CHAPITRE TI
lioles, fig. 11 et 12. Il est prërérable de ne placer de deux en deux lils qu'un pelit nombre de planches, trois par ciemple. qui serrent alors de cales et laissent un plus libre cours i l'air. Dne pile forraÉc de la «orle a pour projections verticales les fig. 10 cl 11. tl'cst ce qu'on pratique aussi pour les autres espèces de bojs, ainsi que les projections verticales , fig, 7 et 9, le représentent pour une pile de pièces carrées.
La meilleure méthode d'empilement qui convient d'ailleurs au défaut de largeur des espaces dont on peut disposer, est celle représentée par les deux projections tenicales, fg. 13 et 11, pour une pile de planches ou demadrterS ; et par les projections verticales, fig. 1 S et 16, pour une pïle de bois éqnarfis. Tous les bois sont placés de niveau dans le même sens, autnnt que possible, suivant la direction des vents proprrs à les sécher sans les hâler ni les fendre. Les lits sont séparés par des lattes ou liteaux beaucoup plus étroits que les bois rnipilés, afin de réduire leurs contacts. On leur donne ordinairementdivhuil lignes de largeur sur douze d'épaisseur. On les débite dans des planches. Ces cales sont distribuées également à quelque distance les unes des autres; elles se correspondent verticalement, afin que les pièces inférieures ne soient point courbées par le poids de celles qu'elles auraient à supporter i faux sans cette disposition. La distance des cales entre elles est déterminée de façon que la propre pesanteur de chaque bois ne le fasse pas Déchir entre deux points d'appui. Pour les pièces méplates, c'est-à-dire eelles autres que les planches et madriers , qui ont une dimension d'équarrissage plus large que l'autre, on a soin que leur écartemenl dans un lit réponde verticalement au milieu des pièces du lit inférieur et du lit supérieur, afin que l'air, en circulant de haut en bas et de bas en haut, soit forcé de pisser sor les faces horiioninles des pièces. Cette disposition est représentée par une pile qui a pour ses deux projections verticales les fig. 1S et 16.
Les chanltcrs sor lesquels cette pile est formée sont supposés élevés sur des dés en pierre pour les garantir de l'humidilc du sol.
Les bois empilés en pluin air doivent être couverts d'un toit. Ceux des fig. S et S. t]ui conviennent aux bois en grume provisoirement empilés, sont formés de planches qui portent sur ces bois ou sur des traverses soutenues par de forts piqucis.
Le toit de la pile représentée par les lig, 5 et 6 est supposé fait avec plus de soin, les sapins se prêtant à un arrangement plus régulier.
Lorsque les toits doivent servir longtemps ou qu'on veut les tmp T d'.iulre^ piles de bois lie. siiage ou de bois équar
les construit, au moyen de petites charpentes légères, comme edm des fig. 10, 11 etIS.
On élève les piles qa*on doit couvrir le plus haut possible poar abriter une plus grande quantité de bois sous un même toit. Pendant la manvaise saison, on garantit latéralement les piles de la pluie par des planches qa*oo appuie contre, comme on le voit fig. 11.
On doit éviter de se servir de planches pourries ou vermoulues pour former les toits au-dessus des piles, parce que la pluie, en les lavanl et les traversant, peut porter sur les bois sains des germes de détérioratloo.
Les bois courts, courbes ou droits, sont empilés en chaiêe, ane pile de bois droits très-courts est représentée par deux projections verticales, fig. 28 et â9.
On place quelquefois les bois verticalement appuyés contre des murailles élevées, comme nous Pavons représenté par un profil, fig. 25. On les fait porter par le bas sur une petit plancher exhaussé par quelques chantiers aodessus du sol pavé. On les abrite par le haut au moyen d*un toit ou auvent qui s*étend tout le long de la partie du mur contre laquelle les bois sont habituellement placés. On choisit une exposition au nord, afin qae les bois ne soient point échauffés par le soleil ni mouillés par les pluies.
Lorsque les gros bois carrés sont conservés en piles comme celle repré* sentée par un profil, fig. 26, et une projection verticale, fig. 27, on ne peut pas élever ces piles très-haut, à cause de la difficulté de monter les grosseï pièces sur les lils supérieurs.
