DE LA COURBURE I
Plusieurs Iravaux eiigenl des bois courbes pour satisraire aux tùrme» des édifices, ou concourir è leur décoration el â leur solidité. Un rcnconlre , dans l'exploitation des foréls , des arbres dont h courbure est uii«t difformité qu'on utilise, et que l'on recherche même qUelqucrois pour différents genres de constructions. On a soin, en dquarrissanl ces arbres, de conserver leur courbure, comme nous l'uvons déjà indique page L'IIS.
I.es arbres courbes sont ordinairement riiservés pour la charpcoteric navale, qui les emploie dans la composition des couples et varangues, et qui tire même parti des birurcalions des branches; les arbres courbes ne seraient pas moins utiles dans la charpenterio civile, souvent Torcéc de les suppléer en taillant des pièces droites suivant les cintres qui lui sont nécessaires. Il en résulte une perle de bois que nous avons signalée , et la solidité des pièces ainsi cintrées i la hache est alléréc par l'effut de l'interruption de la majeure partie des fibres du bois; ces pièces ne peuvent avoir •Utant de force que celles de même Torme et de même équarrissage , dans lesquelles toutes les Tibres sont continues et parallèles i la courbure. Le vice des pièces cintrées, taillées dans des bois droits, est le mâme que celui des pièces droites débitées dans des bois courbes.
Pour remédier aux inconvénients des pièces de buis cintrées à la hache OU â )a scie et tenir lieu de celles qui sont cintrées naturellement, un a recours à deux manières de courber artili ciel le ment les bois ; l'une en upéraut sur des arbres vivants, l'autre en opérant sur des bois abattus, équarris ou débités.
i' Courbure îles i
'Inel
Pour courber des arbres sur pied, on n liges minces , tendres et flexibles qui se p bure qu'on veut leor donner. Un assuj
des pieux verticaux et des traverses boriionlales qa*on y a fixées. Oa change les liens i mesure que Tarbre croit et qu'il augmente eo grosseur, et Ton dirige et maintient sa courbure suivant la force qoe les années loi font prendre jusqu'à ce qu'il soit parvenu à un âge qui ne permelte plus son redressement.
C'est ainsi qu*en Russie déjeunes arbres sur pied sont courbés en cercle pour servir, quand ils ont acquis une grosseur suffisante, A faire des jantes de roues d'une seule pièce et qui n'ont qu'un seul joint.
Les mêmes moyens peuvent être employés pour redresser de jeunes arbres.
On reproche à la courbure artificielle sur pied, de retarder la croîs* sance des arbres et d'altérer l'homogénéité du bois. On n'aperçoit cependant aucune différence nuisible dans la qualité des bois qu'on a oourbéi et ceux qui sont venus naturellement courbes ; le cœur n'occape pas piv dans ceux-ci le centre de la section perpendiculaire aux fibres, el le contour n'est pas plus circulaire dans les uns que dans les autres. Ces irrégularités se rencontrent aussi dans les bois les plus droits , el , fassent-elles k résultat de la courbure sur pied , elles ne seraient pas A comparer aai inconvénients de l'interruption des fibres des pièces courbes débitées dass des bois droits.
Le plus grand inconvénient de la courbure des arbres sor pied « c'ait d'être d'une pratique embarrassante dans les forêts, et d'exiger on laps de temps fort long pour que les arbres traités par cette méthode parviennent a des dimensions propres aux travaux de la charpeuterie. Elle ne peut pu servir pour préparer des bois de courbures données pour des constructioBS dont l'exécution est prochaine.
Elle est plus utile au service de la charpenterie navale qu*à celai de U charpeuterie civile, puisque tous les gros bois , quelle que soit leur lonne, conviennent à la marine, et si les accidents naturels ne fournissaient pis assez de bois cintrés, on pourrait diriger des arbres sur pied sous toulci les courbures et les laisser croître avec la certitude qu*ils trouveraient aa jour leur emploi dans la construction des vaisseaux , lorsqu'ils auraient de fortes dimensions. Néanmoins cette méthode ne suffirait pas à la charpeolerie navale, qui a aussi , pour former le revêtement extérieur des navires, un besoin continuel de bois courbes très-longs et de fil qu'on ne peut pas débiter au moyen du sciage dans les arbres , dont les parties naUireliemeot courbes n'ont point un asses grand développement. La marine s donc àù recourir à l'art de courber les bois débités, qui satisfait à peu près à toutes
les exigences lies con^truclions ordinaires, el qui a i-lé npplîqui-avFc f.ucci'-s à la courbure des bois de charronnagc et des bois cnDplo)i^s dans la cbarp«iilerie civile.
