CHAPITRE in
|iour enfoncer la scio à mesure qu'elle agit. Kn couiliinl le lorier , le plan Je la srie peut i^lre horiionlaU el les ouvriers ne ïoiil pas dans une position incommode (1).
Ix)rsqu'fin conpv lei arbres à la scie el qu'on veut conserver les souche» pour priMluiredes taillis, il faut polir la coupe h rhcrminetle; il serait bon inénie de lui donner une légère pente par la potition <ie la scie, afin de Taciiiler l'écoulement de l'eau.
Nous avon» rail remarquer que lorsqu'on abat un arbre, on fait chois , arant de procéder, du cùtc sur lequel on doit le Taire tomber. Son inclinaison naturelle, la disposition de ses branches , sa situation par rapport aui arbres voisins, et la facilité de l'extraction déterminent ce choix . pour qn'il n'en résulte que le moindre dégit possible. Si quelque circonstance déterminait sa chute du cùtc d'une de ses propres branches qu'on devrait utiliser pour la cbarpenteric, et dont la rupture pourrait endommager le tronc ou vicier la branche , on doit la séparer d'abord à la hache ou à la scie en la soutenant avec des cordages attachés i d'autres branche», ou i des arbres voisins, vu qu'on ne saurait prendre trop de précautions pour ménager les bois qu'on exploite.
Hasicnfrali fait remarquer que la méthode d'arrachement coûte do nie fois plus que la coupe à ta hache ; que l'arrachement en faisant pivoter ne coûte que le double ; et que par l'une et l'autre méthode on gugnc beaucoup tUT la longueur de l'arbre: cette augmentation de longueur a quelquefois une râleur qui est 13 ■ 18 fois celle de raugmeolalion delà dépense pour pivoter. La méthode par arrachement doit toujours être préférée toutes les fois qu'il s'agit de défricher, vu qu'il importe dans ce cas de profiter de la plus grande longueur des arbres, et qu'on n'a aucun ménagement à prendre pour la reproduction.
Les arbres isolés dans les champs, on en quinconce, ceux des plantations d'agrément ou d'alignement el des routes, sont toujours arrachés avec leurs souches et racines , parce qu'on les remplace par d'aulres arbres élevés en pcpiniÈros.
Dans quelques provinces, on exploite en hauts taillis, ou taillis sur hautes liges. Les corps d'arbres sont coupés encore jeunes à la hauteur d'un mètre et demi environ au-dessus du soi, et de nombreux jets gHiussenl à celle hauteur i \via prés comme sur dos souches coupéoi à rase terre ; on les exploite
comme les autres taillis par coopes réglées ; on peat même y résenrer des baliveaoz. I^es corps d*arbres sar lesquels poussent les haots taillis ne sont point propres aux travaux, parce que leur bois est toujours Wcié : les infiltrations de la ploie , occasionnées par les rugosités sans nombre que la coupe des taillis laisse sur leurs télés, décomposent et pourrissent le cœur, et ces corps d*arbre8 sont presque toujours creux ; ce qui confirme que la Tégétation n*a lieu que sur la circonférence, par l'accroissement da liber et de (,*aubier.
9^ Époque de Viibaiage des arbree.
