CHAPITRE VU
c'est un seul arbre. Ou Irouvu d'ailleurs dans les uiiviruns plusieurs arbres de U)6me espèce qui iiut de iruote-huit Jusqu'à soixaiile et quitiie jiicils de tour. On évalue de 5.GU0 à 4.000 ans l'àgc du cbâlaignier aui cent chovaui- H. Loiseleur de Luiigutiamps pense qu'il est prubableoienl lieaucoup plus ?ieux.
Le plus yros châlnignicr que l'on connaisse en France paraît être celui qui existe près de Ssucerre, dcparlement du l^er. Il f a six cents ans qu'il était déjà connu sous le nom du yron châtaignier. On lui suppose un ige de mille ans. Il a trente pieds de circonférence à hauteur d'bamine ; il produit nne immense quautité de fruits chaque année.
Une opinion fort accrédiléc, e^cst qu'un grand nombre des plus anciennes charpentes sont en châtaignier, et que c'est aux qualités de ce bois qu'elles doivent leur belle conservation. Daubenlun a prouvé que le prétendu chjlai|;nier des anciennes charpentes n'est (]u'unc variété d'un chêne blanc peu cultivé aujourd'hui en France. Le bois de ces chdrpenles parait n'avoir éprouvé qu'une altération presque insensible. Les injectes qui sa multiplient ordinairement dans les habitations s'en sont écartés. On doit présumer que cette qualité de châne est très-supérieure à celle dont un fait usage iDa in tenant ; d est donc fort à regretter que sa culture ait été abandonnée.
Le cfaitaignier est employé pour les constructions dans les contrées où il est abondant , et lorsque ses dimensions penncltenl d'en tirer des bois de charpente. On le cultive en taillis pour eu tirer, comme nous l'avons déjïi dil, des cercles , des écbalus cl des injncliet. On prétend qu'd a été plus commun en France qu'il ne l'est aujourd'hui : cette opinion est probablement une conséquence du celle qu'on avait ftu sujet des anciennes charpentes. Un tie trouve le chttuignier des fordts que dans les Vosges, le Jura, près de Lyon, dans tes Pyrénées, les Ccvennes, le Limousin, le Périgord et sur quelques collines sablonneuses des environs de Paris.
Leboisduchàtaigniera quelque ressemblance aveccclui du chêne qu'un a pu confondre arec lui ; sa construction fibreuse lient le milieu entre celles du chêne et de l'orme.
Ce qui doit confirmer qu'il y a beaucoup moins de charpentes anciennes an châtaignier qu'on ne l'a pensé, c'est que ce bois est sujet i la vermoulure intérieure, sans que l'cstérieur donne signe de cette funeste destruction, et que probablement il n'aurait pas résiste dans les charpentes aussi longtemps que le chêne. Lorsque les vers ne l'attaquent puint, il devient dur el cassant en vicillissaul ; il est certainement fotl inférieur à i>on ancienne ré-
SSa TRAITÉ D£ L*ART DE LÀ CHARPENTfiEIE.
patation, qa*il ii*a dae qa*à^aoe errear. Oo peut nètomoitts remployer i Tâge de vingt-cinq ans pour pieux et autres constmcCMUis qai sont constamment dans Teaa; il s*y conserve très-bien ; les vers ne le piquent point, et il acquiert, comme le chêne, une grande dureté. Oo en fait des tayaox de conduile qui sont d*une longue durée; le bardeau de ehâtaigoîer, qui se fend assez aisément, est, dit-on , supérieur à celui de plosieurs espèces de cbéne. Il ne parait pas qu*on fasse usage du châtaignier pour lecharronnage ni pour les constructions navales.
50 De l'orme.
L'orme (1) est un grand arbre qui croit dans les forêts d'Europe; lorsqn*il est jeune on le nomme quelquefois ormeau. Son écorce est raboteuse et obscure , ses feuilles ovales et dentelées sont d'un vert foncé ; ses fleurs naissent avant les feuilles ; elles sont disposées en paquets serrés , et trèsnoDàbreuses le long des rameaux ; son bois est brun rougeâtre, très-fibreux, dur, souple et liant, d'une apparence grossière, sujet à se tourmenter, difficile à travailler. Les charpentiers n'en font usage que faute d*autre, parce qu'il est sujet à être piqué par les vers. On s'en sert cependant pour la cbarpenlerie des moulins, pour celle des pressoirs , pour faire des vis et des écrous. On en fait aussi des tuyaux pour conduites d*ean ; il est en usage pour le cbarronnage. L'espèce désignée sous le nom de tortillard, dont les fibres ont une grande ténacité, sert à faire des moyeux de roues ; elle est utile aussi dans la cbarpenterie , pour faire des poinçons qui reçoivent l'assemblage d'un grand nombre d'arbalétriers, et qui sont percés d'autant de mortaises.
Nous avons cité l'orme de Massachusetts qui avait 34 pieds de diamètre. En 1789, on voyait encore dans beaucoup de villes de France des ormes dont Sully, ministre de Henri IV, avait ordonné la plantation \ ils avaient quinze à dix-huit pieds de circonférence*
L'orme est encore aujourd'hui l'arbre qu'on plante le plus le long des routes, et pour former des avenues ; c'est lui qu'on est le plus dans l'usage d'ététer, malgré le tort que cela fait à sa croissance et à la qualité de sa tige. La vie de l'orme s'étend jusqu'à cent ans; au delà il dépérit. 11 est dans la plus grande vigueur de soixante à soixante et dix ans.
(I) Vlmut,