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Lactoscope de Donné

(1) Donné, Comptes rendus île l'Acad. des sciences, t. XVII, 1813.

87i SEPTIÈME SECTION. — HYGIÈNE DE LA PREMIÈRE ENFANCE

très-rapide et qui n'exige que 2 grammes de lait, est très-précieux pour le choix d'une nourrice.

3" Le microscope peut aussi donner une idée de la richesse du lait en beurre, en montrant la grosseur et le nombre de ses globules. Donné apprécie la richesse d'une façon approximative, sans micromètre, en essayant de mettre sur le porte-objet une goutte de lait toujours de même volume, et, en examinant si les globules sont plus ou moins rapprochés les uns des autres. De cet examen, il croit pouvoir déduire la quantité de beurre du lait, et de là, la quantité de sels, de sucre de lait, de substances albuminoïdes, en se fondant sur le rapport que les analyses ont établi entre ces substances et la graisse.

Bouchut a présenté à l'Académie des sciences (i) une note dans laquelle il cherche à démontrer qu'on peut faire avec le microscope, d'une façon utile et pratique, la numération des globules laiteux. Bouchut prend une goutte de lait avec le compte-gouttes gradué de Limousin, et la mélange avec cent gouttes d'une solution salée au centième, parce que les globules de lait s'élèvent plus rapidement à la surface dans une solution salée que dans l'eau distillée pure. Une goutte du mélange est portée sous le microscope dans une cellule spéciale d'un dixième de millimètre de profondeur construite par Nachet. L'oculaire du microscope est quadrillé, comme celui qui sert à la numération des globules sanguins, c'est-à-dire qu'on y a tracé des carrés de deux dixièmes de millimètre de côté et par conséquent de quatre dixièmes de millimètre de superficie. On compte le nombre des globules contenus dans trois carrés ; on divise par 3 , ce qui donne la moyenne pour un carré ; puis on divise encore par 4, ce qui donne le nombre de globules contenus dans un cube d'un dixième de millimètre de côté, équivalent à la millième partie d'un millimètre cube; on multiplie par 100 pour tenir compte de la dilution qu'on a fait subir au lait; enfin on multiplie par 1000, et l'on a ainsi le nombre de globules contenus dans un millimètre cube de lait. Ce nombre serait en moyenne de 1 026 000 globules de toute grandeur. Bouchut a cherché à étai)lir ensuite par des analyses chimiques et des numérations de globules comparatives, la relation qui existe entre la quantité de beurre et le nombre des globules renfermés dans une quantité déterminée de lait, un litre par exemple.

L'inconvénient de cette méthode, c'est que les globules de lait ont les volumes les plus inégaux ; pour l'atténuer dans une certaine mesure, Bouchut compte séparément les gros, les moyens et les petits globules, et multiplie chacun des nombres ainsi trouvé par un coefficient représentant le cube du rayon moyen de chacune des trois catégories. Nous ne pensons pas que cette opération, qui complique la méthode, arrive à la rendre exacte.

A- Le crémomètre, au lieu de doser le beurre lui-même mesure la crème, dont 1000 parties, d'après Jeannier, correspondent en général à 372 de beurre. Le crémomètre de Chevallier est une éprouvette graduée par cen-

(1) Comptes rendus, séance du 1-2 octobre 1877, et Annales de gynécologie, 1877, p. 454.

tièmes; on le remplit de lait jusqu'au zéro, situé au haut de l'échelle, on le laisse reposer dans un endroit frais pendant vingt-quatre heures environ, et on lit combien la couche de crème, qui s'est alors rassemblée à la surface du lait, occupe de centièmes. Dans le lait de vache, elle en forme de 10 à 16; au-dessous de 8 centièmes on peut être certain que le lait a été écrémé (1).

Bouchardat etQuevenne, Chevallier ont employé ce procédé pour apprécier la quantité de crème du lait de femme. Les premiers auteurs ont trouvé 0,8 volumes de crème pour 100, comme moyenne de 33 essais.

Conrad a fait construire un crémomètre analogue à celui de Chevallier, mais particulièrement applicable aux essais du lait de femme, parce qu'il permet d'opérer avec une très-petite quantité de liquide. Sur 70 essais crémométriques, il a trouvé G volumes de crème pour 100 en moyenne, le minimum étant 1 pour 100, et le maximum 18 pour 100.

Le crémomètre est peu employé, parce qu'il ne donne pas de résultat immédiat; l'addition d'eau abrège la montée de la crème, l'ébullition au contraire la retarde beaucoup. Outre sa lenteur, la méthode crémométrique a l'inconvénient d'être peu exacte. Il résulte en effet de recherches chimiques, qui ont été faites en particulier par le professeur V. Weucki (de Berne), qu'à une même quantité de crème correspondent parfois des quantités de graisse différentes. Ce qui contribue encore à l'inexactitude de la méthode crémométrique, c'est que dans différents échantillons de lait placés cependant dans des conditions identiques, la crème ne met pas le même temps à se former; tandis que, dans certains cas, elle n'y mettait pas vingt-quatre heures, il fallait dans d'autres quarante-huit heures, soixante-douze heures, jusqu'à quatre-vingt-seize heures pour l'obtenir.