Une question fort importante sur laquelle les naturalistes, aossi bien que les culti?atedrs forestiers et les constructeurs , ne sont pas d'accord , c'est de savoir l'âge auquel il faut abattre les arbres, et même l'époque de l'année qui convient le mieux pour les couper. Duhamel pense que la pourriture affecte les bois , quelle que soit la saison dans laquelle ils ont été abattus. 11 observe qu'en Italie on coupe les bois en été , et que cependant ils sont d'une très-longue durée. On les coupe dans la même saison en Espagne. On ne peut pas cependant tirer une règle de ces exemples , va que l'Italie et TEspagne ont un climat particulier qui permet une prompte dessiccation de la sève. Hartig , savant forestier allemand , est d'un avis contraire : il se prononce fortement contre la coupe faite en été ou au printemps. On rapporte cependant que le grand-père de Benjamin Pooz del'ÉMitde Massachusetts , qui avait toujours fait couper les bois dans le déclin de li lune de mars, fut averti en 1812 par un ouvrier intelligent, que s'il voulait attendre, pour couper, le mois de juin, le bois serait plus difficile à travailler; mais que les objets de charronnage construits avec, seraient plus solides et de plus longue durée , ce que l'expérience confirma. D'autres expériences
faites par Joseph Coopez, fermier des bords de la Delaware, paraissent venir â l'appui de cette opinion. Des bois abattus par des soldats anglais en mai 1778, furent employés immédiatement en poteaux et barrières. L'hiver suivant, au déclin de la lune de février, Coopez fit abattre plusieurs chênes de la même espèk^e et les convertit également en poteaux. Il observa que les clôtures construites avec les bois abattus au mois de mai étaient en boa état au bout de 22 ans , tandis que celles construites avec les bois abattus en février s'étaient trouvées entièrement vermoulues au bout de 12 ans. 11 parait résulter des expériences du D. Rainn de Tarand près Dresde, qu'il j a dans l'année une époque où les fibres des arbres parviennent à leur plos
CHAI'ITRE 111.
gnodeilurclé. Il pense que la coupe du bois iluilËlrG Taile â l'époque du plus haut degré de développement de la végélaiion, pour Dresde, » la fin da mois de mai ou aucommi^neemenl du mois de juin ; d'après cela, il conseille de laisser après la coupe, les arbres par terre avec leurs branches et leur* feuilles, afin qu'elles attirent à elles toute la sève qui est restée dans le tronc. 11 est â remarqner que celle 'méthode ne pourrait élrc pratiquée dans DOC grande exploitation ; cnr les arbres et leurs branches se trouveraient (ellemeni entrelacées que l'exlraclion des arbres pour la charpenterie deviendrait fart dispendieuse.
J'ai eu occasion d'employer des bois de cbéne abattus en France pendant les étés de 1813 et de 1814. Au bout de trois ans, ces Imis s'étaient trouvés dans un état d'échnuiïemenl tel qu'il avait été impossible de les utiliser pour des constructions stables ; Us moins détériorés d'entre eux ne purent servir que pour des travaux provisoires, des échafaudages, des pilots et des palplanches pour balardeaux d'épuisement.
En dernier résultat , le meilleur parti est de continuer i suivre les habi' pays où leur long usage en a démontré l'eUîcais climats les bois abattus, sinon en hiver, au é de monter, c'est-à-dire après la chute des ommencent à se montrer, sont bons, et d'une nus constructions . les mieux conservées, ont certainement été exécutées avec des bois coupés à la mémcépoqoc de l'année que nous choisissons encore aujourd'hui , et qui nous a été indiquée par les traditions les plus anciennes; vu que le^ bûcherons n'ont Jamais été gens à se laisser scduire par des innovations ; et la saison qui suit la chute des feuilles a toujours été celle de la coupe des bois, Uaiis les exploitations , il y aurait imprudence à attendre plus tard , m qu'il est indispensable que l'opération de l'abalagc soit terminée avant le retoar de l'ascension de la sève. Cette époque de l'année cadre merveilleusement d'ailleurs avec les autres occupations de l'homme de campagne; car elle permet, pour la coupe des bois. les premières façons qu'on leur donne, et, pour leur transport , de disposer des bras et des voilures attelées qui ne sont plus employées aux travaux de la culture et des recolles , dont la plus grande acli- Tité est dans l'été, et que les froids suspendent.
