CHAPITRE IV. 18a
Oa pcul encore porter des pièces Irès-pessnles en passant des leviers ou barres en dessous ; les bouts de ces barres sont saisis â la main par des hommes places des deux cùt^s qui soulèfeni ainsi les pièces et les Iransporlent en marchant du même pas.
On peut augmenter la quantité d'hommes , et par conséquent la Torce, pour enlever cl transporter une grosse pièce; an en met plusieurs â chaque bouldes leviers; on peut mcme accroître d'une mauière presque indéfinie leor nombre, en passant des leviers sous les premiers croisés à angles droits, et d'autres leviers sous ceux-ci. Mais cette combinaison de leviers, qai se trouve indiquée dans d'anciens auteurs, n'est pas en usage, parce qu'oa a aujourd'hui des moyens de chargement et de transport beaucoup plus simples.
L'on n'emploie le transport i l'épaute que lorsqu'il peut se Taire avec peu de inonde , car s'il Tallait le pratiquer souvent pour de très-lourdes pièces, il deviendrait Tort coDteux. Il conviendrait alors de lui substituer l'usage des fardiers et des irique-bale.
Lorsqu'on doit transporter quelques grosses pièces à une petite distance et qu'on a peu de monde à j employer, on se sert des moyens que nons allons indiquer.
Presque tous les chantiers sont pourvus d'un petit Irîqne-bale, désigné sous le nom de diable, construit sur les mêmes principes que le grand Irique-bale de la lig. SQ , dont nous avons parlé page 180, cl avec lequel on enlève de la même manière les pièces de bois trop pesantes pour être portées à l'épaule. Le diable no nécessite pas un avant-train ; une barre qui traverse horizon la le ment le bout de la Dèche, sufGt pour que dcui hommes, en y appliquant leur effort, le traînent avec la pièce donl il est chargé. Lorsque le trajet est un peu long , on augmente le nombre d'hommes ou l'on ajoute â leur force celle d'un cheval attelé A un palonnier atUcbé à l'anneau qui termine la Qèche.
La Qgure S3 représente une pièce de bois transportée par deux hommes au moyen du diable.
Lorsque la longueur d'une pièce et son poids ne pcrnicilent point de faire usage de ce petit triquc-bale, on la transporte sur des rouleaux.
I^ pièce étant établie sur des chantiers , on la soulève d'un bout en engageant par-dessous deut leviers croisés ; l'on retire le chantier répondant à ce bout , et l'on met à sa place un rouleau ; nr extrémilé de la pièce, qui se Ironvc alors i représentée en a b sur la projection v<
186 TRAITÉ DE l/ÂRT DE Lk CHARPENTERIE.
boriiontale, fig. 34, pi. 3 ; posée ainsi sor deux roaletei m, i», en la poQslant a?ec les mains dans la direction de sa longaeor, par exemple de a ▼ers b, hes roaleanx roulent sur le sol , et elle s'avance sur eox arec mw ▼itesse double de la leur. Avant que le bout a de la pièce ait atteint le premier rouleau m, on en place un troisième à terre en o, parallèlement aux deux autres et du même diamètre. La pièce s'engage bientôt an*dessas de ce rouleau et abandonne le premier m, qui doit être reporté en afaat pour recevoir de nouveau la pièce ]orsqu*elle abandonnera le rouleau «. On voit qu'en présentant toujours un rouleau à la pièce qai s'avance, m pourra lui faire parcourir telle longueur de chemin qu'on vcadra, et qaH tufl^ pour cela de trois rouleaux ; deux de ces rouleaux étant constammeôt sous la pièce pour la porter et servir à sa translation, tandis <|iie le troiaième se présente pour la recevoir lorsqu'elle abandonne celaî qui a pai^ couru toute sa longueur. La pièce étant ainsi parvenue dans la position e é, ff d^y s'il s'agit de la faire tourner pour changer la direction du cherahi qu'on veut lui faire suivre, il suffît de changer la position des rouleaux, et de les placer suivant une obliquité convenable. Ainsi la pièce étant dans b position tf dj pour la faire tourner sur la droite, on donnera an rouleau di devant la position suivant laquelle il est projeté en q. En inclinant toujoun de la même manière les rouleaux r, a (r^^ a'^ en projection horixootale), qu'on présente i la pièce à mesure qu'elle s'avance , on lui fait suivre aae route courbe xy %.
