C. Cœur. Ra. Rate
F. Foie. V. Vessie.
Vintestiti grêle ne présente rien de particulier; sa longueur égale douze fois la longueur de la bouche à l'anus. La portion terminale du gros intestin est remplie de méconium (voy. p. 435).
Les capsules surrénales du fœtus à terme méritent une mention particulière, car elles possèdentun volume et une forme tout à fait remarquables. Le volume d'un de ces organes est égal environ au tiers de celui du rein. Leur forme est peu régulière, mais elle rappelle cependant celle d"une pyramide triangulaire à sommet supérieur, à base fortement excavée pour s'adapter à l'extrémité supérieure des reins sur la face antérieure ou externe desquels ils s'avancent plus ou moins. Les capsules surrénales sont en p^irtie recouvertes par le foie et par la rate (fig. 181). On voit sur les coupes qu'elles sont constituées par des lobes séparées par des scissures peu profondes. De plus, leur tissu n'est pas homogène : on y distingue deux zones : Tune périphérique présentant une teinte violacée ; l'autre centrale, beaucoup plus foncée en couleur (Ribemont).
Nous ne parlerons pas des autres organes contenus dans les cavités abdominale et pelvienne, soit parce qu'ils ne présentent pas de différence avec ce qu'ils sont chez l'adulte, soit parce que leur étude topographique n'est pas encore faite. Disons seulement que les ovaires, par suite du peu de développement de l'excavation du bassin, sont situés au-dessus du détroit supérieur. Nous ajoutons ci-dessous un tableau renfermant les poids des principaux viscères du fœtus à terme, d'après Letourneau d'une part et d'après Hecker et Buhl d'autre part.
Poids laoïjen des différents viscères chei, le fœtus à terme.
Poumon droit
Poumon gauche
Cœur
Thymus
Corps thyroïde
Foie
Masse encéphalique
Rate
Rein
3° Point (V ossification de répipln/se inférieure du fémur. — Supposons que chez un fœtus à terme on incise la peau du genou de manière à pénétrer facilement dans l'articulation, ])uis qu'on fasse saillir les condyles du fénmr encore cartilagineux à cette période du développement. Si l'on incise ces condyles de manière à en faire des tranches minces, on rencontre une tache à peu près circulaire d'une couleur de sang : c'est le point d'ossification. Depuis Béclard qui, le premier, a signalé le fait, on a considéré l'existence de ce point comme un caractère de la maturité du fœtus, mais il n'a de valeur que s'il vient s'ajouter à ceux dont nous avons parlé plus haut. En effet, les recherches de Ilecker prouvent que ce point d'ossification peut se rencontrer chez des fœtus non à terme et manquer chez des fœtus à terme. Hartmann a
.ETOUUNEAU.
HECKER ET BUHL,
33 grammes.
26 grammes.
fait des observations semblables ; il l'a trouvé deux fois sur 40 fœtus de huit mois lunaires, seize fois sur 62 fœtus de neuf mois, et vingt-sept fois sur 40 fœtus de dix mois. Sur 102 enfants nés à terme ce point d'ossification a manqué douze fois.
De la tète du fœm** à terme. — La tête est la partie la plus volumineuse et la plus solide du fœtus. En outre, c'est elle qui se présente habituellement la première aux ouvertures du bassin ; aussi est-il très-important de bien connaître sa conformation, de savoir quelle est l'étendue de ses diamètres, et quelles modifications ceux-ci peuvent subir pendant le travail de la parturition ; car toutes ces notions permettront de faire le diagnostic des présentations et des positions de l'extrémité céphalique, et de calculer pour l'accouchement les chances d'une terminaison naturelle.
Considérée dans son ensemble, la tète fœtale a la forme d'un ovoïde à grosse extrémité postérieure. Elle se compose de deux parties bien distinctes, l'une supérieure et postérieure, le crâne; l'autre, inférieure et antérieure, la face. Au point de vue obstétrical, le (M'âne est beaucoup plus important que la face ; aussi ne dirons-nous que quelques mots de celle-ci.
Le squelette de la face est formé de quatorze os, parmi lesquels on compte deux os impairs, le maxillaire inférieur et le vomer, et six os pairs qui sont : les maxillaires supérieurs, les os palatins, les os propres du nez, les os unguis, les os de la pommette et les cornets inférieurs. Ces os sont recouverts par des parties molles qui constituent le visage dont nous étudierons les caractères en décrivant la présentation de la face (voy. Mécanisme de l'accouchement).
Le crâne est composé de huit os, quatre impairs et deux pairs : le frontal, l'occipital, le sphénoïde, l'ethmoïde, les deux pariétaux et les deux temporaux. Il présente à considérer la voûte et la base.
