CHAPITRE X
a besoin, sons avoir égard à la disposition des solives; elles sont peu
4" Obtervalion» nir lot pans de boi:
Nous avons parl<^ des avantages des pans île bois, il nous reste à apprécier maintenant leurs défauts. On leur reproche : 1* de n'avoir pas autant de stabilité que les murs en maçonnerie ; 3' de ne pas prëseiiler autant de solidité; S'd'ftre moins durables; 4>dene pas garantir l'inlcrleur des maisons des intempéries des saisons aussi bien que les murs; 9° d'ctre très -combustibles et de communiquer les incendies.
Rondelet compare la stabilité d'un pan de bois à celle d'un mur (1). Il calcule le poids d'un pan de bois de 8 pouces d'épaisseur , pour une maison de trois étages, hourdê comme ceux qu'on exécute à Paris; il le lrou*e de SSO livres par pied carré; il en conclut Texprcssion de la stabilité, tiOx 4 ^200. Il calcule également le poids d'un pied carré de mur eu moellons ou en pierre de dureté moyenne, de 1B pouces d'épaisseur réduite , qui convient de même à une élévation de trois étages ; il le trouve de 180 livres, et l'expression de sa stabilité de 180 x8=1440. Ce qui Tait voir que la stabilité du mur est environ 7 fois celle du pan de bi)is (3). Il trouve enfin qu'il faudrait qu'un pan de bois eût i\ pouces d'épaisseur pour que sa stabilité fut égale à celle du mur de 16 pouces. Un ne doit cependant pas juger la stabilité des édifices en bois d'après les cbidrcs de Kondelet, par la raison que les murs et les pans de bois ne sont jamais abandonnés sur le sol à leur propre stabilité. Dans aucune circonstance on n'élèverait isolément un mur de llî pouces d'épaisseur ni un pan de bois de 8 pouces, à une baulcur de 40 à SO pieds nqnivalant à celle de trois étages, tans ajouter au mur des conlre-forts pour le consolider , et au pan de bois des arcs-boutants qui pourraient lui donner une stabilité au moins égale à celle du mur avec ses contre-forts.
La stabilité d'une maison en maçonnerie , el celle d'une maison en bois ,
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; psuGi» li'iifNUtMiur, * ccllu i
360 TRAITÉ DE L^ÂRT DE LA CUARPENTERIB.
ne proTienneot pas des stabilités partielles de lears paroii, couidérèes mlément, mais bien de la liaison des façades , des refends el même des plaachers, qui se croisent dans Tintérieur, et font, les uns par rapport aux autres, TofiSce de contre-forts et d*arcs-boatant8. Cette stabilité dépasse de beaucoup , dans l*un el Faulre genre de construction , les efforts qui tendraient à renverser les bâtiments; ainsi, sons ce rapport, la comparaisoi des stabilités partielles des murs et des pans de bois est sans objet, et elle ne peut être défavorable à ces derniers. Mais on peat conclure des dimensiou comparées par Rondelet , que la force verticale d*Qo pan de bois est bien supérieure à celle d*une maçonnerie qui n'aurait que la même épaisseur, puisqu'il établit qu'il faut qu*un mur ait 16 pouces d'épaisseur pour coofenir, comme un pan de bois de 8 pouces, à une bAtisse de trois étages.
Le reproche fait aux pans de bois , de n'avoir pas autant de solidité qie des murs , ne peut donc s'entendre que de la résistance aux causes étraagèrea à leurs fonctions , et qui peuvent les détruire. Ce reproche est alors fondé sous quelques rapports, car le bois n'est point aussi dur que la pierre; les maçonneries de remplissage des pans de bois étant moins épaisses que celle d'une muraille, il est plus facile de les détruire et de les percer. Cest probablement pour cette raison que l'usage des pans de bois, sur les façades extérieures des maisons et surtout an rez-de-chaussée, était proscrit par d'anciennes ordonnances, dont on s'est souvent affranchi (1).
Dans les contrées sujettes aux tremblements de terre, les maisons en bob résistent aux plus violentes secousses, tandis que les bâtiments en maçonnerie sont incessamment renversés.
(i) Uo arrêt du parlement, du 17 mai 1671 , prouve que , dès cette époque, il fallait dm pemiuioii pour bâtir en pans de bois. Un ëdit du roi , de 1607 , les défeod , DOtamiDent ta rez-de-chaussée « et ceux en saillie au-dessus. On a néanmoins continué d>n coDttrtiire, mais sur alignements et en consolidant les principaux assemblages par des handes de hr. Une ordonnance du 18 août 1667, rendue par les trésoriers de France, grands Tojers de Paris , défend d'élever les façades des maisons en pans de bois de plus de huit toises de hauteur, et de les terminer en pignons de forme ronde , ou en pointe ; elle enjoint de couvrir les maisons en croupe de pavillon du côté de la rue , et, pour résister au feu, de revêtir les pans de bois de lattes clouées et de plâtre en dehors et en dedans. Un règlement du général des bâtiments, du i*' juillet 171a , enjoint aus&i de mettre de forts clous et des broches en fer, suffisamment enfoncés dans les bois, pour soutenir les entablements , corniches , etc. eo plâtre. Enfin, des règlements, faits par les juges des bâtiments, le a8 aTrtI 1719, et le 1 3 octobre 17141 portent que les poteaux des pans de bois seront ruelles et tamponnés, el que les lattes ne seront écartées que de 3 à 4 pouces.