3" Jmoltiuement det bois débités.
1/art lie courber le.« bois est fondé sur la propriété que la chaleur et IVau ont de pénétrer la sub^lancc ligneuse, de la rendre souple et de l'amollir , même snfiisammenl pour qu'elle puisse recevoir ditTérentes formes qu'elle conserve en se refroidissant et en séchant.
Les procédés du travail du bois au muj'rn de la chilenr et de rbumidité agitsani simutlanémenl sont eilrcmcnient anciens. On les a d'abord appli~ qnés i la coiircction de divers petits objets, notamment h celle des manches (Je couteaux dits >(im/'C((p« ou plutôt eutlac/w» (1). Ces manches sont faïlA avec du bois de hêtre vert, moulé tnire deui plaques d'acier coRvcnablement creusées, fortement chaufTccs et soumises à une grande pression. Ce moulage â chaud change tellement la coiileiture du bois en le resserrant ot en contournant ses libres aux formes du moule, qu'il serait impossible de .reconnaître son espèce si l'on n'avait pas vu préalablement les chovilleB brûles qui servent â former les manches. L'espèce de fusion pâteuse produite par celle opération est telle, que la mnlièrc du bois s'clend en balèvres d'un pouce de largeur dans les joints de moules. Le moulage, au surplus, n'a de succès qu'autant que le hélre est fraîchement coupé, parce que l'humidité de la scve se réduit en vapeur qui amollit le bois. Les manches fabriqués par ce procédé ont acquis après leur refroidis semé ut une belle couleur brune et une exlrènie dureté.
On forme avec diverses petites pièces de bois des asserablai^es qui paraissent incompréhensibles à ceux qui ignorent le pouvoir de la chaleur et de l'eau. Nous avons représenté, planche Èi, deux assemblages de celle sorte. L'un d'eux, Ggures 36 et 37, consiste eu uue cheville carrée b a deux têtes égales et de bois de lit, passée dans la mortaise ajoure d'un plateaux, dont elle ne peut sortir en aucun sens, ses deux télés étant plus grosses d'un liers que l'ouverture de la mortaise. Ce résultat est obtenu eu faisant tremper le plateau a, dans lequel la mortaise e est percée, et la cheville â
19i TRAITÉ D£ L'ART DE LA CHARnSNTERIfi.
deux télés b, dans de Teaa boaillaote pendant asseï de temps poor qae le bois en soit complètement pénétré ; Ton comprime alors Fane des deni tètes de la cheville entre les mâchoires d*un élau, et lorsqo^elle est ainsi momentanément réduite d'épaisseur, on la fait passer i pelits coups de maillet dans la mortaise e, qui prête et s'élargit aussi momentanément. En refroidissant et en se séchant, le bois reprend ses dimensions naturelles.
La fig. 37 représente le plateau a projeté à part sur son plat ; le 61 da bois est parallèle à Tun des côtés du carré.
La fig. 38 est une coupe de la cheville prise isolément et perpendiculairemenl à ses fibres, suivant la ligne m n, tracée sur la fig. SO.
Le second assemblage représenté par deui projections, fig. 59, est formé de sii petites pièces de bois, toutes égales et de même forme, qai se croisent par paires à angle droit; les deux pièces de chaque paire sont parallèles , celles d*une paire sont retenues dans les entailles des deax pièces d*une autre paire aussi retenues dans les entailles des deux pièces de b troisième paire, qui sont également retenues dans les entailles des deux pièces de la première paire, de telle sorte qu'on ne pourrait comprendre de quelle manière on a pu parvenir à former cet assemblage si Ton ignorait b souplesse que la chaleur et rhumidité donnent au bois.
Les six pièces étant taillées coninve celle représentée isolément , ^fig. 40 et 41 , et ajustées paire a paire, il suflSt de les faire tremper dans Tean bouOlante quelque temps pour que les joues des entailles puissent être comprimées momentanément et permettre la réunion des six pièces comme b figure 39 les représente. En refroidissant et en séchant, le bois reprend sa forme primitive, et les pièces ne peuvent plus être désunies.
