CHAPITRE IX
ncrel, lor«]u'il y a lieu. On s'nssurc de reiacliludu de son établissement par (les vériGcalions rcpclées i mesure qn'on élève les pi Jces les nncs audessus iIm autres. Chaque pièce d'un pan de cbarpenle duil être solidement calée et établie sur ligne, <lc niveau et de dévers, avant qu'on établisse aucune autre piiïcc au-dessus d'elle, et lorsqu'une nouvelle piècr est établie, on doit vérifier l'établissement de celles sur lesquelles clic porte et même celles antérieurement établies, pour s'ussurer qu'ellca n'ont point été dérangées.
12" Piqué di-M hoi» carrés.
Nous avons déjà remarqué, page 31Q, que les lignes tracées snrdenx faces continues d'une pièce de bois, suffisent pour l'établir de devers, position néccssiirc pour conlrc-ligner ses deux autres faces. Il est également nécessaire que celle pièce soit de dévers, et de plus, sur ligne et de niveau, lorsqu'il s'agit de piquer ses lignes de joints avec les autres pièces qui entrent, comme elles, dans la composition d'un pan. Si l'on contrc-lignait les pièces avant de piquer leurs joints, comme on est obligé , pour battre les contre-ligne», de donner quartier, ainsi que nous l'avons vu, page 317, il faudrait, après avoir contre-ligne, mettre une seconde fois les pièces de dévers pour les piquer. Les charpentiers sont, en conséquence, dans Tusage de mettre sur ligne, de niveau et de dévers, et sur traits ramèucrcts les pièces qui portent ces repères, dès qu'ils ont fait paraître les lignes des axes et (racé les traits carrés sur deux faces cootiguSs de chacune ; puis ils piquent immédiatement, avant de contre-piquer, et de battre les contrelignes. Ils évitent ainsi de mettre dcui fois de dévers, et ils gagnent beaucoup de temps, sans rien omettre pour l'ciactitude du travail , les contre- lignes n'étant nécessaires que pour tracer les détails des assemblages après qu'on a piqué les joints. Néanmoins, pour ne point séparer les opérations qui ont pour objet de ligner et de contrc-ligner, qui sont liées par des principes communs, lions avons parlé des contre-lignes, dans le paragrapbe 8. avant de traiter, au présent paragraphe, de celles qui concernent le piqué des bois.
On ne doit commencer h piquer les pièces de bois d'un pan de charpeute que lorsque l'établissement de toutes celles qui doivent le composer est complet, et après qu'on s'est assuré, par une dernière vérification, de l'exactitude de leurs positions et de leur immobilité.
La 11g. 1 de la pi. 37 représente en projection borixoutale et en projection verticale l'assemblage à tenon et mortaise de deux pièces de bois, â, B, pareil à celui que nous avons déjà décrit, page SUIS, et lig. T. pi. IS. Les
deux lignes nn^mm, Gg. d, supposées tracées sur le sol do chantier fanaat partie de rételoUf sont celles sur lesquelles les deux pièces jiy Bj dotreot être établies ; y ^ est un trait ramèneret également tracé sur TételoD pow Je repère de la pièce A.
La Cig. 4 est la projection horizontale de rétablissement des deux pièces Ay Bf sur ta partie de Tctelon représentée par la fig. S ; la flg. 3 est la projection verticale de cet ctablissenient. Les deux pièces sont lignées, comme nous l'avons dit, chacune seulement sur deux faces contigaês; Fane de ces faces, pour chaque pièce, est horizontale et se présente dans son entier dans la projection horizontale; pour la pièce j4, cette face porte sa lig^e de oûlieu a a', et pour là pièce B^ elle porte la ligne h l/. Les deux pièces sont établies sur lignes de niveau et de dévers, par les procédés que noos aveu précédemment décrits* I^ pièce B établie, la première porte sur deuxclumtiers d^ d. La pièce A y que nous supposons être établie* sur ligne pour la première fois, n'a point encore de trait ramèneret, elle est portée sur deux chantiers, Cy /*, et sur une cale A. On a tracé sur les deux pièces, leurs traits carrés sur leurs plumées ; ceux de la pièce A sont marqués des lettres kjy h ly avec le signe des plumées.
La flg. 6 représente, en projection horizontale, et la fig. 5, en projection verticale, les mêmes pièces Ay By établies, comme dans les figures précédentes, avec leurs lignes de milieu et Tindication des positions des fils â plomb et des compas, pour piquer les lignes de joint.
Lorsqu'il arrive que le bout d'une pièce, comme celle Aj ne dépasse point celle à laquelle elle doit être assemblée et sur laquelle elle pose, ce que nécessite ordinairement l'économie du bois, on est forcé de suppléer sa longueur lorsqu'il s'agit de la mettre sur ligne, par une règle p^ fig. 5 et 6, qu'on applique avec précision sur la ligne de milieu a a' ; on la fait tenir par un compagnon, ou on l'attache avec deux pointes, comme on le suppose dans la fig. 6 ; c'est contre cette règle qu'on appuie le fil à plomb C Qy fig. 5, qai sert à faire coïncider le prolongement a' a", fig. 6, de la ligne a a' avec la ligne m m ; tandis que le fil à plomb D P sert à faire coïncider le bouta avec la même ligne m m.
La pièce B a été mise sur ligne, au moyen des fils à plomb, projetés snr celui E Ry a^, îj, pour faire coïncider sa ligne de milieu h b' avec la ligue n «.