La voûte du crâne, plus renflée et plus saillante à son extrémité postérieure qu'à son extrémité antérieure, est un peu aplatie d'un côté à l'autre. Elle est constituée : en avant, par la plus grande partie du frontal, séparé chez le fœtus en deux moitiés symétriques qui se souderont plus tard entre elles ; latéralement, par les pariétaux et par la partie écailleuse des temporaux ; en arrière, par l'écaillé de l'occipital. — La portion basilaire de l'occipital, le sphénoïde, l'ethmoïde et l'apophyse pétrée des temporaux forment par leur union la base du crâne.
Tous ces os sont réunis entre eux par des articulations qui, chez le fœtus, sont loin d'être immobiles comme elles le seront chez l'adulte; mais il faut distinguer ici la base de la voûte du crâne. En effet, ces articulations examinées sur un enfant qui vient de naître sont déjà très-serrées à la base qui acquiert ainsi beaucoup de solidité et devient presque irréductible à la pression. Il n'e-n est pas de même au niveau de la voûte, ovtles os sont unis par des membranes souples, désignées sous le nom de sutures et de fontanelles. Cette disposition permet aux os de la voûte du crâne de chevaucher les uns sur les autres quand la tète est comprimée. Si l'on ajoute à cela l'ossification parfois incomplète des différentes pièces osseuses du crâne, l'existence d'une
charnière cartilagineuse entre l'écaillé de l'occipital et son apophyse basilaire, charnière que nous décrirons plus loin, on comprendra facilement comment la tête fœtale peut changer de forme pendant le travail de l'accouchement, se réduire dans un sens et s'allonger dans l'autre, par suite des pressions qu'elle subit en traversant la filière pelvienne. Mais sous ce rapport, que de variétés individuelles, suivant que la tète fœtale est plus ou moins ossifiée, suivant que le fœtus naît à terme ou avant terme ! Le chevauchement des os, la réductibilité du volume de la tête fœtale doivent donc être pris en grande considération, mais il faut bien se garder d'en exagérer l'importance.
Sutures. — Chez le fœtus, on donne le nom de sutures aux espaces membraneux linéaires qui unissent entre eux les os du crâne. Nous n'étudierons que celles de la voûte crânienne parce que ce sont celles qu'il est surtout important de connaître au point de vue obstétrical.
1° La suture sagittale, grande suture ou suture antéro-postérieure, s'étend de la racine du nez à l'angle supérieur de l'occipital. Elle est formée, dans sa partie antérieure, par l'intervalle membraneux qui sépare les deux moitiés de l'os frontal ; dans sa partie postérieure, par l'intervalle qui existe entre les deux pariétaux. Elle est croisée par la suture fronto-pariétale.
FiG. 186. — Crâne vu d'en haut.
FiG. 187. — Crâne vu de profd.
2" La suture transverse, suture fronto-pariétale, est située à l'union des pariétaux et de l'os frontal ; en son milieu elle croise perpendiculairement la suture sagittale; elle se termine de clia(|ue côté à Fécaille des temporaux.
3° La suture occipito-iiariétale ou lambdoide, ainsi appelée à cause de sa ressemblance avec le A majuscule des Grecs, est formée par l'union du bord postérieur des pariétaux avec l'écaillé du temporal. Elle a la forme d'un V renversé dont la pointe correspondrait à l'angle supérieur de l'occipital. On peut encore la considérer comme la bifurcation de la suture sagittale, au niveau de cet angle. Ses deux extrémités se terminent à l'écaillé du temporal.
Nous ne décrirons pas les sutures temporales ([u\, de chacpie côté, unissent l'écaillé du temporal au frontal, au pariétal et à l'occipital, parce qu'elles sont cachées par le muscle teu)poral sur une tète recouverte de ses parties
/,lt TROISIÈME SECTION. — DE LA GROSSESSE
molles, et que ces sutures sont par conséquent difficilement ai>préciables par le toucher vaginal.
Fontanelles. — On donne le nom de fontanelles à des espaces membraneux situés à la rencontre ou à l'entre-croisement de plusieurs sutures. Ces espaces membraneux sont habituellement plus larges que les sutures.
La fontanelle antérieure, grande fontanelle, fontanelle bregmatlque, ou simplement bregma, est située à l'entre-croisement des sutures sagittale et fronto-pariétale qui se coupent à peu près à angle droit. Elle est relativement large etde forme losangique; elle présente par conséquent quatre bords et quatre angles. Les deux bords postérieurs, plus courts que les antérieurs, sont formés par les pariétaux. Les deux bords antérieurs, plus longs que les précédents, appartiennent aux deux moitiés du frontal qui s'écartent Tune de l'autre à angle aigu. — Aux quatre angles aboutissent quatre sutures ou moitiés de sutures. L'angle postérieur se continue avec la partie de la suture sagittale qui sépare les deux pariétaux. L'angle antérieur, plus allongé que le précédent, se prolonge entre les deux moitiés de l'os frontal et finit par se confondre avec la portion antérieure de la suture sagittale. Les deux angles latéraux se continuent avec les deux moitiés de la suture fronto-pariétale.
