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Artère splénique

21). Vaisseaux ovariques.

Taorle thomcique au moyen du canal artériel (p. 311). Les artères vertébrales émettent deux nouvelles branches, les artères ombilicales (artères allanfoidiennes), qui vont se ramifier dans la vésicule allantoïde en voie de formation. Mais les artères vertébrales se soudent bientôt entre elles pour constituer l'aorte abdominale (p. SW et 315), et il résulte de cette fusion que les artères ombilicales proviennent maintenant de l'aorte abdominale. De ces artères ombilicales partent alors deux petites branches, les artères iliaques, d'abord très-grèles, mais qui se développeront si bien qu'elles dépasseront en volume les artères ombilicales elles-mêmes, et celles-ci devront alors être considérées comme naissant des artères iliaques (p. 314 et 315). On voit par ce qui précède que les artères ombilicales, par suite des transformations incessantes du système artériel, proviennent successivement des artères vertébrales, de l'aorte abdominale et enfin des artères iliaques ; mais, si leur point d'émergence varie il n'en est pas de même de leur terminaison, car elles vont invariablement se ramifier dans la vésicule allantoïde ou le placenta. Pendant que ces transformations s'accomplissent, de l'aorte naissent un grand nombre de troncs artériels dont les branches fournissent du sang à tous les organes du fœtus. — Arrivons maintenant aux transformations du système veineux. De la vésicule allantoïde partent deux veines, les veines ombilicales (veines allantoïdiennes ou placentaires). Bientôt l'une de ces veines s'atrophie (p. 316) et celle qui persiste se jette dans la veine omphalo-méscntérique dont le tronc rapporte par conséquent au cœur le sang provenant des vésicules ombilicale et allantoïde; mais, la circulation allantoïdienne devenant beaucoup plus importante que la circulation omphalo-mésentérique, ce tronc sera désormais considéré comme appartenant à la veine ombilicale et la veine omphalo-mésentérique ne sera plus que l'une de ses branches. Bientôt le foie et la veine porte se forment (p. 347). Les branches de la veine porte vont se ramifier dans le foie et s'y anastomosent avec les veines sus-hépatiques qui apparaissent à ce moment. Celles-ci vont se jeter dans le tronc de la veine ombilicale, un peu au-dessous de son embouchure dans le cœur. Quant au tronçon de la veine ombilicale compris entre la veine omphalo-mésentérique et l'embouchure des veines sus-hépatiques, il passe au-dessous du foie et prend le nom de canal veineux d'Aranzi (p. 347). Presque à la même époque on voit apparaître successivement les veines cardinales, les canaux de Cuvier et les deux veines caves ([). 318).

Au moment où la veine cave inférieure se forme, elle est encore petite et se jette dans la veine ombilicale très-près de son embouchure dans le cœur. Mais les rôles ne tardent pas à changer, car la veine cave inférieure prend un tel accroissement, que la veine ombilicale doit alors être considérée comme l'une de ses branches, et le vaisseau veineux qui s'ouvre dans le cœur, au lieu de continuer à porter le nom de veine ombilicale, j)rend celui de veine cave inférieure (p. 318 et 311)), Les veines caves, supérieure et inférieure, se jettent dans l'oreillette droite et y ramènent le sang ([ui a été dislribué aux différents organes du fœtus par les artères.

Au commencement du troisième mois, la circulation omphalo-inésentéri-

que a fait place à la circulation placentaire qui persistera jusqu'au terme de la ijrossesse. Anatomiquement la seconde circulation est caractérisée par l'existence du trou de Botal, du canal artériel, du canal veineux, des artères et de la veine ombilicales, qui disparaîtront ai)rès la naissance de l'enfant; physiologi{|uement elle est caractérisée par l'absence de l'hématose pulmonaire, l'oxygénation du sang s'effectuant dans le placenta.

Voici le trajet parcouru par le sang pendant la circulation placentaire. Le cœur se contracte et le sang est projeté du ventricule gauche dans l'aorte, du ventricule droit dans l'artère pulmonaire. Le sang qui arrive dans l'aorte est en grande partie dirigé vers la tête elles bras par le tronc brachio-céphalique, parla carotide primitive gauche et l'artère sous-clavière gauche.

Le sang qui a été projeté dans l'artère pulmonaire n'arrive qu'en très-petite (|uantité aux poumons qui sont encore inactifs; il passe presque en totalité dans le canal artériel qui le conduit dans l'aorte, au-dessous de l'émergence de l'artère sous-clavière gauche. En ce point l'aorte contient donc du sang qui provient en partie du ventricule gauche, en partie du ventricule droit par l'intermédiaire du canal artériel, et ce liquide, en parcourant les différentes branches de l'arbre aortique, pénètre dans tous les organes situés dans le tronc, dans toutes les parties des membres inférieurs et dans le placenta, où il est ajjporté en grande quanlilé par les artères ombilicales.

\'oilà donc le sang distribué par l'aorte et ses branches à toutes les régions du fœtus et au placenta; nous allons voir maintenant comment il est ramené au cœur par les veines. Dans le tissu placentaire, le sang fœtal reste séparé du sang maternel par des cloisons membraneuses très-minces. Le contact n'est donc pas immédiat, mais médiat; cependant, à ce contact, le sang fœtal s'hématose aux dépens du sang maternel (voy. Respiratiox du fœtus).

Uiie fois oxygéné, le sang fœtal passe dans la veine ombilicale qu'il parcourt tians toute sa longueur jusqu'au point où elle reçoit la veine omphalo-mésentérique. Là, le sang se divise en deux courants, l'un qui suit le canal veineux d'Aranzi, l'autre qui se rend au foie en se ramifiant dans les branches de la veine porte; mais le premier de ces courants est beaucoup plus important ([uc le second.

Du canal veineux le sang passe dans la veine cave inférieure, dont le volume est considérable, car elle ramène au conir le sang qui avait été distribué aux membres inférieurs, à la plupart des organes pelviens et aux reins. La veine cave inférieure reçoit en outre des veines sus-hépatiques le sang qui avait été distribué au foie par la veine porte.

De la veine cave inférieure le sang arrive dans l'oreillette droite, mais, au lieu de tomber dans le ventricule droit, il est dirigé par la valvule d'Eustache vers le trou de Botal et entre presque en totalité dans l'oreillette gauche, d'où il passe dans le ventricule gauche et dans l'aorte, pour recommencer le circuit qu^ nous avons déjà décrit.

Huant au sang qui, par l'intermédiaire du tronc artériel brachio-céphalique, de la carotide primitive et de l'artère sous-clavière gauches, avait afflué à la tète et aux mend)res tlioraci(iues, il est ramené à l'oreillette droite par la

veine cave supérienre. De cette oreillette, il passe clans le ventricule droit, (jui le lance dans l'artère pulmonaire; mais, ainsi que nous l'avons vu, une très-laible quantité de ce sang arrive aux poumons, qui ne fonctionnent pas encore, et la plus grande partie de ce liquide est directement portée à l'aorte par le canal artériel, et nous avons vu ce qu'il devient.

11 nous reste à ajouter que la petite quantité de sang qui arrive aux poumons par les branches de l'artère pulmonaire est ramenée à l'oreillette gauclie par les veines pulmonaires sans avoir été hématosée, puisque les poumons ne fonctionnent pas encore.

