III. BOIS BLANCS OU MOUS
13*» Du peuplier.
Les arbres du genre peuplier sont en général faciles à reconnaître. Ils sont très-élevés et en pyramide; leur feuillage diffère tellement des autra arbres qui affectent à peu près la même forme, qu'on ne peut s'y méprendre. Les feuilles du peuplier sont luisantes et d'un beau vert en dessus; elles sont ordinairement blanches et plus ou moins cotonneuses en dessous; elles sont rondes ou triangulaires, et portées par de longs pétioles qui leur donnent une extrême mobilité; elles sont agitées au moindre vent*
Les peupliers croissent dans les terrains arides aussi bien que dans oa terrain humide. Ils préfèrent cependant ce dernier.
On connaît une vingtaine d'espèces de peupliers qui croissent en Europe et sont acclimatées en France. Nous ne citerons que les principales.
Le peuplier blanc (
cuàPiraE vit.
vulgain
as
aircmeiil /jdHow, èlérc sa iigu jasqu'i cent pieiis. Kl acquit:» trois pieiJa de diamèlrc par le bas ; il peut vivre cleui tiècloi. I.'écorce de so» [rofic et de ses branches est d'un gris blancliAirc, celle de ses rameaux est blani:liR et cotonneuse ainsi que le dessous de ses Teuilles, qui sont en dessus d'un verl pbscur el lui^acjles.
Ce peuplier produit un coup d'œil toujours agréable el jouvtiit magniliqtie pjr son port, la dincrcncc des deux couleurs et te continuel mouTement de son fenillage. Ses fleurs sont en cbalons oblongs ; ollef paraissent longtemps avant ses Pcuilles.
l^notn d'^préau parait lui venir de ce qu'il est irès-Commun et très-beau autour de la ville d'Y près. Il croit également bien dans les environs de I.yun el d'Avignon. Il y devient si beau, qu'où a propose de l'appeler l'arbre (fuRAdriB.
l>;boisdupeuplier est blanc; ses fibres sont fines; ses veines et ses couches annuelles sont k peine sensibles ; il est léger, un peu mou. facile à travailler, susceptible cependant d'un beau poli; coupé avec un rabot dont le tranchant est très-Qn. il présente une surrsce satinée. En Flandre, il est connu sous le nom de blanc. On préfère sa variété appelée blann de Hollande; on s'eo sert pour des charpentes ordinaires et pour tous les ouvrages de menuiserie, m6me les plus délicats. Ses plus grosses brauchus servent à fabriquer des ustensiles de ménage cl des sabuls.
Si le peuplier peut rivaliser avec le chône par la hauteur et ta grosseur de la lige, son bois ne peut soutenir ta t'onipa raison.
Le peuplier noir, peuplier franc (S), acquiert une grande élévation dans les lieux humides ; ses feuilles sont unies et d'un vorl brun des deui cAtés, ce qui lui a valu suu nom dislinulif. One variété qui s'élève moins haut et qu'on cultive en têtards fournit l'osier blanc.
he peuplier aryenliii). qui s'élève de plus de quatre-vingts pieds, se distingue des deux espèces précédentes par le duvet blanc argentin qui couvre ses feuilles des deux cùlês. Ce duvet ne disparaît que lorsqu'elles ont acquis leur entier développement, qui est ordinairemeat de sii pouces de largeur, e( quelquefois de huit à dix. Ces larges feuilles sont portées sur on long p4' tiole. Le peuplier argenté est originaire des États-tlnis; il vient trfs-bicn en France, où il est cultivé depuis ITOU.
Le peuplier d'Italie, peuplier pxramidal (\)y a le même feuillage et la même Ooraison que le peuplier noir, mais il se distingue par la beauté de son immense pyramide, formée par ses nombreuses branches, serrées contre sa tige très-élancée et parfaitement droite. On présume qa^ll est originaire d*Orient. En Uongrie, on le nomme peuplier turc; il a été apporté de Lombardie en France il y a environ quatre-vingt-dix ans, et les premiers arbres de son espèce ont été plantés le long du canal de Briare; on Ta beaucoup multiplié depuis, surtout comme arbre d'alignement, à cause de sa beauté. On est cependant un peu revenu de Tenthousiaisme qa*OD a eu poor lui, et qui allait jusqu^à le croire propre à la mâture des vaisseaux.
Il croît très-rapidement, mais son bois n*a pas les qualités qa*on lui supposait, il est inférieur à ceux du peuplier blanc et du peuplier noir. On le débite en planches ; il sert à maint usage, et à cause de sa légèreté, il convient pour faire des caisses d*emballage.
On a acclimaté en France d'autres espèces de peupliers, telles que lejwiiplier d'ffudson, le peuplier de Virginie ou de Suisse, le peuplier de Mar/land, le peuplier de Caroline, dont les pousses sont quadraogalaires, le jwiiplier du Canada , le peuplier à feuilles vernissées, qui diffèrent peu des espèces principales que nous venons d'indiquer, et sont des arbres de grande hauteur et propres aux mêmes objets de travail.
14*» Du tremble.