La fontanelle postérieure, petite fontanelle, fontanelle occipitale, est située à la rencontre des sutures lambdoïde et sagittale. Elle n'existe vraiment à l'état membraneux que dans les cas où l'ossification de cette portion du crcâne n'est point achevée. Presque toujours, au lieu d'une véritable fontanelle on ne trouve qu'un point membraneux traversé parla suture lambdoïde et sur lequel vient se terminer la suture sagittale. Lorsqu'elle existe réellement, cette fontanelle est petite et triangulaire. Dans tous les cas, on y distingue trois angles osseux qui sont formés : l'un par l'occipital, les deux autres par les pariétaux. Quel que soit l'état d'ossification du crâne, à cette fontanelle aboutissent trois sutures ou tronçons de sutures : la suture sagittale et les deux moitiés de la suture lambdoïde, qui se coupent à angle obtus.
Indépendamment de la place qu'elles occupent sur le crâne, les fontanell antérieure et postérieure se distinguent Tune de l'autre par des caractèn importants. La fontanelle antérieure est large, losangique; elle présente quat bords et quatre angles ; les sutures ou tronçons de suture qui y aboutissent so: au nombre de quatre et s'y coupent à angle droit. La fontanelle postérieui est au contraire petite, triangulaire ; la suture ou les moitiés de suture qui aboutissent sont au nombre de trois seulement et s'y rencontrent à angle obtu Nous signalerons encore les deux fontanelles latérales, ou fontanell de Gasser, situées de chaque côté au point où la suture lambdoïde aboutit sul la suture temporale. Elles sont difficilement reconnaissables par le touchei vaginal à cause de l'épaisseur des parties molles qui les recouvrent.
On ne confondra pas les diverses fontanelles que nous venons de décrir avec certains espaces membraneux résultant d'un défaut d'ossification qui l'on rencontre quelquelois sur la voûte du crâne, en des points variables " plus ou moins éloignés de ceux où se trouvent les fontanelles vraies. C
US
espaces membraneux, désiirnés sous le nom de fontanelles supplémentaires, siègent tantôt au milieu des os, plus ou moins loin de toute suture, tantôt sur le trajet d'une suture. Cette dilTérence du siège permettra de distinguer facilement ces deux espèces de fontanelles supplémentaires.
Charnière occipitale. — Chez le fœtus, entre la portion ècailleuse de l'occipital et son apophyse basilaire, on trouve une espèce de charnière fibreuse et cartilagineuse qui permet à ces deux parties osseuses d'exécuter l'une sur l'autre des mouvements de flexion et d'extension. Cette disposition anatomique, dont l'existence a été signalée par Budin qui en a donné une excellente description et en a démontré l'importance, nous servira à expliquer la production de certaines déformations du crâne -pendant l'accouchement (voy. Mécanisme de l'accouchement). Voici comment Budin (1) décrit cette charnière : « A l'union de la portion ècailleuse et de la portion basilaire de l'occipital, juste en arrière du trou occipital, et de chaque côté, à droite comme à gauche, il existe une bande de tissu cartilagineux qui, d'avant en arrière, mesure en moyenne 5 à 6 millimètres de largeur, et transversalement 10 millimètres de longueur. En dehors de chaque lame cartilagineuse, il y a une plaque plus large constituée par du tissu fibreux, dont la longueur mesure également 10 millimètres et qui, dans sa plus grande largeur, d'avant en arrière, offre 9 millimètres. A l'extrémité externe de chacune de ces plaques fibreuses, on trouve enfin une nouvelle portion de tissu cartilagiut'ux, cartilage qui existe au point où aboutissant Toccipital, le pariétal et le temporal d'un même côté. » Cette charnière est beaucoup plus large dans les mois qui précèdent la naissance. Au sixième mois de la vie intra-utérine, alors que l'écaille de l'occipital n'est représentée
que par une plaque osseuse arrondie, cette charnière est très-large et uniquement constituée par du tissu cartilagineux. Après la naissance, elle est progressivement envahie par du lissu osseux.
Diamètres et circonférences de la tète fœtale. — On donne le nom de diamètres de la tête à des lignes fictives ([ui traverseraient l'exlrémité céphaliqne en différents sens. On peut les classer, d'après leur direction, en diamètres antéro-postérieurs, diamètres transverses et diamètres verticaux.
MG. 188. — Destinée à luoiUrtMla charnière occipitale.
E. Écaille de l'occipital.
T. Trou occipital.
A. Apophyse basilaire.