Aucune région du fœtus ne reçoit du sang absolument pur, c'est-à-dire hématose; de plus, les différentes régions ne reçoivent pas du sang de même qualité au point de vue de l'oxygénation. C'est ce que nous allons exposer. Pendant la vie intra-utérine, le sang fœtal s'hématose dans le placenta et passe de là dans la veine ombilicale; mais cette veine ne tarde pas à recevoir la veine omphalo-mésenlérique, qui charrie le sang provenant de la rate et de l'intestin, et il se produit en ce point un premier mélange de sang hématose et de sang non oxygéné; il s'en fait un second dans la veine cave inférieure, qui, avec le sang qui lui est apporté par le canal veineux, reçoit celui qui revient des membres inférieurs, des reins et des veines sus-hépatiques. Un troisième mélange s'effectue dans l'oreillette droite, entre le sang de la veine cave inférieure et celui de la veine cave supérieure. 11 est vrai (jue la valvule d'Eustache dirige le sang de la veine cave inférieure ^'ers le trou de Botal et que celui de la veine cave supérieure tombe dans le ventricule droit; mais la séparation entre les deux courants sanguins est loin d'être absolue. Dans l'oreillette gauche, le sang subit un quatrième mélange, peu important il est vrai, par suite de la petite quantité de sang veineux qui est versée dans cette oreillette par les veines puhnonaires. Enlin, un cinquième mélange s'opère dans l'aorte, au niveau du point où elle reçoit le canal artériel.

On voit, par conséquent, que de tous les organes du fœtus le foie est celui qui, par l'intermédiaire de la veine porte, reçoit le sang le plus pur, le plus riche en oxygène, le moins mélangé de sang veineux. Après lui viennent la tête et les membres thoraciques. En troisième ligne, il faut placer les viscères do l'abdomen et les membres inférieurs. Enfin, les branches de l'artère pulmonaire ne portent aux poumons (jue du sang veineux, non oxygéné, puis- (pi'il provient exclusivement du ventricule droit et que celui-ci est uniquement alimenté par la veiiu; cave supérieure.

Transformation de la circulation fœtale en circulation définitive. — Au moment de la naissance, il se produit dans la circulation du fœtus des modi- (ications qu'il est important de connaître. Ces modifications résultent : 1" de la suppression de la fonclion du placenta; ^1" de l'établissement de la res|)iration pidinonaire. Aussi voit-on, d'une part, s'oblitérer aveo les artères omi)ilicales, la veine ombilicale et le canal veineux; d'autre part, s'établir entre le ^■(S'xw cA\q9, \)ow\x\oi\'^\di petite circulation. Dès la première inspiration, les poumons deviennent le siège d'un afflux sanguin considérable; la colonne

sanguine, qui passait en grande partie dans l'aorte par le canal artériel, se dirige dans les branches de l'artère pulmonaire :^aussi, cette artère se développe d'une façon très-marquée, tandis que le canal artériel se rétrécit et s'oblitère du deuxième au troisième jour. Le sang revient des poumons par les veines pulmonaires pour se rendre dans l'oreillette gauche qu'il remplit, et s'oppose par sa présence à ce que le courant venant de la veine cave inférieure passe de l'oreillette droite dans l'oreUlette gauche par le trou de Botal; ce trou, ne donnant plus passage au sang, se rétrécit peu cà peu et finit par s'oblitérer, mais son occlusion n'a lieu que quelques semaines après la naissance,

§ 2. — Respiration.

Pour donner une idée exacte de la respiration du fœtus, rappelons aussi brièvement que possible le jeu de cette fonction chez l'adulte. On peut y distinguer trois phases : 1° la phase pulmonaire, caractérisée par l'arrivée de l'air oxygéné dans le poumon; 2° la phase sanguine, dans laquelle les gioijules rouges du sang, en contact médiat avec l'air extérieur, lui prennent de l'oxygène qu'ils iront porter aux tissus; en même temps, le sang laisse échapper de l'acide carbonique qui se trouve exhalé dans le mouvement d'expiration; 3''\?Lphase des tissus, dans laquelle ceux-ci prennent aux globules sanguins l'oxygène dont ils sont chargés. Ainsi, le globule sanguin sert de véhicule à l'oxygène et le donne aux tissus après l'avoir pris à l'air extérieur.

Chez le fretus, la phase pulmonaire n'existe pas, puisqu'il n'y a pas de respiration aérienne pendant la vie intra-utérine; mais on retrouve la phase sanguine et la phase des tissus.

\° Phase sanguine. — La phase sanguine existe au plus haut degré chez le fœtus. Le sang fœtal arrive cà l'état veineux dans les capillaires du placenta, et l'hématose se fait à travers les minces membranes des villosilés placentaires. Le globule sanguin maternel cède son oxygène au globule du fœlus, qui le porte aux tissus. Ce double phénomène a été produit artificiellement sur le poisson par Gréhant: on sait comment respire le poisson adulte; son sang veineux arrive dans les branchies, où il se trouve en contact avec l'oxygène de l'eau. Gréhant prend un poisson et le met dans du sang de chien préalablement battu, défibriné et oxygéné. Le poisson respire et continue à vivre. Comment cela se fait-il? Le sérum peut être considéré comme ne contenant pas d'oxygène, tant la proportion en est petite. Tout l'oxygène vient donc des globules rouges. Nous avons là un phénomène analogue à celui de la respiration fœtale. Nous voyons, en effet, un organisme empruntant son oxvgètie, non à l'air ou à l'eau, mais aux globules d'un sang oxygéné.

La production de l'hématose du sang fœtal dans le placenta est encore | démontrée d'une façon indirecte par les faits suivants. Si, par suite de la | compression du cordon ombilical, la circulation vient à être interrompue ! entre le placenta et le fœtus, celui-ci commence par faire des efforts saccadés j

(rins[)iration, cherchant en vain h récupérer Toxygène qui lui fait défaut. Puis, si le cordon ombilical continue à être comprimé, le fœtus finit par succomber, et les lésions trouvées à l'autopsie sont celles de l'aspiiyxie.

Enfin, il existe un antagonisme manifesie entre le placenta et les poumons : l'enfant peut, en etïet, se passer de respirer tant que la communication avec le placenta existe, et cette communication peut èlre interrompue sans danger dès que les poumons fonctionnent; si la respiration est bien établie, le sang ne coule plus par le cordon ombilical; dès qu'elle s'arrête, le sang coule de nouveau.

Voici, d'autre part, une expérience qui démontre directement la présence de l'oxygène dans la circulation fœtale. Hoppe-Seyler a constaté au moyen d'un spectroscope particuliei-, à l'aide duquel on peut aplatir le cordon ombilical et l'examiner par transparence, l'existence de l'oxyhémoglobine dans le sang des vaisseaux ombilicaux chez le fœtus qui n'a pas encore fait la première inspiration. Zweifel arriva aux mêmes résultats.

Les raies spectrales d'absorption (1) de l'hémoglobine oxygénée furent trèsévidentes dans le cas où Zweifel déroula et examina le cordon ombilical pendant le travail de l'accouchement avant que l'enfant eût exécuté des mouvements respiratoires. — Ce qui est encore très-intéressant, c'est que ces raies spectrales persistent très-longtemps dans le sang fœtal qui est isolé dans le cordon ombilical par une double ligature. Les raies d'absorption de l'oxyhémoglobine ont été constatées vingt-quatre heures et même davantage dans ces conditions, par Hoppe-Seyler el Zweifel.