Le plus souvent les piles sont établies en plein air, parce qu*on manque de magasins assez spacieux ou convenablement disposés pour que le maniement des bois, lors de leurs entrées, sorties et empilements, soit praticable. Un magasin destiné à la conservation de bois très-longs doit avoir ses portes placées à ses extrémités, afin qu'on ne soit point obligé de tourner les'pièces pour les faire arriver à leurs places. Pour empiler les gros bois dans les magasins, on se sert de la chèvre ou de palans attachés aux poutres des planchers supérieurs ou des combles; on doit même, en construisant les hangars, donner à ces poutres assez de force pour résister aux efforts réitérés des palans sans nuire aux charpentes.
Pour former les piles de gros bois en plein air, on a recours à un moyen fort simple qui est représenté dans le profil, fig. 26, où les bois empilés sont vus par le bout. On établit deux bois parallèles a, a, en pente et soutenus sur des chantiers pour en former un plan incliné; dans la projection fig. 27, CCS deux pièces ne sont que ponctuées. La pièce by qu'il s'agit de
monter «nr le plan incliné, est saisie à chacun du ses bnuls par an cordage (/, i l'ctlrcmitc duquel la force d'une paire de bœufs est appliquée; la piiicc b glisse sur le plan Incliné, et elle arrive au sommet, ou il est aisé de la mettre à sa place c. Des rouleaui diminuenl le froltetnent des cordes.
il suflil, pour celle manœutre, de deux paires de bœufs chacune avec son bouvier, et d'un seul homme pour veiller i ce que la piâcc moule autant d'un bout que de l'aulre sur les bois en plan incliné, et faciliter, s'il en est besoin, son glissement. Les plus fortes pièces peuvent par ce moyeu être élevées a peu de frais à une grande hauleur.
Lorsqu'on enimagasiue des bois dans des bâtiments ou hangars i plusieurs étages, on suit les mêmes modes d'arrangement que nous venons de décrire, si ce n'est qu'on fait des piles moins élevées pour ne point charger trop les poutres et solives qui forment les étages, qu'on ne planchéie point pour laisser une plus libre circulation à l'air. Les baies des fenêtres ne sont garnies que de volets, qu'on ouvre et qu'on ferme selon les saisons et les vents, et suivant qu'il s'agit d'aérer les bois ou de les garantir du bàle. de la pluie, du brouillard ou des ardeurs du soleil. Dans ces sortes de magasins, les plus grosses pièces sont placées au rez-de-chaussée et aux étages le» plus bas.
Lorsque les magasins clos n'ont qu'un rez-de-chaussée, il est indispensable qu'en outre des fenêtres ouvertes dans les murs , les toits soient percés de lucarnes et de dieniinées pour servir de ventouses, et qu'on puisse d'ailleurs les outrir et les fermer â volonté.
Le sol d'un magasin destiné à la conservation des bois de consirnclion doit être plus élevé que le terrain environnant. Il convient qu'il soit pavé, et mieux encore couvert d'une couche assez épaisse de béton ou d'un mastic bitumineux et hydrofuge, pour fermer tout accès à l'humidité de la terre. Il ne doit pas être planchéie, parce que les bois des soliveaux et les planches, en se pourrissant rapidement, communiqueraient leurs vices à ceux renfermés dans ce magasin.
Il est extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible, d'arrêter les progrés de la délérioratiou des bois, et dès qu'ils sont atteints d'un commencement de maladie quelconque, quelque faible qu'il soit, il n'y a pas moyen de les ramener à leur premier étal. On peut sans doute enlever aver ta hache ou la scie les parties attaquées par les vers et la pourriture ei même le bois échaulTé ; mais, comme nous l'avons déjà fait remarquer, on ne stiHTait juger ezactenienl la limite oàjç mal s'arrête. Alors même que h
hache a péoébré dans le bois qui parait vif, qa*on croit sain et qoTon foodrait conseirer, on ne peut être certain qa*il n*est pas atteint (Tnii comnmcement de détérioration qui peut continuer ses progrès; on. conçoit alors quelle surreiliance et quels soins exigent les magasins pour pcéfenir des avaries qui peuvent causer des pertes considérables.