On désigne sous ce nom une espèce de peuplier qui crott particulièrement dans les foréls (2). Le tremble s^clève à une quarantaine de pieds; ses branches, dont Técorcc est lisse et blanche, se divisent en rameaux souples, rougeâtres, qui forment une tête arrondie ; ses feuilles, plus larges que longues, sont légèrement cotonneuses dans leur jeunesse et parfaitement unies lorsqu'elles sont dans un âge plus avancé. Elles tiennent à un pétiole extrêmement long, et sont plus tremblantes que celles d'aucune autre espèce do genre peuplier. Son bois, très-mou, ne vaut rien ; on ne s'en sert que pour les ouvrages les plus grossiers et les plus communs. On ne remploie conune bois de charpente que dans les campagnes.
(i) Populus fastiyiala, P. Mlatata.
(a) Populu* trtmula.
CUAl'ITRE Vit.
IS" Va l'aune.
[,'aune (1) ou ait/no eil connu dans une grandi; partie île lu traiice sous les noms de tergne, terne, areme. C'est un arbre voisin du bouleau; quelques personnes le regardent lomme une espèce de peuplier. Il se plaît comme le saule au bord des eaux, cl se Tait remarquer par la Tralchcur de son feuillage jusque dans l'arrière-saison.
On cmondc cet arbre comme une perche : les nouvelles pousses lui (iuuneul uiic Torme Tactice pyramidale qu'il n'a ps lorsqu'on te laisse croître suivant ses habitudes mlurellcs. I.e bois Je l'aune a quelque ressemblance avec celui du peuplier, sous le rapport de sa contexture, mais il a une couleur rousse, il est |iii peu plus ferme ; on l'emploie pour des ouvrages do menuiserie commune. Il se corrompt facilement à l'air, ce qui fait qu'on ne l'emploie point pour les charpenles ; mais il a une très-longue durée dans l'eau, on en fait de irès-lions pilotis, des tuyaux de conduite et des corps de pompe.
10° Uu bouleau.
Parmi quatorze ou quinte espères AehouUaux, «cpt â huit sont naturelles à l'ancien continent. Moire bouleau commun, bouillaril ou boutaau blatte (9) forme en France une gramlc partie des bois taillis; il s'élève Juiqu'â quinte mètres lorsqu'un lui en laisse le temps. [I est facile à reconnaître par le blanc éclatant dont brille l'^piderme de sou écorce jusqu'A la décrépitude. Le tronc est marqué seulement vers le bas de grandes gerçures noirâtres ; ses branches sont grêles et pendantes; ses feuilles sont petites, triangulaires, dentelées et lisses; son écorce est composée de feuillcli qu'on peut séparer en les développant par bandes autour de li lige. Jadis les plus blancs de ces feuillets servaient généralement de papier ; ils en servent encore dans le ^o^d.
Le buis du bouleau est d'un blanc légèrement roux ; ses fibres sont fines, droites et serrées. Cependant il est médiocrement dur, et il se travaille bien. On le rencontre rarement en France asset gros pour en tirer des poutres .
248 TRAITÉ DE f/ART DE LA CHARPENTËRIE.
raaîs il peat foarnir , rond oa éqaarri, des chevrons pour des toits de pea d'importance ; on remploie dans le charronnage. On peut en faire des jantes d^une seule pièce en le courbant sur pied. On peut en faire aussi de bons essieux.
17* Du charme.
Des trois espèces connues, une seule est indigène à rEurope, et crotC dans les forêts de France, et une autre y a été acclimatée.
Le charme commun (1) s'élève à cinquante ou soixante pieds; son tronc a rarement plus d'un pied de diamètre ; son écorce, blaachiire avec des taches grises, est unie; sa tète est touffue; ses feuilles sont OTales, termi* nées en pointes doublement dentées sur leurs bords. Elles sont unies et d'un beau vert en dessus; en dessous, leur vert est un pea plas pAle ; leurs nervures sont obliques et saillantes ; lorsque les feuilles du charme soat Jeunes, elles sont plissées et leurs plis répondent aux nervures ; set fleurs sont en chatons.
Le bois du charme est blanc, d*un grain très-fin et serré ; il prend en séchant un grand retrait qui resserre ses pores et le rend très-dar; il est boa dans le charronnage et dans la charpenlerie des machif^s, pour faire des vis de presse, des poulies, des cammes et des dents de roues.
On ne s'en sert point en menuiserie, parce qu'il se lève par esquilles sons le rabot. Il est plus docile k l'outil lorsqu'on le travaille sur le tour.
Le charme d'OrietU ne diffère du charme commun que parce qu'il s'élève moins et que ses feuilles sont moins plissées; on le cultive en France depuis longtemps. Sa propriété de pousser des branches de tous c6tés sur son tronc noueux a donné le moyen d'en former des haies, palisses et colonnades taillées aux ciseaux, dont on a longtemps décoré les jardÎQS, et qai ont pris de lui le nom de charmillee»
18° De rérable.
Les feuilles de Térable le font aisément distinguer de tous les autres arbres; elles sont découpées en cinq lobes pointus. Les fleurs naissent aux aisselles des feuilles ou aux sommets des rameaux ; elles sont en bouquets
(i) Carpinui bttulus.