D'autres questions relatives à la qualité des buis résultant du mor ploitalion ont été disculées par les savants cl les cullivateurii bamel et fiafTon ont démontré, comme nous l'avons dé convertit en bois parfait ; ils ont fait de cette décoa*<
tudes établies dans les divei cité. Il est positif que dans moins dés que la scve a ce reaillcR , el avant qu'elles r longue durée. Les pli
118 TRAITÉ DE L*ÂRT DB Là CHARPENTERIE.
attrait été de la plas grande alîllté, si rezpérieoce eût confirmé complétoment les résultats qu'ils annonçaient. Ils proposaient de donner au arbres plas de Taleor, en augmentant le Tolume de leur bois utile par la eonmaîon de leur aubier en bois parfait, au moyen de leur écorcement sur pied qm année ayant de les abattre. Par ce procédé, on met Taubier à déooQTert^ eC le temps indiqué suflBt pour lui donner la dureté, la pesanteur el mêaie Tap» pareoce du bois parfait. Il en résulterait , si Taubier était réellenMaat eoa« Terti,en bois parfait, qu*il ne serait plus nécessaire de le rejeter et de Tabattre de toutes les pièces de bois de construction, et qu*on ferait une grande économie de bots. Mais Teflicacité de ce procédé a trouré de nombreux contradicteurs, entre autres Becker, inspecteur des forêts à Rostock, et Laurop* grand mettre des forêts du duché de Berg , qui reprochent à Buffon et à Duhamel de s*étre trompés dans les conclusions qu'ils ont tirées d'expérieoces qu'ils n'auraient pas faites avec asses de soin. Ils attribuent la plus grande pesanteur el la plus grande ténacité des chênes écorcés par Buffon et Duhamel à ce que le bois des arbres mis à Tépreuve n*était pas suffisamment desséché.
M. Baudrillard, qui a écrit aussi sur le même siget, assure que Técoroement a Tinconvénient de renfermer dans les arbres des sucs fermentescibies qui donnent lieu à la pourriture par la facilité avec laquelle ils se dissolvent à rhumidité.
Ce qui doit, en outre,, (aire rejeter celte méthode, malgré Fautorité des noms qui lui avaient attiré dans le commencement de nombreux partisans, c'est la cherté de Topération. ▲ la vérité, M. de la Boullay , intendant des mines , essaya de faire enlever , au printemps , une couronne d'écorce an pied d'un grand nombre de chênes, el d'y faire percer un trou de tarrière pénétrant jusqu'au centre, ce qui dut diminuer de beaucoup la dépense. An bout de trois mois, les arbres furentabattus et employés vingt jours après, leur bois ne donna aucun signe d'altération. Mais un grave inconvénient de l'un et l'autre genre d'écorcement, c'est de faire perdre au bois son élasticité. 11 ne peut plus être courbé par les moyens ordinaires , comme l'a expérimenté le comte Gallovin, amiral russe; ce qui provient sans doute dece que cette opération produit^ une espèce de mort sur pied, puisque le travail de la végétation qui parait se faire le long du liber et du cœar à la circonférence, ne peut plus être le même lorsque l'arbre est dépouillé de son écorce que lorsqu'il en est revêtu ; et que par conséquent le changement qui s'opère dans l'aubier n'est pas une véritable conversion en bon bois.
CUAflTRË m.
Va aalrc incoDTénieiil très-grave qai se Joiul k ceux Juiit iiaui vouons de parler , c'est que l'csitécc de mort sur pied résultant de l'écorcenieiil ou de riucition d'une couronne au pied de l'arbre , détruit complétcioent le lystèmede la cotirersioii des Tulaiesen taillti. Tonde sur la [jromptc production des pouises Douvelles à la circonréreuce des souches après la coupe. La végétation cesse après récorcemetit, de telle sorte que les souches meurent en même temps que le corps de l'arbre.
Un a encore proposé, pour diminuer l'abondance de la «cve dans les arbres avant de lesuballrc, de les cerner par une eiilaille immédiatement RD-<lessus de terre, en ne les laissant adhérer i leur souche que par un pivota peu près cylindrique et réduit au diamètre seulement nécessaire pour les soutenir, afin que, n'ayant plus que ctlle étroite communication avec leurs racines, les parties de la sève, non consommées par la production du bois et des feuilles, puissent s'échapper. Les arbres ainsi pivotes Tont voir effectivement nn écoulement asseï abondant d'eau. Hais cette pratique, d'ailleurs asseï difficile, a également l'inconvénient de détériorer les souches et présente de graves dangers, vu que, pour qu'elle soit efficace , il Taul qao le pivot loit réduit i un pelit diamètre, et l'on doit craindrequ'ilncsoitracilemenl rompu. L'on conçoitquclonércuxdésastreunfort coup de vent pourrait occasionner dans une Torct dont l'eiploilation aurait été ainsi priiparée. Un obtiendrait probablement le mènic écoulement de la scvc , s'il était possible de placer les arbres verticalement et comme en faisceau . immédiatement après qu'ils seraientcoupés; mais ladépensequ'uiie pareille opération occastonoerait,emp«ïchera toujours qu'elle suit pratiquée.