On applique ce procédé à des pièces beaucoup plus longues qui se croisent de même par paires, et sur lesquelles on multiplie les points d'assemblage pour en former différents petits objets de décoration ei d'amusement qui ont été jadis fort en vogue.
Nous aurons occasion de revenir sur la disposition des bois dans cet assemblage, lorsque nous parlerons des constructions en planches (1).
(i) L^action de la chaleur et de Phuinidilé donne un moyen fort simple de faire det»- •eriptions ou des dessins en relief sur du bois, particulièrement sur du noyer : on refoula k boit avec des poinçons , puis on enlève au rabot tout le bois qui n*a pas été refbaW ; on niei ensuite la pièce dans Peau bouillante : le bois refoulé reprend sa dimennoo prnitÎTe ei forme le n-licf.
S" Courbure au feu rn.
On a employé forl anciennement anssi diins dircri arts l'aclion un caloriqne et de la T8|)eur pour courber le bois ; le fcndeur â la Torét ne parvicM à rouler les cerchei employées dans la boissellerie qu'en raisanl éprouter aux écljsses fraîchement débilèes une vive chaleur. Lorsque le tonnelier » réuni vcrlicalemcnt dans un cercle provisoire en Ter Ic.i douves qu'il a dressées et taillées en fuseaui pour en former un tonneau, c'est par un feu rïf cl clair allumé ta dedans ite oA assemblage qu'il assouplit lo bois. L'effort d'une corde sulTil alors pour faire joindre tes douves, sur lesquelles on S« tiAlc d'appliquer les cercles, tandis que sans le secours de la chakur ces douvi'S pourraient se rompre au lieu de plier.
("est égale menl nu moyen du feu que les cbarpeatiers de balcauK cotir' tient les longues planches de bordagcs dans les parties oii Jeur lleiibilittnaturelle ne sufEl pas.
Lorsque ces bordages sont minces ou débités dans des bois nouvellement abattus, la flamme d'une torche de paille ou de copeaux , qu'on en approche en les clouant, les assouplit assex pour qu'on les applique aux courhuref de proue et de poupe; mais lorsqu'ils sont épais , on les amollit avant de les appliquer aux carèticsen les plaçant au-dessus d'un feu clair, comme nous l'avons indiqué sur les deux projections, flg. 1" de la planche 13.
Une extrémité a de la planche de bordagc est engagée sous une IranrK hnriiontsie b, fiiée par des boulons à deux pieux c c. Elle est soutenue audessus du feu h sur un forl barreau d porté par les crochets de deux grands cbcnets/*,/, égakmentcnferet mobiles.
On peut établir le barreau à la dislance et à la hauteur qui convienoenl, avancer ou reculer les chenets, pour que le feu agisse à la pbco et avec la tivacité qui doivent opérer l'amollissement et la courbure du bordage a e.
Une grosse pierre 7, placée sur l'extrémité de ce bordage, augmente sa pesanteur et détermine sa flexion à mesure que la chaleur pénètre le bois. On accélère l'opération eu mouillant fréquemmeul le dessus du bordage. Si, pendant qu'on pose un bordage sur la carène, il est néccisiire de lui continuer l'action de la chaleur, on fait usage de la tnrcbe dont nous aroa» parlé, on la soutient au bout d'une fuurchetie oa Celte méthode n'csl cependant applicable qu'A ' et en petit nombre, souvent on ne peut pas
takITt DE LA c
des constractions aclives. D'ailleurs, Faction de la chalear n^esl pas asies également appliquée aux bordages pour leur donner la même sooplesse k tons ou d*un bout à l'autre de chacun. On a successiTemenI fait usage de différents appareils, que nous allons décrire, pour obtenir un amoHiisemait plus parfait, plus uniforme, et opérer sur un plus grand nombre de pièov en même temps.
