‹ Traité de l'art de la charpenterieChapitre 26 sur 159 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

sert i ronger lo boU ; le trou s'sgrandil à mesure que le ver sugmonle do volume, il Torme ainsi un lubo qu'il t;arnil d'un cnduil ^calcaire qui l'a fail nùmmec ver à lu^au, et il parcourt le bois depuis le tiiv eau du Tund jusqu'à celai de l'eau. Dans une pitce verticale, dam un pieu par exemple, cbaque taret monte el descend suivant le fil du bois, sans oiïeaser la surface et sans DUtre & l'innombrable quantité d'individus de son espèce qui rongent en mime temps que lui ; il ne termine son travail et sa vie que lorsqu'il ue reste plus rien à détruire entre les niveaux dont nous venons de parler qui sont les limites de ses ravages.

Cn an sulEt pour qu'un pieu de S à 6 pouces de diamètre wit complélement ruiné entre ces deux limites; en deux années les plus grosses pièces sont hors de service. Les plus petits bois de lascinage ne sont pas i l'abri du ravage de ces vers. Ce sont eux qui sont si funestes aux digues de la Hollande et cn général a tous les travaux en bois qu'on fail à la mer.

Les pholades sont des coquillages. Cbaque pholade est contenue dans dtnt valves principales dont le mouvement lui sert à approfondir sa loge et i l'élargir à mesure qu'elle augmente cn grosseur. Les pholailcs attaquent le bois plus rarement que les larcts, leur travail vst aussi plus lent, mais il n'est pas moins pernicieux pour les bots auxquels elles s'attachent (I).

S. Qvalité» de» bois propret aux tracaux.

On doit conclure do tout ce qui précède, que les pièces do cbarpcnte, ponr être admises dans une construction importante, indépcndarnmeat des dimensions qui leur sont nécessaires pour l'emploi qu'on veut en faire, doivent être de bonne qualité , cn bois sec, saiti et parfait, abattu an moins depuis trois ans. provenant d'un bon sol el d'arbres coupés eu bonne saison. Elles doivent être de droit Gl ; leur rectitude ne doit pas résulter du travail de la hache ou de la scie, mais bien de celle de leurs fibres, qui doivent d'ailleara être lisses, sans ondulations ni tresses, et qui ne doivent être ni déviées, ni interrompues par de mauvais nœuds ni aucune fracture quelconqua. Les bois qu'on vent employer dans les charpentes doivent être surUnt

« loB'ut ■<"" *!■■» lo rochei J«i cAti» el iliru le> |iivrre< ■!« c< Celle ipjdfijs Htu \e orna de phaf»! puillla qni halMte Ici iMn

exempts des maladies et détériorations qui ont été préeédeoimeDt signalées.

Les vices do bois affectent les formes des pièces et la disposition de leurs fibres, on ils détériorent la substance ligneuse.

Les vices de la première espèce n'ont d'importance le plus souvent que sous le rapport du travail ou des fonctions que l'on veut faire remplir au pièces. L'on peut dans quelques cas employer ces pièces lorsqu'il n'en résulte pas de grands inconvénients , et lorsque l'emploi qu'on Teat en faire permet de les réduire à de plus petites dimensions par la suppression des parties difformes ; quelquefois même certaines difformités s'^ustent an besoin du travail. Les pièces courbes sont dans ce cas , et elles sont souvent recherchées et préférées avec raison à celles auxquelles il faudrait donner artificiellement diverses courbures.

Quant aux vices qui attaquent la qualité du bois et qui peuTent influer sur sa conservation , aucune considération ne peut déterminer à admettre les pièces qui en sont affectées dans les travaux qui ont de l'importance ni même dans les travaux les plus ordinaires. Il est toujours mal entendu de s'exposer aux suites que les vices du bois peuvent avoir ; et réconomie da moment ne peut compenser les risques auxquels on s'expose pour l'avenir.

Parmi les vices de qualité qui affectent seulement quelques parties d'une pièce de bois , il en est pour lesquels on peut se contenter de supprimer ces parties. Le bois de charpente étant une matière précieuse, surtout lorsqu'il est sous de fortes dimensions, plutôt que de rejeter une belle pièce parce qu'elle est affectée de quelque vice local , dont la suppression est facile et assure la conservation de la partie saine , on peut enlever la partie viciée ; mais au lieu de la faire sauter en éclats avec la hache , il est mieux de la séparer à la scie afin d'en tirer parti. Ainsi, par exemple, l'aubier qui doit être rejeté des constructions définitives et durables, peut être utilisé dans des travaux provisoires pour lesquels il est inutile de consommer des bois de bonne qualité , et lorsqu'on doit équarrir une pièce en grume dans les chantiers, il y avantage d*enlever l'aubier en faisant l'équarrissement à la scie. Il en est de même de quelques vices locaux qui peuvent n'atteindre le bois qu'à peu de profondeur, comme les nœuds morts. Ces vicee doivent être sondés pour s'assurer jusqu'où ils pénètrent, et juger jusqu'à quel point il convient d'admettre ou de rejeter les bois qui en sont affectés. Pour sonder ces vices, on emploie la tarière, la hache, la besaigué, le ciseau, le bédane, et l'on extirpe tout le bois vicié en suivant les contours qu'il affecte.

L'on peut alors mesurer la profondeur du mal et la moindre épaisseur

Page 1