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DES SOINS A DONNER A LA FEMME PENDANT LE TRAVAIL

L'accoucheur s'informera tout d^bord de riicure à laquelle ont commencé les douleurs, de leur durée, de leur fréquence et de leur intensité. Il fera bien de contrôler par lui-même les renseignements qui lui seront fournis par la femme et son entourage, en observant pendant quelques instants les phénomènes du travail. C'est seulement ensuite qu'il pratiquera ''"vploration vaginale (pii lui permettra de constater d'une façon certaine si

la femme est bien en travail (1), et dans ce cas quel est le degré de dilatation de l'orifice utérin, quelle est la présentation, la position du fœtus, la conformation du bassin, etc.

Nous ne nous étendrons pas sur chacun de ces problèmes, que l'on peut facilement résoudre en se reportant aux chapitres qui y sont relatifs. L'accoucheur devra s'enquérir de la santé générale de la parturiente, soit pendant le cours de la grossesse, soit en dehors de l'état de gestation. Certaines complications, telles que l'albuminurie, les affections thoraciques, les maladies du cœur, les varices, l'œdème, etc., seront souvent la source d'indications particulières pendant le travail. (Voy. Pathologie de la grossesse, t. II.)

Conditions hygiéniques qae doit remplir la chambre occupée par la

parturiente. — Il faut, dès le début du travail, placer la femme dans une chambre spacieuse, aérée et bien éclairée, d'une température moyenne, 15 à 18° G. On conseille également de bannir de cette pièce les odeurs qui pourraient impressionner le système nerveux de la parturiente. Il faut que les personnes qui l'entourent soient peu nombreuses.

Des ■tètements. — ■ Lcs vêtements doivent être assez amples pour ne gêner ni les mouvements ni la respiration : ils peuvent être conservés pendant la première période du travail, où la femme se promène, s'assied, ou se couche alternativement.

Pendant la seconde période, au contraire, quand la femme se place définitivement sur son lit, elle ne conserve habituellement qu'une chemise et une camisole. On aura soin de faire relever ces vêtements sous la région lombaire, afin qu'ils ne soient pas souillés par les liquides qui s'écoulent pendant les différentes phases de la parlurition.

Les ovariotomistes ont reconnu que le refroidissement était souvent une cause d'inflammation du péritoine et que les opérées qu'on avait préservées de cette influence guérissaient mieux que les autres. Aussi doit-on être très-attentif à ce que la parturiente, qui est en transpiration à cause des efforts nombreux et violents auxquels elle est souvent obligée de se livrer pendant le travail, soit bien protégée contre le froid, lorsqu'on est obligé de la découvrir, soit à la fin de la période d'expulsion pour surveiller le périnée, soit même après l'accouchement pour faire la ligature et la section du cordon ombilical, d autant plus qu'on pratique maintenant cette petite opération quelque minutes après l'accouchement, comme nous le verrons plus loin. Aussi, pour remplir cette indication, le bassin, les cuisses et les jambes doivent être entourés d'alèzes ou mieux de morceaux de flanelle qui, fen même temps qu'ils empêchent les femmes de se refroidir, ménagent leur

(I) Pajot professe qu'un médecin appelé pour un accouchement 'doit résoudre les trois questions suivantes : La femme est-elle enceinte? Est-elle à terme? Est-elle en travail? Ici, nous supposons que la femme est réellement enceinte, car nous avons décrit ailleurs les fosses ^Tossesses (Voy. p. 539j. Nous admettons également que la grossesse est à terme, sans quoi le devoir de l'accouclieur serait d'enrayer le travail de la parturition par les moyens convenables. (Voy. Avortement et Accouchement prématuré, t. II.)

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pudeur. C'est dans le même but qu'on peut faire confectionner à l'avance deux fourreaux de flanelle ou de finette, ayant chacun la forme d'une jambe de pantalon à pieds, ainsi que Tarnier le fait faire soit à la Maternité, soit dans sa clientèle; à la fin de la période d'expulsion, avant de découvrir la femme, on revêt chaque membre pelvien de l'un de ces fourreaux, depuis le pied jusqu'à la racine de la cuisse.

Du lit sur lequel la femme accouche. — Autrefois, quand les lits Ordinaires contenaient des paillasses qui avaient l'inconvénient de se laisser déprimer très facilement, on avait coutume, en France, de faire accoucher les femmes sur un lit disposé pour la circonstance et qu'on désignait sous les n(.ms de Ut de misère, lit de travail, petit lit français. Ce n'était autre chose qu'un lit de sangle ou un petit lit de fer. On le plaçait dans la chambre de manière que l'extrémité correspondant h la tête appuyât contre un mur ou un meuble et que l'on pût circuler aisément sur les côtés et à l'autre extrémité. Quelques accoucheurs se servent encore du lit de misère; mais, depuis que l'usage des sommiers s'est répandu, nous préférons le lit ordinaire, alin d'éviter, après l'accouchement, le transport d'un lit dans un autre. Outre que ce transport expose l'accouchée au refroidissement, il peut, chez certaines femmes, déterminer une hémorrhagie ou une syncope.