Dans rasst'uiblage à tenon et mortaise , représenté fig. 1 , les deui pièces A y Bf forment deux joints projetés horizontalement, l'un sur le point i, Tautrc sur le point z, et tous deux verticalement sur la ligne z v. Chaque joint donne lieu à une ligne de joint sur chaque pièce. Ces lignes de joint se
cuiPiraE IX.
Irouveut projetcos horiionlaleniCDt sur les pièces éltlilfcs sot ligne. Qg. 5 el 4. »ax poiiiU mBr<]ués des mêmes lellres, f et j.el verticalement parles parties lie In ligne vcrUcatcsf,qui répondent aux épsissiura des pièces.', B; d'oà il suit f|u'il laul piquer pour i-el alsemblage quatre ligues de joint.
Un pique en mCme temps aur les deux pièces, les deux ligues de joint qui se trouvent dans ta inânie vcriicale.
Suppusmis qu'il s'agisse de piquer d'abord les dcui lignes de Joint qui répondent au point s, fig. ti , on se place et) dehors de l'angle X xZ fornii' à ce point ; on avancu le corps et les brus par-dessus le» di'us pii'-ces, et l'on applique en x un Ci\ à plomb, F T, fig. 9, qu'on lienl de la main gauche cuutre leurs Taces verlicalcSi du Taçun qu'il les touche en môme temps cl également toutes deux {I). Un porlc de la maiu droile, en courbant le poignet, au-dessous de la pièce A, à la hauteur de la pif;co B , un compas (d) qu'on tient presque h poing Terme, les ongles en dessus, dans la position narqu^ en X, llg. 6. tu plat de sa branche dans le plan de la Tace verticale de la pièce A, sa pointe élanl tangente au fil à plomb, qu'elle laisse on dehors. On pique, avec celle pointe, le long du fil, deux puiuts dans la faci.verticale de la pièce H, à un demi-pouce environ, l'uiude son arête iolericurc, l'autre, de son arâlo supérieure.
Sans changer la position du corps ni celle ()u lil A plomb, l'on courbe cl l'on .illungc le poignet de la main qui tient le compas, qu'on a retourné [tour to porter au-dessus de la pièce if à la hauteur de la pièec A, dans la situation qu'il B en Z, le plat de sa branche étant dans le plan du ta face verticale du la pièce B, sa [winie tangente au (il A plomb, qu'elle laisse en duhors ; on pique sur la l'ace verticale de la picee A, .deux points , l'un à un deini-poQCc de son arête inrérieure, l'autre, à un denii-|Hiuee de loii areie su|iéricurc. Lorsque les quatre points sont piqués le long du fil à plomb F T, fig. S, projeté horiionlalemeni en F, on prend a regard de l'angle y » l' a uc position analogue à celte qu'on a prise i l'égard de l'angle .Y^Z, lig. U. L'on pique de la même manière les quatre points qui doivent donner la position d« deux lignes de Joint projetées horiiontalcmenl au point s. l'our les deux points qui doivent être piqués sur la piéee B, un donne au compas la position Y, el pour les deux autres points qui doivent être piqués sur la pièce A, on donne au compas la position y.
On piqaerait de la même manière les lignes de joint de den pièees qti se croiseraient pour s'assembler par entailles à mi -bois.
Quel qoe soit Tangle que les pièces de bois font enire elles, quel que soit même le mode de leur assemblage, le procédé est le même, et, tant qae les bois sontéquarris, il ne présente pas plus de diflBcaltés, sinon qu'on est quelquefois obligé de prendre une position plus on moins gênante pour atteindre entre les pièces de bois qui font un angle de gorge fort aigo, y porter le compas et juger avec certitude sa position. L'exactitude da piqué des bois, comme nous l'avons fait remarquer déjà, dépend de celle avec laquelle les bois sont lignés et établis sur l'ételon , mais il faut ajouter qu'elle dépend, en outre, presque autant de l'habileté du charpentier , qui ne peut acquérir l'adresse de la main et la sûreté du coup d'œil, que par la pratique guidée par l'intelligence.
On pique les pièces, en commençant par les plus élevées. Lorsqu'on t piqué complètement toutes les pièces d'un pan de charpente, qu'on les a marquées et conire-tnarquéesy ainsi que leurs assemblages, et qu'on a enfio contre-piqué les lignes qu'on doit battre sur les faces d'assemblage, qui n'ont point été lignées, on donne quartier aux pièces pour battre ces lignes, comme nous l'avons expliqué page 517. On peut ensuite enlever les bois de dessus l'ételon, pour faire place à rétablissement d'un autre pan. On place les bois piqués, les uns à côté des autres, sur des chantiers et en t>on ordre, pour faire la reconnaissance des piqûres et tracer les détails des assemblages. Quelques charpentiers préfèrent, avec raison, reconnattre les piqûres et même tracer les bois avant de les enlever de l'ételon, pour que les points ne s'effacent pas, et parce que, les pièces étant encore à leurs places, oq procède avec plus d'ordre cl plus commodément ; et que, s'il arrivait qu'on eût oublié quelques piqûres, on pourrait remettre immédiatement sur ligne les pièces sur lesquelles elles manqueraient : opération qui serait trop longue, si tout rétablissement était démonté, et impossible si l'ételon était occupé par d'autres bois.
Nous avons marqué par de gros points, sur les pièces établies dans la Cg. 1 et 7, pi. S4, 1 et i, â et !5, pi. â^, les piqûres qui y ont été faites, en supposant qu'elles ont déjà été piquées lorsqu'elles sont communes à plusieurs pans.
15<» Reconnaissance des piqûres,
La Gg. 8, pi. 27, représente, en projection horizontale, les deux mêmes pièces /i, B, de la flg. 6, après qu'elles ont été piquées. Elles sont vues dans