CHAPITRE VI
lA COKSEHVATIOK DE;
1<> EnimagatinemetU et empilement.
On tie saurait apporter trop d'atlcolion pour la conservation des bois. Du momcnl où ih sont abattus jusqu'à celui àe les mettre en ceuvie, ils exigent des soins et une surveillance suivis, pour en écarter [oui ce qui peut leur être préjudiciable, et arrêter la propagation des vices dont ils peuvent être atteints.
La conservation des bois de conslroclioD abattus est, aussi bien que celle des Toréts, un objet d'inlcrël général et d'économie particulière ; la négligence qui laisse les bois se détériorer dans des magasins et des chantiers, oam6me isolément, et la prodigalité qui les consomme sans discerucmcnl cl sans utilité, sont aussi bldmables que lu serait un mauvais système Toreiticr.
Un courant d'air Irop rapide et trop sec, nue chaleur trop vive, une humidité constante d'une température ék-véc, des alternatives de sécheresse et d'humidité sont autant de causes très-puissantes de dëlérioration des bois nouvellement abattus, conservés eu grume ou cquarris et débités.
Une dessiccation trop rapide, par l'efTet d'un air trop sec ou d'une chaleur trop vive, hdie le bois cl le Tait Tendre. Ue très-belles pièces peuvent ainsi perdre une grande partie de leur valeur, parce que, pour eu tirer parti, on est forcé de les Taire débiter suivant de petits échantillons, en faisant le sacriiîce des parties déchirées par les Tontes- Une température trop élevée, dans des magasins clos avant qu'une pièce de bois soit parTaitement sèche. Tait entrer en Termcnlation les liquides végétaux qu'elle contient; sa qualité s'altère; son bois passe à un état qu'on désigne par la dénomination de boii échauffé ; it a perdu sa ténacité, et est iocessammenl atteint de la pourriture sèche cl du la vermoulure. l'I nombre des pièces renfermées en mémo temps est grand, rapide. En entrant dans des magasins où des pièce» de 1
aOi TRAITÉ DE L*ÂRT DE LÀ CUARPENTERIE.
fées, on s'aperçoit aisément de ce genre de détérioration, par une odeor vive et acide et par la chaleur qu*on y ressent.
L'exposition aux injures du temps, le gisement prolongé sur le sol, Temmagasinement dans un lieu humide et privé d'air, occasionnent la pourriture humide, et vicient les bois d'ancienne coupe qui étaient les plus sains lorsqu'on les a abattus. L'atteinte alternative de l'air sec, de Thomidité et des gelées désorganise le bois, en rompt les fibres et détermine un autre genre de pourriture qui ressemble à celle des arbres morts sur pied.
Pour conserver des bois propres aux constructions, on doit éviter avec soin de les placer dans les circonstances dont nous venons de parler.
Dès que les arbres sont abattus, débarrassés de leurs branches et de leurs souches, et tronçonnés aux longueurs que leur rectitude on leurs difformités et les besoins du commerce déterminent, on se hflte de les extraire delà forêt. Si Ton est forcé de les y laisser jusqu'à l'époque où la rigueur de l'hiver fait cesser les travaux de l'agriculture et fournit plus de moyens de transport , on les pose de telle sorte qu'ils ne touchent point la terre; on les élève même sur des rondins qui servent de chantiers, afin de les préserver de l'humidité du sol et des plantes qui le couvrent. ' Dans les contrées où les rayons du soleil ont encore beaucoup de force après la saison de la coupe, on couvre les arbres abattus avec des branchages et des herbes sèches, pour les garantir d'une trop vive chaleur et d'an dessèchement trop rapide, qui les ferait fendre ou gercer.
Les mêmes soins doivent être observés aux lieux de rassemblement des bois extraits des forêts. Aucune pièce ne doit élrc laissée immédiatement posée sur le sol. Le contact avec la terre et avec les plantes qui poussent rapidement autour d'une pièce de bois est une des causes les plus rapides de pourriture : l'usage de plusieurs ouvriers qui déposent leurs bois en grume sur la terre et le long des murs de leurs habitations est des plus pernicieux; le germe de la pourriture s'y insinue promptement, et il continue de les détériorer, même après qu'on les a débités et mis en œuvre. En quelque lieu que l'on rassemble des bois, ils doivent être élevés sur des chantiers et être suffisamment écartés du sol, pour que l'air circule librement en dessous et les atteigne partout.
Le plus souvent les bois sont réunis et empilés en plein air ; le mieux serait de les placer dans des hangars qu'on pourrait aérer à volonté, afin qu'ils fussent à l'abri de la pluie et du soleil, sans cesser d'être exposés à l'air, dont on pourrait diriger et modifier l'action. Ou a observé que, sons
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des hangars cnlièrement ourerls de Iods cAIcs, les bois se hdlcnl et se (enttent plus npîdemenl qu'en plein air.