4« AmoUiêsemeni dans l'eau baniUatUe,
Le premier appareil représenté par une projection horizonUle, 6g. 2, et une coupe, fig. 3, suivant la ligne JB^ planche 12, coqsisle dans une lièslongue chaudière en cuivre a montée dans un fourneau a deax foyers aecolés b, bf séparés par une cloison , afin que la flamme de chacan parcoue la moitié de la longueur du fond de la chaudière pour gagner la cheminée c qui lui correspond. Le fond de la chaudière est soutenu par des barreaak en fer; son bord supérieur porte une feuillure pour recevoir les feoiiles de t6le qui forment son couvercle. Des escaliers ^servent à monter sar les petits murs qui enveloppent la chaudière.
Les pièces qu*on veut amollir sont descendues dans Teau bonillante, an moyen de deuit petites grues d, d, qui sont sur pivots , pour qu'on paisK les détourner lorsqu'elles gênent. On voit au plan les poteaux auxquels elles sont attachées , et leurs treuils e, e.
Les bois sont posés dans la chaudière sur des tasseaux ou petits chantiers, pour qu'ils ne touchent pas le fond et qu'ils soient partout environnés d'eau.
Lorsque les bordages sont restés assez de temps dans le bain bouillant, on les relire au moyen des grues, on les égoulte et on les porte tout chauds et humides sur les formes où l'on veut leur faire prendre la courbure, ou sur la carène, où ils sont immédiatement cloués on chevillés.
Ce procédé rend les bois de moyenne épaisseur assez souples ; mais on a reconnu par la coloration de Teau et par le goût acerbe qu'elle prend, qu'une partie de la matière constitutive du bois lui est enlevée. L'expérience a fait voir que les bois soumis à cette opération perdaient de leur dureté, qu'en séchant ils prenaient plus de retrait que d'antres, et que leur durée était moindre.
a* Àmolliêiement à
1 vapeur.
Dans le second appareil, les bois sont soumis h l'action de la chaleur et de rhumîililé, par le moyen de la vapeur de l'eau bouillanlc.
I.a lig. <i est la projection horizontale de ce second appareil. La lîg. S est une coupe sur la ligne C D (pi. 12).
ab est une caisse proportionnée à la longueur et au nombre des bordages que l'on veut amollir. Cette caisse est construite en madriers de chêne. Elle est maintenue dans des cadres aussi en bois de châne c, c, en forme de cbevalels, qui l'isolcnl cl relèvent au-dessus du sol.
L'ettrémitè a est rennée par un fond Dte , en chêne , joint avec autant de soin que le reste do la caisse ; le bout b s'ouvre et se Terme pour le passage des bordages par une porte à coulisses qui se meut verticalement dan* le chdssis â chapeau d au moyen d'une corde et de deux poulies m, m, el d'un treuil ;j. Dans l'intcrieur de la caisse sont des grilles verticales en fer également espacées. On distribue dans leurs compartiments les bordages qu'on veut soumettre à la vapeur. Ces grilles ne sont point représentées dans la Hgore S, pour ne pas compliquer inutilement le dessin.
A l'extrémité a de la caisse est une chaudière e. maçonnée dans un fourneau arec sa cheminée f. On descend au foyer par quelques degrés g.
La cbaudière est exactement fermée par nn couvercle et n'a de communication qu'avec l'intérieur de la caisse par un tuyau coudé i qui traverse le fond vertical du bout a. Après qu'on a placé les bordages dans la caiue , la porte à coulisse du bout b est bcrmètiquemeni fermée; la chaudière est remplie d'eau jusqu'à un pied environ de son couvercle , et le feu est allumé. Dès que l'eau est en éhultition, la vapeur se rend dans la caisse, elle pénètre les bordages, qu'on laisse dans celte étuve autant d'heures qu'ils ont de pouces d'épaisseur, ils deviennent assez souples [lour être courbés suivant les contours ordinaires qu'on veul leur faire prendre.
Cet appareil est bon pour les bordages qui n'ont qu'une épaisseur •nojenne; mais il n'est pas asseï puissant pour les bordages très-épais el les préceiDtes des gros vaisseaux; il a d'ailleurs un grave défaut : e'eil l'i m possibilité d'empêcher les hois qui forment la caisse de le d par l'eflet de la chaleur, et de laisser échapper la vapeur p; qui diminue considérablement son action.
6* Jmôiiiê9e9nmU danê h mbiê.
Oo a sobBlîtoé à la caisse à Tapeur ane éta? è à sabte ijmi «et rt|iréieiilée, fig. 6, par yn plan , el « fig. 7, par ane ootpe saifttfH la ligne EP (planche 13).