B. Dosage du sucre de lait à Vaide du saccharimètre. — Cette méthode est basée sur ce fait, qu'un liquide contenant du sucre de lait en dissolution dévie à droite la lumière polaiisée, et que, l'épaisseur de la couche liquide traversée par la lumière restant constante, la déviation est proportionnelle à la quantité de lactose contenue dans la solution. Pour l'appliquer, il faut préalablement faire coaguler le lait en le chauffant à 50° avec quelques gouttes d'acide acétique, et le filtrer; 1000 de lait fournissent ainsi 0:23 de petit-lait en moyenne. A ce petit-lait on ajoute quelques gouttes de sousacétate de plomb qui précipite l'albumine, on filtre de nouveau, et l'on remplit de sérum ainsi préparé le tube d'un polariniètre disposé à cet effet et nommé pour cette raison saccharimètre. Chaque degré de déviation indique une quantité de lactose de 2'",019 par litre de petit-lait, ce qui correspond à. l'J^SGi par litre de lait.

Cette méthode est assez cxpéditive et très-exacte, mais on n'a pas toujours un saccharimètre à sa, disposition, et, s'il s'agit de lait du commerce, ou peut être induit en erreur par l'addition de substances capables d'agir sur la lumière polarisée, comme le sucre de canne ou la dexlriiu'.

C. Examen densimétrique du lait. — Plusieurs instruments ont été

(1) Jeannier, De la crème au point de vue de sa densité. Besançon, 1805.

construits pour juger des qualités du lait d'après sa densité. Ce sont ce qu'on appelle en physique des aréomètres à poids constant et à volume variable ; ils ne diffèrent que par la substance dont ils sont faits et la manière dont ils sont gradués. On emploie peu aujourd'hui le galacto mètre de Cadet de Vaux, qui, étant en métal, est susceptible de se déformer; sa graduation indique seulement si le lait est pur ou coupé de 1/4, 1/3 ou 1/2 d'eau. Le galactomètre centésimal de Chevallier est aussi gradué arbitrairement; dans un bon lait moyen il marque 100", dans un lait très-riche 110°; au-dessous de 95° il y a lieu d'admettre que le lait a été additionné d'eau.

Le lacto- liens imètre de Quevenne (fig. 285) est ajuste titre préféré à ces instruments parce qu'il donne le poids spécifique. Sa tige porte les chiffres de 14 à 42, ce qui correspond aux densités comprises entre 1014 et 1042. Deux graduations accessoires, placées à droite et à gauche de la principale, indiquent, en dixièmes,' quelle quantité d'eau a été ajoutée, l'une dans le cas où le lait a été écrémé, l'autre dans celui où il ne l'a pas été.

Ainsi, l'affleurement se faisant dans le lait de vache entre 1030 et 1034, le lait doit être considéré comme pur s'il n'a pas été écrémé, et comme coupé d'un dixième d'eau si on lui a enlevé une partie de sa crème. La graduation a été établie pour une température de 15°. Une table indique la correction à faire pour les autres températures (1).

Le lacto-densimètre de Quevenne a été construit en vue de l'examen du lait de vache; Conrad l'a modifié de manière qu'il puisse servir pour de petites quantités de lait, ce qui est une condition nécessaire quand il s'agit d'essayer le lait de femme. 11 suffit de 10 centimètres cubes de ce liquide pour que l'essai puisse être fait.

Comme nous l'avons déjà dit, la densité ne donne,

/^ ^ à elle seule, aucun renseignement certain sur la ri-

\i j chesse du lait, surtout lorsqu'il s'agit de lait du com-

-— ^ merce, l'addition d'une certaine quantité d'eau com-

FiG. 286. — Lacto- pensant , au point de vue du poids spécifique, l'enlè-

densimètrede Que- Ygj^f^gj^^ d'une certaine quantité de crème; mais, com-

biné avec l'emploi du lacto-butyromètre, du cremo-

mètre ou du lactoscope, l'examen lacto-densiinétrique a une incontestable

valeur.

D. Examen histologiquedulait. —L'examen histologique porte soit sur les globules graisseux, soit sur les autres éléments anatomiques qui peuvent

(I) Quevenne, Instruction pour l'usage du lacto-densimètre, suivie d\ine Notice sur le lait. Paris, 1842. — Bouchardat et Quevenne, Du lait. Paris, 1857.

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