Ixirsqac les bois sont en grume, on les engerbe les uns sur les aalres, comme ou le voit dans les projections verticales, flg. I et 3 de la plandic 13, Dans la première, les arbres suni projetés suiranl leur longueur ; dans la deuxième, ils se présentent par leurs bouts. Ils sont élevés sur des rondins soutenus par des cales en bois ou en pierre ; des coins les empËclicnt de rouler. Quoique leurs formes arrondies et les irrêguTarilés de leurs surfaces laissent des vides, la circulation de l'air n'est pas sulllsanle. et des bois ainsi engerbés pour longtemps, surtout s'ils ne sont pas secs, se détériorent ; il est préférable d'empiler les arbres par lits les uns au-dessus des autres, en les croisant à angle droit. Les (Ig. 3 et 4 sont deui projections verticales d'une même pile ainsi formée. Hais cette disposition exigeant beaucoup de place, vu que la pile se trouve avoir autant de largeur que de longueur, il n'est pas toujours possible de la pratiquer si l'on n'a pour lieux d'cmpiloment que des espaces étroits, et surtout s'il s'agit de pins et de sapins qui sont extrêmement longs. Lorsqu'on est forcé d'empiler des arbres en les plaçant tous dans le même sens, on les arrange par lits qu'un sépare avec d'autres pièces de même espèce fendues en quartiers et coucbées suivant la largeur de la pile. Au moyen de ces sortes de cales écartées les unes des autres de quelques pieds, la circulation de l'air est «surëe,
La fig. S est la projection d'une pile dans laquelle les sapins sont vus par leurs bouls. Dans la fig. 6, ils sont projetés parallèlement à leur longueur.
L'on a soin d'alterner d'un lit h l'autre les gros et les petits bouts des ■rbres, aGn que la pile s'élève de niveau, et l'on fait correspondre les cales de l'un à l'autre lit verticalement au-dessus les unes des autres, afin que li charge ne fasse pas courber les bois des lils inférieurs.
Si l'on a une grande quantité de bois, on en forme plusieurs pifes en réunissant dans chacune les arbres do même espèce et de même longueur. Autrement, on a la précaution de placer les plus longs en dessous.
On abrite les piles ainsi formées par des toits com[)osés de planches appliquées suivant la pente qu'on a ménagée eu arrangeant les bois. On a ponctué, fig. S et 3, deuit manières de former au-dessus des bois des toils provisoires en planches. Les Qg. S et 6 indiquent la disposition qu'on donne à CCS toits lorsqu'il* doivent subsister longtemps.
Lorsque les bois sont cquarris ou débités, leur couKervalion ciige cucore
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TBAITÉ UB L'ART DE I.A CHARPENTERIB. '
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plu do uioi, tton-Molenviil parce que les boU acqnièrait pli mesure qu'ils sont plus raçoonès el irausporlé» de pliu laii parca que leurs surraces augmentent à mesure qu'ils sont dibitéal litlous plus petits; ils préieateat plus de prise aux causes de d< et ea sout plus promptement pénèlrés.
l.es bois d'un m6mc échaatillon, c'est-à-dire qui ont le même iqat Mge et la même longueur, abattus et débités ea même temps, doivont empilés ensemble. Ou ne doit pas réunir dint noe même pil* des bois < pèces ou d'essences diiïcrentcs, et de coupes différentes.
Les premières pièces d'une pile, c'est-i-dire les plus bsues, ne jamais poser i ou sur le sol ; on les élève «ur des cbanticn. Les pti ctaaaliers sont les meilleurs, aQn de tenir les piles le pins élevées aa-deisns dn sol, pour qu'elles soient moins atteintes par lOn que l'air circule aisément au-dessous.
On a TU des piles de bois dont les pièces de dessus éUiaat p&rlisil' sèches et saines, tandis qne celles du dessous étaient humides, de pourriture et converlea de champignons, par l'effet du d^tiut d' des exhalaisons du sol, dont elles étaient uop rapprocUM. L« dH mojen de remédier, on au moins d'atténuer cet iaconvénieot, c'est de le terrain sur lequel les piles doivent être formées, coraiM Oa le Toit et 8, ou de le couvrir d'une épaisse couche de bélon «t d'éli mors ou de petits piliers en pierre pour ethaouer les pruniers cli qui doivent supporter les bois.
Pour former les piles de bois débité, on pote les piica par lill. a soin que dans chaque lit les pièces ne se touchent pu; OB lesér également les unes des autres. Le mieux serait qne fU au moins égal 1 leur épaisseur , mais l'espace na jonrs cette disposition.
Lorsque les pièces se croisent d'un lit à l'antre k angle dntti' lits contiennent chacnn i peu près le même nombre de pircr> sont carrées comme celle représentée par deux projection* * ng. 7 et 8.
Cette mëlhode d'empilement convient mienx aoi pièces éqat planches, dont le contact trop large par rapport à l'épaisscai réchauffement dn bois ; elle ne laisse d'ailleurs pa& asseï Ae circulation de l'air. On ne doit empiler de cette manière qui parfaitement sèches et dans un lieu également sec. Une '-'< formée suivant ceLte méthode est représentée par Mtdei