CHAPITRE IV
cheville oavri^rc ( verticale qui surmonte 1> sclleitu de l'avnnt-lrain qu'on I a amené.
Ponr alleler le Iriqiie-ltale, on place un cheval limonier dans le brancard, et en avant autant de chevaux que nécessile le chargement.
On voit qo'il est iiéci^ssaire que la charge du trique-haie pèse un peu plui en avant qu'en arrière, aliii que h Hôchc porte bien sur l'avant-lraïn. auquel I on peut la retenir d'ailleurs par une chntnetle. pour éviter que lea cahota ta fassent sortir.
Quelquorois on charge le irtqae-halc de plusieurs pièces, soit en bois I éqnarris soit en bois en grume, le procédé de chargement est le même; inais on ne peut employer ce genre de farilicr que pour des bois dont la longueur ne dépasse pas le double de celle de la Qèclic. Lorsqu'on veut transporter des bois plus longs, on se sert do deux iriquc-hale moins forts ' que celui dont nous venons de parler, qu'on dispose comme ou les voit dans ' la projection verticale fig. S7, et que l'on manœuvre absolument de la même manière pour souk'ver le chargement qui se trouve également placé au-dessous des essieux. Lorsqu'on emploie ainsi Ueui irique-bale, on ne fait point usage d'avant-train, qui devient inutile, et les chevaux sontatleléa immédiatement k la Qèchc du Irique-bale de devant au moyen de palonniers.
Le transport des bois extrêmement longs , tels que sont les sapins dans l'état OÙ on les extrait des forêts, no s'efîeclue point au moyen de Iriquebale, qu'il faudrait construire exprès, et qui ne pourraient servir uniquement qu'à cet usage. I^s paysans empluyés au transport des sapins préfèrent les chariots dont ils se servent habitacllcmenl dans leurs travaux agricoles. Ils séparent les deux trains, dont les roues sont égales, et les placent sous les exirémilés des arbres, comme nous l'avons représenté fig. 38, par une projection verticale.
Ils réunissent ordinairement trois sapins pour en former un ebargoment, à moins qu'ils ne soient très-gros et Irès-longs, auquel cas ils n'en transportent qu'un à la fois.
La fig. S9 est une projection verticale sur un plan perpendiculaire ■ celui de la précédente projection; elle fait voir l'arrangement des arbres dans l'hypothèse où l'on en a place trois sur les trains. Ils sont attachés par des cordages ou des cimines sur les sellettes ; ce mode de transport permet de passer avec des arbres cxlrÉmcment longs dans des chemins étroits et souvent tortueux, sans aucune difflcalté. En procédant comme nous l'avonii représente sur upe i jectlun lioriiuntale, Dg. 30, un
charretier condoît les chevaux attelés au train de deianl m el les maintient sur la route ; d'autres, au moyen d'une double corde jn g, tournée ao besoin autour des sapins, dirigent la flèche du train qui est derrière fi, de manière à maintenir l'essieu perpendiculaire à la courbure de la route, pour que les roues demeurent constamment dans la voie qu'elles doivent suivre el qui est marquée par les ornières ou les simples impressions que les roues de devant ont faites sur le sol.
On se sert, pour élever les arbres et les placer sur les traios, de deai vis en bois, fig. 31 , égales et surmontées chacune d'une tète carrée percée de mortaises pour passer des leviers. Les écrous de ces deux vis sont taraudés dans une même pièce de bois e f; les deux bouts de ces deax vis portent sur une semelle c d posée sur le sol ; on élève l'un des bouts do sapin m n qu'il s'agit de charger, en embarrant deux leviers en dessous ; lorsqu'il est assez haut, on passe au-dessous et perpendiculairement les deux pièces e^cif qu'on a rapprochées Tune de l'autre. Dès que l'arbre pose sur la pièce e/; on agit sur les vis qui sont verticales au moyen de leviers passés dans les mortaises de leurs télcs pour les faire tourner d'un pas égal, sfin que la pièce e f monte horizontalement, et soulève le bout du sapin assez haut pour qu'on puisse amener au-dessous le train sur lequel il doit être chargé ; on soulève de la même manière l'autre bout du sapin pour le placer sur on second train.
On se sert en Allemagne d'une chevrette dont le maniement, le transport et les réparations sont plus faciles. Cette charrette est projetée verticale* ment, fig. 5â. On a représenté des charretiers occupes à lever le bout d'an sapin pour le charger sur leurs trains.
Les pièces de cette chevrclle sont représentées séparément et marquées des mêmes lettres, près de cette figure.
Le corps de la chevrette est une pièce de bois de chêne a, traversée par une longue mortaise dont les joues sont percées de deux rangs de trous qui se correspondent pour recevoir deux chevilles de fer c. Ce corps de chevrette est représente séparément par deux projections. Lorsque la chevrette est équipée, elle pose par un de ses bouts sur le sol, l'autre bout est souteno par un pied h, reçu par le haut dans une échancrure qui termine la longae mortaise du corps de la charrette.
La chevrette et son pied sont maintenus sans effort dans une positioo verticale par Tun des charretiers chargé en môme temps du soin de chan* gcr à propos de place les chevilles c pendant la manœuvre.
