‹ Traité de l'art de la charpenterieChapitre 54 sur 159 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

niiiri'Tiiont à la dusliniilion des constructions sur lusquf^Iles on l'appliquo. La peinture rerl clair ml emplojco pour les objets d'agrément et <Jc décoration à IVxlêrieur; elle est la plus chère et U plus anlide. Les couleor* oliTe, brun rouge et jaune, conviennent pour les grosses comLructions «têrieures; on doit en donner de nuut elles couches dès que celles qui ont été appliquées tes premières se gercent et su détériorent; ce soin est un des meilleurs moyens de cuiisertaliun des tiois mis en œuvre.

I.a couleur qui appruchc de celle du bots et qu'on tient d'une teinte un peu cUire. convient pour les constructions intérieures, li-llcs que les charpentes des combles ; elle convient aussi pour les ponis. Lorsque les ferrures sont peintes en noir ou vn gris bleu Toncé. il en résulte un bon efl'el pour la

Pour que la pointure à l'huile atteigne le but de la conservation des charpentes, il faut, comme nous l'avons déjà dit. que les bois aient élc planés et pulis, alïn que les couches de peinture les couvrent entièrement, qu'elles s'étendent également partout et qu'on en consomme moins. Il Faut aussi que tes bois soient secs avant qu'on les applique; il convient même de laisser ces cbarpentes recevoir l'action do l'air pendant quelque temps, pour les sécher parfaitement avant d'j appliquer les peintures.

On est dans l'usage de ne peindre que les parties apparentes des constructions en bois; il serait utile de peindre également, et d'avance , d'une couche au moins, toutes les partie» intérieures des assemblages, et toutes celles qui doivent être en contact, ou que la brosse du peiiitru ne peut atteindre quand la charpenie est en phicc. Il arrive suuvent que l'eau se fraye des issues à travers les petites dégradations inaperçues des couvertures, et qu'elle tombe sur les charpentes; elle glisse, s'évapore et séehe promplement sur la peinture et sur les surfaces unies des bois; mais elle s'insinue d>ins les assemblages qu'elle atteint . elle y séjourne , pii-aèlro le bois- s'y conserve dans les saisons humides et le puurrit. J'ai fait peindre intérieurement les asscmbliigesdans diverses constructions de charpenicrie et même de menuiserie; j'ai fait enduire de brai clair l'intérieur de divers assemblages de grosse charpenterie , j'en ai olitenu de buns ri^sultnts. Lorsque lesassembl.-igcs sont bien faits il ne reste de ces enduits, quand on met les bois en joint , que ce qu'il en faut pour coller pour ainsi dire leurs surfaces; mais ils remplissent les petits défauts que les outils ont laissés; il* tapissent les vides qu'on n'a pu éviter, et ils furraent sur les joints de nr* bourrelets qui ferment tout accès i l'eau. C'est sans doute unei elle a des avanlagft assi-i marqués pour qu'elle ne soit pas n

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de dooner «q charpentier ao pot de cooleor et une broite poor qa*il endoise tons les assemblages, avant d^eo opérer la réanion pour l« dernière fois.

M. Bréant, vérificateur des monnaies, a présenté en 1851, i la société d'encouragement pour Tindastrie nationale, des pièces de bois de plnsîeiin décimètres d^équarrissage et de quelques mètres de longueur. Imprégnées jusqu'au cœur d'une composition qui doit les préserver de tonte détérioration quelconque. M. Bréant n*a point fait connaître sa pr^ralkm; on sait seulement que trois jours suffisent pour qu'elle pénètre dans les bois les plus gros. Il reste à vérifier par l'expérience le succès de ce moyen de conservation , et i reconnaître s'il ne rend point le bois trop diflidie i travailler, s'il n'atténue pas sa force et son élasticité, s'il n'augm^ite pas sa pesanteur, et s'il n'altérerait point les formes et les dimensions des pièces qu'on serait forcé de lui soumettre toutes travaillées.