La chambre a de Tétuve est formée ptr des murt parallèles pem élerés; elte est évasée à ses deux extrémités pour la commodité ûu senrioe. Cest dans cette chambre que Ton enfouit les bordages so«s le sable cbasd et mouillé* Le fond est horisonlal ; il est composé de plaques de fer coulé, portées sur des bandes de fer forgé répondant à leurs Joints qui sont lecouTcrls par d'autres bandes dé fer b, 6. Au^iessons de oe fond s*étefide&t ki cheminées horisontales dans lesquelles se développent les flammes de deux foumeaui accolés dy dj établis en dessous et au milieu de la loogoeur de rétuve. Les parois inférieures de ces cheminées horixontales sonl formées par des massifs eo maçonnerie, élevés au niveau de rencalaseineiit des deux fourneaux dont les foyers sont séparés par une cloison ; ; êy sont les graades cheminées verticales auxquelles «boutisseui les cheminées horiaontales. Dans la coupe, fig. 7, on voit en «f la griUe de Pun des fourneaux et rentrée d'unedes cheminées horisoeiales, divisée en trois conduits Oy c, e, par deox cleîsons en fer <|ui ont pour objet de soutenir les bandes qui perlent le fond de la chambre d*étuve. L'une de ces cloisons, qui sont à jour, est représentée séparément, vue par le côté, fig. 8.
Les degrés f servent à descendre aux fourneaux; ceux g servent à moeter sur Tétuve. Une chaudière hy son fourneau et sa cheminée i sont étaMii au milieu de la longueur de Tétuve, et du même côté que les fruudes ch^ minées { les degrés / conduisent au niveau du cendrier. Cette diaudière sert à faire bouillir Teau pour arroser le sable. Deux grues m, m, survente mettre les bois à Fétuve et à les en retirer; elles sont sur pivots pour qu*M puisse les détourner lorsqu'elles gênent; m, n sont les treuils de ces grno, dont les emplacements ne sont indiqués au plan que par les poteaux anquels elles sont attachées.
Lorsqu^xMi veut faire usage de Tétuve, en allume le feu des foumeaax pour échauffer le sable qu'on arrose avec de Teau bouillante* On ete une partie du sable chaud , on le dépose sur les bords de fétuve pour erranger les bordages, qu'on place de champ à côté les uns des autres; on a seia qu'ils soient séparés du fond par une couche de sable de 4 4 5 pouces d'épaisseur, et qu'ils ne se touchent point; on remplit les intervalles et Ton
CHAPITBE V.
recouvre lus bortlagcs avec du table châud ; oa peut former ainsi plusieurs liU de bordages. Il faut que le tout soit couiert de 14 i lit ponças de sable. Ooeotretieul un feu rif el clair, ol l'on arrose conlinuellemenl avec de l'eau bouillaole ; Il convient d'avoir i pTotimité de l'éluve i sable un réservoir ou UD puits pour alimenlorsans cesse la cliaudièrc.
Les bordages éprouvent dans cette êluve une température beaucoup plu* élevée que dans la caisse en bots, el sont mieux pénétrés par la vapeur. Ceux de médiocre épaisseur doivotiL rester dans Tctuve autant d'heures qu'ils ont de pouces d'épaisseur, comme précédemment; mais ils en sortent bien plus souples. Ce temps doit être augmenté pour les bordages épais ; il faut que ceux d« 6 pouces restent à l'étuve au moîiii 8 beures ; ceux d'une plus grande épaisseur, comme les préceintes , doivent rester encore plui d* temps. Il en est cependant dont l'épaisseur et la courbure doivent être ai grandes que ramollissement à l'étuve au sable ne suffît pas, cl qu'un est obligé de les gabaricr (1) à la bacbe, pour achever de leur donner les conloun qu'exigent les parties qu'ils doiveai revêtir.
7' ^moUit$*menl à la miptiur mou* une haute prettio».
Li grande puissance qu'on obtient aujourd'hui de la vapeur pourrait 4trt •ppliquée avec plus do succès que les étures au sable â ramollissement des bois qu'on veut courber. L'appareil consisterait en un gros tube de fer qu'on lubstituorait à la caisse de lu (Ig. 4. dans lequel on placerait les bois i amollir; une uu deux cliaudières plus pui§saales que celle de la même figure fourniraient la vapeur sons la pression de plusieurs atmosphères. Il est hors de doulc que, par ce moyen, la chaleur et la vapeur pénétreraient Jusqu'au cœur des plus grosses pièces de bois , et qu'on les amollirait à un point auquel on n'est pas encore parvenu, et qui les rendrait lusceptiblec de H plier aux plus grandes courbures.
