‹ Traité de l'art de la charpenterieChapitre 59 sur 159 · CHAPITRE VU. as · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU. as

ralt se ralentir de plus en plos. Les cbfnes rivent communément pluiienrs siècles, ils sont dans leur plus grande vigueur à deux et trois cents an«; le plus souvent la liaclie les moissonne bien avant le terme de leur ciJsleoce ou de leur retour, et môme de leur croissance. Hi l'on calcule l'âge auquel le ctitïne peut parvenir d'après la grosseur des plus loris qu'on ait observés, on trouve qu'un cb^ne peut vivre doute cents ans el plus- Pline (1) rapporte qu'il y avait sur le Valican une yeuse pins ancienne que Borne.

Le chtnt j'Miia(a), nommé aussi chêne nerl parce qu'il ne perd point Ms feuilles pendant l'hiver, croit dans les parties méridionales de l'Europe, et en France jusqu'à ta Ivoire ; il est ordinairement tortueui, et par conséquent peu propre aux constructions des cbarpenles; son bois d'ailleurs est dur et compacte et trop pesant, alors on l'emploie dans les mactiines, on en fait des essieux et des poulies. Il a une Irès-tongue durée.

Le ehèneliige (3), dont l'écorce Iburnil la matière des bouchons, ne doit être employé que dans les constructions où il doit être 'i, l'abri des alternatives de sécheresse et d'bumidité qui le font pourrir très* rapidement. Il faut éviter aussi de le mettre en conLict avec des ferrures dans des lieux humides, attendu que l'eau en extrait une liqueur qui rouille cl détruit on peu de temps les clous et les boulons.

Les chêne de» Pxréaéei croit dans la partie occidentale do la France, depois les montagnes jusqu'à la Loire ; on le cunniill dans les Landes sous les noms de cA^ne tioi'r, lausi» et lausa ; au pays basque sous celui d'anteriia ou iTometça, et dans les environs de Nantes ou d'Angers on le nomme chêne doux. Il a beaucoup plus d'aubier que les autres espèces de France; son bois se tourmente beaucoup, i moins qu'on le laisse sécher cinq ou six «ns dans son écurce . mais alors il est à craindre que les vers qui se logent dans son aubier l'attaquent même jusqu'au coeur , ou qu'il devienne si coriace qu'il soit fort dillicilo de le travailler, cl qu'il casse les outils. Il a beaucoup de n<suds et se l'end mal de droit lîl. C'est un mauvais bois pour la charpenterie.

Le ehéne e/ievelM (4) est un irÉs-bel arbre qui atteint une hauteur et une

grosseur égales à celles des plos grandes espèces. 11 crott en Itafie, en Espagne et dans plusieurs proTinces de France, comme la Proreiice, la FraiH c)ieO)mlé, le Poitou. Son bois est d'une excellente qualité.

Le chêne de HoUandBy comme tous ceux Tenus dans des terrains fertiks et humides, a les Obres très-droites; il est mou, gras et facile à couper; il est principalement trayaillé par les menuisiers.

Le bois de chêne est employé dans une foule d*arts : en grosses pièces, il convient essentiellement à la charpenterie ; débile en planches, madriers et lambourdes, i( sert aux diverses branches de la menuiserie et même aa charronnage ; débité par la fente à la forêt, il fournit les douves, les bardeaux, les lattes, etc.

i» Du châtaignier.

La feuille du châtaignier (1) est longue de cinq à sept pouces , large de dix-huit à vingt-qualrc lignes, bordée de grandes dents aiguës, elle est d*on beau vert; ses fleurs sont en chatons aussi longs que ses feuilles; ses fruits sont contenus dans une enveloppe sphérique épineuse. Deux variétés de cet arbre croissent en Europe : Tune produit les châtaignes communes , qui sont un peu aplaties parce qu*elles naissent deux ou trois dans la même enveloppe; Tautre variété produit les marrons qui sont plus gros, presque entièrement ronds parce qu*ils viennent isolément.

Les châtaigniers occupent un des premiers rangs parmi les arbres forestiers. Ils parviennent quelquefois à des grosseurs prodigieuses. Il en existe un sur le mont Etna qui surpasse en grosseur les baobabs d* Afrique. Jean Hovel (2) lui donne cent soixante pieds de circonférence. On rappelle le châtaignier aux cent chevaux y parce que Jeanne d'Aragon allant d*Espagoe à Naples , s'étant arrêtée en Sicile , vint visiter TEtna , et qu'elle se mit à Tabri d'une pluie d'orage sous le gros châtaignier avec sa suite, composée de toute la noblesse de Calane, qui était comme elle à cheval. Cet arbre est entièrement creux , il ne subsiste plus que par son écorce. Quelques personnes avaient cru qu'il était formé de la réunion de plusieurs châtaigniers poussés les uns à côté des autres , qui se seraient soudés et n'auraient conservé leur écorce qu'en dehors; mais un examen scrupuleux a prouvé qoc

(i) Cattanea.

(a) Voyage aui Ucsilc Sicile en 1776.

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