CHAPITRE IX
cordeau UmkIu, on pique deux points sur chaque Tacc d'assemblage, on n les points I-ï, 3-4. et l'on trace les lignes qui passent par ces points. Si l'on a bien opéré, la ligne 1-îesl parallÈlc A la ligne de joint se sur h face it'assemblagedela pièce £:, et la ligne 3-4 est parallèle i la ligne de Joint 2 » sur la face d'assemblage de la pièce D.
On fait la même cbose pour l'autre côlë de la pièce E, et l'on obtient , sur les deux autres Taces d'assemblage, des lignes qui sont parallèles à lenn lignes de joint projetées horizonlalement sur xy, et verticalement snr la mime ligne a c. Cette seconde Térification n'est point indiquée dans la ûgure.
La reconnaissance des piqûres, le tracé des tenons et mortaises, et fa taille de l'assemblage s'eiécutcnt de la même manière que pour les pièces carrées; sinon qu'il résulte du déblllardcmenl des pièces, que les lignes d'aboul cl de gorge sont biaises. Il en serait de même du piqué, du tracé, et de la coupe du Joint de deux pièces débillardées qui se croiseraient, comme celles de la croix de Saint-Ândrè, lig. 4, pi. 3S.
Dans les assemblages des bois débillardcs , les trous des chevilles et des boulons sont percés perpendiculairement aux faces de parement, sans aroir égard au biais des Joints.
17' De la polène.
Nous avons déjà dit dans noire introduction i\a'obserTnr la polène c'est «voir égard . en piquant les bois , aux dêrccluosilés quu peut présenter un équarrissage imparfait, telles que les Saches, les chanfreins, les saillies, los dépressions , et les courbures des surfaces d'assemblage. Pour observer la polène, un porte les piqOrcs en dedans ou en dehors du fil à plomb, de la quantité pTÉcisémcnt égale â l'épaisseur du bois qu'il faut conserver ou retrancher pour que le Joint soit aussi exact que si le bois était parfaitement équarri. 1,'oa conçoit qu'on est obligé souvent démultiplier les piqQres, pour faire suivre aux lignes de Joint les sinuosités que la correction de l'assemblage peut exiger.
La plupart du temps , les sinuosités n'étant pas assct sensibles pour être mesurées avec le compas, c'est i, vue qu'un apprécie la polène, et c'est dans la justesse de cette apprcciation , qui dépend du coup d'œil «t de l'adresse de la main, qu'est le mérite de celui qui observe bien la polène. Mais lorsqu'il y a un excès ou uu défaut de bois assez considérable pour qu'on ne puisse l'apprécier à vue, on fait us.ige du cumpas. C'est le cas où l'on opère
336 TRAITÉ DE L^AHT D£ LA CHAHPENTERIE.
avec le plas de certitade, et c*est celoî que nous avont repréaenté, pi. 2S, en projection verticale , fig. 6 , et en projecfion horiiontale , fig. 7 , comne le plas propre à foire bien sentir en qnoi consiste ropération dont il s*agit
lia pièce A doit être assemblée à tenons et mortaises avec la pièce h^ doel nne arête est remplacée par nn chanfrein a 6; il s^agit de piquer les deux pièces de façon que la pièce A remplisse par son assemblage le ride qui eosterait sans cette précaution entre elle .et le chanfrein de la pièce B.
Le fil à plomb P Q étant placé dans la position que devraient avoir tes deux lignes de joint, et ces deux lignes étant piquées , conuiie nous Ywnm dit, partout où elles peuvent rétrc,m6me sur les bords de la flache on chanfrein de la pièce B^ on prend avec le compas la distance da point a à la ligne de milieu de la pièce B, répondant au point o. Cest o a que Ton porte sar la pièce A du point o', de la ligne de milieu, au point a% où l'on fait une piqûre. On prend ensuite Técartement b d da point b de la pièce J9, ao fil à plomb, et Ton porte celte quantité sur la pièce ^ de il' en b\
La ligne a' b' sur la pièce A est la correction de la patène; et lorsqa^os trace et qu'on coupe le tenon , on conserve i la pièce A Teapëce de piomelle a b, fig. 8 , qui remplit le chanfrein lorsque les pièces sont en joinL
Toute autre difformité d'une des pièces peut, de la même manière, k rapporter sur l'autre , pour y être observée en traçant et en coupant dam un sens contraire, de façon que les deux pièces se joignent aussi exactement que si elles étaient parfaitement équarrics. Mais on doit , autant qu'on le peut, éviter d'avoir recours à la polèney et pour cela il faut éqaarrir régulièrement les bois et dresser les surfaces avec netteté. H est aisé de voirqoe l'observation de la polène a le grave inconvénient de réduire l'étendue onde changer la position du plan j^r lequel la pièce J porte contre la pièce Bj ce qui atténue la solidité des assemblages. Cette considération suffit pour faire sentir quel avantage il y a pour une grande charpente, à éqoarrir soigneusement tous les bois.
18"* Pfqué des boit entée.
