CHAPITRE X
PA.n9 DE BOIS.
1^ nisisons cl autres édillces, construits en bois et élevés sur des plans dont les périmé 1res sont formés de lignes droites, sont composés : ]<■ de pans de charpente verticaux, spécialcnieal appelés pan m de bois (1), qaî forment les façades et les autres parois extérieures de leur enceinte ;
9* D'nulres pans de bois intérieurs, également verticaux, qui établissent lu distri butions des appartements, et sont désignés par le nom de eloiton* «n patu de boit;
3* l)e plancheri ou pans de charpente horîionlaux qui forment les étages, et qui portent les planches dont sont formées les aires unies sur les- <]aellcs on marche ;
l' Des combles on couronnements ayant pour objet rie soutenir les couverlures qui abritent l'intérieur des bâlimcnra ;
H* Des escaliers qui servent à la communicatiun des difTi^renls étages, depuis le rez-de-chaussée jusque dans les combles.
L'usage des pans de bois a da précéder celui des murailles en maçontitne; aujourd'hui que les moyens de construction se sotit multipliés et perfectionnés , les pans de bois n'ont plus pour objet , dans nos contrées , que ■te suppléer les murs, et le plus souvent on ne leur donne la préférence que par des motifs d'épargne de dépende, d'espace et de temps, ou en considération de leur légèreté. Des murs construits totalement en charpente ne seraient imperméables aux intempéries qu'en consommant une grande quantité d'arbres, ou en leur appliquant un travail de grande sujétion pour joindre les bois hermétiquement ; tandis qu'en combinant avec le bois «triclemcnl nécessaire à la solidité de la bdtissc, une maçonnerie peu coOteuse, qu'où ne pourrait utiliser autrement, ou qui ne se soutiendrait pas sous la économique de murailles très-minces, on obtii^nl des parois qui ont la
34d TRAITÉ DE L'ART DE U GHARPENTERIE.
propriété de coûter la plupart du temps moins cher que des mors, d*afoîr moins d'épaissear, d'être plos rapidement élevées, et de faire jouir immédiatement de leur solidité, sans attendre, comme pour les mors épais, h longue dessiccation du mortier.
Un pan de bois est donc un assemblage de pièces de bois dont le nombre et le mode de combinaisons et de Joints sont proportionnés à la solidiié que doit avoir la bâtisse, et dont les intervalles sont remplis de maçonmne peu coûteuse , soit par sa nature , soit par le pea d^^Miissear qu'on lai donne.
1^ Pans de bois extérieure.
Les combinaisons des mattresses pièces des pans de bois Tarienl peu. Le type général de la composition de ce genre de constmctioo se présente dm la fig. 1 de la pK 28, et se retrouve dans celles des planches soiTantes. Cette figure est Télévalion d*un pan principal ou façade d'une maison bitieea bois ; au-dessous est le plan.
Le plus ordinairement , pour garantir les appartements et les prenios bois de Thumidité du sol , on élève le niveau du re^-^ie-e/katMaée d'iK maison de la hauteur de quelques marches ^ , et Tœurre de cbarpeali pose en retraite de quelques centimètres, sur un mur qui forme autour de la maison, et sous ses pans intérieurs, on socle B de d à 3 pieds de hautev, en maçonnerie de moellons ou de pierres de taille faisant parpaing. Ce sodé n'est interrompu que pour les passages des portes.
Quelquefois toute la hauteur des appartements du res- de-chaussée est formée en murs de maçonnerie , et la charpente ne commence qu*à partir du niveau des planchers du premier étage , où elle forme souvent une forte saillie au dehors.
Un pan de bois qui monte de fond en comble d^une maison est divbéen pans partiels, établis les uns au-dessus des autres, qui répondent chacoo à un étage et sont néanmoins liés entre eux par des pièces communes.
Chaque pan de bois partiel est composé d*une sablière «9» qui reçoit les assemblages à tenons et mortaises des poteaux P. Ces poteaux sont cooronnés par une sablière supérieure ou chapeau tt (\)y qui a pour oiiijet, comme les sablières basses, de recevoir les assemblages à teooos et sor-
(i) (Quelques charpcnliers nommenl cette pièce sommier, parce qu'elle porle la cbêrgeéi plancher-
CUAPITBE X.
taises (t) lie coa mûmes puleiux , de maîuteiiîr leur ccarlcmunl et leur silu4ltori «crticale, et Je iwrLer en outre les poulrellcs ou solives du plancher supérieur dont on voit les tiuuts â chaque élage. Les sablières porleni sur le plaiiclicr qui répond i l'ëtagu dont elles font partie.