La preuve spectroscopique de l'cixistence de l'oxygène dans le sang fœtal était donc bien établie.

Cependant, Zweifel démontra d'une façon encore plus péremptoire l'hématose fœtale par l'expérience suivante : il opéra sur des lapines pleines, qu'il pouvait faire respirer artificiellement ou rendre apnéiques à volonté ; il leur ouvrit la cavité abdominale, y prit doucement les petits qui restaient toujours attachés à la mère par le cordon. Cette opération se fit dans un vase rempli d'eau chaude et salée, de manière que les fœtus ne fussent nullement en rapport avec l'air extérieur; dans ces conditions, quand la mère respirait, Zweifel vit très-distinctement une différence de coloration dans le sang de la veine ombilicale et dans celui des artères; le sang de la veine était rouge et celui des artères était noir. Quanti, au contraire, on empêchait la mère de respirer, on ne tardait pas à constater une coloration uniforme dans les deux ordres de vaisseaux, puis au bout d'un certain temps le sang était plus noir dans la veine que dans les artères; Zweifel et Znntz donnent de ce dernier fait l'explication suivante : non-seulement le sang lu'tal ne reçoit plus d'oxy-

(1) Lorsqu'on rei^'ardc à travers un prisme (spectroscope) une solution de san^' artériel, c'cst-à-diro de sang renfermant de roxyliémoglohine (hémoglobine oxygénée), el iiui- cette •solution est éclairée parla lumière solaire ou la llanmie d'une lampe, au lieu d'observer le spectre lumineux ordinaire, on voit ce spectre interrompu par de larges bandes oiiscures : c'est ce qu'on appelle le spectre d'absorption du sang; il est caractérisé essiuiliellement par deux bandes obscures dans la partiiî jaune-verte, et de plus par l'extinction à peu près complète de tous les rayons les plus réfrangibles à partir du bleu ou de l'indigo.

AU) TROISIÈME SECTION. — HE LA (iROSSESSE

gène (le la mère quand celle-ci ne respire pas, mais encore l'oxygène du fœtus repasse dans la circulation maternelle. Comme dans cette expérience les fœtus irétaicnt nullement en rapport avec l'air atmosphérique, la source unique de l'oxygène était le sang de la mère; le passage de ce gaz d'un sang ' dans l'autre, à travers les villosités choriales, se trouve ainsi démontré.

D'antre part, le sérum du sang fœtal cède à celui du sang de la mère son acide carbonique. — L'acide carbonique, en effet, est impropre au développement de l'embryon et du fœtus (1).

2" Phase des tissus. — Chez l'adulte, Claude Bernard considère deux périodes dans la phase des tissus : 1° une période de repos avec faible absorption d'oxygène et emmagasinement de matériaux qui seront brûlés plus tard; "2" une |)ériode d'action avec grande absorption d'oxygène qui brûle alors les matériaux amassés à l'avance. Chez le fœtus, on n'observe guère que la première période ; aussi pourrait-on le comparer à un animal à sang chaud dans la période hibernante, comme la marmotte pendant l'hiver. A cette époque, en effet, pour les animaux hibernants la combustion s'affaiblit et les matériaux s'emmagasinent. Legros vit un loir, à qui la queue manquait, se refaire cet appendice pendant la saison de l'hiver. De même que l'animal hibernant, le fœtus possède surtout des propriétés formatrices.

La respiration fœtale est donc moins intense et moins active que la respiration de l'adulte. ' — Le fœtus n'a pas besoin d'une aussi grande quantité d'oxygène. En effet, il perd peu de son calorique puisqu'il n'y a d'évaporation ni à la surface de son corps ni à la surface de ses poumons. Il perd peu de chaleur par rayonnement, puisque le milieu dans lequel il se trouve placé possède une température à peu près égale à la sienne.

La mère communique au fœtus une grande partie de sa chaleur ; la preuve en est dans ce fait que la température baisse de quaire ou cinq degrés chez l'enfant après la naissance, si l'on n'a pas le soin d'entretenir la chaleur artificiellement.

Il ne faudrait pas croire cependant que le fœtus ne produit pas de chaleur. Les observations de Wurster, d'Alexeef et de Fehling ont démontré qu'il possédait une chaleur animale propre.

(Il Dans les expériences faites à ce sujet sur l'œuf de poule, on a reconnu que l'incubation .irtilicielle opérée dans l'acide carbonique était impuissante à faire développer l'œuf. Un phénomène analogue se produit quand on veut laisser le développement de l'œuf de t^renouille se produire dans l'eau distillée ou bouillie. Il en serait de même pour l'hydrogène. P. Bert a montré quelle était l'action de l'oxyde de carbone sur la respiration fœtale dans l'œuf de poule : l'œuf se développe jusqu'au moment oi'i la circulation se montre ; mais à partir de cet instant, le développement s'arrête. Ce fait résulte du mode d'action de l'oxyde de cari)one, qui n'est pas un poison pour les tissus, mais pour le globule rouge. Eu effet, l'hémoglobine (matière colorante rouge; a besoin pour agir de la présence de l'oxygène, qui, en se combinant avec elle, forme l'oxyhémoglobine ; mais il existe une série de gaz qui ont beaucoup plus d'aflini té que l'oxygène pour l'hémoglobine : parmi ces gaz est l'oxyde de carbone. Lorsque le globule rouge rencontre ce dernier gaz, sou hémoglobine s'oxijcarhonise, et il devient incapable île remplir son rôle. Ainsi, pendant la courte période oii l'embryon se développe sans circulation, la présence de l'oxyde de carbone ne gène en rien le travail qui s'opère; mais dès le moment où le globule rouge devient nécessaire, l'oxyde de carbone, en s'en emparanfexclusivement, arrête tout développement.

Wursler a fait ses rechorches à la Maternité de Zurich, sous la direction du professeur Gusserow ; il mesura couiparalivement la température de la mère et celle du fœtus, pendantle travail dans un cas de présentation du siège qui traînait en longueur. — Un thermomètre fut placé dans le vagin de la parturiente et un autre dans le rectum du fœtus. La différence de température fut d'un demi-degré on faveur de ce dernier.

Les observations d'Alexeef (1) confirment celles de Wurster. La température fut prise pendant le travail dans huit cas: quatre fois le thermomètre fut placé dans l'anus, l'enfant se présentant par le siège; quatre fois le thermomètre fut placé dans la bouche du fœtus qui se présentait par la face.

Fehling est arrivé à des résultats analogues ; seulement, la différence de température du fœtus et de la mère lui a paru un peu moins élevée.

Quoi qu'il en soit, les phénomènes de combustion sont peu intenses chez le fœtus et la respiration y est peu énergique; ce qui le prouve encore aussi bien que les faits précédents, c'est sa résistance à l'asphyxie. Au moment où une chienne venait de mettre bas, Harvey la submergeait dans une cuve d'eau tiède avec son petit. Au bout d'une minute, la chienne était asphyxiée: mais une demi-heure après, le petit vivait encore. La strangulation donnait le môme résultat. Harvey expliquait cette résistance à l'asphyxie chez le fœtus par la persistance du trou de Botal. Mais les recherches de Paul Bert ont démontré l'erreur d'Ilarvey. En effet, si on enlève le cœur et les poumons d'un rat adulte, et que l'on fasse passer un courant électrique à travers ses muscles, ceux-ci ne se contracteront i)as. Si l'on répète la même opération sur un rat qui vient de naître, ses tissus seront encore. susceptibles d'entrer en contraction, car ils vivront encore.