La pièce de bois est représentée horizontalement sur cette route en € f portée sur les rouleaux r', a^. On augmente ou on diminue la courbure de la route que iJoit suivre la pièce, on la fait même changer de sens en changeant rinclinaison des rouleaux i mesure qu'on les pose. On peut mène changer Tinclinaison de ceux déjà placés sous la pièce , mais alors il faut les frapper de côté sur Tune de leurs extrémités avec une masse en bois. Les charpentiers acquièrent promplemenl Thabitude de conduire ainsi noe pièce de bois sur des rouleaux, et de juger rinclinaison qu'il faut leur dooner pour lui faire suivre la route qui leur convient, et l'amener juste à II place qu'elle doit occuper. D'ailleurs on la porte à droite ou à gauche, suivant le besoin, en la faisant glisser parallèlement à elle-même sur les rooleanx ou en lui donnant quartier. On peut s'aider de leviers pour pousser b pièce ; pour cela on engage les uns sous le bout postérieur, et au les levaat on force la pièce à avancer; les autres sont engagés obliquement iur la côtés, et l'on fait marcher la pièce en donnant aux queues des leviers ta mouvement de l'arrière à l'avant, ce que l'on appelle faiv nager. Lorsqae
s pièces qu'on ?ciit trani^oKer ainsi sont travaillées h vive ar^tu. on duil te ganter d'y app1iqu<?r les leviers, qui les (létcrioreraicnl. Il faut \k enceindre d'un eonUge sutrnnl leiir longueur; on y attache des traits de cordes dont on se sert pour les tirer sur les roulciiuï. ou mieux encore, on n*y applique que les mains. On peut aussi se servir de rouleaux sans fin. qui sont propres sarlaut pour te transport des pièces exirémemenl pes.mlcs.
La figure 3.S représenle, dans deux projections verticales, une pièce de bois a, portée sur deux rouleaux sans fin. On la place sur ces rouleaux an moyen de deux crics ou au moyen de leviers et de chantiers exhaussés en chaises. Les rouleaux sans tin sont composés chacun de deu\ fortes flasques b, hf maintenues parallèles au moyen de deux enlreloises aussi parallèles c, c, qui leur sont assemblées à entailles et boulonnées. Ces deux flasques entrent de loule leur épaisseur dans les deux gorges creusées autour du rouleau e, qui doit les supporter, et dont les extrémités frellées en fer sont percées (le mortaises pour cmliarrcr les leviers au moyen desquels on le fait tourner. L'on agît sur les deux rouleaux en mémo temps et dans le même sens, et l'on Tait ainsi avancer la pièce du côté ufi l'on veut la conduire. La roule qu'elle suit est droite; on parvient cependant, quoique avec quelques difficultés, à lui en faire suivre une courbe, en changeant I* position des rouleaux . ce qui ne peut se faire qu'à coups de masse. Pour changer de direction, il est plus facile de placer au-dessous du centre de grsvilé de la pièce, un chantier croisé sur deux autres , un peu plus élevé que les rouleaux et posé obliquement aux deux roules; il suffit pour soulever la pièce de passer des leviers entre elle et les enlreloises d'un des rouleaux. Lorsqu'elle pose sur le chantier, on transporte les rouleaux sans fin sur la route qu'on veut suivre, et comme la pièce se trouve en équilibre sur le chantier, il est aisé de la faire tourner comme une aiguille sur son centre et de l'amener au-dessus des niuleaux. A l'aide de leviers on la soulève encore , on 6le le chantier, et on la repose sur les rouleaux sans lin poursuivre sa nouvelle direction.
L'on transporte aussi les pièces de bois parallèlement à elles-mêmes, c'est-à-dire diins une direction perpendiculaire à leur longueur, en les faisant glisser sur de longs chantiers parallèles h cette direction , ou en leur donnant successivement quartier autant de fois qu'il i-st nécessaire pour les bire arriver à leur destination.
Donner quartier à une pièce sur l'ane de
' ses arêtes pouf la renverser rsqu'on
fait pour ainsi dire rouler de celte sorte une pièce de bois travaillée, il faut avoir soin de garnir les chantiers sur lesquels les arêtes portent , de paillassons, de vieilles toiles, ou de très-vieux cordages, pour que les arêtes ne soient point gâtées.
CllAflTRE V.
CHAPIÏHE V.