M. Kyan , distillateur à Londres, a proposé à la mariné anglaise la dissolution du deutochlorure de mercure (sublimé corrosif) dans Tean, pour préserver les bois de la carie sèche (1). Les pièces de bois sont maintennes en immersion dans un bassin en bois, par des traverses, pendant le temps nécessaire à leur saturation complète. Un équarrissage de 14 poooes enge une immersion de [quatorse jours; pour 7 pouces, dix jours; et pour S pouces , sept jours suflfisent. Pour éprouver des bois ainsi préparés on a rassemblé dans une fosse de l'arsenal de Woolwich des fragments de végétaux atteints de pourriture ; on a plongé dans cette fosse les pièces de bob imprégnées de sublimé et en même temps un morceau de tK>is parfaitemeot sain qui n'avait point subi de préparation ; au tiout de trois ans et de cinq ans, les bois préparés suivant la méthode de M. Kyan ont été retirés parfaitement sains, en dehors et en dedans. Un baleinier de KOO tonneaux a été coostruit entièrement avec des bois préparés au sublimé; les charpentiov qoi ont construit ce navire et les hommes de son équipage n'ont point souffert de l'influence de cette substance (2).

(i) On «ait depuis lunglemp» que la pulréfaclioo des subsUoces aniuMlet est arrêtée par celte subilaoce.

(s) Académie royale de inédecioede Paris, mai i835. Mémorial eocyci., juin i835.

Les enduits qu'on a proposés pour préserver les bois de l'attaque des rers n'ont pas eu de succès ; les peintures, qui sont regardées comme conserratriceg des charpcnlcset des boiseries, ne les garantissent point complétemenl de la piqûre des insectes. Il fandrait pooToir imprégner les buis de quelque matière véiiéneusc, capable de tuer les larves dés leur naissance ', mais, en outre qu'il serait très-dîHicilc de faire pénétrer ce poison assez profondément pour que le dépôt des œufs ne puisse pas être fait en dessous, son usage ne serait peat-éire pas sans danger dans les habitations, el son application entraînerait des sujétions qui la rendraient très-dispendiense. Un enduit assez dur pour ne pouvoir pas élre percé, finit par s'allcrer, se fendre et livrer passage aux insectes. Le meilleur moyen de mettre les constructions A l'abri de toute verminalion, c'est de garantir les bois des détériorations qui amollissent la matière ligneuse, telles que l'échaufTure, la carie et la pourriture, et de n'employer dans tes iravaux que des bois de la meilleure qualité et exempts de tout vice quelconque.

Les termites dont nons avons parlé, page 100, sont jusqu'à présent les seuls insectes qui attaquent les bois abattus on mis en œuvre parfaitement sains. Heureusement leurs ravages ne se sont point étendus au dehors du port de Rochefort, soit parce qu'une autre température ou une autre almosphire ne leur conviennent point, on que, quoique ailés, ils ne puissent point émigrer à de grandes distances, soit qu'il y ait peu d'occasions de transport de bois de Rocheforl sur des points qui présentent les mêmes circonstances, OU qu'enfin on scdéQe de tout ce qui pourrait contribuer à accroître le domaine d'un ennemi si dangereux.

Pour arrêter et prévenir les dégàU des termites, on ne connaît jusqu'à présent que la recherche et la destruction do leurs nids et de leurs galeries, et l'emploi de la chaux el du fumier.

L'imiaersion des bois attaqués par les (ermites, dans l'eau douce ou l'eau salée, détruit ces insectes, mais ne prévient point leur retour.

A l'égard des tarets (I) el des pholades (3) qui percent les bois des ou-

Les eofeloppes méUlliques, lorsqu'elles sont iofusîbles aux premièfts atteintes de la chaleur, ferment mieux que les endoits tontes les issoes à l'air qnt exciterait la combustion ; mais elles acquièrent rapidement une vive chaleur qui, soutenue pendant quelque temps, carbonise le bob qu'elles renferment; ainsi, la grande dépense que les enveloppes métalliques occasionnent n'atteint point le but. On ne doit donc compter sur l'eflScacilé d*ancun procédé pour rendre le bois réellement incombustible.

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