Nous prenons pour exemple l'assemblage à trait de Jupiter de la fig. 15. pi. 19; il serait plus compliqué, que la méthode que nous allons exposer ne changerait pas.
Les pièces A, O, de même équarrissage , représentées en projectioos \erlicalcs , fig. S el 3 , pi. 24 , sont établies l'une sur l'autre, et se croisent de la quantité jugée nécessaire pour l'exécution de l'assemblage; la pièce
jie&t paiivt sur les clianliers H; la pièce O. dont nmia n'nvonsrigur^qu'uDi' partie . porle à i:hucun île sps bouU sur des chaoïiers S; elle esi en oulrc calée sur la pièce ^, par des petits cning m, n.
Les dcui pièces sont établies de nivoaa. de devers, et verticalemenl sur la mùme ligne battue sur le sol, afin d'être parraitemenl alignées ou en-
Au mayen d'un Gl à plomb K, on pique sur les deux Taces verticales des deui pièces, des puints ti-6, 1-8, et l'on trace les deux lignes qui passent pnr les piqfires. Elles scrfenl avec les deux lignes de milieu ee, i i, des deux pièces, à rapporter tous les points du Irait de JDjiiler, eiaclcment dans les mêmes positions, sur les deux pièces. Pour opérer avec ctaclilud». on pique encore, sur les Taces des deui pièces, les points 1-3, S-4. 9-10, 11-tS , dans les verticales données par le RI i plomb présenté en M o( en /, et l'on iracc les lignes que les piqûres déterminent, sur lesqnelle.'i on porte la distance dont un veut que les points b et ^soient écartés des lignes de milieu sur l'une et sur l'autre pièce. Il en est de même des points g, g, qu'on pique à des distances égales des lignes de milieu, dans les verticales données par If Gl à plomb ptéscnlé en A' et en H. On dctcrmioe les points c, o, </, «i, de la même manière, l.a même opération se répète sur les face» verticales opposées , après quoi l'on déplace les pièces pour tracer les joints pnr le^ points piqués comme nous les avons indiqués en lignei poDCtiiée* ah eu fg, a ho d fg, et les coiipcr-
lii" l'igtià et roupe des iiiéce» courhet.
Les pièces eourlios cmploj'ces dans la charpcnteric sont tic trois espèces : 1* celles qui n'ont qu'une courbure , et dont une face au moins est plane ; 3" les pièces épkment i une seule courbure, qui sont dcbillardées courbe) sur toutes leurs faces , et dont une arête au moins peut élre comprise dans un plan ; 3' les pièces dont toutes les arêtes ont une double courbure.
Les pièces de la première et de la seconde espèce sont les seules qui paissent être combinées comme parties intégrantes dans un pan do cbarpente ; rncore faut-il que celles de leurs faces ou arêtes qui sont planes puissent être établies parallèlement au plan des aies des autres pièces.
Les pièces débillardcessur une double courbure pour lotîtes leurs arêtes, ne sont ordinairement placées que dans des pans courbes, nui rcocontrcs ou intersections des surfaces courbes des combles , et pour la construction des escaliers.
538 TRAITÉ DR L'ART DE IJk CHARPENTERIE.'
Lorsqu'un pan de charpenta comporte remploi de qaeh|iiet pîèees deh première ou de la seconde espèce , il faut que ces pièces aoîeût taillées m tontes leurs faces, et suivant les courbures qu'elles doivent aroir* afist d'être établies sur Fctelon avec les autres pièces droites (1). Elles sont nÎMs de niveau et de dévers, par les mêmes procédés que nous avons décrits an paragraphes 9 et 10 du présent chapitre , au sujet des pièces droites. Elki sont établies sur lignes au moyen de iratu rawtinereiê et de lignes droitei projetées sur leurs faces et sur Pételon, dans des positions convenabki pour remplacer les axes qu'elles auraient si elles étaient droites.
L*on pique les assemblages de ces pièces entre elles et avec d'autres pîft> ces, comme si elles étaient droites, par la raison qu'on teaoa doit U>m*oan être formé par des surfaces planes, qu'il doit suivre le fil du bois à la gor^e de Tasscmblage, et présenter son about perpendiculaireaieiil à la face de II pièce qui le reçoit.
Nous avons déjà indiqué, page 13tt , comment on équarrit une pièce de bois cintrée de la première espèce ^, 6g. 7, 8, 9, pi. 7, soit qu'on la laDIe sur un arbre naturellement courbe, soit qu'on la tire d'un arbre droit préalablement équarri , au moins sur deux faces parallèles , lorsqu'elle a dea faces planes et deux faces cylindriques.