L'on passe une chaîne de fer e en dessous du bout du sapin ^ qu'il s'agit
CRAPITlIE IV. 183
«Je charger, l'on rêunU les deux bouts de celle chaîne en dessus au mofen du lacet qui lerraine l'un d'eut, el l'oa accrechc le chaînon supérieur pour tonticlempsdc rnpéraUon dans le crochet dont est garnie la tète du levier </, qu'oD a préalablement inlruduile cnirc les joues de la chevrette.
On place alors la première cheville de fer dans un trou assct élevé du rang le plus près du sapin, et l'on pose le cran du bout <lu levier sur celte cheville. Les hommes chargés de la manœuvre du levier soulèvent sa qiieue et élèvent le bout du sapin ; on place alors la seconde cheville dans un trou de l'autre rang au-dessous du levier, que l'on abaisse un peu pour que son Hcood cran porte sur la demième cheville. Us hommes, en pesant sur !■ queue du levier, fuiit lever sa tête, et avec son crochet le bout du sapin est encore soulevé; l'on remonte alors la première cheville d'un trou, pour qu'elle serve de nnuveau de point d'appui à la leie du levier, et ainsi de •uile, en faisant osciller le levier el en exhaussant successivement les chevilles qui lui servent de points d'appui alterualivcment en avant et en arriére de son crochet de fer, ou parvient à élever Irès-promptcmcnl le bout du sapin à une hauteur suITtsante pour le charger sur l'un des trains qu'on amèoe au-dessous. C'est une application du levier de I.agarousl.
Les chemins de fer. en se multipliant, donneront un moyen de transporter toute espèce de matériaux en moins de temps que sur les routes et par eau. I^s marchands de bois sans doute proHleronl de tous ceux qu'ils trouveront établis. Hais jusqu'ici les moyens ordinaires ont sufli aux besoins de la consommation, cl le commerce des buis n'aurait rien h gagner du seul avaalage d'une extrême rapidité, s'il n'y trouvait pas une grande économie dans les frais de transport.
4° Traaêport dan$ lu chaMitri de travail.
Lorsqu'une pièce est d'un )>elit volume et d'un médiocre poids , elle est portée sur l'épaule par un seul homme ; lorsque le volume et le poids augroenteot, s'ils ne dépassent point la charge de deux liomuies, chaque bout est porté par im charpentier sur l'une de ses épaules; quelquefois les compagnons portent cette pièce tous deux du même cOté, ils sont alors dans la nécessité de pencher leur corps du méuie cûlé. cl de maintenir la pièce chacun sur son épaule avec h main du même cùlé. En portant au contraire la pièce l'un sur l'épaule droite, l'aulre sur l'épaule gauche, il en riisulle qu'elle est comme en équilibre, que le» dt ivent se tenir droits cl
^ur pi-u qu'ils aici niporter ainsi sans
y porter les mains, siooa lorsqa*il faut la descendre pour la |loser à terre. Dans Ton et Tautre cas, ils doivent marcher da même pas*
Lorsqu'une pièce est d'un grand poids, on peot encore la poittf à Vépanle, en réunissant le nombre de compagnons qui est nécessaire pour que chacun ne soit chargé que du poids qu'il peut porter sans faire oo effort eitraordinaire. Dans ce cas, les hommes se répartissent le long de la pîèee, en se plaçant de façon que ceux qui portent le plus volontiers sur Tépaule droite soient d'un côté, et ceux qui préfèrent porter de Tépaiale gaoebe soient de l'autre côté ; il faut au surplus que les hommes soient répartis en nombres égaux des deux côtés et alternativement un à droite et on à gauche le long de la pièce. Quand le trajet est un peu long, il est bon de former deux brigades d'ouvriers qui puissent se relever alternativement, opération qui se fait sans mettre la pièce à terre.
Quand on fait ainsi porter des bois i l'épaule, il faut, autant que possible, que les hommes soient de même taille, ou plutôt de même hauteur d'épaule, aûn qu'ils fassent tons le même effort. Lorsqu'on emploie un assex grand nombre d'hommes, et qu'ils ne sont point de même hauteur d'épaule, oo les range par rang de taille le long de la pièce, de façon que leurs épauks l'atteignent tous également.
. Pour charger une pièce à l'épaule, on commence par l'enlever d'un bout, et tous les hommes réunissent d'abord leurs efforts i ce bout-là ; lorsqu'il est soulevé, un petit nombre d'entre eux suflSt pour le soutenir i la hauteur des épaules, tandis que le reste va soulever l'autre bout à la même hauteur* Cest alors qu'ils se répartissent le long de la pièce, chacun allant se porter à la place que sa taille lui assigne.
Pendant le trajet, tous les hommes doivent marcher du même pas, afin que les oscillations de la pièce ne les fatiguent point.
Pour mettre la pièce à terre, on agit comme pour la charger, mais eo procédant dans un sens inverse.
Quelques compagnons, pour mettre à (erre une pièce chargée à l'épaule, passent tous du même côté, et, par un mouvement qu'ils font avec ensemble, ils la jettent en se retirant vivement. Cette manœuvre doit être défendue, parce qu*elle peut occasionner des accidents : lorsque la pièce est d'an
gros volume, on risque de blesser quelques hommes par l'effet de la difficulté de jeter la pièce avec ensemble et de se retirer assez promptement. Cette méthode a d'ailleurs l'inconvénient de pouvoir occasionner quelques ruptures des fibres de la pièce et de la détériorer, surtout si elle a été travaillée et qu'elle porte plusieurs assemblages.