Cette résistance à l'asphyxie du fœtus provient, ainsi que nous l'avons déjà dit, de ce que travaillant moins et produisant moins de chaleur rpu» l'adulte, il a moins besoin d'oxygène. La résistance est d'autant plus grande (|uo l'animal naît plus imparfait en organisation. 11 n'en est pas nH)ins vrai qu'on la rencontre encore d'une façon très-nette chez le fœtus humain, et c'est à cette circonstance que l'on doit de pouvoir extraire par l'opération césarienne des enfants vivants, ciiuj, dix, (piinze minutes, et même d'avantage, après la mort (le leur nu"'re. D'autre j)arf, il ari'ive parfois (|U(> l'enfant a siK'conibé lorsqu'on l'extrait quelques miiuites seulement après le décès de la mère. On voit, par conséquent, (jue la résistance du fu'tus à l'asphyxie est variable avec les sujets et probablement avec certaines circonstances (pii ne sont pas encore bien connues, mais (jne l'on a cependant essayé de déterminer : ainsi, lorsipie la mère succombe par asphyxie simple sans intoxication, le fœtus périt rapidement, non-seulement parce (pu* le sang fielal ne reçoit plus d'oxygène du sang niaternel, mais encore parce (pie ce dernier emprunte au sang foetal l'oxygène (pii ne lui arrive plus par les voies respiratoires. \a\ rapidité de la mort du tVetus dépendra donc de la rapidité avec laquelle il cédera sou oxygène à sa mère, et ce passage plus ou moins i-apide

(1) V(iy. Ainialcs de (jijnécologk', (ii\i-'\i^r 1877, p. 158.

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dépendra probableinenL de la composition du sang maternel. Si, par exemple, la mère est morte d'asphyxie par le charbon, son sang contient de l'oxyde de carbone qui rend les globules sanguins maternels impropres à l'absorption de l'oxygène; dans ce cas, le sang maternel ne pourra donc pas absorber l'oxygène du sang fœtal, ou du moins il ne lui en empruntera qu'une quantité très-polite, de sorte que la mort du fœtus arrivera beaucoup plus lentement que si la mère était morte d'asphyxie simple. C'est du moins ce qui paraît résulter des expériences curieuses d'Andréas Hogyes (1) et de Zuntz (^), qui ont été ra|)portées dans l'excellent travail de Pinard, que nous avons déjà cité.

§ 3. — Nutritioa.

Pendant les cinq premières semaines environ, c'est-à-dire avant le complet développement de l'allantoïde, l'œuf emprunte successivement les matériaux de son accroissement au disque proligère, à la couche albumineuse sécrétée par la trompe, puis aux liquides que les villosilés naissantes puisent dans la muqueuse utérine. Quand l'embryon est formé, l'absorption nécessaire à son développement se fait aux dépens du contenu granuleux de la vésicule ombilicale, dont les parois renferment dans leur épaisseur des vaisseaux qui communiquent avec ceux du jeune organisme. Le contenu de celte vésicule est facilement absorbé, car il se transforme en peptone et en albuminose, qui sont l'une et l'autre très-assimilables. Mais ce mode d'assimilation ne peul avoir lieu que dans les premiers temps de la vie embryonnaire, attendu que la vésicule ombilicale est atrophiée vers la fin de la cinquième semaine. Après cette époque, comment faut-il expliquer la nutrition de l'embryon et du fœtus?

Quelques physiologistes ont pensé que le fœtus se nourrissait en avalant et en digérant le liquide amniotique qui l'environne. On invoquait deux ordres de faits en faveur de celte hypothèse : ï° le liquide amniotique possède des qualités nutritives, car il contient de l'albumine, de l'osmazone et des sels; aussi a-t-on pu nourrir des veaux nouveau-nés pendant quinze jours avec de la liqueur amniotique fraîche; '2" on fit congeler, sans les ouvrir, les sacs amniotiques de différentes espèces animales et l'on constata l'existence de glaçons allant de la bouche à l'estomac des fœtus. Les qualités nutritives du liquide amniotique et son ingestion semblaient donc démontrées. Mais bientôt on objecta avec raison que chez les monstres acéphales, l'absence de tonl orifice buccal s'oppose absolument à l'introduction de l'eau de l'amnios dans le tube digestif, et cependant le développement de ces monstres prouve que chez eux la nulrilion est très-active.

Lesparlisansdelanutritiondufœtuspar le liquide amniotique ne se tinrent

( Ij Hogyes, llellrag zûr Lebensfàldglieit der Sàiujeslhier Fœtus, in P/luger's Arcluv, BiJ. XV, 1877, p. 3i)ô.

('1} Zunlz, Ueber die Respiralion des Sàugelhier Fœtus, in Arcliiv f. d. ges. Physiologie ton Pflùger. Bd. XIV, 1S77, p. G05.

paspoiirlj;iltiis, t'I, la théorie de la déglutition de ce liquide étant évidemment fausse, ils soutinrent que l'eau do l'amuios pouvait être absorbée par les lymphatiques de la peau. Cette nouvelle hypothèse repose en grande partie sur les vivisections de Brugmans. Cet observateur remarqua, en effet, chez les embryons vivants, qu'il retirait du liquide amniotique une grande dilférence dans l'état des lymphatiques de l'intestin et de la peau: les premiers étaient vides et les seconds contenaient de la lymphe; puis, ayant placé une ligature sur les meudjres de ces embryons, il les plongea dans du liquide amniotique et vit se produire la plénitude des lymphatiques situés au-dessous de la ligature. Nous ne discuterons pas la possibilité de l'absorption du liquide amniotique par les lymphatiques cutanés; mais, en la supposant démontrée par les expériences de Brugmans, elle est trop peu considérable pour jouer un rôle de (|uelquft importance dans la nutrition du fœtus. D'ailleurs, le liquide amniotique, fùt-il absorbé en grande quantité, ne constituerait encore qu'un aliment iusuflisant, car l'analyse chimique n'y découvre qu'une minime quantité de substances nutritives, et tous les animaux nouveau-nés qu'on nourrit exclusivement avec ce liquide ne tardent pas à s'étioler et à succomber, si l'on prolonge suffisamment l'expérience.

Séparé des membranes de l'œuf par un liquide impropre à la nutrition (liquide amniotique), le fœtus ne peut évidemment puiser les matériaux de son développement que dans le placenta;, auquel il est relié par le cordon ombilical, qui est parcouru par deux courants sanguins dirigés en sens inverse. L'un de ces courants porte le sang du fœtus au placenta; l'autre courant reprend le sang dans le placenta et le rapporte au fœtus. Ou a même supposé qu'il y avait anastomose entre les vaisseaux maternels et ceux du fœtus, et que le sang pouvait passer du corps de la mère dans celui de l'enfant. Mais cette anastomose n'existe pas (voy. Structure du placenta), et les globules sanguins ne traversent pas les parois des villosités choriales. Les échanges entre le sang maternel et celui du fœtus s'opèrent donc uniciuement par endosmose et exosmose. Les principes nutritifs contenus dans le sang de la mère sont absorbés par les radicules vasculaires du placenta fœtal, et leur assimilation assure la nutrition et le développement du produit de la conception; mais il faut que ces principes soient tenus en dissolution. En effet, Iesex|)ériences ([ui ont été faites jusipi'à présent démontrent que la plu|)art des substances liquides ou gazeuses peuvent passer à travers la nKMnbi'ane mince qui sépare le sang maternel du sang fœtal (voy. STHUcrriu". du placenta, p. 371)).

