CHAPITRE VllI
DE L'ACCOUCHEMENT Ml LTII'LE
Nous avons étudié |)rérédemiiient les grossesses niulliplcs (voy. p. 54-3) ; ici nous décrirons successivement raccouchemcul gémeUaire et l'accouchenienttrigémellaire.
M 1. — De l'accouchement gémellaire.
L'accouchement gémellaire a lieu le plus souvent avant terme, comme nous l'avons déjà fait reniar(iiicr à propos de la grossesse gémellaire (voy. p. 558). Nous en trouvons, du reste;, la cmiliniialinM dans le lalilcau suivanl,
QUATRIÈME SECTION. — DE l.'ACGOUCHEME.Nr
qui comprend 133 cas d'accouchement gémellaire relevés par Tarnier à la Maternité de Paris (1) :
6 mois à 6 mois et demi 1
6 mois et demi à 7 mois 5
7 mois à 7 mois et demi 7
7 mois et demi à S mois 16
8 mois à 8 mois et demi 38
8 mois et demi à 9 mois 27
y mois à 9 mois et demi '21
Au delà de 9 mois et demi 12
Il est facile de voir sur ce tableau que le plus grand nombre des accouchements gémellaires a lieu de huit mois à huit mois et demi.
L'accouchement gémellaire peut être envisagé comme se composant de deux accouchements simples, se succédant ordinairement à court intervalle. Nous aurons donc à étudier les phénomènes relatifs à chaque accouchement et l'intervalle de repos qui les sépare.
Premier accouchement. — La durée du travail peut être aussi courte que dans l'accouchement unipare, mais c'est un fait exceptionnel; elle est en général plus longue et il n'est pas étonnant qu'il en soit ainsi. La période de dilatation et la période d'expulsion sont toutes deux prolongées d'une façon anormale.
A. — La dilatation s'efTectue plus difficilement pour les raisons suivantes :
1" La distension de l'utérus étant excessive, ses contractions sont plus faibles ;
2" Le travail débutant le plus souvent avant le terme de la grossesse, les modifications du col sont incomplètes et la résistance qu'il oppose à l'action des fibres du corps est plus considérable.
j3, — x^a période d'expulsion est aussi plus lente pour le premier enfant que dans l'accouchement simple. Il semblerait tout d'abord qu'il dût en être autrement et que le fœtus, d'un volume ordinairement médiocre dans les grossesses doubles, dût être chassé rapidement. Mais la présence du second œuf dans la matrice est une cause de déperdition des forces destinées à l'expulsion du premier enfant, car l'effet des contractions utérines se dissémine et se perd en partie sur celui des jumeaux qui n'est pas en rapport avec les ouvertures du bassin. Dès lors, on comprend sans peine que l'intensité des contractions utérines finisse par s'affaiblir, et que le travail languisse.
Les phénomènes mécaniques s'effectuent pendant le premier accouchement de la même façon que s'il s'agissait d'une grossesse unipare ; nous n'avons rien de particulier à signaler sur ce point, si ce n'est que le fœtus qui descend le premier doit s'accommoder non-seulement aux dimensions et à la forme du bassin, mais au volume et à la forme du second fœtus.
Dans certains cas, les deux fœtus sont, l'un pour l'autre, un obstacle réciproque, et leur expulsion est très difficile. Nous n'avons pas à entrer ici dans la description de ces difficultés (voy. Dystocie) ; nous dirons seulement qu'elles déi)cn(leiit beaucoup de la situation des fœtus l'un par rapport à
(I) Les clnfFres qui expriment la durée de la grossesse ont été calculés à partir du dernier jotu' (II' l'époque menstruelle qui a précédé le fécondation.