I (/• foro
5° Équarriisement det boit.
Opor*
(/• forme arrondie que la nature donne aux liges des arbres n'a pu convenir qu'aux premières constructions cL l.intque la hache n'a pas été commane dans ta main de l'homme. Dès que les outils sont venus au secours do travail , les moyens de jonction des pièces de bois se sont multipliés cl ont nécessité pour leur perfection l'équarrissement des bois ^ opération par laquelle on tiru d'un corps d'arbre une pièce prismatique rectangulaire; forme qui est la plus simple , la plus aisée à tailler en même temps qu'elle est la plus convfnabk', soit qu'il s'agisse de juxtaposer les bois, soit qu'on veuille par leur super|>osition faire concourir la iirsaiiteur à la stabilité des
GODStnicUoDS, soit enfin qu'on ait à les combiner dans diTers sens par des assemblages d*iine facile exécation.
L'équarrissemenl a donc pour objet de préparer les corps d*arbres poor les constructions ; et tons les bois de charpente, à Texception de ceux qo*on réserfe poar être employés en pilotis, sont équarris ayant d*étre livrés aa travail da charpentier.
En éqaarrissant un corps d'arbre, on doit se proposer d'en tirer le parallélipipède le plus volumineux possible, ou bien un parallélipipéde dont ks dimensions soient en rapport avec l'emploi qu'on veut en foire; et dans tous les cas on cherche à perdre le moins de bois possible en copeaux. Il faut, pour parvenir à ce résultat, imaginer dans le corps de Taitire les plans qui se rencontrent à angle droit et qui déterminent la forme du parallélipipéde qu'on veut en tirer; on enlève tout le bois qui se trouve situé extérieurement à ce parallélipipéde, de telle façon qu'après le travail, la pièce de bois obtenue ait la forme et les dimensions qu'on Toolait lui donner.
L'équarrissementest fait le plus ordinairement k la forêt par des bOtcheroos équarrisseurs qui ne s'occupent que de ce genre de travail dans les grandes exploitations, et que l'habitude de pratiquer cet art rend très-habiles pour juger à la simple vue le meilleur parti qu'on peut tirer d'un corps d'arbre quelquefois très-difforme.
Le commerce des bois fournit ordinairement aux charpentiers les bois équarris qu'ils emploient dans leurs travaux ; mais il arrive fréquemment que les maîtres achètent des bois ronds ou en grume, qu'ils font abattre des arbres isolés ou même qu'ils entreprennent des exploitations; il faut donc qu'un charpentier connaisse les procédés de l'équarrissement. D'ailleurs l'on adopte aujourd'hui , avec raison , la méthode de refaire les faces des pièces équarries grossièrement â la forêt pour les dresser de telle sorte qu'elles soient polies el bien planes, que les bois aient des dimensions exactes et que leurs arêtes soient vives et sans défaut. Or, comme les procédés que l'on suit pour obtenir ces résultats ne diffèrent de ceux qu'on pratique â la forêt que par le soin et l'exactitude qu'on y apporte, il faut qu'un ouvrier charpentier les connaisse.
Règle générale, toutes les fois qu'on veut travailler une pièce de bois, il est indispensable de l'établir sur deux autres pièces au moins, que Ton nomme chantier, et sur un plus grand nombre, lorsque la longueur de la pièce, ou sa pesanteur peuvent lui faire prendre une courbure sensible.
L'établissement d'une pièce de bois sur des chantiers a pour objet