Mais il n'en est pas de même pour les corps insolubles, alors uu'me qu'ils ont été réduits à l'état de poussière aussi fine (jue possible : Hofmann et Langerbaiis (I) ont injecté du cinabre, Jassinsky du caniiiii, Fohling dv l'encre de Chine, dans le sang de femelles gravides, et jamais ces auteurs n'ont retrouvé les plus fines particules de ces corps solides dans le sang des embryons ou des fœtus.

(1) Virdiow's Arcli., yo\. XLVIIl.

i30 TROISIEME SECTION. — DE LA GROSSESSE

Si, encore, à l'exemple de Davaine (1) et de Bollinger (i), on injecte à une femelle en état de gestation dn sang provenant d'un animal atteint de maladie charbonneuse et renfermant des bactéridies, jamais on ne retrouve dans le sang fœtal ces infusoires, (jiii se sont cependant multipliés à l'infini dans le sang de la mère. Brauell (3) a constaté également que le sang de fœtus provenant de femelles pleines ayant succombé pendant leur gestation à une maladie charbonneuse, ne renfermait |)as de bactéridies et ne provoquait aucune maladie par l'inoculation.

Ahlfeld (4) a même démontré (jne les granulations graisseuses ne traversent pas les parois des villosités placentaires. Après avoir fait jeûner des chiennes pendant plusieurs jours, il leur donna du lard à manger. Douze heures après le repas, on recueillait une certaine quantité de leur sang; puis on incisait l'abdomen et l'on prenait un des petits dans la cavité utérine. Le sang de la mère avait une couleur blanchâtre, une couche de graisse surnageait à sa surface; on ne constatait rien de semblable dans le sang fœtal. A l'examen microscopique, on trouvait dans le sang maternel un grand nombre d'éléments graisseux, on n'en trouvait aucune trace dans le sang fœtal; enfin, les analyses chimiques de Flûgge ont démontré dans le sang fœtal l'existence de 0,5 à 0,8-4 pour 100 de graisse dissoute, tandis que le sang de la mère en renfermait 8 à 9,3 pour 100.

Ainsi, toutes les expériences qni ont été faites jusqu'à présent prouvent que les substances solides, même à l'état de division extrême, et les granulations graisseuses, ne passent pas à travers la membrane qui sépare le sang maternel du sang fœtal. I! est, au contraire, prouvé aujourd'hui qu'un grand nombre de substances à l'état liquide ou à l'état gazeux traversent facilement cette membrane, et même on a constaté, dans ces derniers temps, avec quelle rapidité et dans quelle proportion s'effectue ce passage. Febling l'a démontré indirectement pour les substances grasses tenues en dissolution, les substances protéiques et les substances minérales, en faisant l'analyse quantitative des parties constituantes du fœtus aux différents mois de la grossesse. Il résulte de cette analyse que la nutrition est plus active pour les substances graisseuses que pour les substances albuminoïdes dans la seconde moitié de la grossesse. Par conséquent, pendant cette période de la gestation, les substances grasses passent plus rapidement à travers le placenta que les substances albuminoïdes. Au contraire, au début de la grossesse, ce sont les substances albuminoïdes qui participent presque exclusivement, avec les sels minéraux, à la nutrition du fœtus. La quantité des matières inorganiques augmente d'une façon uniforme depuis le commencement jusqu'à la fin de la grossesse, d'après Febling et Bezold, qui rattachent cette progression uniforme au

(1) Davaine, Nouvelles recherches sur la mahidie cliarhonneuse connue sous le non} de sang de raie {Acad. des sciences, ISIVi ).

(2) Deutsche Zeitschrift fur Thiermedr^, II, 5.

(3) Virchoiv's Archir, vol. XIV.

(4) Zur frage ilher den Uebergang (jejhnnler Elemente ron Muller auf Kind., in Cen iralblatt fur Gijnœkologie, 1877, p. ^65.

développement lenlenient progressif du système osseux. La quaiilité de graisse est à peine appréciable juscju'à quatre ou cinq mois. Ainsi il est démontré que les différentes substances dont se compose l'organisme maternel passent toutes partiellement sous Corme liqnide à travers le placenta; la plupart pour être assimilées par le fœtus et constituer ses tissus et ses organes; quelques-unes, comme nous le verrons plus tard, pour être dépensées eu mouvements, en cbaleur ou en sécrétions. Mais il était encore intéressant de savoir si des substances étrangères, introduites accidentellement dans l'organisuie maternel, passeraient également dans l'organisme fœtal, et suivant quelle loi s'elï'ectuorait ce passage. On conçoit facilement l'importance do ce problème au point de vue du traitement du fœtus par l'intermédiaire de la mère, et c'est pour le résoudre qu'un grand nombre d'expériences ont été entreprises. Les substances organiques ou minérales, administrées à la mère sous forme liquide ou gazeuse, ont pour la plupart été retrouvées dans le fœtus : seulement, taudis que les unes passent rapidement, les autres passent lentement; certaines doivent être prises à bautes doses pour que leur présence puisse être constatée dans le sang ou dans les produits d'excrétion du fœ-tus; parfois une légère dose suflit pour obtenir ce résultat.

Parmi les médicaments expériuientés, nous citerons comme passant rapidement dans l'uriuc du fœtus : l'iodnre de potassium, l'acide salicylique et le chlorate de potasse. Scliauenstein et Spœth, en 185U, avaient retrouvé dans l'urine du nouveau-né l'iodnre de potassium administré à la mère peiulaiitle travail, lui 1872, Gusserow avait repris la question par de nouvelles expériences, et il avait aussi constaté le passage de l'iodure à travers le placenta; mais il croyait que ce passage était extraordinairement lent, et qu'il fallait administrer le méilicameut à la mère au nniins cpiatorze jours avant l'accoucliement pour le retrouver dans l'urine du nouveau-né. Ces résultats tenaient probablement an peu de sensibilité des léaclil's euq)loyés par (lusserow , car Porak (1) a pu constater l'iodnre de potassium dans l'urine du nouveau-né une demi-beure après son administration à la mère; nue dose de 25 centigrammes suffisait i)our obtenir ce résultat. On trouvera une réaction plus forte quelques beures après l'accoucbemeut qu'au momen! même de la naissance, parce que les reins, fonctionnant mieux, tciulent à éliminer plus rapidement l'iodure. L'élimination étant plus lente chez le nouveau-né (pie cbez l'adulte, et chez le Aiîtus que chez le nouveau-né, Taccumulation du médicament, et par consé(iuent l'intoxication, doit élre plus à redouter à mesure que l'âge du produit de conception est moins avancé.

Cari Ruge, A. Martin, Penicke, Porak, ont étudié le passage de l'acide salicylique à travers le |)laceuta et sont arrivés à des résultats sensiblemeni concordants. Ainsi, tandis (|ue Benicke, après en avoir donné 2 grannnes à la mère, l'a retrouvé dans l'urine du nouveau-né quarante minules après son administration, Porak a constaté que 40 centigranunes suffisaient pour ([u'oii

(Ij l'oi;ilv, De rdlisdi'jilion îles inédicaincnls par le iiUicriila. Paris, 1878, clic/. ('■. .Masson.

pût constater sa présence dans Fnrine Ju nouveau-né trente minules, parfois même vin|,^t minutes seulement après, cà l'état de salicylate ou d'acide salicylique. Le même expérimentateur a constaté que le chlorate de potasse est la substance dont le passage s'effectue le plus rapidement à travers le placenta, car il a pu la retrouver dans l'urine du nouveau-né, ordinairement dix minutes après son administration.