Voici comment on prépare le lit dans lequel la femme doit accoucher et i-ester pendant les suites de couches : Sur le sommier, on étend un ou deux matelas de crin ou de laine; on dispose ces matelas cà la façon ordinaire, c'est-à-dire qu'ils sont étendus de la tète aux pieds et recouverts d'un drap. Puis, on procède à la garniture du lit, de manière qu'il soit protégé contre les souillures de raccouchemcnt et des suites de couches. A cet effet, on [)lace sur le matelas et sur le drap qui le recouvre deux garnitures superposées, dont on fixe les bords par des épingles. Chaque garniture se compose d'une toile imperméable (1) sur laquelle on place une alèze pliée en plusieurs doubles. ~ La garniture supérieure qui est inunédiatemont sous le siège de la femme, sera enlevée facilement quelque temps après la délivrance; l'accouchée reposera alors sur la garniture inférieure et se trouvera dans un lit complètement propre, sans avoir eu de déplacement à subir. Un drap et une ou plusieurs couvertures devront protéger la pailuriente contre le froid.

Quelques accoucheurs conseillent de placer au pied du lit une plancluitte, afin que la femme puisse s'appuyer contre cet objet et s'arc-bouter au moment de la période d'expulsion. C'est là une précaution inutile; mieux vaut laisser la femme fléchir les jambes en appuyant les pieds sur le matelas, et lui faire maintenir les genoux par des aides.

Du régime des femmes en travail. — Au début du travail, lorsque leS douleurs sont faibles et ne reviennent qu'à intervalles éloignés, un certain

(!) Celle toile iiiiperméablr; csl onliiiairoment une toile cirée; parfois on se sert (ruiic loiic et! caouleliouc ou simplement de papier gondroiuié, assez souvent aussi d'une couclic de journaux placés dans une alèze, de manière (pi'on puisse enlever le tout en même temps, sans dilTiculté.

nombre de femmes mangent avec appétit à l'heure des repas, comme nous l'avons dit page 69^2. On devra seulement leur conseiller de manger modérément et des aliments de facile digestion. Lorsque les douleurs deviennent vives et rapprochées, les aliments solides ne sont plus ni désirés ni généralement tolérés.

La femme éprouve souvent le besoin de boire. Quelques gouttes d'une infusion de tilleul, de thé léger, de bouillon, d'eau sucrée, de grog à l'eaude-vie ou même d'eau pure, quelques quartiers d'orange suffiront ordinairement à la désaltérer. Les limonades, l'eau rougie, que l'on serait tenté d'offrir aux femmes eu travail, comme devant leur être agréables,si elles sont acceptées volontiers une fois ou deux, sont ensuite refusées, parce qu'elles tournent à l'aigre et provoquent des vomissements. Il ne faut pas, sous le prétexte que les femmes sont épuisées et ont besoin d'être réconfortées, leur faire absorber de grandes ([uantités de vin chaud ou de vins liquoreux, comme ou le fait trop souvent; un pareil régime augmenterait encore l'excitation déjà si prononcée des femmes, pendant la période de dilatation, et contribuerait à rendre les douleurs irrégulières.

De l'emploi des anestliésîques peodatit le travail. — Depuis Simpson, un grand nombre d'accoucheurs, surtout à l'étranger, emploient les anesthésiques et de préférence le chloroforme dans les accouchements naturels. Nous ne croyons pas qu'on doive donner ce médicament d'une façon systématique k toutes les femmes qui accouchent, surtout chez les multipares où le travail est assez souvent peu douloureux ; mais nous sommes convaincus, qu'en dehors de toute opération, les cas où le chloroforme peut rendre des services en obstétrique sont assez nombreux.

Quand doit-on 1 employer? Quand faut-il s'en abstenir? Doit-on l'administrer à doses massives, jusqu'à ce que l'anesthésie soit complète ? Est-il préférable, au contraire, de le faire respirer à doses fractionnées, pour émousser seulement la sensibilité? Ce sont là des questions très intéressantes que nous traiterons plus loin (voy. t. II, section XI).

Du rôle de l'aocouchenr pendant le travail. - NouS devonS examiner ce que doit être ce rôle pendant la période de dilatation et pendant la période d'expulsion.

A. Du rôle de V accoucheur pendant la période de dilatation. — Au début de cette période, la présence de laccoucheur n'est pas absolument indispensable, surtout chez les primipares, où l'orifice utérin ne s'agrandit que lentement ; aussi pourra-t-il s'absenter pendant quelques heures s'il a constaté une bonne présentation et s'il n'existe aucune complication pouvant faire redouter un danger prochain. Chez les multipares il ne faut pas rester longtemps absent, car on est souvent étonné de la rapidité avec laquelle l'orifice se dilate et l'accouchement se termine (voy. p. (»'.)()).

Certaines femmes pusillanimes veulent toujours avoir près d'elles leur médecin; d'autres, au contraire, sont gênées par sa présence. En tout cas, l'accoucheur devra se rappeler ([ue, dans le cours du travail, la femme a souvent des envies fré(iuenles d'nrincr: il devra, par conséquent, se retirer

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