S" Courbure mr dei formel ou moule*.
Quel que soit le degré d'amollissement qu'on puisse faire subir aux gros bois, leur courbure exige toujours des appareils embarrassants o
iraposiible d'employer pour les plier en raénie temps qa*OD les pose. I! ftat donc qu'ils soient courbés avant d'être mis en œuTre, et soÎTaot les ooorbures des places qu'ils doivent occuper. C'est particulièremeol le cas des pièces cintrées dont la charpenterie civile fait usage, parce qu'il est indispensable de les établir sur le trait ou éielany en même temps que les autres pièces avec lesquelles on veut les combiner , pour tracer exactement leurs assemblages.
On courbe les bois équarris , après qu'ils sont chauffés et amollis , sur des formes ou moules qui ont le gabarit que ces bois doirent conserver, pour être mis en œuvre.
La méthode la plus simple est celle représentée en projection horisontale dans la partie J de la fig. 9, pi. 12.
De forts pieux verticaux b, b, b, sont plantés le long de la courbe suivant laquelle on veut cintrer une pièce de bois ; ils sont écartés les ans des antres à des distances qui dépendent du degré de courbure qu'il s'agit de donner, et qui ne doivent pas excéder un mètre et demi. Ces pieux soot ea nombre suffisant pour le développement de la pièce.
En sortant de Tétuve , la pièce à courber marquée k est posée sur le sol uni et horizontal ; un de ses points, celui où l'on veut faire commencer U courbure, est engagé entre deux pieux a, d. Au moyen d'un palan i fixé à on pieu central m, et qu'on attache successivement à différents points n de la pièce ky on amène cette pièce en contact avec tous les pieux ; à mesure qu'elle les touche, on la fixe par de très-forts piquets e, e, e, que Ton chasse dans des trous amorcés d'avance, afin que l'opération soit faite rapidement, et que le bois n'ait pas le temps de perdre assez de flexibilité pour se refuser à la courbure.
liOrsque la pièce k est ainsi assujettie , on la laisse refroidir et sécher, après quoi on l'enlève pour procéder à la courbure d'une autre pièce.
Si l'on veut que la pièce k soit mieux maintenue , pour qu'elle ne poisse pas se tordre, on a recours au procédé indiqué par la partie B de la même fig. 9, et par la coupe verticale, fig. 10, faite suivant la ligne GH du pUo.
Les pieux c, c, c, sont carrés et dressés avec soin du côté où le contact doit avoir lieu. La pièce k est, comme précédemment, engagée en sortant de l'étuve entre les deux pieux a, d; elle pose sur des chantiers t^ i, établis dans un même plan de niveau. A mesure qu'on la plie à l'aide du palao q^ on la retient par deux boucles carrées en fer u, i#, l'une en dessus, l'autre eo dessous, qui embrassent le pieu avec lequel elle est en contact, et deux forts tasseaux v, x. Ces boucles sont serrées par des eoins /> /*> on a soio
lie passer d'a?Bnce la boucle inférieure sur le pieu. I.e palan saisit la pièce k par rintermi'diaire d'une frette ea fer * qa'ou peut changer de place , et
Eu opérant de ces deux manières, on ne peut courber qu'une seule pièce; la 6g. 11 esl la projection verlicalc d'un chcialemcnl sur lequel on peut en courber plusieurs à cdlé les unes des autres. La fig. 1& est sa coupe verticale sur la ligne //. Ce chevalement se compose d'une suite de sommiers horizontaux a, a, dont le dessus est dans la surface suivant laquelle les pièces doivent être courbées. Ces sommiers sont soutenus aux différentes hauteurs et suivant les déversements qui conviennent à la courbure par des pieux jumeaux, verticaux b, b, ou inclinés d, d, qui les unissent; l'écartement des pieux esl maintenu par des cniretoises c, c; une croix de Saint-indréff placée au-dessous du sommier du milieti empêche le déversement latéral ; on doit établir plusieurs croix si la longueur du chevalement le comporte.
