CHAPITRE ni
EXPLOITATION, ÉQUAJUtlSSBMEEIT ET DÉSIT DES BOIS DE CBARPBKTE.
< Exploitation.
Les (lifTcrcnU modes de reproduction des arbres délerminenl les tlifTcrenls sjslèmei d'exploilalion et d'am^nagcmenL des forêts , et mime des arbres plantes isolément et on alignement.
L'eiptoitatiuH se fait par coupes générales, par éclaîrcics ou par coupes réglées, suivant que les foréls sont en futaies ou en taillis, et qu'elles ont atteint en tolalilé ou dans quelques-unes de leurs parties, ou pour quelques sujets seulement, le maximum qu'on peut espérer de leur végétation.
Dans l'eiploilatjon par coupe totale ou générale d'une forêt , tous les arbres, sans djstiiiciion de force, sont abattus. On commence à la lisière de la forêt et à proximité des routes qui la traversent; l'on opère avec le plus grand ordre pour ne point faire d'encombrements qui gêneraient l'ciploitalion et obstrueraient les issues. L'un procède de diiïéreules manières, selon le but qu'on se propose. Ainsi , lorsqu'on veut détruire complélcmcnt la forêt et défricher le sol pour le liTter k un autre genre de culture , on arrache jusques aux racines , et pour certaines espèces d'arbres , on a soin de n'en laisser aucune , même des plus petites ; tandis que si l'on veut convertir les futaies en coupes réglées et taillis , on coupe les arbres près de terre et au-dessus du collet qui sépare la tige de la souche qui reste en terre, et qui doit produire le nouveau buis, comme nous l'avons décrit précëdem-
Dans la coupe pnr écUircic«, on se contente d'abattre seulement les arbres qui ont atteint le terme de la croissance utile , ou que l'on regarde comme suffisante pour l'usage auquel on les destine.
Dans l 'ex pi oi talion en taillis qui se tait par coupes réglées, ainsi nommées parce qu'on les renouvelle au bout d'un certain nombre d'aouées, on coupe tout le bois, à moins qu'il y ait lieu de réserver ci et là sur les souches, les
plus belles poasses pour former ce qae Ton appelle ûesbaliveaus, Lescoapes réglées se font toas les cinq oo sept ans , jamais aa delà de Yingi-cioq oa trente. Une forél exploitée en coope réglée est ordinaireitient partagée eo quartiers , de façon que chaque année il y ait à effectuer la coope du bob . d*un certain nombre de ces quartiers, et que tous les quartiers soient coupés k leur tour.
La coope ou l'abalage des arbres peut être fait de plusieurs manières :
1« On abat un arbre avec sa souche séparée des racines;
2<> On arrache un arbre avec sa souche et toutes ses racines ;
3<* On coupe un arbre au-dessus de sa souche à coups de hache ou à la scie , soit qu*on ait intention d*arracher la souche ou de la laisser pour la production du taillis.
Pour pratiquer la première méthode , on déblaye la terre «otoor de la souche de Tarbre qu*on veut abattre, asseï profondément pour qu'on puisse couper avec la hache toutes les racines qui la retiennent ; les terres déblayées sont jetées tout autour de Texcavation; après que les racines sont coupées à la hache ou à la scie , suivant que cela est plus commode, Farbre est couché du côté oà il doit faire le moins de dégâls sur les arbres vcnains. Cest aa moyen de cordages qu'on le fait tomber et qu'on dirige sa chute ; il eolèfe avec lui sa souche en tombant. Lorsqu'on peut faire un déblai suffisant, il j a avantage de temps à couper les racines avec une scie. L'arbre élaoC abattu , on rejette la terre dans le trou laissé par la souche pour s'en débirasser et pour qu'elle ne gène point les excavations qu'il est nécessaire de faire pour dégager les racines.
On abat aussi les arbres en les pivotant, ce qui ne peut s'appliquer qu'aox espèces qui ont un pivot ou grosse racine qui s'enfonce verticalement dans la terre et très-profondément; pour cela on ne déblaye autour de la souche que jusqu'à la profondeur nécessaire pour couper les racines latérales » de telle sorte que l'arbre ne soit retenu verticalement que sur son pivot ; passant alors au-dessous de la souche des chaînes ou de très-forts cordages, oa agit dans une direction verticale au moyen de crics et de leviers ponr exti^ per le pivot ; puis on couche l'arbre à terre, comme nous venons de le dire. La méthode de pivoter est avantageuse lorsqu-on veut substituer un tullis à une futaie des espèces d'arbres qui poussent des jets sur les racines laissées en terre, parce qu'alors le sol est débarrassé des vieilles souches qui ne foor nissent que des sujets languissants; elles sont remplacée par des racines qui présentent plus de développement, qui sont plus vigoureuses et dooneot par conséquent des taillis plus touffus et plus forts.