De plus, ce médicament s'élimine très-rapidement par l'urine du nouveau-né, car, contrairement à ce qui a lieu le plus ordinairement, sa quantité diminue dans l'urine à mesure qu'on s'éloigne de la naissance.

Les autres substances expérimentées, prussiate jaune de potasse, azotate de potasse, bromure de potassium, sulfate de quinine, passent au contraire lentement et en petite quantité à travers le placenta.

Quant aux gaz, leur passage à travers le placenta est maintenant démontré, Zweifel, en prouvant l'existence de la respiration chez le fœtus ou plutôt de l'hématose, a démontré le passage de l'oxygène de la mère au fœtus et de l'acide carbonique en sens inverse (voy. Respiration). Fehling a même constaté le passage de l'oxyde de carbone à travers le piacenta.

Parmi les substances qui passent de la mère au fœtus, nous citerons encore le chloroforme, qu'on a souvent l'occasion d'employer en inhalations cliez la parturiente. C'est Zweifel qui le premier a constaté ce fait, mais ce sont les expériences de Fehling et de Porak qui l'ont mis hors de doute. C'est en analysant le corps du fœtus tout entier que Fehling y rencontra le chloroforme. Zweifel le trouva dans le sang et Porak constata sa présence dans l'urine du nouveau-né. Au début de ses expériences, Zweifel exprimait tout le sang de la masse placentaire et l'analysait, mais Febling lui fit observer avec raison que le sang ainsi recueilli était à la fois du sang maternel et du sang fœtal; les analyses chimiques qu'il avait faites ainsi ne prouvaient donc rien. Zweifel reconnaissant la justesse de ces objections eut recours cà une autre méthode. En faisant la ligature du cordon immédiatement après la naissance, on laisse, d'après Budin, U2 grammes environ de sang fœtal dans le placenta; Zweifel recueiUit ce sang qui appartient exclusivement au fœtus et en fit l'analyse ; il y trouva du chloroforme, mais en petite quantité. Le passage de cette substance s'effectue lentement et le fœtus ne paraît pas en souffrir.

Une des conditions qui favorisent beaucoup les phénomènes d'endosmose placentaire, c'est la quantité considérable d'eau que renferment les tissus du fœtus. Il résulte, en efîet, desreclierches intéressantes de Fehling, rapportées par Pinard, que le corps de l'adulte renferme proportionnellement moins de parties aqueuses que le corps du nouveau-né ; que ce dernier, h son tour, en renferme moins que le fœtus, et enfin ({ue le fœtus lui-même renferme d'autant plus d'eaii qu'il est moins âgé. Ces résultats ressorlent des cbiffres suivants :

La proportion des parties aqueuses est de 58,5 pour 100 chez l'adulte. Elle est de 74, i pour 100 chez le nouveau-né (d'après Fehling). Elle augmente ensuite progressivement, si l'on considère successivement le huitième, le septième mois, etc., de la vie intra-ulérine, de sorte qu'cà six semaines, elle est de

07,54. La (liUition des tissus est alors telle, que le fœtus, selon la remarque (le Fehliiig, reiilernie plus dVau que le mucus, le lait, le san;^- de l'adulte, et que sa compositiou est analogue à celle de la lymphe. En somme, on peut réduire les phénomènes de nutrition à des phénomènes purement physiques. En elTet, le sang du lœtus étant toujours plus dilué, même à terme, que celui de l'adulte, il s'établit, eu vertu des lois de l'endosmose, deux courants entre les deux liquides de densité dilTérente; le courant le plus fort a lieu vers le liquide dont la densité est la plus faible, car les deux liquides tendent à se mettre en équilibre de densité.

Des substances faisant partie de l'organisme maternel viennent donc toujours s'ajouter au sang fœtal, ce qui augmente sa densité. D'autre part, celle du sang maternel diminue, puisque, d'après les recherches d'Andral et Gavarret, deSpiegelberg,de Nasse (voy. Grossesse, p.i2-i5), la quantité d'eau augmente dans le sang des femmes enceintes à mesure que la grossesse est plus avancée. Ainsi l'augmentation de densité du sang fœtal et la diminution de densité du sangmaternel, telle est la double cause du ralentissement dans les échanges placentaires, c'est-à-dire dans le mouvement d'assimilation et de désassimilation entre le fœtus et la mère, à mesure qu'on s'approche du terme de la gestation.

<>iyco^énic. — Nous devons ajouter que chez le fœtus comme chez l'adulte, laglycogénie est l'une des conditions essentielles de la nutrition. Chez l'adulte, le foie l'ail du sucre au moyen d'une matière emmagasinée dans les lobules hépatiques et comparalile à l'amidon des végétaux: c'est la substance glycogène. Chez le fœtus, il y a aussi production de sucre dans l'organisme, et la matière glycogène se trouve eu réserve dans le placenta.

Nous prouverons d'abord qu'il se fait du sucre chez le fœtus ; nous verrons ensuite quel est le lieu d'emmagasinement de la substance glycogène. Pour démontrer que le fœtus produit du sucre et qu'il ne l'emprunte pas à l'organisme maternel, on expérimente sur l'œuf de poule, qui ne tire de l'extérieur ([ue du calorique et de l'oxygène. Si l'on prend vingt œufs de poule fécondés et que chaque jour on fasse sur l'un d'eux l'analyse du sucre, on trouve pour 1000 grammes d'œufs :

Le I"

(le sucre.

Le 10" jour

0 ii'raMi.

(le sucre.

Le T-

"2, lii'iiiii

Le li]' JHur

1 i;r;uM.

Le (]"

1 Tniii

(le sucre.

Le 19'^ jour

'2 craui.

(le sucre.

Le :20" jour

'■> gniui.

On voit, par consécpient, (jue le premier jour l'organisme fœtal contient 3 graunnes de sucre, (|ui ne peuvent provenir ([ue de la mère.

Le dixième jour, toute trace de sucre a disparu, et les substances qui à celte époque n'existent pas dans l'œuf, et qu'on y trouvera plus tai'd, aurcnit certainement été |)roduites par lui, puistpi'il n'est plus en conuiuiMicalion avec rorganisine malernel. Or, h; treizième jour après rincubalioii, nous trouvons 1 gramme de sucre, le dix-neuvième jour "i grannnes, et enlin, le

43i TROISIÈME SECTION. - l»E I.A GROSSESSE

dernier jour, la quantité de sucre produite par le fœtus est précisément égale à celle qu'il avait reçue de la mère (3 grammes). On voit donc que l'œuf fécondé fabrique lui-même du sucre du dixième au vingtième jour de l'incubation.

Où se forme, chez le fœtus, la matière glycogène? Cl. Bernard a découvert que sa réserve était dans le placenta des mammifères, surtout dans la» couche épithéliale de la muqueuse inter-utéro-placentaire. Chez les ruminants, la matière glycogène, séparée du phacenta, est répandue sur la surface de l'amnios et du chorion, où elle se présente sous l'aspect de plaques d'apparence épithéliale (1).