La pièce k est posée horiiontalemcnt sur le sommier du milieu et appliquée sur les autres sommiers, au moyen de deux palans^, •;, attachés successivement A différents points prisa égales distances des deux cAIcs du premier point d'appui. Elle esl retenue, â mesure qu'elle arrive en contact, par deui liens en fer /, f, qui embrassent le sommier et une forte cale /; chaque lien est formé d'un étrieret d'un barreau de fer A passé dans les yeux (les branches. Ces liens sont serrés par des coins o, o, chassés entre les cales et le barreau. On peut courber à cùté de la pièce k, une autre pièce!', lig. 1â et mérac un plus grand nombre, si l'on a donné aux sommiers a, a, une longueur suffisante.
On a remarqué que, par ces deux méthodes, la courbure n'est pas parfaitement régulière; que de petits jarrets se formaient quelquefois aux points où la pièce était en contact avec tes pieux ou les sommiers. Pour éviter ces>arre(i, il faut courber les pièces sur un gabarit hoHiontal tn m, (ig. 13, qui présente une surface courbe continue. Ce gabarit peut être construit en pierres de tjiillc, ou en bois, oo en fer. La fig. 13 le suppose en bois; il est formé de plusieurs madriers qui se croisent, et dont les joints alternatifs répondent à des pieux a, a, auxquels ils sont fixés par des boulons. Ce gabarit est élevé sur de petits chantiers e, c; ses exlrémilcs sont consolidées par des pieux b, b.
1^ pièce ï. courber k est amenée toute chaude et imprégnée sur les chantiers c, c; clic esl appliquée au gabarit par le n il, d, et y est retenue par de forts étriers en fer i<, e, qui I'
SrOO TRAITÉ DE TART DE LA CUARPENTERIE.
qae le gtbariu Les brides f,f des étriers portent sur dee cales g» g; elles sont serrées à vis et écrous.
Des coussinets en bois dur empêchent les cordages des palans de dégrader les arêtes de la pièce k, et des rouleaux en bois les soutiennent et les écartent du gabarit, pour qu^ils ne portent pas contre ses faces. La fig. 14 est une coupe verticale suivant la ligne MN du plan, et la fig. 15 une autre coupe suivant la ligne PQ.
On peut encore courber une pièce de bois , en la cliargeant d*iui poids considérable réparti suivant le besoin, pour la forcer à se mouler dans une forme concave en maçonnerie de pierre de taille, ou en fer coulé.
Les méthodes que nous venons d'indiquer pourraient servir à redresser des bois qui proviendraient d*arbres courbés naturellement ; les formes et gabarits devraient alors être plans.
Soit qu'on commence à courber une pièce de bois un peu grosse, à par-, tir de son milieu ou de Tun de ses bouts, la contraction de ses ûbres dans la partie concave , et leur extension sur la partie convexe , sont bien plus grandes au point où Ton achève la courbure qu'à celui où on Ta commencée. C'est un inconvénient qui s'oppose souvent au succès complet de la courbure, et qui peut nuire à la qualité de la pièce, soit en fatiguant les fibres de la partie convexe , soit en occasionnant des fissures intérieures. Il disparaîtrait ou du moins serait fort diminué, et Topération deviendrait singulièrement facile , au moyen d'un appareil qui déterminerait des contractions et des extensions uniformes sur tous les points en même temps.
Cet appareil pourrait consister en un système de rayons inflexibles, d'abord, parallèles qui saisiraient perpendiculairement à sa longueur la pièce qui leur serait présentée aussitôt sortie de Tétuve; on ferait converger ces rayons simultanément, mais lentement vers le centre de courbure et de plus en plus, à mesure que la pièce céderait à leurs efforts jusqu'à ce qu'elle ait atteint le gabarit qu'il s^agirait de lui donner.
Il serait à désirer que des établissements à vapeur, comme ceux doot nous avons parlé plus haut , et pourvus de bons moyens de courber les bois, fussent formés près des lieux où Ton fait habituellement de grands travaux pour fournir de pièces courbes de fil, suivant des gabarits donnés, aux arls qui peuvent en faire usage , notamment à celui de la charpentene civile, qui en emploierait beaucoup si elle pouvait s'en procurer facilemenL