Pour une pièce également à une seule courbure, mais débillardée sur ici quatre faces , c'est-à-dire dont aucune des faces n'est plaoe , on suppose d'abord qu'elle est inscrite dans une autre pièce courbe, telle que la même pièce ^f que Ton a équarrie suivant le cintre nécessaire ; puis on débillarde sur les quatre arêtes pour en tirer la pièce, dont tontes les faces sont courbes et dont les arêtes seules sont planes. Si Ton veut tailler , par exemple, une pièce à simple courbure, dont le débillardement est donné par le quadrilatère l-S-3-4, fig. 9, et dont le cintre est représenté par la courbure de la pièce jé, 6g. 8, on la suppose inscrite dans cette pièce ^, dont les faces planes et les faces cylindriques contiennent chacune une de ses arêtes. I<a pièce j4 ayant donc été équarrie suivant le gabarit , 6g. 8, et le rectangle e a I s, 6g. 9, qui ont été déterminés pour satisfaire à la condition que
(i) n«D8 quelques cas , fort rares , on prc»eote «ur Tctelon des pièce» dont !«•• faees cmtbe», ou leurs arâies , ne peuvent pas se trouver dans les plans tic parcroent des pans ; maie c est seulement lorsque leur éublissemcnt donne un moyen de piquer leurs uacmbia{e* aveo quelques antres pièces, plus simple que celui qui résulte de la méthode dite C0i^ nr irait , dont nous parlerons.
CUAl'ITUE IX.
celle pièce A conlieiine la pièce débillnr()ée(1), après RVoJr (rac4 aux deux bouts le rectanglu Je débilUrdement 1-2-5-4, dans la position qui lui eonniciil, on trice sur k'S Taces pbnes de la pièce ^, les courbes 8-3' en dessus, i-i' en dessous, avec des calibres {S), et les lignes I-l', 3-3' avec
I règles minces e( tieuble», qui s'appliquent sur la surfice cintrée (3), et l'on débillarJe en suivant ces quatre lignes; on obtient des surraces coniques.
Quoique la méthode que nous venons de décrire soit ciacio dans sou principe, elle n'est pas la meilleure, parce que chaque arile devant résulter du cuncours du trois surfaces , savoir : la face de la pièce A, sur laquelle
D est premièrement tracée, et les deux faces qui doifcut la Tormer par leur rencontre, il est Irès-dilDcile de l'obtenir bien continue et sans jatreli. ne doit donc employer celte tnétbode que lorsqu'on est géuê par les dimensions du bois, et qu'on est forcé d'en être très-économe. On parvient
m résultat plus régulier, eu choisissant la pièce courbe, dont on doit tirer la pièce débillardée, un peu plus forte en équarrissage, comme serait la méoie pièce ji, Gg. 8, s'il s'agissait d'en tirer une pièce dont le débillardement serait marqué par le quadrilatère 6-6-7-8, (îg. 0. Voici comment 1 procède. La pièce ^ élanl supposée èquarrîe avec précision, un taille d'abord deux des faces opposées de la pièce â débillarder ; celles répondant, par exemple, aux cùtés S-(î, 7-8, du quadrilatère, au moyen des traces de leurs prolongements, 1-1', i-î' pour l'une, 5-3', 4-4' pour l'autre, marquées sur les faces courlies et planes de la pièce A. Sur ces deux faces courlws taillées et polies, on trace avec un calibre, ou par points, ou même avec le cuinpas à verge, les arêtes tt-U', (t-6', 7-7', 8-8', de la pièce qu'il s'agit de débillarder (i), qui passent par les angles Q, 6, 7, 8, du quadrilatère de (lébillardeiuenl ; elles guident pour tailler les deux autres faces répondant aux cOtés 6-7, B-8, de ce même quadrilatère. Si l'un a coupé et poli avec
tr i|ne le nclangla ■ i
I li^nu a; !V dn* Es- 7 el S . on paul tup-
la Hj, ;, quo Isa li||iis> S-5'. 6-â' |ioiir ;u.iir Ici licai-. ;-;'. BJ)*.
aoÎQ les deux premières faces débilltrdées, et qa*oo y ait tracé afee oeUelé ei préctsioo les arêtes de la pièce, ces arêtes sat>nt plas régolièrei qoe celles qa*OD aurait obtenues par Tautre méthode. A la vérilé cette seooade maoière de procéder exige beaucoup de soio et d'adresse A cause de la pré> cisioo qu*il faut apporter pour tailler les calibres et tracer les courbes; efie consomme un peu plus de bois , mais aussi seê résultats sont plus certains et plus satisfaisants.
A regard du débillardement des pièces à doubles courbures, et du tracé de leurs assemblages , les procédés diffèrent essentielierneat de ceux que nous venons de décrire ; on les coupe êur trait, comme diseot les charpentiers , parce que la pièce capable de contenir celle que Ton doit façonner, est établie à Tételon sur un trait, qui est une projection complète de la forme qu*on veut lui donner, et dont on relève, par points, les lignes s»vaut lesquelles le bois doit être coupé. Nous expliquerons les procédés qii se rapportent à la coupe eur trait, lorsque nous aurons décrit les pîèeei courbes auxquelles ils s'appliquent, en traitant des constructions qui en nécessitent remploi. Nous en occuper ici serait anticiper sans utilité sorte que nous avons à dire au siiyet de ces constructions.