Des piccvs G inclinées en sens contraire, les unes i l'égard des autres, et assemliléos également i tenons et mortaises , dans les sablières et les cbapeani, empCcheiil par cette disposition le bataiicemonl des putcaui dans le plan du pan de luis. Lorsque l'angle que ces pièces Tout avec les sablières et chapeaux , est plus grand que 60 degrés , elles sont nommées ifuelUs; elles prennent le nom de déchargea eliXtcltarpea, quand cet angle est moindre; elles doivent, comme toutes les autres pièces, être très-justes dans leurs abouts, pour diminuer autant que possible le kiemeni produit par le jea des joints et la llcxibitilâ des bois trop longs (i).
Entre les polcaui sont ménagés les huit ou ouvertures pour les portes vl les fenêtres.
Les poteaux qui n'ont pas d'autres fonctions que le soutien de l'édifice, sont répartis dans les parties da pan de buis qui doivent être pleines, et ■ont appelés simplement pofeauj, ou poteaux de remplage, c'est-à-dire de remplûiage.
Lei poleaui qai sont contigas aux Axia, portes ou Tenélres, aont appelés poteaux d'Auinene, et tous les bois qui forment les contours de ces ouvertures, sont qualifiés bois d'hursterie. Ils portent intérieurement des feuillures pour recevoir les lullants des portes et les cbdssis à verres des lènétres conslmils par les menuisiers, et quelquefois extérieurement, d'autres feuillures ponr les contrevents.
Les pièces d'huisserie L, fig. 1 et 3, qui limitent la haaleor des portes et des fenêtres, sont des tinteaux; les chapeaux //, dans la fig. 1, forment les linteaux des fenêtres. l,orsque les portes ou les fenêtres doivent élra cintrées par le houi, les linteaux iV, flg. S, sont cintrés en dessous. Si les (euètres soat arrondies en plein cintre, par le haut seulement, comme celles du !j* étage de la maison, lig. 1, on qu'elles soient entièrement ron-
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944 TKAITÉ DE L*ÂRT DE LA CHARPENTBRIE.
des ou en œil-de-bœuf, comme celles da troisîènie étage, les arroodisseluents soot formés par des gau$$eis I cintrés dans lintérieiir des huis, et assemblés dans les autres bois d'hulB$erie. Dans les grandes fenélres cintrées qu*on pratique quelquefois pour donner pins de Jonr dans rintérieor de quelques appartements, conime nous en avons flgnré aa troisîènie étage de la façade fig. 2, les pièces O qui sont les continoalions des linteaux cintrés, sont appelées cinires. Les petites pièces JK sont des ifens qui concoareot, avec les tenons et mortaises des assemblages, k maînteoir les cintres dtos le plan du pan de bois, et à les empêcher de changer de coarbure. Les pièces d*huisserie f^ qui forment le bas des fenêtres, sont les appuis des fenêtres. Les petites pièces U qui les soutiennent , comme celles placées an-dessos des linteaux L, fig. 5, sont désignées par le nom diroînatif de poieleis.
Les espaces qui doivent être remplis /compris entre les portes et les fenêtres, sont des trumeaux. Lorsqu'ils sont trop larges poar qa^une simple çueite G suffise à leur remplissage, comme dans les fig. 1 et 3, on multiplie les poteaux y ou l'on incline les ^tfe//e< comme celles Fj afin qu*eiles fassent arcs-boutants avec plus de force ; on les accompagne , poor faire le remplissage, de portions de poteaux J appelés tourtuêies, ou de secondes guettes K, qui les croisent et forment alors la croix de Saint-André, fig. 1, pi. S8, et fig. 1, pi. 30. On fait aussi avec des guettes des croix de Saint- André doubles, ainsi que nous en avons figuré une J au rex-de-chanssée de la fig. 2, pi. 28, pour un remplissage entre deux piliers Q, en conservant une petite porte B.
Les pièces de bois qui se croisent pour former des croix de Saint-André dans les pans de bois , doivent être serrées et maintenues dans lenrs eotailles, soit par une broche en fer rivée des deux côtés , soit par une grosse cheville de bois sec et dur coincée par les deux bouts, ou, ce qui est mieux, par un boulon à tête avec vis et écrou noyés dans le bois.
Les tournisses J sont assemblées à tenons et mortaises dans les sabitères, les chapeaux y les guettes et les croix de Saint- oindre. Autrefois elles étaient assemblées à oulicen dans les guettes^ et cela se pratique encore dans quelques lieux. Nous avons donné, fig. 11, pi. 9, fig. 7, pi. 10, ci page 260, les détails des assemblages à oulices qui s'écartent des règles ordinaires par rapport aux formes des tenons. L*objet de ce mode d^assemblagc était de faire porter les tournisses sur les abouts de leurs tenons, et de pouvoir creuser les mortaises avec précision. On a reconnu depuis qu il affaiblit trop les guettes, vu qu*il reste peu de bois après que la mortaise