Le placenta semble remplir temporairement la fonction glycogénique, en attendant que le foie du fœtus ait acquis un développement suffisant pour cette fonction. En effet, la matière glycogène du placenta s'atrophie dans les derniers temps de la gestation; mais le sucre est alors produit par le foie (-2).

§ 4. — Sécrétions.

Les organes sécrétoires du fœtus fonctionnent pendant la vie intra-utérine, mais d'une façon moins active que chez l'enfant nouveau-né, et à plus forte raison que chez l'adulte. Nous étudierons successivement les produits de sécrétion de la peau, des muqueuses, des séreuses, des corps de AVolff et des reins.

Eniluit sébacé. — La peau ne commence guère à fonctionner qu'cà partir du cinquième mois; à ce moment, la surface du fœtus commence case recouvrir d'une couche plus ou moins abondante de matière grasse, que l'on désigne sous le nom (Venduit sébacé, et qui est le produit de sécrétion des glandes sébacées de la peau.

Les glandes sudoripnres entrent peut-être aussi en activité pendant la vie intra-utérine, car, d'après l'rochownick, l'urée qu'on trouve dans le liquide amniotique proviendrait non-seulement des reins, mais encore de la peau.

Méconium. — La muqueuse du canal digestif est aussi chez le fœtus le siège d'une sécrétion qui devient plus abondante k mesure qu'on se rapproche du terme de la gestation. Vers le troisième mois, on trouve déjà dans l'estomac un liquide clair, à réaction acide et non coagulable par la

(I) Cl. Bemanl, Leçons de phijsiolof/ie, IHÔÔ. — Mémoires ,1e la Société de biologie. 1866.

ii) Dans la séance du 8 juillet I87i>, Clau.le liornanl a lu à l'Académie des sciences une note relative à la fonction glycogénique considérée d'une manière générale, et principalement dans les organes transitoires de la vie cndjryonnaire et fœtale. Voici le résumé de cette note. Le savant physiologiste a rencontré la substance glycogène dans le feuillet moyen du blastoderme des oiseaux, où elle arriverait après être partie de la cicatriculc. Les cellules à substance glycogène rang.'es le long des veines vitellines renferment des granulations arrondies et présentent le même aspect que celles du placenta et du foie. Les réactions chimiques sont seulement un peu différentes et serapprochent de celles de l'amidon végétal. Eu résumé, chez les mammifères et chez les oiseaux, il existe des granulations de matière glycogène disséminées dans les organes embryonnaires transitoires, qui reparaissent plus tard dans les organes définitifs du fœtus, le placenta et surtout le foie.

rlialeur. La partie supérieure de l'iutestiu grêle est remplie ])ar uu liquide al])umineu\ qui reste incolore jusqu'au cinquième mois. A cette époque, la bile vient lui communiquer une teinte verdàtre.

Le développement énorme du l'oie dès le deuxième et le troisième mois de la vie intra-utérine explique la précocité de la sécrétion biliaire, qui commence vers le troisième mois. A partir du cinquième mois, on trouve une grande quantité de bile jaune dans la partie supérieure de l'intestin grêle et dans la vésicule du tiel.

La bile, en se mélangeant avec le produit des sécrétions intestinales, forme le uiéconium, qui contient un grantl nombre de cellules provenant de la desquamation de l'épithélium du tube digestif. Le méconium se présente sous la forme d'un liquide poisseux, brun verdàtre; jusqu'au cinquième mois il n'occupe que l'intestin grêle, mais plus tard il pénètre dans le gros intestin, et, à la (in de la gestation, il se trouve accumulé dans le rectum. Si l'on trouve parfois dans le méconium les éléments de l'enduit sébacé (graisse, lames épidenniques, poils), cela tient à la déglutition accidentelle du liquide amniotique, qui contient quelques débris de cet enduit.

Sérosité. — 11 se produit cbez le fœtus, cà la surface des méninges cérébrales et spinales, des plèvres et du péritoine, une exbalation de sérosité qui, dans certains cas patliologiques, peut s'exagérer et donner lieu à ces anomalies congénitales désignées sous le nom dlujdrocéphalie, dlij/droracJris, dlnjdrothorax et iVasciU' (voy. Dystocie fœtale). Le pouvoir sécréteur des séreuses existe donc chez le fœtus comme chez l'adulte.

Urine. — Les corps de Wolff suppléent les reins pendant la première moitié de la grossesse; les reins fonctionnent pendant la seconde moitié. Il existe par conséquent, chez le fœ.tus, une sécrétion uriunire. ('e qui le |)rouve, c'est que la vessie contient de l'ui-ine dans le plus grand nombre des cas où l'on vient à faire l'autopsie de fœtus morts pendant la grossesse. De plus, il n'est pas rare de constater peiulant l'accouchement l'issue d'un jet d'urine hors des parties génitales de l'enfant, au moment où celles-ci sont expulsées. Nous ajouterons entin que l'Iiydi'onéphrose se produit quand il y a une oblitération d'un des uretères.

Ainsi, la sécrétion urinaire n'est pas douteuse; il n'en est ji^ts de même de l'excrétion urinaire: admise par les uns, elle est contestée j)ar les autres. En d'autres termes, le f(elus urine-t-il régulièrement dans le liquide amniotique? Nous avons déjà discuté la question eu parlant de l'origine de ce dernier liquide (voy. p, Î373), nous rappellerons seulement ici les faits suivants: en faveur de l'excrétion urinaire, on invo(pH3 l'accumulation de l'ui'ine dans la vessie et la distension de cet organe lorsque l'urèthre est oblitéré congénitalement, la présence de l'urée dans le liquide amniotique, le rapport entre la (juantité d'urée excrétée pendant les trois derniers mois de la grossesse et le poids du fœtus (IVochowuick). Les adversaires de l'excrétion urinaire objectent qu'on ne peut pas arguer d'un cas léralologique pour prouver l'exisleuce d'mi phénomène physiologique; en outre, ils font remar(|uer que le liipiide animoti([ne peut [irovenir de la mère, dont le sang et la lymphe

-i36 TROISIÈME SECTION. — DE LA GIIOSSESSE

renferment une quantité notable d'iu'ée; enfin, ils opposent encore ce fait aux partisans de rexcrction urinaire, à savoir, ([ue la quantité d'urée constatée dans le liquide amniotique n'est pas toujours proportionnelle au poids du fœtus; en effet, dans l'hvdropisie de Tamnios, où le fœtus est en 2fénéral petit et mal conformé, la quantité d'urée est plus grande que dans les cas normaux, où le fœtus possède un poids moyen.

Ainsi donc, de nouvelles recherches sont nécessaires pour élucider définitivement la question.

§ 5. — Innervation.

La plupart des fonctions de l'encéphale, dit Jacquemier, restent, pendant la vie intra-uléi'ine, dans un état complet d'inactivité. Cependant, la sensibilité est déjà fort développée chez le fœtus un peu âgé; pour s'en assurer, il suffit de comprimer la matrice au travers des parois abdominales, et presque toujours le fœtus exécute quelques mouvements pour se soustraire à cette compression. Tarnier a d'ailleurs fait une expérience plus directe : après avoir incisé l'abdomen d'une lapine, les parois de la matrice laissent voir, par transparence, les fœtus qu'elle contient, et rien n'est plus facile que de saisir la patte de l'un d'eux entre les mors d'une pince. A ce moment, on le voit s'agiter et donner des signes non équivoques d'une douleur plus ou moins vive. Il est difficile de ne voir là qu'un phénomène dû à l'action réflexe. En un mot, i)endant la vie intra-utérine, surtout à la fin de la grossesse, l'innervation doit probablement être à peu près aussi complète que chez un entant nouveau-né.