Il est utile de remuer souvent les bois , de les retourner sur leors différentes faces, de les changer de place et de sens d'empilement, de les faire passer d'un côté à Tautre d'une pile, du milieu sur les côtés et da dessous à la paKie supérieure. Dans ces manutentions, on doit visiter avec sois toutes les pièces, sortir des piles et même des magasins celles qui font soapçonner le moindre commencement de détérioration. Les piles dans lesquelles on a trouvé des bois avariés doivent être changées de place, établies dans un lieu plas aéré. En les remontant, on doit écarter les bois davantage et redoubler de surveillance à leur égard.
On doit changer avec le même soin les cales et les chantiers qai eooimencent à se pourrir, afin qu'ils ne communiquent pas leurs TÎces aux pièces avec lesquelles ils sont en contact. On est souvent porté à employer poar chantiers et pour cales de vieux bois vidés, c'est la coatarae la plus pemicieuse. On ne doit faire usage, pour supporter les pièces et les séparer, que de bois très-sains, et l'on ne doit pas craindre de débiter du bols neuf pour cet objet. La parcimonie i cet égard peut devenir onéreuse par le tort que le contact des chantiers et des cales viciés peut faire aux bois empilii, surtout s'ils doivent rester longtemps en magasin.
L'on doit s'abstenir de débiter les bois dans les magasins destinés à leur conservation ^ si Ton est forcé d'agir autrement, on doit avoir le plus grand soin de n'y laisser aucune écorce, parce qu'elle contient le plus souTont des insectes ; ni aucun amas de sciure, qui entre rapidement en fermentation, et peut communiquer aux bois le germe de la pourriture.
On doit avoir un soin égal pour l'entretien des couvertures des magasins, aussi bien que de celles des piles formées à Pair, afin que Teau de la phiie ne pénètre pas dans l'intérieur et n'atteigne pas les bois.
Lorsque les bois ont été mouillés accidentellement, on doit les faire sécher rapidement avant de les emmagasiner ; On les expose à Tair en les appuyant verticalement contre des murs, ou bien on en forme des piles creoses comme celle représentée fig. 19 en projection verticale, et flg. SO en projection horizontale. Pour que les faces du bois soient mieux exposées à Tair, on donne quelquefois aux piles creuses une forme pyramidale, fig. fl et 22, en plaçant les bois en retraite les uns à l'égard des autres.
CUAPITRE VI.
On en forme aussi des piles en cruisant les planches en X, comme dans celle repniscnlée fig. 33 el 34. Ëiifiii, lorsque \ts planches ont élÉ exlrËmeineitl mouillées , pour les faire sécher plus promplenient par le contact de l'air, on les place presque de champ les unes au-dessus dc^ aulrcs, en les appuyant coulre des piquets. Les fig. 17 el 18 représentent , en projection verticale et en projection horizonlate, celte disjiosition qu'nn peut élever aussi haut qu'on veut, et dans laquelle on peut multiplier les planches el les piquets beaucoup plus qu'on ne l'a fait daus les figures.
i° Immersion , detùcimment el eondtmtation.
Kn outre des moyens employés pour t'emmagasinciucnt salubre des bois et leur conservation dans les approvisionnements qu'on en fait, les constructeurs et les marchands ont recherctié s'il n'y aurait pas à leur faire subir quelque préparation qui pCU détruire les causes de dégradation qu'ils renferment nalurellemeiit, et prévenir l'action de celles qui agissent «ilérieuremeul sur eus.
La parfaite dessiccation des bois a paru uu des meilleurs moyens d'assurer leur conservation ; l'on a en conséqncnce clierchc â opérer celte dessiccation par une chaleur modérée appliquée aux pièces au moyen d'étuvei construites exprès. On a reconnu qu'il était impossible de sécher comptelement par ce moyen les grosses pièces, ù moins de les laisser i l'étnve un temps beaucoup trop long, et que par conséquent il n'était utilement applicable qu'aux bois minces employés dans la menuiserie. On a de plus pense que la dessiccation ne débarrassait point leurs pores des matières végétales qui n'ont point été converties en bois, auxquelles la moindre humidité rend leur fluidité et leur leodance à la fermentation, et par suite à la détérioration de la substance ligueuse. L'immersion , soit dans des étangs, soit dans des bassins construits exprès, lave les pores du bois et leur enlève les parties de la sévc qui sont sujettes à se corrompre et à causer U pourriture. L'eau qui se trouve par l'effet du ce lavage substituée aux parties qu'elle a enlevées, étant plus facile â évaporer, les bois parviennent plus aisémcntà l'état de sécheresse désirable, sans qu'on ait â craimtre que le retour accidentel de l'humidité y occasionne la pourriture.
