néanmoins de faire des progrès malgré qu'on aurait enlevé le bois ie plus vicié.
Le bois brûlé ne diffère du bois échauffé qu'en ce qu'il a atteint un degré de plus de détérioration dont le terme est la réduction en poussière flne. Les bois arrivés à ces divers degrés de détérioration sont ordinaire* ment attaqués aussi de la vermoulure,
Ija pourriture est le dernier degré de détérioration du bois; c'est une décomposition de la matière ligneuse qui résulte des alternatives de sécheresse et d'humidité. Quelquefois même l'une ou l'autre soflSt pour la déterminer; la chaleur suffit lorsque le bois se trouve privé d'air avant d'être parvenu à une siccité parfaite. L'humidité seule détermine aussi la pourriture, lorsqu'elle est assez abondante pour amollir la sève et développer sa fermentatioo.
La vermoulurt téiuhe du travail de pelils vers qui nai'sseiil d'isufs iiilrodoits, cumme nous l'avons déjà dit , dans le bois ; mais les espèces qui attaquent Ifs bois atiattus et équarris ou mis en teurre ne sont pas les mêmes que celles qui se nourrissent du bois des arbres sur pied. Elles pénètrent dans le bois et le vermoulcnt près de sa surrace sans la dclcriorer, si ce n'est par les trous que laissent les insectes parfaits pour s'échapper el ïoIlt déposer leurs œufs dans d'autres bois. Il est à remarquer au surplus que la Tcrmoulure n'a lieu que sur des bois ou très-vieux ou qui ont subi un commencement de dclcrioration , parce que les insectes ont plus de facilité pour les piquer et loger leurs œufs; elle est plulùt une consèqucuce du mauvais état du bois qu'une maladie particulière. Les premières marques de vermoulure sont des signes certains que k substance du bois est viciée.
La caria , dont nous avons déji parlé , attaque aussi bien les arbres sur pied que les bois conservés dans les chantiers d'approvisionnement et ceui rais en œuvre ; mais la carie lérhe paraît être particulière à ceux-ci. Elle >c manifeste à la surface des bots de charpente par des excroissances végétales, telles que les agarics, les champignons el les vesscs-de-loup. Cette maladie parait avoir été connue très-anciennement ; elle était désignée sous le nom de lèpre des maiton» : sa dénomination de caria iiche ne paraît dater que d'une trentaine d'années, époque oi^ elle fit quelques ravages, notamment dans les arsenaux de la marine anglaise (1), et jeta l'alarme dans ceux des autres pays.
La carie tèche est une sorte de pourriture; on a cru qu'elle était prodnitc par la végétation des parasites que nous venons de nommer ; elle se communique et s'étend rapidement , peut-être par l'effet de leur multiplication; mais il est probable qu'une certaine disposition du bois, un commencement d'échaulfcincnl , se prêle au développement de celle lèpre. Nom aurons occasion d'en parler encore au sujet de la conservation des bois.
Les boismiscn œuvre sont sujets à élre attaqués des mêmes maladies que eeni conservés en magasin, el, souvent même, les vices qui se manifestent dans les bois mis eu œuvre ne sont que le développement de ceux qu'ils avaient contractés avant que l'outil du charpentier les eût façonnés. On coot^oit donc qu'on ne saurait être trop scrupuleux sur le choix des bois
qa'oQ admet pour (aire partie des coostractioas ; et si , par malheur , qatAqaes pièces vicieuses ont échappé à rinvestigation qui doit précéder la mise en chantier , ou si quelque détérioration se déclare dans quelques pièces d*une construction , on doit se hâler de procéder à leur remplacement. Je ferai remarquer à cet égard qu'une charpente d*une grande importance par son étendue et la dépense de sa construction serait parfaite, si, en outre des conditions imposées pour le but qu'elle doit remplir , elle présentait toute facilité pour le remplacement de l'une quelconque de ses pièces, qui viendrait à manifester des détériorations capables de compromettre la solidité de la construction et la conservation des autres bois.
Les bois conservés en approvisionnement et ceux mis en œuvre sont depuis nombre d'années attaqués, à Rochefort , par un insecte qui parait y avoir été apporté dans des bois de construction par un bâtiment venu d'Afrique oà ce même insecte exerce les plus grands ravages. Il est connu sons le nom ùe termite, il vit en société organisée à peu près comme celle des fourmis (1), il forme des nids d'où il dirige de petites galeries maçonnées , même sur les murailles des édifices , pour atteindre les boiseries et les charpentes, et s'y loger. I^es termiiee dévorent l'intérieur du bois qu'ils réduisent en poussière , ils ne laissent qu'un épiderme qui conserve Tapparence entière de leur surface , et les fibres nécessaires au soutien de leur travail, qu'ils n'abandonnent que lorsqu'il n'y a plus de pâture; mais,eo très-peu de jours la destruction totale du dedans des plus fortes pièces est opérée avant qu'on ait pu s'en apercevoir ; elle ne se manifeste que par leur rupture. On sera moins étonné d'une dévastation si rapide lorsqu'on saura que les femelles de ces petits insectes pondent jusqu'à quatre -vingt milljB œufs en vingt-quatre heures, et que par conséquent les termites doivent être innombrables dans leurs nids et dans les pièces de bois qu'ils ont attaquées.
Les bois de construction ont à redouter encore deux autres ennemis, lorsqu'ils sont constamment baignés par la mer. Ils sont attaqués par les vers taretê et les phoUuies, Le frai de ces mollusques est transporté par l'eia de mer, il s'attache à tous les bois qu'il rencontre. Chaque petit iaret s'insinue en faisant un imperceptible trou ; sa tête armée d'une sorte de casque composé de deux valves ou coquilles très-dures en forme de tarières , loi
(i) Let iêrmiies soot auMÏ appelés termes, fourmis blanches, poux de bois, vagvaguss, carias.