Les fonctions du système nerveux chez le fœtus sont probablement, comme chez l'adulte, soumises à une intermittence d'action ou à une périodicité d'où résultent la veille et le sommeil. A ce point de vue, le fœtus est encore comparable à l'enfant nouveau-né. Quand celui-ci dort, il suffit pour l'éveiller de l'exciter un peu vivement et à plusieurs reprises avec le bout du doigt, et, au moment de son réveil, il exécute presque toujours quelques mouvements brusciues. Même chose a lieu vraisemblablement pendant la vie intra-utérine, et, quand on cherche à provoquer les mouvements actifs du fœtus en déprimant l'utérns, on le tire probablement du sommeil pour le faire passer à l'état de veille. C'est à ce moment qu'il exécute des mouvements perçus par la main ap[)liquée sur l'abiiomen.

ARTICLE m

ATTITUDi:, Pr.ÉSENTATIONS ET POSITIONS DU FŒTUS PENDANT LA GROSSESSE

Nous étudierons successivement Valtitude du fœtus, ses présentatiom. ses [tomions, et pour la commodité de la description, nous dirons immédiatement quel sens précis il faut attribuer à ces mots dans le langage obsfé-

DU fœ:tus

trical. — Sous le nom iV attitude, on désigne la situation des différentes parties lœtales, leurs rapports réciproques, et on indique la forme et la direction du corps du fœtus considéré dans son ensemble. — La présentation est la région fœtale qui est en rapport direct avec le détroit supérieur, ou qui s'engage dans l'excavation pelvienne, celle, en un mot, qui se présente la première aux ouvertures du petit bassin. — Avec la position, on précise les divers rapports anatomiques qui existent entre la présentation et les différents points du contour du bassin: ainsi, par exemple, quaml le sommet de la tête se présente, l'occiput peut être dirigé vers le côté gauche ou le côté droit du bassin, en avant ou en arrière... ; mais si l'on dit que le sommet se présente on position occipito-iliaque gauche antérieure, on indique ainsi que l'occiput est à gauclie et en avant. On trouvera plus loin ces notions plus complètement développées.

S 1. — Attitude du foetus.

Pendant la vie intra-utérine, le fœ'tus est courbé sur son plan antérieur et pelotonné sur lui-même comme pour occuper le moins de place possible. Sa tête est habituellement lléchie et le menton appuie sur la partie antérieure et supérieure de la poitrine. Le cou disparaît pour ainsi dire entre l'extrémité céplialiqiuî et le Ironc qui est lui-même infléchi et qui décrit une courbe à concavité antérieure, à convexité postérieure. — Les bras sont placés le long des parties latérales-du thorax. Les avant-bras, fléchis sur les bras, sont appli(|ués sur le devant de la poitrine, quelquelois croisés ; le menton est souvent logé entre les deux mains. — Lesdiflerents segments des membres inférieurs sont ordinairement fléchis : les cuisses sur l'abdomen, les jambes sur les cuisses. Les talons sont accolés aux fesses ; les pieds sont relevés sur la partie antérieure des jambes, et celles-ci étant souvent croisées au-devant des cuisses, on a comparé celte altitude à celle du tailleur accroupi sur sa table de travail.

Le fœlus ainsi pelotonné forme un ovoïde dont le grand diamètre est de 28 centimètres environ, à la fin de la gestation. La grosse ex- Irémité de cet ovoïde est représentée |)ar l'ex- Irémilé pelvienne, dont le volume est notablement augnKMité par l'accolement des cuisses et des jambes, qui pendant la grossesse sont médiocrement serrées les unes contre les autres el contre l'abdomen du fœtus. La petite extrémité de cet ovoïtie répond, au contraire, à l'extrémité céphalique, bien (|ue la lête à elle s(Mde soil plus volumineuse que toutes les autres parties fœtales prises isolément.

Fie. H)i. — .Mtilude du fœtus dans la cavité uir-riiie.

Nous devons dire que le pelotonuement du fœtus n'est pas toujours aussi régulier que nous venons de l'indiquer; mais la description des exceptions trouvera place ailleurs.

Le pelotonnemenl fœtal tient en partie à l'individu même, au jeu de ses articulations et de ses muscles; il apparaît au début de la formation de l'embryon, ne fait que s'accroître avec les progrès de la grossesse, et se manifeste encore après l'accoucliement, car on peut le constater sur le nouveau-né plusieurs jours après la naissance. Il ne faut donc pas l'attribuer exclusivement à la pression exercée par les parois utérines ser l'enfant, car celui-ci est, au commencement de la grossesse, dans une cavité relativement spacieuse, et contenant une notable quantité de liquide. Le pelotonuement ne fait d'ailleurs jamais complètement défaut, même dans l'bydropisie de l'amnios, et dans ce cas la pression exercée par les parois utérines est presque nulle.

En résumé, le pelotonuement est dû principalement à la pression exercée par les parois utérines sur le fœtus; mais celui-ci a hii-mème une tendance naturelle à prendre cette attitude.

Est-ce à dire que les parois de l'utérus, par la pression qu'elles exercent sur l'enfant, n'aient pas une influence capitale sur le pelotonuement fœtal? Nous sommes loin de le penser, car le pelotonuement est d'autant plus accentué que le liquide amniotique est moins abondant. Dans certains cas même où ce liquide manque presque complètement, le pelotonuement fœ'tal est si prononcé, que les parties fœtales eu contact les unes avec les autres se dépriment réciproquement et gardent des empreintes qui restent visibles après l'accoucbenient. Dans deux observations de ce genre, Tarniera vu l'une des épaules produire une empreinte profonde sur le côté de la tête qui appuyait sur elle, et souvent il a observé une empreinte laissée par la malléole externe sur le dos du pied.

Maintenant que nous avons décrit le ])eio'onnement du fœ'lus, il nous reste à dire quelle est la direction de l'ovoids fœtal et en quels points de la cavité utérine se trouvent ses deux extrémités. Dans les quatre premiers mois de la grossesse, l'ovoïde fœtal est très-mobile ; il évolue pour ainsi dire à chaque instant dans tous les sens, soit que la femme change de situation, soit que le foi'tus exécute quelque mouvement spontané. Mais dans les cinq derniers mois la direction de cet ovoïde devient plus stable, et son grand axe coïncide habituellement avec le grand axe de l'ovoïde utérin.

Deux grands faits dominent la question que nous étudions, à savoir : l" de toutes les présentations, la plus fréquente est celle du sommet; 2» cette présentation est d'autant plus fréquente que la grossesse est plus avancée. C'est ce qu'il nous sera facile de prouver.

D'une part, tous les accoucheurs familiers avec le palper abdominal savent que pendant le dernier mois de la grossesse la tête est presque toujours en rapport avec le détroit supérieur ou engagée dans l'excavation pelvienne. D'autre part, toutes les statistiques démontrent qu'au moment de l'accouchement la fréquence des présentations du sommet est d'environ 05 pour JOO. La prédominance des présentations du sommet n'est donc pas douteuse à la

(in de la i^rossesse ; mais nous allons voir coite prédominance diminuer à mesure qu'on s'éloigne du terme de la gestation; c'est ce qui ressort du tableau suivant donné par Yeit, d'après les statistiques de Dubois, Scanzoni, Spaelh :

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