L'eau courante est préférable à l'eau stagnante, parce qu'en se renouvelant dans les [tores du buis, elle doit les laver el tes pur({cr plus coniplétemenl de leur scvc nuisible, tandis aiu> I'mu ilagnantc, nne fois saturée de cette lève, ne peut plus H niutn que le Qot-
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tage, donl il a déji été question en parlant du transport des boit par eau, a para a? oir quelques avantages ; mais il faut que rimmersloo soit complète, car les. bois dont une partie est dans Teau tandis que Tautre est debors se détériorent, même en flottant. On a observé aussi que le séjour dans Teau ne doit pas excéder trois à quatre mois, que Timmersion dans Peau claiie est préférable à celle dans les eaux troubles, parce que les parties extrêmement fines de terre et de sable que celles^i contiennent s*introdDiseBt avec elles dans les pores du bois, et que plus tard, lorsqu'il s*agit de le travailler, ces substances pierreuses émoussent le tranchant des meilleurs outils.
L^immersiou dans Teau chaude parait agir plus rapidement ; elle exige des chaudières comme celle que nous avons décrite page 194, et fig. 2 et S, pi. 12 , à Toceasion de ramollissement des bois qu*on veut courber. Mail Topération est dispendieuse, surtout à cause de la nécessité d'entretenir l'eau à la température de trente degrés pendant les dix a douie jours que le liois doit rester soumis à son action. Cette immersion n'est donc praticable avec économie qu'autant qu'on peut profiter de Tean chaude rejetée par une machine à vapeur. Les bois sortis de ces bains sont séchés dans des étuves dont on règle la chaleur de telle sorte que la dessiccation soit prompte sans qu'elle fasse fendre le bois.
On voit que les premiers procédés employés pour amollir les bois qu'oa voulait courber devaient atteindre déjà le but qu'on se proposait par l'immersion dans l'eau chaude; cependant les essais faits directement ne datent que de l'année 1784, époque à laquelle l'Académie des sciences chargea Peronnet et BufTon d'examiner les moyens proposés par le sieur Migneroo pour enlever la sève du bois vert , et pour durcir et courber toute espèce de bois. Des épreuves satisfaisantes eurent lieu à l'école militaire et aa Garde-meuble de Paris.
Néanmoins Timmersion dans l'eau bouillante dépasse le but ; si le bois gagne quelque chose par rapport à l'extraction de sa sève nuisible, Tespèce de cuisson qu'il éprouve lui nuit du côté de sa qualité, comme nous Tavons déjà fait remarquer page 194. Son immersion dans l'eau froide, courante et claire, paraît être préférable.
L'immersion dans Teau de mer est propre aussi à la conservation des tK>ls; on a observé que le bois absorbe une moindre quantité d'eau salée que d*eau douce, et qu'après être saturé dé la première, il admet encore une notable quantité de la seconde.
Dans les ports, on conserve les bois de mâture dans des /baaa» aus méU
CllÂPlTHE VI.
comlammenl remplies d'eau de mer; ils sont retenus soas l'eau par des pieux el des traverses , dont les cumparlimcnU laissent la faculté d'eitraire les mdls dont on a besoin. Les eonslrucleurs de la marine du commerce conservenl ces mfmes bois en les enfouissant dans les sables humides et salés des bords de la mer. Hais ce qui convient pour les bois de mâture ne peut pas être pratiqué pour les autres espèces de bois, surtout pour cens destinés aux constructions civiles. Les bois qui ont sàjourni dans l'eaa de mer sont imprégnés de sel; ils sont d'un travail difUcile; leur pesanteur est accrue, et quelque moyen qu'on emploie pour les dessaler et les sécher, ils attirent toujours très- To rie ment l'humidité; ils ne pourraient p.is par conséquent âire employés sans de graves ineonvéntenis dans la chirpenlerie des habitations, ni dans celle d'aucun édifice.
Dans les établissements de rarlillerle, les bois préparés et dégrossis pour les moyeux des roues sont également conserves dans des fotMe» à moyeax, remplies d'eau douce sous laquelle ils subissent souvent pendant un temps Tort long une sorle de rouissage, qu'on regarde comme utile sous le rapport de la perfection du charronnage.