CHAPtTBE X. 361
A l'égard de la durée, il ctt Irès-vrai que le bois en » tnuiiis que h |>terre; il est souvent etposé à pourrir dans des circonstances qui durcissent les murailles ; et les charpentes qui coUTraient cerlains édillces de l'anliquilé, ne sont point cumme'leurs murs parvenues jusqu'à nous. On voit cependanldes maisons en bois sur lesquelles plusieurs siècles ont passé, qui sont encore en fort bon état, tandis que maintes constructions en ma* çooncrie n'ont eu qu'une courte durée.
Quant aux inlcmpcries, les pans de bnis bien construits en garantissent très-bien les habitations, et pcut-iytrc même que le bois, moins conducteur que la pierre , est plus propre à préserver des froids rigourcui comme des ardentes chaleurs. Cependant, lorsque dans les pans dont la charpenlerie est apparente , les maçonneries ont délaissé les bois, les vapeurs humides, l'air froid , comme la brdlanle chaleur du dehors, pénètrent dans l'inlcriear. C'est ordinairement l'eiïel de quelques mairaçons dont les autres genres de constructions ne sont pas exempts. On y remédie en mastiquant les Tentes formées par le retrait des hourdis des mauvaises maçonneries, et par celtii des bois employés sans être sees. Mais ces inconvénients n'ont jamais lieu dans les pans de bois construits eu bois secs, dont les remplissages sont faits en bonne maçonnerie, Irés-scrrée et bien engagée dans la charpente, et surtout lorsque de bons ravalements couvrent les hourdis et tous les bois en dehors et en dedans de la bâtisse (1).
Cn moyen très-eOicace de garantir l'intérieur des habitations en charpente des rigueurs des saisons, c'est dir construire des pans do bui; doubles sur toutes les façades : une petite distance entre ces pans de bois suWt pour iolerrompre la conductibilité {i); les pans de bois intérieurs, moins épais qne ceux qui forment les parois du dehors, leur sont liés par les solives des planchers, par des ctrésilluns, par les poteaux corniers, et par ceux mootant de fond en comble qui leur sont communs.
La combustibilité est le plus grave défaut des pans de boi: fait voir qu'on n'y connaît pas de remède. L'on cite un grand nombre d'édiGces célèbres qui ont été la proie des Dammcs, et des villes minces par des incendies. Cependant les dangers du feu ne sauraient faire eidurc coin-
iLIn dilu» t >ilr«> cl In iloubin p«ne>, inlorcrptrat
36d TRAITÉ DE VkKT DE LA CHàRPEffTERIE.
plétemeot des bâtisses Tosage da bois, sartoot dans les oootrées oè Ton ne peut le suppléer par aocane autre matière sans se jeter dans des dépenses considérables. Certaines dispositions de préTOyance, dans les délaSi de la construction, éloignent ou diminuent le nombre des causes d^inoeodie, et des mesures de précaution dans Tnabilation et de sorveillance pubUgie les rendent moins fréquents. Dans les localités où Ton peat constmire dei murailles pour les séparations mitoyennes des habitatioos, on limite l'élcsdue des désastres causés par le feu k la seule maison daos laquelle il a pik Les murailles sont d*ail]eurs de?enues nécessaires, ainsi que nous ratoai dé^ fait remarquer dans notre introduction , dès que les malsons ont été élevées de plusieurs étages, et qu*il a fallu y adosser les cheminées et oaadoire leurs souches au-dessus des combles.
L'on ne saurait, au surplus, préférer ou eiclure les pans de bois pu système. I^es ressources des lieux où Ton bâtit et le bat qa*on se propofe, peuTent seuls décider le genre de constructions qu'il conTÎent d'employer, et le choix est subordonné le plus souvent à la dépense- Sous le rapport de Téconomie, les pans de bois sont préférables aux pu» de murs en maçonnerie dans la plupart des localités. Dans d*aatres, le prix du bois est trop élevé pour qu'on puisse en faire usage, sinon lorsqnUI s'agit de ménager l'espace sur lequel on bâtit pour rendre les appartements plos grands ; de façon que cette question ne peut être résolue ponr chaque lies, que par le calcul , au moyen duquel on peut comparer la Taleor d'un pan de bois à celle d'un mur, remplissant, l'un et l'autre aussi bien, les conditions qu'on a dû s'imposer.
Rondelet établit qu'à Paris une toise carrée de mur en moellons, comme précédemment de 16 pouces d'épaisseur réduite, s'élevant de la hauteur de trois étages , ravalée des deux côtés , sans usage, tout vide déduit, revient à 40 francs, tandis qu'une toise de pan de bois de 8 pouces d'épaisseur s'élevant à la même hauteur, et confectionnée comme il est dit plus haut, revient à î$0 francs , ce qui donne une économie considérable en faveur da mur (1). Ainsi l'on doit être porté à leur donner la préférence, à moins qu'on n'ait intérêt, comme cela arrive fréquemment, de ménager dans Tintérteor de la bâtisse , et à tous les étages, l'espace qui serait occupé par la moitié de l'épaisseur du mur.
Le calcul de Rondelet est exact dans Thypothèse qu'il a choisie , et poar
^i) Art Je bâtir, loine3, p. 5i
; aulrc hypolhcsc, ni içontierie est lrè»-chêre o bois est [ris-commun.