L'immersion dans l'eau employée comme moyen conservateur des bois a trouve, malgré quelques avantages, de nombreux contradicteurs; le plus fort argument contre l'utilité de celte méthode, du moins en ce qui regarde les buis de cliarpenie , c'est la bonne conservation de quelques combles qui subsistent depuis plusieurs siècles, et dont les bois n'ont certainement pas été soumis à cette opération qui n'était pas connue.
Cependant, les nombreuses expériences dej>uhamel prouvent que les bois soumis au tlotlage immédiatement après avoir été abattus et équarris, sont moins sujets à se corrompre el à se fendre, et que l'immersion arrête mÊme qudquetbis les progrès de leur détérioration, et les garantit de la piqûre des vers; mais elle atténue leur force. Les bois qui ont sulii l'immersion sèchent plus vite et plus coinpl élément, ce qui provient de ce que l'eau s'évapore plus facilement que la sève dont elle a pris la place, ou qn'elle aide son évaporation en la rcndunt plus Quide.
Les menuisiers qui veulent faire sécher promptement un morceau de bois, le mouillent avant de l'exposer à l'air; il est probable que le mouvement de l'eau, en s'évapurant, détermine celui de l'humidité intérieure pour s'échapper du bois, ou qu'elle ouvre If 1 donner u»
passage plus facile.
L'immersion, en faisant renOcr !• raltre les fentes dont les lèvre* I
pas qaand le bois est sec; mais le TÎce n'est pas détmit , altcado que la sotore de la matière ligneuse n*a pas lieo.
Au surplus , Topinion de Duhamel , qui doit être d'mi grand poids da» cette question, est que ce procédé peut être utile pour la menoiserie qui a besoin de bois secs et faciles â travailler; mais qu'il ne Test pas également pour les bois de charpente auxquels il faut ménager toute leur foroe. Ainsi, le mieux pour assurer la conservation des bois de charpente, c'est, comme Caisaient probablement les anciens charpentiers , de les bien choisir et de les tenir sons des hangars , avec les précautions que nous aTons décrites pour leur conservation.
Un Anglais est parvenu à sécher les bois verts, en expulsant leur sève an moyen d'une condensation qu'il leur fait éprouver entre les cylindres d'une forte presse. Ce procédé augmente sans doute la dureté da bois et le rend moins accessible à Thumidité, par l'effet du rapprochement de ses fibres ; mais leur force doit être altérée par l'action des cylindres ; ta surplus, il n'est encore applicable qu'à des bois de peu d'épaisseur.
Un autre Anglais, M. Langton, a fait des essais nouveaux sur In dessiccation des bois par la chaleur, qui ont eu du succès ; il emploie des cylindres ou tubes qui servent de fourreaux dans lesquels les bois sont enfoncés; la chaleur leur est appliquée , au moyen d'un bain d'eau boniilante dans lequel les cylindres sont plongés. La température est ainsi transmise sa bois d'une manière uniforme, sans contact avec l'eau. La sève réduite en vapeur est conduite au dehors du cylindre dans un condensatenr par des tuyaux qui communiqi^ent avec les couvercles des cylindres et qui sont environnés d'eau froide. Dès que la liqueur qui résulte de cette sorte de distillation cesse de couler, l'opération est terminée. Ce procédé, quelqBe bon qu'il paraisse être, et tous ceux relatifs aux préparations qn'on prétend faire subir aux bois pour leur conservation , exigent des appareils qui en rendent l'application à la cbarptnterie à peu près impossible, an moins beaucoup trop dispendieuse.
La condensation produite par la chaleur augmentant la dureté du bois, on avait pensé qu'en en charbonnant la superGcie on le garantirait de la pourriture, soit à cause du durcissement de la surface, soit par l'effet de quelque propriété du charbon. C'est de là qu'est venu l'usage de charbonner la partie d'une pièce de bois qui doit être enterrée; mais il résaltedes expériences de Duhamel et de celles journellement renouvelées, que la carbonisation, qui n'est pas généralement praticable pour les gros bois ni pour ceux employés d'une manière apparente, ne retarde point, on très-pea
CUAPITRE VI.